Château de Bélarga

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Château de Bélarga
Période ou style Demeure seigneuriale
Début construction XIVe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Maison de Guilhem
Famille de Mirman
Destination initiale Défense d'un gué
sur l'Hérault
Propriétaire actuel Propriété privée
Coordonnées 43° 33′ 12″ N 3° 29′ 15″ E / 43.5533333333, 3.4875 ()43° 33′ 12″ Nord 3° 29′ 15″ Est / 43.5533333333, 3.4875 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Languedoc
Subdivision administrative Région Languedoc-Roussillon
Département Département de l'Hérault
Commune Bélarga

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Bélarga

Le château de Bélarga est un édifice construit aux XVIIe siècle. Une partie de cette construction témoigne d'un bâtiment antérieur datant des XIVe et XVe siècles.

Ce monument recensé par l'Inventaire général du patrimoine culturel est situé à Bélarga, dans le département de l'Hérault.

Historique[modifier | modifier le code]

Un château fort est mentionné à Bélarga avant 1281, entraînant la construction d'un village. Une enceinte commandée par ce fort est construite à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle. L'édifice domine un gué sur l'Hérault auquel s'attache un péage[1].

L'endroit appartient aux Guilhem, puissants seigneurs de Clermont-Lodève, aujourd'hui Clermont-l'Hérault. Bérenger IV de Guilhem est cité comme seigneur du castrum de Belesgario en 1310[2]. Son successeur, Pierre de Clermont, est connu pour avoir commis à Bélarga un crime contre la personne d'une jeune femme de Puilacher, crime pour lequel il est condamné en 1310 par le sénéchal de Carcassonne, sentence confirmée le 29 janvier 1311 par le parlement de Paris (cf. infra).

Il en résulte la confiscation de la seigneurie de Bélarga[3].

Au XVIIe siècle, le château appartient à la famille de Mirman, famille de noblesse de robe ayant donné de nombreux magistrats aux cours souveraines du Languedoc. En 1654, le chevalier François de Mirman, conseiller du roi et intendant des gabelles, porte les titres de « baron de Florac, seigneur de Bélarga, etc.[4] ».

Les Mirman donnent au château son aspect actuel, l'embellissant « dans le goût rustique en vogue au XVIIe siècle à Montpellier[5] ».

Description[modifier | modifier le code]

L'aile nord de l'édifice actuel date probablement du XIVe siècle, partie remaniée au XVe siècle. Au nord de cet élément, un nouveau château est construit au XVIIe siècle[6].

Situation légale[modifier | modifier le code]

Le château de Bélarga est une propriété privée. Il fait l'objet d'un recensement à l'Inventaire général du patrimoine culturel[6].

Le crime de Pierre de Clermont[modifier | modifier le code]

Le 29 janvier 1311, le parlement de Paris confirme une sentence rendue par le sénéchal de Carcassonne contre Pierre de Clermont, seigneur de Bélarga, en ces termes :

« Pierre avait attiré dans sa maison de Bélarga (de Belesgario), Fize, demoiselle de Pui Laché (de Podio Latercio), et avait cherché à la connaître charnellement. Sur le refus de la demoiselle, il lui avait lié les mains, et l'avait fait conduire au château et mettre dans une affreuse prison. Après l'y avoir tenue trois jours, il l'en avait tirée, et ayant renvoyé tous ses domestiques, il avait fermé la porte et recommencé ses obsessions, lui promettant, si elle consentait à satisfaire ses désirs, de lui donner du blé, des habits et un mari. Ne pouvant rien obtenir, il la posa sur une poutre par le milieu du corps, de sorte que la tête et les pieds pendaient ; il lui suspendit aux jambes et aux bras des cabas chargés de pierres, et la laissa dans cette position. Le sang sortit par les narines de cette malheureuse, qui ne fut délivrée qu'à condition d'avouer, ce qui était faux, qu'elle avait eu un enfant. Pierre paiera cinq cents livres d'amende au Roi et cent livres à la demoiselle[7]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de la Culture, Inventaire général du patrimoine culturel, « Notice n° IA34000391 sur www.culture.gouv.fr
  2. Philippe Huppé, Les seigneurs de Clermont-Lodève : du palais carolingien à la cour napolitaine, IXe ‑ XVe siècles, vol. 2, Les Presses littéraires, 2008 (ISBN 978-235073-285-5)
  3. Philippe Huppé, Le gisant de la féodalité dans l'ombre des Lumières : la féodalité dans la baronnie du Pouget et la vicomté de Plaissan au 18e siècle, suivi de l'armorial des seigneurs, p. 7, éditions Monique Mergoil, Montagnac (Hérault) 1998 (ISBN 978-2907303224)
  4. Béjart, Armorial de 1654, cité par Louis de La Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc, Généralité de Montpellier, t. 1, p. 347, Félix Seguin libraire-éditeur, Montpellier, 1860 (lire en ligne) (page consultée le 3 février 2011)
  5. Philippe Huppé, op. cit., p. 8.
  6. a et b Ministère de la Culture, Inventaire général du patrimoine culturel, « Notice n° IA00029003 sur www.culture.gouv.fr
  7. Edgard Boutaric, Actes du Parlement de Paris, série 1 (1299-1328), t. II, p. 72-73, Plon, Paris, 1807 (lire en ligne) (page consultée le 30 janvier 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]