Château de Bran

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Château de Bran
Image illustrative de l'article Château de Bran
le château de Bran
Nom local Castelul Bran
Période ou style éléments gothiques
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XIIIe siècle
Propriétaire initial Chevaliers Teutoniques
Destination initiale château
Propriétaire actuel Dominique de Habsbourg
Destination actuelle musée
Protection monument national
Coordonnées 45° 30′ 54″ N 25° 22′ 02″ E / 45.515038, 25.367217 ()45° 30′ 54″ Nord 25° 22′ 02″ Est / 45.515038, 25.367217 ()  
Pays Roumanie Roumanie
Région historique Transylvanie
Commune Brașov

Géolocalisation sur la carte : Roumanie (administrative)

(Voir situation sur carte : Roumanie (administrative))
Château de Bran

Le château de Bran (Castelul Bran en roumain) près de Brașov en Transylvanie non loin de la limite avec la Valachie est un monument historique classé et un lieu touristique de Roumanie.

Le château est redevenu la propriété des Habsbourg, comme il l'avait déjà été avant 1918, au temps de l'Autriche-Hongrie, mais le premier château a été construit par les Chevaliers Teutoniques au début du XIIIe siècle bien avant la dynastie habsbourgeoise. De nos jours, il est associé, dans la mémoire collective, à Vlad III l'Empaleur (improprement car il n'y a probablement jamais séjourné) et au personnage de Dracula qu'il a en partie inspiré.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le premier château a été construit pour les Chevaliers Teutoniques au début du XIIIe siècle pour contrôler la passe Rucăr-Bran, une route commerciale stratégique importante. Ce château initial était en bois et la garde permanente était constituée de soldats locaux et de quelques chevaliers de la ville voisine de Christian, construite elle aussi par les Chevaliers Teutoniques. La tour de garde en bois fut assiégée et brûla totalement en 1242 lors de l'invasion des Mongols.

En 1377, le roi de Hongrie Louis Ier de Hongrie, missionne le bourg de Brașov pour construire une nouvelle forteresse de pierre au sommet du Rocher de Bran (Dietrich-Stein en allemand), en vue d'établir une position défensive sur la passe. À l'origine, la garnison est composée d'archers anglais. Il s'agit aussi de collecter les droits de douane des marchands Valaques ou Saxons qui l'empruntent. Une fois achevé, le château et ses environs sont gouvernés par un Pârcălab (castellan) rétribué par la Chambre du Conseil de Brașov. Plus tard, le château passe de la ville de Brașov au roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg : durant cette période, un rapprochement s'opère entre la Valachie et le royaume de Hongrie. Le voïvode valaque Mircea Ier l'Ancien (Mircea cel Bătrân), allié de Sigismond, affronte son rival Vlad Ier l'Usurpateur dans une guerre de succession, et un document datant de 1412 fait état d'un droit d'occupation et d'usage du château pour Mircea Ier[1].

Il est amélioré et des tours sont ajoutées pendant cette période valaque, qui ne dure que quelques décennies, après quoi le château devient propriété des voïvodes de Transylvanie. En 1663, la Tour poudrière explose et endommage gravement le côté ouest du château, mais elle est reconstruite. En 1699, les Habsbourg deviennent princes de Transylvanie et, par conséquence, propriétaires du château. Mais en 1918 leur empire s'effondre et le 1er décembre 1920 le château, en parfait état avec toitures, fenêtres, citernes et ameublement, devient propriété de la maison royale de Roumanie : la branche cadette des Hohenzollern, par un édit du maire Saxon de Bran, Karl Schnell[2].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

La reine Marie de Roumanie

Le château de Bran reste en possession de la famille royale de Roumanie durant vingt-sept ans. La reine Marie a été attirée par le lieu non seulement pour sa position mais aussi pour "son ambiance médiévale dans laquelle la souveraine s'est parfaitement intégrée"[3]. Bran était une de ses deux résidences préférées, avec Balcic[4].

Entre 1920 et 1930 le château est amélioré et transformé en résidence d'été de la famille royale. Les travaux sont conduits par l'architecte tchèque Karel Liman qui avait travaillé également aux châteaux de Peleș et Pelișor. Après la rétrocession de la Dobroudja du sud à la Bulgarie, en 1940, par le Traité de Craiova, le cœur de la reine Marie est déplacé de Balcic, où il avait été conservé, et déposé à Bran, dans la colline faisant face au château[5].

Le célèbre passage secret.

En 1927, pendant le règne de la reine Marie, on découvre le fameux passage secret qui relie deux étages du château, et on suppose qu'il avait été creusé pour permettre évacuer les lieux plus facilement, mais à qui ? les conjectures font état d'amants, d'espions, de secrètes ambassades... Un tunnel secret est aussi mis au jour, lorsqu'un enfant y tombe accidentellement : on découvre ainsi que la fontaine du jardin intérieur et la base du château communiquent.

Après que le ministre soviétique Andreï Vychinski ait obtenu l'abdication du roi Michel Ier fin 1947, le château est confisqué par l'État communiste roumain. La forteresse est transformée en musée national d'histoire et d'arts médiévaux et est ouverte aux visiteurs dans les années 1950[6].

Le 26 mai 2006, au terme d'une longue procédure, le château de Bran a été restitué à son propriétaire, Dominique de Habsbourg, le petit-fils de la reine Marie, 58 ans après avoir été confisqué. Cet architecte vivant aux États-Unis a conclu une entente assurant que le château restera un musée jusqu'en 2009, mais le 10 janvier 2007, la famille Habsbourg décide de mettre en vente le château de Bran pour la somme de 60 millions d'euros. Suivant les sources, le château attire entre 400 000 et 500 000 visiteurs par an, à cause de son nouveau statut de « château de Dracula », et générerait environ 1 million d'euros de recette de ses visites. L'État roumain, intéressé par un éventuel rachat, déclare cependant que "le prix est indécent et exagéré par rapport à la valeur réelle du château", qui selon lui serait estimé à 25 millions d'euros.

Association à Dracula[modifier | modifier le code]

Le château de Bran, lithographie de Ludwig Rohbock

Dans le roman de Bram Stoker, le château de « Dracula » est placé dans une autre région de Transylvanie : le col de "Borgo" (Bârgău), au-delà de Bistritz (Bistrița), et Bran n'y est jamais mentionné. Mais à Borgo (Bârgău-Tihuța), il n'y a aucun château, et Bran correspond assez à l'image que véhicule la mythologie de Dracula... Selon un guide touristique de la région de Bran[7], Vlad III l'Empaleur (Vlad Țepeș), dit "Dracula", après avoir perdu son trône de Valachie, aurait reçu du voïvode Iancu de Hunedoara la tâche de défendre la frontière sud de la Transylvanie et ainsi, il "aurait pu faire halte au château [7]". Mais aucun document historique ne corrobore la présence de Vlad Țepeș à Bran[7],[8] et de plus, le château n’était pas propriété de la Valachie pendant le règne de Vlad[9]. Certains sites français rapportent que selon l'historien roumain Mihnea Căpraru[10], la prétendue présence de Dracula à Bran ne serait qu'une "coquecigrue touristique", tout comme sa supposée naissance à Sighișoara.

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2014 une partie du château peut encore être visitée, mais bien des pièces restent fermées. L’histoire de ce château et de ses habitants est racontée sur des panneaux en roumain et en anglais. Des vêtements de l’époque sont exposés, ainsi que des meubles, quelques armes et des tapis. À l’extérieur, on trouve des exemples de chaumières roumaines, où les visiteurs peuvent imaginer la vie des habitants d’autrefois. Au Moyen Âge, Bran était un village transylvain typique : château princier, entouré de quelques grosses maisons bourgeoises fortifiées, saxonnes ou hongroises, elles-mêmes entourées de la multitude de maisonnettes en bois, pisé et chaume des valaques, alors asservis : c'était l’image d’une société foncièrement inégalitaire gouvernée par l’« Unio Trium Nationum », un pacte de 1438 qui a perduré jusqu'au XVIIIe siècle et à la Révolution transylvaine de 1784. Aujourd'hui, autour du château, un petit village touristique propose des produits locaux, ainsi que des produits en tous genres, y compris du mythe de Dracula.

Galerie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ro) Culoarul Rucar-Bran, ghid turisitc, Collection Vezi si mergi. Edition Ad Libri, Bucarest, ISBN 973-7887-06-9
  • (ro) (en) George Avanu, Bran Unique Places of Romania, Edita a doua, ISBN 973-7995-89-9

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. History, sur bran-castle.com, consulté le 20 août 2011.
  2. George Avanu, Bran Unique Places of Romania, Editia a doua, ISBN 973-7995-89-9, p.8
  3. (ro) Narcis Dorin Ion, Castele, palate și conace din România, Volume I, Editura Fundației Culturale Române, Bucarest, 2001, (ISBN 973-577-320-1) p. 57
  4. (ro) Narcis Dorin Ion, Castele... p. 139
  5. (ro) Narcis Dorin Ion, Castele... p. 142
  6. George Avanu, Bran Unique Places of Romania, Ediția a doua, ISBN 973-7995-89-9, p.10
  7. a, b et c Culoarul Rucăr-Bran, ghid turistic. Collection Vezi și mergi, édition Ad Libri, Bucarest, ISBN 973-7887-06-9, page 16
  8. (ro) Narcis Dorin Ion, Castele...
  9. A History of Romania, Edited by Kurt W Treptow, Troisième Édition, The Center for Romanian Studies, The Fundation for Romanian Culture and Studies, Iași, 1997, ISBN 973-98091-0-3 page 78
  10. Mihnea Căpraru (sur Dracula Fans Rejoice: The Observer Strikes Again) est un doctorant en philologie de l'Université de Syracuse, aux États-Unis (541 Hall of Languages, mcapraru@syr.edu ou [1]