Château de Barbezieux

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Château de Barbezieux
Image illustrative de l'article Château de Barbezieux
Tours du château, façade ouest
Période ou style médiéval, art gothique flamboyant en partie d'origine et néo-gothique dans les parties restaurées au XIXe siècle
Type château fort
Début construction XVe siècle
Fin construction XVIe siècle (aspect castral complet)- XIXe siècle (aspect actuel)
Propriétaire initial Marguerite de La Rochefoucauld
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Communauté de communes des 3B - Sud-Charente
Protection Logo monument historique Classé MH (1913)
 Inscrit MH (2004)[1]
Coordonnées 45° 28′ 23″ N 0° 09′ 27″ O / 45.47306, -0.157545° 28′ 23″ Nord 0° 09′ 27″ Ouest / 45.47306, -0.1575  [2]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Saintonge, Angoumois
Région Poitou-Charentes
Département Charente
Commune Barbezieux-Saint-Hilaire

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Barbezieux

Géolocalisation sur la carte : Charente

(Voir situation sur carte : Charente)
Château de Barbezieux

Le château de Barbezieux se trouve à Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente) et date de 1480.

Historique[modifier | modifier le code]

Un château a existé à l'emplacement du château actuel dès le XIe siècle, sous forme classique des mottes castrales de la fin de l'époque carolingienne et du début du Moyen Âge central, puis au XIIe siècle rebâti en pierre; il fut un des plus importants de la région et fut la base de la puissance des premiers seigneurs de Barbezieux, dont la dynastie féodale se maintiendra jusqu'à la guerre de Cent Ans, rivalisant avec les familles saintongeaises voire des comtes d'Angoulême eux-mêmes sur toile de fond bien évidemment de la rivalité entre Capétiens et Plantagenêts pour le contrôle de l'Aquitaine. Le château, à la tête d'une châtellenie puissante et reconnue dans tout le royaume de France était donc au cœur de ces rivalités, mais de la première construction, de multiples fois mis à l'épreuve lors des guerres du Moyen Âge, il ne reste aujourd'hui plus aucune trace, de même que la puissante famille féodale des Barbezieux disparut avec lui, léguant le domaine à une branche parente par mariage, la Maison de La Rochefoucauld, qui, au sortir de la guerre de Cent Ans, hérita d'un domaine meurtri, en proie à la disette et moralement éprouvé[3].

Le château actuel fut construit sur ordre de Marguerite de La Rochefoucauld, dame de Barbezieux et de Montendre, pour donner du travail lors de cette disette mais également pour relever l'ancienne seigneurie de Barbezieux, ravagée par la guerre de Cent Ans qui se termina en 1453 dans la région, et dont le premier château en fut grande victime. Reconstruit selon les préceptes de l'art gothique flamboyant, la nouvelle forteresse allia parfaitement l'idée d'un château fort avec des systèmes de défense représentatifs de la fin du Moyen Âge, mais aussi cette idée de résidence seigneuriale luxueuse annonçant les nouvelles donnes immobilières aristocratiques de la Renaissance, avec la présence de jardins (à l'emplacement de l'actuel square du 14 Juillet) et de fenêtres à menaux percées dans les murs épais. Perpétuant l'ancienne tradition du premier château, le domaine de la seigneurie se releva des affres de la guerre de Cent Ans, et sous l'époque des La Rochefoucauld, il représentait la puissance économique et financière de Barbezieux, ce qui donc, au gré de l'histoire, en fit une perle pour quiquonque allait en avoir possession[3].

Il passa de main en main et devint la propriété de Richelieu, puis fut acheté par François Michel Le Tellier, marquis de Louvois et fut érigé en marquisat en 1678, par Louis XIV. En 1718 il revint aux La Rochefoucauld, mais dès le XVIIe siècle, le château ne vit que très peu, puis jamais ses détenteurs y loger, condamnant ainsi le donjon-corps de logis à se détériorer et à tomber en ruine au cours du XVIIIe siècle.

Il est vendu à la Révolution. Le châtelet sud-est (porte Chavaroche) servit de prison jusqu'en 1820, mais au début du XIXe siècle, l'ensemble garda son aspect de forteresse médiévale imposante. Mais c'est au cours de ce même siècle que va s'amorcer une nouvelle phase de l'histoire du château : le temps des démolitions et ultimes sauvegardes, qui vont lui donner l'aspect que nous connaissons aujourd'hui[3].

Le théâtre, façade sud

En 1829, afin d'éviter la destruction totale du château, la ville de Barbezieux entâma des pourparlers avec la famille Levraud, propriétaire alors, et le lui acheta en 1845. Après une série de travaux effectués en vue de remettre en valeur les parties encore en état, principalement situées au niveau de la porte nord et des écuries, l'ancien corps de logis ou donjon à quatre tours, en ruine depuis le XVIIIe siècle fut détruit dans le courant de ces premières années de la Seconde Restauration, de même que l'ancienne grande salle des recettes, et en 1836, la porte Chavaroche, et la chapelle castrale Saint-Ymas à son sommet, accès secondaire oriental du château, furent abattues. De l'ancienne forteresse qui fut jadis un symbole de souveraineté féodale sur cette région stratégique à mi-chemin de la Saintonge et de l'Angoumois, il ne resta que la porte nord et ses deux tours, entièrement remises en état en vue d'y abriter un hôpital. Quant au reste de l'espace occupé par la défunte forteresse, la ville entreprit une série de réhabilitations urbaines qui ont fait disparaître les anciens jardins de Marguerite de La Rochefoucauld afin d'y ériger une rampe d'accès à la toute nouvelle place de la ville également desservie par une seconde rampe dite des Mobiles du côté de l'ancien accès depuis la ville. Cette grande place fut agencée sur les anciennes cours internes du château, mise à niveau et vit les anciennes ruines castrales arrasées, englouties, et l'ancien accès depuis la porte nord condamné du fait de son remplacement par ces nouveaux axes de circulation : les rampes.

Recouvrant donc l'intégralité de l'espace jadis occupé par le gros œuvre du château, entièrement remanié à la fin du XIXe siècle et intégré à la circulation urbaine, le château y perdit les 4/5èmes de son ancienne emprise. Ultérieurement, un second bâtiment fut bâti à l'emplacement de l'ancien jeu de paume d'abord destiné à accueillir la mairie puis relégué à des fonctions diverses par la suite[3].

Un théâtre à l'italienne a été construit sur l'ancienne grange. Un hospice et un pensionnat de filles indigentes y furent également installés[4]. L'hôpital y resta jusqu'en 1908, et le théâtre a été réaménagé en 1900.

Un nouveau bâtiment fut construit vers 1922.

Pendant l'occupation allemande, le château fut utilisé comme point d'observation par l'occupant[3].

Le château est aujourd'hui en partie propriété de la Communauté de communes des 4B - Sud-Charente et en partie propriété d'une personne privée[réf. nécessaire].

Le château de Barbezieux fait l'objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le et une inscription le [5].

Depuis 2013, le château est en cours de réhabilitation sous l'égide de la Communauté de communes des 4B - Sud-Charente, en vue de rénover et moderniser le théâtre à l'italienne (l'ensemble des travaux a été labellisé « pôle d'excellence rurale » en 2012 et bénéficie du soutien de l'État, de la Région et du Département[6]), et plus largement de redonner au château un aspect médiéval en restaurant le mur d'enceinte par condamnation des menaux du XIXe siècle et réhabilitation du chemin de ronde le long des toits du théâtre associée à la reprise de ce qui reste l'élément le plus ancien du château encore existant : une tourelle du XIIe siècle à l'extrémité Est du château actuel, dotée d'une terrasse à son sommet et d'un accès qui permettra aux visiteurs de parcourir le chemin de ronde et d'y bénéficier d'un point de vue imprenable sur les paysages barbeziliens[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui encore, ce château se présente comme une imposante forteresse, principalement depuis la route d'Archiac.

Aujourd'hui, les principales parties en élévation se constituent de la courtine nord avec le chemin de ronde couvert, terminé à l'est par une tour demi-cylindrique, ainsi que l'ancienne grange, construite le long de la courtine, et sont la portion restante de l'enceinte intérieure.

Les deux hautes tours rondes sont recouvertes d'un toit unique et chacune complétée par de petites structures que l'on pourrait apparenter à des "oreilles", avec à leurs sommets une petite flèche d'inspiration gothique. En réalité, ces petites excroissances sont les marques d'escaliers permettant de rejoindre depuis l'intérieur des tours le chemin de ronde couvert du porche. Pour l'anecdote, de ces petites oreilles, une seule date du XVe siècle (celle sur la droite si l'on se place sur la route depuis Archiac) l'autre n'étant qu'un ajout du XIXe siècle destiné à égaliser, uniformiser et harmoniser le grand porche, déjà depuis longtemps séparé des murs d'enceinte en ruines. Comme dit précédemment, le porche est constitué d'un toit unique, qui couvre aussi le passage central formant ainsi un pavillon et une couverture supplémentaire des défenses comportant créneaux et mâchicoulis remaniés et restaurés au XIXe siècle, mais reprenant les mêmes aspects que les originaux. Dans les parties basses du porche, on trouve l'ancienne porte d'accès, qui malheureusement n'est plus aujourd'hui que la simple représentation de sa fonction de passage, puisqu'elle débouche sur une cave à l'emplacement du chemin d'accès à l'ancienne cour, comblée depuis les années 1840. Au premier étage se trouve une série de trois pièces, dont celle centrale abrite l'office de tourisme et se distingue par un décor de style néo-gothique par une fenêtre à vitrail et porte d'accès à la médiévale.

On remarque, sur le porche, comme sur la tourelle nord, des ouvertures pour canonnières, datant du XVIe siècle, permettant de couvrir les parties basses du château, dans les douves comme sur le chemin d'accès principal, bien que ce type de système d'arme à feu ne soit pas des plus aptes à défendre de manière tangible le château si ce dernier eût été exposé à un véritable siège d'époque moderne; à caractère résidentiel, mais aussi défensif, cette forteresse n'en était pas moins obsolète militairement parlant, au moment de sa construction et dès les 20 années qui l'ont suivi, les progrès de la poliorcétique et surtout des techniques et de la maîtrise des armes à feu, notamment du canon, ont rendu les défenses médiévales totalement inadéquates pour freiner et arrêter un ennemi; les murs hauts et non protégés par glacis étaient des cibles idéales pour les boulets d'artillerie, ce qui força les ingénieurs militaires à opter pour de nouveaux systèmes de défense, combinant l'aspect défensif et offensif de la forteresse d'autrefois, mais offrant, par ses murs bas et épais, une protection efficace contre les boulets : un mur bas, massif, biscornu et à demi-enterré dans un dédale de fosses, demi-lunes, casemates, protégé par ses remblais est capable d'absorber l'impact du tir, là où fait défaut l'ancienne muraille. Les vieux châteaux étaient devenus obsolètes, ce que les grands seigneurs et chefs militaires avaient compris. Tout au mieux ne pouvaient-ils seulement les optimiser, soit en les adaptant aux nouvelles exigences, comme le montre le cas du château de Saumur où le principe du bastillon fut incorporé, ou le château des ducs de Bretagne qui devint une place forte des plus efficaces; soit délaisser le principe de la résidence fortifiée au profit de défenses aux frontières et de résidences palatiales internes, chose que les rois de France mirent en place dès François Ier et que la noblesse s'empressa d'imiter à l'instar des transformations qu'un certain nombre de grandes forteresses subirent entre le XVIe et XVIIIe siècles, entendons ici l'exemple du palais du Louvre voire du château de La Rochefoucauld.

Un grand bâtiment rectangulaire a, lui, été très transformé. Cette construction n'est autre que l'ancienne grange du château, qui abritait également les écuries seigneuriales et rangement des possibles voitures et carrosses présents. Comme vu dans le paragraphe précédent, l'ensemble construit au XVIe siècle a subi maintes modifications et aménagements entre sa construction et aujourd'hui. Si entre le XIXe siècle et 2013, il abrita un théâtre à l'italienne et accessoirement un petit café, les travaux de réhabilitation ont permis de dégager la structure interne du bâtiment avec sa charpente magistrale et système de poutres de soutènement datant de l'époque de construction.

En 2015, les travaux achevés, un nouveau théâtre moderne et couloirs spéciaux permettront à la fois de lier aspect divertissant et aspect mémoriel puisque les charpentes seront rendues accessibles au public de même que l'ancien chemin de ronde sur lequel le théâtre repose, entièrement remis en état et accessible par l'élément d'architecture militaire le plus ancien : la petite tourelle orientale.

Cette tour est la dernière encore en élévation, et abrite deux salles sur deux étages débouchant sur des cannonières. Le sommet, lui, a été arrasé au XIXe siècle et mis au même niveau que le chemin de ronde nord. Longtemps aux prises avec une invasion végétale (l'herbe et même des arbustes avaient colonisé le sommet de la tour et débuté un fissurage des voûtes de la salle inférieure), cette dernière en fut totalement libérée et dotée d'une terrasse d'observation et d'un accès direct au chemin de ronde, prolongé entre 2013 et 2015 par l'érection d'une rampe d'accès depuis le sol et dont l'ensemble constituera l'accès aux parties hautes, le tout dans une harmonie architecturale se voulant d'époque.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Châteaux, manoirs et logis : La Charente, éditions Patrimoine et Médias,‎ , 499 p. (ISBN 2-910137-05-8)
  • Ian Hogg, Fortifications, histoire mondiale de l'architecture militaire, Editions Atlas, 1983
  • Jean-Hippolyte Michon, Statistique monumentale de la Charente, Paris, Derache (réimprimé en 1980 par Bruno Sépulchre, Paris),‎ , 334 p. (lire en ligne), p. 221

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Château de Barbezieux », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Coordonnées prises sur Géoportail
  3. a, b, c, d, e et f Marie Faure-Lecocq, Le château de Barbezieux des origines à nos jours, éditions Via Patrimoine, coordonné par la Communauté de communes des 4B - Sud-Charente, coll. « Patrimoine de l'Angoumois »,‎ , 24 p.
  4. Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf,‎ 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 70-72
  5. « Notice no PA00104238 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Mauricette Boutin, « Le château de Barbezieux livre son histoire », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)