Château de Bourbon-l'Archambault

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Château de Bourbon-l’Archambault
Image illustrative de l'article Château de Bourbon-l'Archambault
Nom local Château des sires de Bourbon
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction Xe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Aymar de Bourbon
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Fondation Saint-Louis
Destination actuelle Ruiné
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)[1]
Coordonnées 46° 35′ 18″ N 3° 03′ 31″ E / 46.5882617, 3.0585015 ()46° 35′ 18″ Nord 3° 03′ 31″ Est / 46.5882617, 3.0585015 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Allier
Commune Bourbon-l'Archambault

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(Voir situation sur carte : Allier)
Château de Bourbon-l’Archambault

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(Voir situation sur carte : France)
Château de Bourbon-l’Archambault

Le château de Bourbon-l’Archambault est un ancien château fort du Xe siècle remanié à plusieurs reprises dont les vestiges se dressent sur la commune de Bourbon-l'Archambault dans le département de l'Allier et la région Auvergne.

La seigneurie puis duché de Bourbon a donné son nom à la province du Bourbonnais, qui correspond à peu de choses près à l'actuel département de l'Allier.

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monument historique par la liste des monuments historiques de 1862[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Tours Nord de la forteresse de Bourbon l'Archambault, Allier.
Forteresse de Bourbon l'Archambault

Le château de Bourbon-l’Archambault est situé dans le département français de l'Allier sur la commune de Bourbon-l'Archambault, à vingt-cinq kilomètres à l'ouest de Moulins. La haute silhouette du château des anciens sires de Bourbon se dresse sur un éperon barré dominant un bourg castral connu depuis le Xe siècle et devenu chef-lieu de canton.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village antique de Bourbon appartenait à la cité des Bituriges. Ancienne capitale de la seigneurie de Bourbon (avant Moulins), la ville doit son nom à ses seigneurs, dont neuf portèrent le nom d'Archambault ou Archambaud, entre le Xe siècle et le XIIe siècle.

Les Archambault[modifier | modifier le code]

La lignée des sires de Bourbon est connue depuis Aymar de Bourbon († 953). Le premier Archambault de Bourbon vivait en 959, Archambaud le Franc, le second en 1018, le 3e en 1064, le 4e en 1075, le 5e en 1096, le 6e en 1099, le 7e en 1177, le 8e en 1200, le 9e en 1249[3]. Cette première lignée donna au château son nom et son importante assise foncière. Le premier château construit en bois des environs de l'an mil, il est cité en 947, fut rebâti à partir du XIIe siècle par un château de pierre, flanqué de tours rondes à partir du XIIIe siècle.

Mahaut de Bourbon (v. 1160 † 1228) héritière de cette famille chevaleresque, apporta le château dans la maison de Dampierre, par son mariage avec Guy II de Dampierre, connétable de Champagne.

Les Dampierre et les Bourgogne[modifier | modifier le code]

armoiries de Dampierre-Bourbon

Entre le XIIIe et le XIVe siècle, le château devint une puissante forteresse, agrémentée de quinze tours. Les Dampierre se fondent dans la maison de Bourgogne, puis celle-ci, le mariage d'Agnès de Bourgogne, avec le prince Robert, fils du roi Louis IX, dans la nouvelle maison de Bourbon, désormais de sang royal.

Les Ducs de Bourbon[modifier | modifier le code]

Louis Ier de Bourbon, premier duc de Bourbon, fils d'Agnès de Bourbon, et petit-fils de saint Louis, choisit de faire embellir sa forteresse. Il fait édifier une « sainte Chapelle », ruinée depuis. Non loin, il jette les fondements du donjon de son château de Moulins[4]. Après une revendication de Louise de Savoie puis la trahison du connétable Charles de Bourbon, le duché de Bourbonnais et le château de Bourbon fut incorporés au domaine royal (1521-1523).

Maison d'Orléans-Valois (domaine royal)[modifier | modifier le code]

La confiscation par François Ier en 1523 se fit au bénéfice de sa mère, Louise de Savoie, comtesse douairière d'Angoulême, devenue en 1515 duchesse d'Angoulême et d'Anjou et comtesse du Maine, qui revendiquait le duché de Bourbon à cause de sa mère Marguerite de Bourbon (1438-1483). À la mort de Louise de Savoie, le domaine et le château entrent dans le domaine royal. François Ier accorde Bourbon en 1544 à son dernier fils Charles de France, duc d'Angoulême et d'Orléans (1522-1545), mais ce dernier meurt sans héritier l'année suivante.

Bourbon-l'Archambault devient un château royal et n'est habité qu'épisodiquement. Le domaine est alors attribué au futur Henri III, alors duc d'Anjou, avant son accession au trône.

La maison de Bourbon-Condé[modifier | modifier le code]

Princes de Condé, ducs de Bourbon (1661-1830)

Après plus d'un siècle dans les mains de la Couronne, le duché de Bourbonnais est de nouveau érigé en 1661, au profit de la branche de Condé de la maison de Bourbon, au bénéfice du « Grand Condé », victorieux à Rocroi en 1642, Louis II de Bourbon-Condé, prince de Condé, duc d'Enghien, etc., pair de France, premier prince du sang.

Le château servit alors pour loger les princes et princesses venant prendre les eaux dans cette bourgade, au cours du XVIIe siècle dont la vogue était générale en France pour le soin de certaines maladies. Les eaux de Bourbon concurrençaient alors celles de Vichy. Madame de Montespan y mourut le 26 mai 1707.

Un incendie ravagea une partie du château au XVIIIe siècle. Le prince de Condé le fit restaurer en état de conservation, sans y ajouter d'embellissement, hormis une horloge sur la tour Quiquengrogne, visible depuis le bourg de Bourbon-l'Archambault[5].

Pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

Les biens des Condé ayant été confisqués, seules les trois tours du nord ne furent pas soumises aux ventes par adjudication. le directoire de district de Cérilly fit adjuger les restes de la « Sainte Chapelle » et du château le 8 pluviôse an II. Les tours furent utilisées comme supplément de la maison d'arrêt[6]. La tour Quiquengrogne fut elle-même conservée à cet effet[7].

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Au retour des Bourbon-Condé, à la faveur de la Restauration, le domaine est récupéré par cette maison, qui s'éteint toutefois en 1830.

La maison d'Orléans[modifier | modifier le code]

Duc d'Aumale, propriétaire du château (1830-1897)

Au XIXe siècle, la forteresse échoit, par testament du dernier prince de Condé, au jeune Henri d'Orléans (1822-1897), alors âgé de huit ans, avec le château de Chantilly et plusieurs autres domaines importants de la maison de Condé. Peu de temps après cet héritage, les exécuteurs testamentaires voulurent vendre ces ruines pour 2000 francs, mais de la forteresse d'origine, presque entièrement rasée, furent heureusement sauvées trois tours grâce à l'action du poète Achille Allier, dont la fameuse « tour Qui-qu'en-Grogne ».

Le duc d'Aumale laisse s'y organiser un petit musée dans les ruines pittoresques.

À la mort du duc d'Aumale, dernier propriétaire unique de Bourbon, le château et son domaine entrèrent dans les biens de la maison d'Orléans, en indivision entre tous les héritiers, descendants de Louis-Philippe. Le domaine fut administré au nom du duc d'Orléans, Philippe d'Orléans, « chef de la maison de France » et prétendant orléaniste. Plusieurs mariages entre membres de cette famille donnèrent à Henri, « comte de Paris », l'essentiel des parts des biens de sa famille, dont le château de Bourbon.

La fondation Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Pour préserver l'avenir de ce bien dans l'héritage royal, le « comte de Paris » décide de l'inclure dans une fondation familiale, la fondation Saint-Louis, en 1974. Il en devient le président d'honneur, fondation destinée à préserver les monuments les plus importants des Orléans en les soustrayant aux risques de dispersion qu'engendrent parfois les partages d'héritages. Il avait onze enfants, dont un décédé sans postérité.

Cette fondation a été présidée par Jean d'Albert de Luynes-Dunois, 12e duc de Luynes, de 1999 à 2008.

Description[modifier | modifier le code]

La tour Qui qu'en Grogne

La tour Qui qu'en Grogne protégeait l'accès du château. C'était une tour circulaire fermée avec accès par un escalier donnant sur la cour intérieure et escalier à vis pour parvenir aux courtines. La salle du premier étage, qui a été utilisée comme prison, a conservé les anneaux scellés dans le mur. La partie haute des tours date du XIVe siècle[8].

La tour Qui qu'en Grogne a été classée monument historique par arrêté du 14 juin 1961[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. Sources: Art de vérifier les dates.
  4. Georges Touchard-Lafosse, La Loire historique, pittoresque et biographique, Tours, Lecesne, 1851, p. 640.
  5. Pierre Gélis-Didot, Georges Grassoreille, Le château de Bourbon-l'Archambault, Paris, G. Chamerot, 1887, p. 30.
  6. M. Génermont, « La protection des monuments historiques », Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, 1924, p. 91.
  7. Pierre Gélis-Didot, Georges Grassoreille, Le château de Bourbon-l'Archambault, Paris, G. Chamerot, 1887, p. 34.
  8. Deshoulières, Bourbon-l'Archambault, dans Archives 1913, p. 43 à 46.
  9. « Ancien château », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M.-A. Chazaud (archiviste du département de l'Allier), Étude sur la chronologie des sires de Bourbon (Xe ‑ XIIIe siècle), Moulins, Société d'émulation de l'Allier, 1865 : disponible en ligne
  • Mgr Xavier Barbier de Montault, Le château de Bourbon-l'Archambault (Allier), Moulins, Imprimerie C. Desrosiers, 1876, iv-148 p. et pl.
  • Pierre Gélis-Didot, Georges Grassoreille, Le château de Bourbon-l'Archambault, Paris, G. Chamerot, 1887, 106 p.
  • Max Fazy, Catalogue des actes concernant l'histoire du Bourbonnais jusqu'au milieu du XIIIe siècle, accompagné du regeste des documents narratifs, Moulins, Imprimerie du Progrès de l'Allier, 1924, xix-683 p.
  • Max Fazy, Histoire des sires de Bourbon jusqu'à la mort d'Archambaud VIII (1249) et de la formation territoriale du Bourbonnais, Moulins, Imprimerie du Progrès de l'Allier, 1924, xlv-243 p.
  • Yves Bruand, Le château de Bourbon-l'Archambault, dans Congrès archéologique de France. 146e session. Bourbonnais. 1988, p. 97-109, Société Française d'Archéologie, Paris, 1991

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]