Château de Billy

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Château de Billy
Image illustrative de l'article Château de Billy
Le château de Billy surveille la ville de Billy
Période ou style Médiéval
Type Château-fort
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Hugues Colombi
Destination initiale Forteresse
Propriétaire actuel Commune de Billy
Destination actuelle Office de tourisme
Protection Logo monument historique Classé MH (1921)
 Inscrit MH (1929)
Coordonnées 46° 14′ 12″ N 3° 25′ 43″ E / 46.236734, 3.428641 ()46° 14′ 12″ Nord 3° 25′ 43″ Est / 46.236734, 3.428641 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Bourbonnais
Subdivision administrative Allier
Département Auvergne
Commune Billy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Billy

Géolocalisation sur la carte : Allier

(Voir situation sur carte : Allier)
Château de Billy

Le Château de Billy est un château fort du XIIIe siècle situé sur la commune de Billy à 14 km au nord de Vichy dans le département de l’Allier (France).

Histoire[modifier | modifier le code]

Apparition du château actuel[modifier | modifier le code]

Bien que l’on ne connaisse pas la date de construction du château ni même l’entière réalité historique concernant l’occupation du site (les origines pouvant remonter à l’époque gauloise ou gallo-romaine) avant l’apparition de ce « castrum », il est possible d’établir une ère chronologique qui implique la constitution d’un édifice fortifié proche de celui qui existe aujourd’hui. En effet, l’étude de l’architecture (philippienne) et du contexte historique (conquête de l’Auvergne par le roi de France Philippe-Auguste jusqu’en 1213) conjuguée aux quelques sources textuelles et données archéologiques sur Billy laisse penser que la forteresse a été construite dès le début du XIIIe siècle subissant probablement, par la suite (et notamment après 1232), de plus ou moins grandes modifications.

La forteresse intégrée au patrimoine des Bourbon[modifier | modifier le code]

Avec l’aide des textes médiévaux, nous savons que le château de Billy fut très tôt le siège d’un bailliage royal, puis celui d’une châtellenie liée au futur duché de Bourbon. Auparavant, l’édifice (et toutes ses dépendances) avait été vendu par le seigneur Hugues Colombi au sire Archambaud VIII (famille de Bourbon) qui étendait alors son territoire jusqu’aux portes puis sur les marges de l’Auvergne. Fort logiquement, le site était avant tout stratégique du fait des rivalités qu'entretenaient les seigneurs de Bourbon avec les puissants comtes d’Auvergne (par moment alliés aux Anglais) qui dominaient encore une partie du territoire correspondant au département de l’Allier.

L’influence des Bourbon dans la région participa sans doute, d’une part, à la constitution d’un bourg castral puis finalement d’une ville franche et fortifiée sur le site, mais aussi, d’autre part, à accroître la prospérité de la châtellenie de Billy jusqu’au début du XVIe siècle. Le contrôle des ducs sur le territoire se percevait aisément par l’intermédiaire des capitaines-châtelains, officiers et représentants ducaux placés à la tête des différentes circonscriptions administratives et judiciaires. L’un des châtelains les plus connus à Billy fut certainement Pierre, bâtard de Bourbon, de 1471 à 1488, fils de Charles Ier de Bourbon duc de Bourbon et d'Auvergne (1402-1456) .

Billy (et son château) connut alors probablement son apogée, aux XVe et XVIe siècles, au point que la châtellenie étendra sa juridiction sur 62 paroisses et 3 seigneuries, ce qui en fera, à cet instant, la plus vaste circonscription, en second, sur les 17 châtellenies bourbonnaises recensées.

La période post-médiévale[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles suivants, le château connaîtra une lente agonie alors même que l’on continuera à l’employer pour diverses fonctions. Cette décadence transparaît d'abord le 2 février 1576, pendant les guerres de religion, lorsque la forteresse connaît l'un de ses plus grands déboires en subissant un siège mené par les protestants sous le commandement du prince de Condé. Lui, le prince Jean Casimir, fils de l’Électeur palatin du Rhin et leurs hommes occuperont le château un bref moment avant de poursuivre leur marche. L’édifice, ainsi qu’une partie des remparts de la basse-cour et de la ville vont subir des dégâts qui ne seront jamais réparés. Cet événement, bien qu’il ne soit pas le seul élément déclencheur, met à terre le prestige et toute la symbolique de puissance que dégageait le château de Billy pendant sa période faste. Par la suite, ce dernier cessera d’être le siège physique de la châtellenie qui, pourtant, perdurera à Billy jusqu’à la Révolution française. Par conséquent, ne détenant plus une fonction résidentielle ni même un système de défense adapté aux besoins du temps, la forteresse (et la justice qui en dépendait), qui avait perdu son rôle centralisateur du pouvoir, est donnée en gage à des bailleurs de fond, le 31 juillet 1596, par le roi de France Henri IV qui tentait alors de renflouer les caisses de l’État vidées par les longues guerres de religion. De Sébastien Zamet, financier italien, conseiller du roi et surintendant des finances de Marie de Médicis au comte d’Arfeuilles, en passant par Anne-Léon de Montmorency, membre de l’illustre famille, les engagistes se succèderont jusqu’au-delà de la Révolution. Ainsi, durant l’époque moderne, le château sera aménagé en prison jusqu’au transfert de cette fonction vers la ville de Cusset, en 1790.

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

En même temps que le château de Billy perd de son prestige et de son intérêt aux yeux des hommes, l’édifice ne cesse de se détériorer et finit par tomber dans l'abandon à partir du XIXe siècle. Durant les deux derniers siècles qui nous précèdent, le « castrum » est plus ou moins abusivement occupé par la population locale, qui, pour une partie, contribue à sa dégradation. Pour le reste, le temps, combiné au manque d’entretien et d’intérêt de la part des propriétaires, fait son effet. Il faudra attendre le 28 août 1963 pour que la commune de Billy rachète la forteresse à sept des descendants des derniers engagistes.

Aujourd’hui, le château appartient toujours à la commune et revit tous les ans, au gré des saisons, grâce aux différentes animations organisées par l’office de tourisme.

Le château partiellement en ruine fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 17 mai 1921[1].

L'enceinte extérieure est, pour sa part, inscrite depuis le 9 décembre 1929.

Architecture et situation[modifier | modifier le code]

Le château de Billy est situé en plein cœur du bourg actuel même s’il est légèrement en retrait vers l’ouest et ainsi à proximité de la rivière Allier. Il est bâti sur un promontoire gréseux à ciment calcaire ; c’est une butte d’une cinquantaine de mètres de hauteur. Le château et sa basse-cour dominent donc la rivière et toute la vallée de l’Allier qui s’étend jusqu’au coteau de Marcenat. Le village de Billy (excepté la paroisse), quant à lui, occupe toute la partie basse de la butte de manière radio-concentrique par rapport à la forteresse.

L’enceinte principale du château (réduit central) adopte un plan ovoïdal car sa base suit probablement le contour du promontoire rocheux sur lequel elle est érigée. Cette dernière, qui encadre une cour aujourd’hui vide, possède un diamètre d’une cinquantaine de mètres d’est en ouest et une quarantaine de mètres du nord au sud. Pour ce qui est de la basse-cour, elle se situe un peu plus bas en direction de l’ouest et du sud-ouest, et adopte une forme ovale dont la surface s’étend sur plus de cent vingt mètres dans sa longueur, du nord au sud, et un peu moins d’une centaine de mètres dans sa largeur. L'enceinte possède encore aujourd’hui sept tours semi-circulaires qui sont reliées par des courtines parfois rectilignes, courbées ou saccadées dans leur tracé, en raison du relief escarpé.

La partie centrale du château est cantonnée de six tours semi-circulaires au nord, sud et ouest comprenant notamment le châtelet d’entrée, très imposant. À ce système, s'ajoute à l'est une autre tour ronde, plus grosse que les autres, qui est accolée à une tour de guet élancée et octogonale dans sa forme.

Le plan qu’adopte la forteresse dans son ensemble (avec la basse-cour) ne laisse aucun doute en ce qui concerne sa typologie : il est caractéristique du XIIIe siècle et du mouvement de construction lancé par le roi de France Philippe-Auguste à cette époque. Les tours circulaires sont d’ailleurs, à elles seules, de véritables marques de fabrique tellement elles symbolisent le pouvoir capétien. Notons, enfin, comme autre symbole, les archères en rame dispersées sur l’édifice castral.

Si le château de Billy a gardé en grande partie son architecture du XIIIe siècle , il est probable qu’il y avait un certain nombre de différences par rapport à l’état actuel et celui auquel ressemblait le monument durant la période moderne. En effet, l’édifice a subi des transformations à partir du XIVe siècle avec l’aménagement du châtelet d’entrée, la construction d’une tour de guet et d’un passage en encorbellement et la probable surélévation de la tour maîtresse.

Enfin, la cour du château devait abriter une série de bâtiments et logis dont les seules traces visibles se lisent encore sur la face interne des courtines (cheminées…). Effectivement, outre son statut de forteresse quasi imprenable, le « castrum » était avant tout un lieu de vie servant aussi de résidence.

De nos jours, le château se visite d’avril à octobre et l’accès aux remparts offre notamment un splendide panorama sur la vallée de l'Allier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Julien Jobard, Billy (03), le pôle castral et paroissial, Mémoire de Maîtrise "Histoire et Archéologie",‎ 2006-2007, 188 p.