Château d'York

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Château d’York
Image illustrative de l'article Château d'York
Le château tel qu'il était au XIVe siècle.
Nom local York Castle
Début construction XIe siècle
Protection Grade I
Coordonnées 53° 57′ 20″ N 1° 04′ 48″ O / 53.955631, -1.0853° 57′ 20″ Nord 1° 04′ 48″ Ouest / 53.955631, -1.08  
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation constitutive Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Localité York

Géolocalisation sur la carte : Yorkshire du Nord

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Château d’York

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Château d’York

Le château d'York se situe dans la ville anglaise du même nom. Il s'agit d'un complexe fortifié dans lequel, au cours des neuf derniers siècles, se succédèrent châteaux, prisons, cours de justice et autres bâtiments, au sud de la rivière Foss.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le donjon du château médiéval normand, aujourd'hui en ruine, est parfois appelé La Tour de Clifford (Clifford's Tower). Construit à l'origine sur ordre de Guillaume le Conquérant afin de dominer l'ancienne ville Viking de York, le château subit un début d'histoire tumultueux avant de se développer pour devenir une fortification majeure possédant d'importants moyens hydrauliques pour se défendre.

À la suite d'une grosse explosion en 1684 qui rendit impossible l'utilisation des ouvrages défensifs restants, le château d'York continua à servir de prison et ce jusqu'en 1929.

Le premier château à motte castrale sur le site fut construit en 1068 à la suite de la conquête normande de la ville d'York. Après la destruction du château d'York par des insurgés et une armée Viking en 1069, il fut reconstruit et renforcé en moyens à eau défensifs, incluant une douve et un lac artificiel. Le château d'York constituait une fortification royale importante du nord de l'Angleterre.

En 1190, 150 juifs locaux furent tués lors d'un pogrom dans le donjon du château. Henri III reconstruisit le château en pierre au milieu du XIIIe siècle, créant un donjon en quadrilobe unique, soutenu par un mur d'enceinte et un corps de garde. De 1298 à 1338, pendant les guerres d'indépendance de l'Écosse, le château d'York servit fréquemment de centre pour l'administration royale d'Angleterre et fut également une base importante pour les opérations militaires.

Le château d'York tomba en ruine aux XVe et XVIe siècles, servant de plus en plus de prison à la fois pour les criminels locaux et les prisonniers politiques. Sous le règne d'Élisabeth Ire d'Angleterre, on estima que le château avait perdu toute sa valeur militaire mais il fut maintenu comme centre de l'autorité royale de York. En 1642, le déclenchement de la Première Révolution anglaise vit la réparation et la nouvelle fortification du château qui joua un rôle dans la défense des Cavaliers de York en 1644 alors que ces derniers s'opposaient aux Têtes Rondes. Des garnisons continuèrent d'être placées au château d'York jusqu'en 1684 lorsqu'une explosion détruisit l'intérieur de la Tour Clifford. Le château à motte castrale fut remanié dans un style néoclassique au XVIIIe siècle pour devenir un centre administratif du comté du Yorkshire et fut utilisé comme prison notamment pour les débiteurs.

Au XIXe siècle, la réforme des prisons conduisit en 1825 à la création sur le site du château d'une nouvelle prison construite dans le style gothique Tudor qui fut d'abord utilisée comme prison du comté puis comme prison militaire. Ces installations furent démolies en 1935. Au cours du XXe siècle, la Tour Clifford en ruine était devenue une destination touristique connue et un monument national.

Aujourd'hui, le site appartient à l'English Heritage et est ouvert au public. Les bâtiments restants abritent le musée du château d'York (en) et servent de Cour de la Couronne.

Histoire[modifier | modifier le code]

XIe siècle[modifier | modifier le code]

Au Xe siècle, York fut une capitale Viking et resta une ville du nord importante au XIe siècle[1] .

En 1068, lors de sa première expédition dans le nord qui suivit la conquête normande[2], Guillaume le Conquérant construisit des châteaux dans le nord-est de l'Angleterre dont l'un à York[2]. Le premier château d'York était un simple château à motte castrale en bois, situé entre les rivières Ouse et Foss sur le site même où se trouve actuellement le château d'York[2]. Il fut construit à la hâte, des écrits contemporains laissent supposer qu'il fut bâti en seulement huit jours bien que cette affirmation ait été contestée[3].

À l'origine, la motte mesurait 71 m de large à la base[4]. Comme il était construit dans un environnement urbain, des centaines de maisons durent être détruites afin de lui laisser la place[5]. Guillaume Malet, alors shérif du Yorkshire (en), eut pour responsabilité de diriger le château et le défendit avec succès contre un soulèvement immédiat de la population locale[6].

En réponse à un niveau de sécurité qui ne cessait de se dégrader, Guillaume mena sa deuxième campagne en 1069. Dans un effort pour renforcer son contrôle sur la ville[7], il construisit un autre château à York, sur un site connu aujourd'hui sous le nom de Baile Hill (en), situé sur la rive ouest de l'Ouse en face du premier château. Ce deuxième château était également à motte castrale[8] et, en franchissant un pont horizontal et en empruntant des escaliers taillés sur le côté, on pouvait probablement atteindre sa motte.

Plus tard cette même année, une flotte Viking danoise remonta le Humber et l'Ouse et attaqua les deux châteaux aidée par Gospatrick de Northumbrie et un groupe de rebelles locaux[9]. Alors qu'ils tentaient de repousser les rebelles, les Normands mirent le feu à certaines maisons de la ville[9]. Ils ne purent le maîtriser et mirent également le feu à la cathédrale d'York et, selon des témoignages, aux châteaux aussi[10].

Les châteaux tombèrent entre les mains des attaquants et furent partiellement démolis. Malet fut pris en otage par les danois[11]. Guillaume mena une vaste série d'opérations punitives dans le nord de l'Angleterre à la suite des attaques de 1069 et 1070[9]. Cette "dévastation du nord de l'Angleterre" restaura un ordre suffisant pour permettre la reconstruction des deux châteaux, à nouveau en bois[9].

Au château d'York, le mur d'enceinte fut légèrement agrandi; à cette époque là, on trouvait à l'intérieur de ce mur des "salles, cuisines, une chapelle, des casernes, des entrepôts, des écuries, des forges et des ateliers"[12]. En 1086, à l'époque où le Livre du Jugement Dernier fut écrit, le château d'York était également entouré d'une douve pleine d'eau et d'un grand lac artificiel appelé La Mare du Roi dont l'eau provenait de la rivière Foss grâce à un barrage construit spécialement pour cette utilisation[13]. Davantage de biens, dont deux moulins à eau, durent être détruits pour laisser place aux ouvrages défensifs à eau[4]. Avec le temps, le site de Baile Hill fut abandonné au profit du site occupé par le premier château, seule la motte existe encore aujourd'hui[14].

XIIe siècle[modifier | modifier le code]

Henri II visita le château d'York quatre fois pendant son règne. À cette époque, les appartements royaux se trouvaient à l'intérieur du donjon pour raison de sécurité et, Henri paya 15 livres pour le réparer. Lors de sa visite en 1175, le château lui servit de base pour recevoir l' hommage de Guillaume Ier d'Écosse.

Des moulins à eaux furent construits tout près pour subvenir aux besoins de la garnison et, au milieu du XIIe siècle, l'ordre militaire appelé l'Ordre du Temple devint propriétaire de ces moulins qui se montrèrent vulnérables lorsque les deux rivières inondèrent les berges. Ils durent être réparés à plusieurs reprises.

En 1190, le château d'York fut le théâtre de l'un des pires pogroms de la période médiévale en Angleterre. Les normands avaient introduit dans ce pays les premières communautés juives dont les membres exerçaient un rôle économique spécial, celui de prêteurs sur gages, une activité essentielle mais en revanche bannie. Les juifs d'Angleterre faisaient l'objet d'importants préjugés religieux et travaillaient essentiellement dans des villes où se trouvait un château royal local pouvant les protéger en cas d'attaques de la population chrétienne qui était majoritaire.

La protection royale était généralement accordée puisque les rois normands et Plantagenêt avaient décidé que les propriétés juives et les dettes contractées envers les juifs appartenaient en définitive à la couronne, revenant au roi à la mort d'un juif.

Richard Ier d'Angleterre fut couronné roi en 1189 et annonça son intention de rejoindre les Croisades; cette décision enflamma le sentiment anti-juif. Des rumeurs mentionnant que le roi avait ordonné des attaques contre les juifs d'Angleterre commencèrent à se répandre.

À York, des actes de violence éclatèrent l'année suivante. Richard de Malbis, qui devait de l'argent à Aaron de Lincoln (en), un puissant marchand juif, exploita l'incendie accidentel d'une maison pour inciter une bande locale à attaquer, à York, la maison et la famille d'un employé juif d'Aaron récemment décédé.

Josce de York (en), alors chef de la communauté juive, conduisit les familles juives locales dans le château royal où elles trouvèrent refuge dans le donjon en bois. Lorsque le Connétable quitta le château maintenant encerclé par la bande pour discuter de la situation, les juifs, craignant que la bande pénètre à l'intérieur ou d'être livrés au shérif, refusèrent de le laisser revenir.

Le Connétable en appela au shérif qui lui-même fit appel à ses propres hommes et le donjon fut assiégé. Le siège dura jusqu'au 16 mars lorsque la situation des juifs devint intenable. Leur chef religieux, Rabbi Yomtob (en), proposa un acte de suicide collectif pour éviter que la bande ne les tue et le château fut mis à feu pour empêcher que leurs corps ne soient mutilés une fois morts. Plusieurs juifs périrent dans les flammes mais la majorité d'entre eux se donnèrent la mort plutôt que de se rendre à la bande. Mais quelques-uns se constituèrent prisonniers, promettant de se convertir au christianisme mais ils furent tués par la bande en colère. Au total, environ 150 juifs trouvèrent la mort dans le massacre.
Le donjon fut reconstruit, à nouveau en bois, sur la motte dont on augmenta la hauteur de 4 mètres pour un prix de 207 livres.

XIIIe et XIVe siècles[modifier | modifier le code]

Le roi Jean d'Angleterre utilisa beaucoup le château d'York pendant son règne, faisant du donjon sa résidence personnelle pour sa propre sécurité. À cette période, le château resta en bon état. Ce fut à cette époque qu'apparurent les premiers documents évoquant l'utilisation du château comme prison, faisant référence aux prisonniers capturés lors des campagnes irlandaises du roi Jean d'Angleterre et qui étaient par la suite enfermés dans le château d'York.

Au XIIIe siècle, un système bien établi de gardes assurait la protection du château. Il prévoyait de concéder diverses terres aux alentours de York contre l'obtention de chevaliers et de tireurs à l'arbalète pour aider à protéger le château.


Henri III utilisa lui-aussi beaucoup le château mais, lors de sa visite en 1228, à Noël, le donjon en bois situé sur la motte fut détruit par un coup de vent. Il ne fut apparemment pas réparé et, pour le remplacer, un bâtiment, destiné au roi pour son usage personnel, fut construit dans la cour intérieure.

En 1244, lorsque les écossais menacèrent d'envahir l'Angleterre, Henri III visita le château et ordonna de le reconstruire en calcaire blanc à un coût d'environ 2 600 livres. Les travaux durèrent de 1245 à 1270, incluant la construction d'un mur protecteur imposant, d'un important corps de garde constitué de deux tours, de deux corps de garde plus petits, d'une petite entrée accessible par bateau, d'une petite porte permettant d'accéder directement à la ville, d'une chapelle et d'un nouveau donjon de pierre, d'abord connu sous le nom de la « Tour du Roi » puis plus tard la « Tour de Clifford ».

Le plan de la Tour de Clifford

L'aspect de la Tour de Clifford est inhabituel. La tour de deux étages dispose d'un plan quadrilobé dont les quatre lobes sont circulaires. Chacun d'entre eux mesure 6,50 m et possède des murs d'une épaisseur de 3 mètres; l'endroit le plus large de la tour fait 24 mètres. Un corps de garde carré, large de 6,50 m protégeait l'entrée côté sud entre deux lobes. Entre les autres lobes se trouvent des tourelles défensives. L'énorme poids de la pierre et le premier étage étaient soutenus par de grands corbeaux et un pilier central. Des meurtrières à l'aspect unique, que seul le château d'York possédait, servaient de points de tir.

Au-dessus de l'entrée, une chapelle mesurant 4,50 m sur 4,20 m fut construite, servant également de pièce fermée par une herse comme aux châteaux de Harlech et de Chepstow (en). On estime que cette tour avait été construite à titre d'essai, visant à améliorer les tirs effectués sur les côtés en ayant davantage de visibilité depuis le sommet du donjon. Bien que ce type de construction soit unique en Angleterre, il ressemble beaucoup à celui du château d'Étampes en France et, a peut-être eu une influence sur la construction du futur donjon du château de Pontefract. Henri employa pour le projet l'entrepreneur en maçonnerie Henri de Rayns et le chef charpentier Simon de Northampton, et le prix de la tour justifia à lui-seul la plus grande partie de l'ensemble des dépenses concernant le château pendant cette période de travaux.

Le nouveau château avait besoin d'investissements constants afin d'être maintenu dans son rôle de fortification militaire. Durant l'hiver 1315-1316, des inondations endommagèrent le bas de la motte, ce qui nécessita des réparations immédiates. Dans les années 1358-1360, le lourd donjon de pierre souffrit à nouveau d'un affaissement de terrain et le lobe sud-est se fendit du haut en bas. Des officiels de la royauté recommandèrent une reconstruction complète du donjon, mais, à la place, le lobe fut réparé au prix de 200 livres.

Édouard Ier d'Angleterre donna au shérif du Yorkshire d'importants pouvoirs pour faire respecter la loi et l'ordre dans la ville d'York, et les shérifs établirent leur siège dans la Tour de Clifford. Pendant les guerres d'indépendance de l'Écosse, sous le règne d'Édouard et de son fils, le château d'York fut également le centre de l'administration royale d'Angleterre et le resta pendant presque la moitié des années situées entre 1298 et 1338.

Bon nombre d'institutions de Westminster suivirent le roi dans le nord jusqu'à York, s'établissant dans l'enceinte du château. Mais les bâtiments existants étaient trop peu nombreux pour abriter toutes les institutions administratives; un bâtiment à usage temporaire fut donc construit à l'intérieur du château au début de cette période pour y loger la Cour des plaids-communs et fut reconstruit par la suite sur une plus grande échelle dans les années 1319-1320. L'Échiquier s'installa à son tour dans la Tour de Clifford. D'autres bâtiments autour de la ville durent être réquisitionnés pour absorber le surplus d'institutions que le château n'avait pu accueillir. À la suite d'une utilisation accrue du château pour satisfaire ces besoins, les tribunaux en place au château d'York commencèrent à entrer en compétition avec ceux de Londres, et ce, jusqu'aux années 1360.

Le château finit par obtenir sa propre monnaie en 1344 lorsque Édouard III décida de créer une monnaie permanente au château d'York afin de produire des pièces d'or et d'argent pour répondre aux besoins du nord de l'Angleterre. On fit venir des fabricants de pièces européens pour mettre en place les installations. Henri III étendit le rôle du château dans sa fonction de prison afin de pouvoir contenir de nombreux prisonniers. À cette époque, la prison était dirigée par le shérif, et son adjoint occupa le rôle de geôlier à plein temps. À un moment donné, le château contint jusqu'à trois cent dix prisonniers. Les conditions de détention étaient épouvantables et conduisirent à de lourdes pertes parmi les détenus. Il n'était pas rare que des évasions aient lieu et, beaucoup d'entre elles, comme celle de 28 prisonniers en 1298, réussissaient. Lorsque l'ordre du Temple fut dissous en Angleterre en 1307, le château d'York fut utilisé pour garder bon nombre des chevaliers arrêtés. En même temps, les moulins du château, autrefois sous le contrôle de l'ordre du Temple, redevinrent propriété royale. Édouard II utilisa lui aussi le château comme prison lors de sa campagne qui l'opposait à ses barons rebelles en 1322, et après la bataille de Boroughbridge, beaucoup de chefs rebelles vaincus furent exécutés au château d'York.

À la fin du XIVe siècle, la cour intérieure du château fut occupée principalement par l'administration locale du comté. Elle fut beaucoup utilisée comme prison, détenant les prisonniers dans les diverses tours situées autour de la cour. Le vieux système de gardes pour protéger le château s'était transformé en système selon lequel la couronne utilisait l'argent provenant de la location des terres royales pour engager des gardes locaux pour le château. La royauté préférait de plus en plus rester à la confrérie franciscaine située entre le château et King's Staith sur l'Ouse, alors que le personnel résidait à l'Abbaye Sainte-Marie et au Prieuré de saint-André situés dans le quartier appelée Fishergate.

XVe et XVIe siècles[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, le château d'York, tout comme celui de Nottingham, était considéré comme un atout majeur du point de vue de la sécurité dans le nord de l'Angleterre, mais même dans ces châteaux, l'investissement diminua.

À partir de 1400 et les années qui suivirent, les réparations au château d'York devinrent moins fréquentes et progressivement, il tomba en ruine. Richard III reconnut le problème et, en 1483, il fit enlever les constructions les plus délabrées, mais il mourut à la bataille de Bosworth, avant même que les travaux pour les remplacer n'aient commencé.

Sous le règne d'Henri VIII, l'antiquaire John Leland rapporta que le château était dans un état de délabrement important; les ouvrages défensifs à eau restèrent néanmoins intacts, contrairement à ceux de beaucoup d'autres château à cette époque. L'état de détérioration fut tel que le roi Henri dut être informé que ses conseillers n'avaient plus de résidence officielle pour se loger ou travailler lorsqu'ils étaient à York.

En 1553, à la mort d'Édouard VI, on cessa de fabriquer de la monnaie au château et, en 1664, on donna les moulins du château à un hôpital charitable local. Ce dernier fut fermé pendant la Réforme protestante et les moulins redevinrent à nouveau propriété privée.

On continua d'utiliser le château comme prison, détenant de plus en plus de criminels locaux, mais il fut aussi le lieu où se déroulaient les exécutions politiques. Au XVIe siècle, c'était une tradition d'exécuter les traîtres en les pendant du haut de la Tour Clifford, plutôt que de les tuer depuis les murs de la ville (en), le lieu où, habituellement, était appliquée la peine capitale à York.

En 1536, le dirigeant politique Robert Aske fut exécuté au château d'York sur ordre d'Henri VIII, à la suite de l'échec de la protestation du Pèlerinage de Grâce contre la Dissolution des monastères. Pendant quasiment toute cette période, le château resta sous le contrôle des shérifs du Yorkshire, bien qu'il y ait eu des exceptions notables comme la nomination en 1478 par Édouard IV de Sir Robert Ryther, le favori du roi. Cependant, à la fin du XVIe siècle, les membres de la famille Clifford (les comtes de Cumberland), devinrent connétables héréditaires du château, et la Tour Clifford fut baptisée du même nom que cette famille à cette époque là environ.

Le château continua à se détériorer sous le règne d'Élisabeth Ire qui fut informée qu'il n'avait plus aucune utilité militaire. Robert Redhead, le gardien de la tour, devint tristement célèbre à cette époque pour avoir détruit des parties du château puis pour avoir ensuite vendue la pierre afin d'en tirer profit à titre personnel. En dépit des nombreux essais des officiels de la ville et de la couronne pour mettre un terme à tout cela, Redhead continua de causer des dégâts considérables avant d'être contraint de s'arrêter. En 1596, des propositions pour démolir entièrement la Tour de Clifford furent mises en avant mais elles furent rejetées en raison d'un fort sentiment local à son égard.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le château en 1644

Entretenir le château devint de plus en plus cher, et en 1614, le roi Jacques Ier vendit le bail concernant la Tour de Clifford et les terres alentour à John Babington et à Edmund Duffield, deux spéculateurs fonciers. Ces derniers vendirent, à leur tour, la Tour de Clifford à une famille commerçante de York.

Cependant, en 1642, la Première Révolution anglaise entre les Cavaliers (Royalistes) et les Têtes Rondes (Forces soutenant le Parlement) éclata. En 1643, sous le commandement d'Henri Clifford (en), les forces fidèles envers Charles Ier furent placées en garnison au château et dans la ville environnante. York devint effectivement la "capitale du nord" défendant la cause Royaliste.

Clifford répara le château et renforça les murs afin qu'ils puissent supporter le poids des canons, plaçant ainsi ses armes à côté de celles du roi au-dessus de l'entrée. Le corps de garde de la Tour de Clifford fut en grande partie remodelé, perdant cependant son aspect médiéval original. Baile Hill, de l'autre côté de la rivière, devint un emplacement pour les canons. La monnaie du château fut à nouveau utilisée pour fournir les pièces dont les forces soutenant le roi avaient besoin.

La guerre tourna en défaveur des factions Royalistes et, le 23 avril 1644, les forces Parlementaires commencèrent à assiéger York. Une armée écossaise sous les ordres d'Alexander Leslie arriva du sud tandis qu'un groupe représentant les forces Parlementaires dirigé par Ferdinando Fairfax arrivait de l'est. Six semaines plus tard, Edward Montagu emmena un troisième régiment jusqu'à York, augmentant le nombre des forces assiégeant la ville à plus de 30 000 hommes.

Pendant le siège, la ville était sous le contrôle de William Cavendish, alors qu'au même moment, on nommait le Colonel Francis Cobb gouverneur du château. En dépit des bombardements, des tentatives pour miner le château et des attaques aux entrées, la ville résista pendant les mois de mai et de juin. Envoyé pour aider la ville d'York, le prince Rupert du Rhin s'approcha avec des renforts et, grâce à d'intelligentes manœuvres, réussit à contraindre les assiégeants à se retirer, levant le siège le 1er juillet. Le jour d'après, les forces Parlementaires battirent Rupert lors de la bataille de Marston Moor, à environ 9 km à l'ouest de York, rendant la reddition de York et du château inévitable. Le 14 juillet, la ville et le château se rendirent aux forces Parlementaires, qui permirent aux Royalistes de sortir avec tous les honneurs.

Le Parlement nomma par la suite le maire local Thomas Dickenson, gouverneur de la Tour de Clifford. Le contrôle du château resta dans les mains du maire jusqu'à la Restauration. Des efforts furent entrepris pour séparer les structures de la Tour de Clifford, que le Parlement utilisait comme garnison, des bâtiments de la cour intérieure qui continuaient à être utilisés comme prison. Oliver Cromwell visita la Tour de Clifford en 1650 et fut salué par les canons placés au sommet. Le coût de la garnison fut prélevé à la ville d' York.

Après la Restauration de Charles II, les propriétaires d'avant-guerre qui possédaient la Tour de Clifford revendiquèrent leur bien et finirent par obtenir satisfaction. Une garnison continua d'être postée là-bas, ce qui les empêcha cependant d'occuper ou d'utiliser en fait leur propriété. La tour fut réparée et devint un dépôt de munitions pour mettre en réserve la poudre à canon et les boulets. Des tentatives furent faites pour restaurer l'état des douves qui étaient devenues vraiment vaseuses. Pendant la Restauration, des prisonniers politiques dont George Fox, le fondateur de la Société religieuse des Amis, continuèrent d'être détenus au château.

Les installations civiles dans la cour intérieure furent étendues au cours de ces années, des améliorations furent apportées à la Chambre du Grand Jury (Grand Jury House) et à la Salle Commune (Common Hall), mais dans les années 1680, le rôle de la garnison militaire du château d'York fut remis en question. Sir Christopher Musgrave produisit un rapport pour la Couronne en 1682; il indiqua que transformer le château en fortification moderne coûterait au moins 30 000 livres, selon une proposition qu'il présentait faisant état de six bastions que nécessiterait un tel tracé à l'italienne. Ces travaux ne furent jamais réalisés. Pendant ce temps, la garnison et le château étaient devenus extrêmement impopulaires chez les habitants de York qui n'appréciaient ni le coût, ni les taxes des autorités extérieures.

Le jour de la Saint Georges, en 1684, à environ 10 heures du soir, une explosion dans le dépôt de munitions détruisit entièrement l'intérieur de la Tour de Clifford. L'explication officielle fut que le salut solennel des canons sur le toit avait mis le feu à la charpente, ce qui, par la suite, fit prendre feu au dépôt. Cependant, la plupart des historiens pense que l'explosion n'était pas accidentelle. À cette époque, il était courant dans la ville de porter un toast à la démolition potentielle de la "Tourte Hachée" (Minced Pie"), nom donné au château par les habitants de la ville; des membres de la garnison avaient bizarrement mis leurs biens personnels en sécurité juste avant l'explosion et aucun d'entre eux ne fut blessé. L'ardeur du feu donna à la pierre à chaux de la tour sa couleur actuelle, légèrement rosée. La tour, aujourd'hui dans un état de ruine, redevint propriété privée, faisant finalement partie des terres situées à proximité de la maison et des jardins appartenant à Samuel Waud.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1701, les conditions de détention dans la prison du comté étaient devenues scandaleuses et, on décida de développer à nouveau la zone où se trouvait la vieille cour intérieure. Une taxe locale contribua à financer le développement, et le roi donna son accord pour que l'on utilisât pour les constructions les pierres récupérées dans les ruines de l'Abbaye Sainte-Marie.

Trois nouveaux bâtiments furent érigés au sud de la Tour de Clifford. Une nouvelle prison pour le comté fut construite côté sud entre 1701 et 1705 par William Wakefield. Son architecture ressemblait beaucoup aux œuvres créées par John Vanbrugh. L'architecte local John Carr (en) construisit ensuite les Assizes entre 1773 et 1777 sur le site même de l'ancienne Chambre du Jury (Jury House) du côté ouest et supervisa entre 1773 et 1783 le remplacement de la Chambre des Sessions (Sessions House) et de la Salle Commune (Common Hall) par la prison réservée aux femmes, côté est. Cette prison réservée aux femmes ainsi que la prison du comté ne formèrent plus tard qu'une seule prison destinée aux débiteurs. Les deux bâtiments construits par l'architecte Carr furent conçus dans un style néoclassique; le bâtiment des Assizes fut, à cette époque là, particulièrement loué comme étant "un superbe bâtiment de l'ordre ionique". La cour du château fut couverte d'herbe en 1777 et prit la forme d'un cercle et devint "L'Œil des Ridings" (Eye of the Ridings") car on l'utilisa pour élire les députés de la ville d'York.

Lorsque John Howard, qui avait pour tâche de réformer les prisons, écrivit son livre intitulé "L'état des prisons" (The State of the Prisons"), il visita ces prisons pour effectuer des recherches et constata qu'elles n'étaient pas parfaites mais relativement en bon état comparées à d'autres prisons de cette époque. La prison des débiteurs était dans l'ensemble considérée comme un "honneur pour le comté" de York, possédant des pièces "saines et claires", mais l'aile de la prison où se trouvaient les criminels attira des critiques. Cette dernière était "trop petite" et les détenus " n'avaient pas d'eau" ; les criminels étaient obligés de dormir par terre sur de la paille. Les conditions étaient en effet tellement mauvaises dans l'aile réservée aux criminels que, en 1739, neuf prisonniers suffoquèrent en une seule nuit.

À partir du XVIe siècle, les moulins du château, situés juste à l'extérieur des principaux remparts, étaient devenus progressivement inefficaces car le courant des rivières faisant tourner les roues diminuait. Par conséquent, ils furent reconstruits en 1778 et, une nouvelle machine à vapeur fut ajoutée pour faire tourner les machines. Cette machine à vapeur gêna considérablement les prisonniers affectés par la fumée et le bruit.

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

Une gravure du château en 1846

Des critiques relatives à la prison du château devinrent de plus en plus importantes à la fin du XVIIIe siècle. Les installations étaient jugées inadéquates tout comme l'on jugeait inconvenant le comportement de ces foules de spectateurs se rassemblant à l'extérieur de la prison pour voir les détenus que l'on emmenait à York pour y être exécutés.

À partir de 1803, des tentatives furent menées afin d'améliorer la manière dont les exécutions étaient effectuées: au lieu de se rendre à York, on utilisa l'ancienne cour du château, "L'Œil des Ridings", pour y exécuter les détenus, bien que des foules continuaient de se masser à l'extérieur de la cour pour regarder mourir les prisonniers à petit feu.

En 1813, le processus d'exécution avait été accéléré par l'introduction de la "short drop", méthode de pendaison permettant en 1814, l'exécution rapide et donc peu habituelle de quatorze agitateurs luddistes au château. Le surpeuplement dans la prison était maintenant un problème, avec plus de 114 prisonniers détenus en même temps: parfois, une quarantaine d'entre eux attendant leur procès, devaient être gardés dans la cour de la prison faute de place ailleurs.

La question de savoir si les conditions de détention offertes par la prison étaient décentes ou non fut finalement mise en avant lors des Assizes de la ville d'York en 1821, lorsqu'une plainte officielle, suivie d'une enquête, fut apportée. On prit la décision d'acheter la Tour de Clifford et le bâtiment nommé "Waud house" (la Maison Waud), dans le but de les démolir tous les deux pour faire de la place et créer ainsi une nouvelle prison, plus moderne. Sydney Smith (en), le célèbre vicaire, écrivain et homme d'esprit du petit village de Foston-le-Clay, réussit à mener une campagne pour sauver la Tour de Clifford, mettant en avant l'importance historique qu'avait un tel emplacement pour la ville environnante. Une proposition alternative, mise en avant par l'architecte Robert Wallace, aurait volontiers converti à nouveau la Tour de Clifford en un bâtiment habitable pour constituer le centre d'une prison construite suivant un plan radial, mais ce projet fut rejeté.

En 1825, la Tour de Clifford et la "Waud house" furent achetées par le comté du Yorkshire au prix de 8 800 livres (l'équivalent de 665 000 livres en 2009). Les nouveaux bâtiments servant de prison, conçus par les architectes P. F. Robinson et George Townsend Andrews (en), furent construits dans le style gothique Tudor. Ils étaient composés d'un corps de garde haut de 11 mètres et de la prison elle-même dont le bâtiment, de forme radiale, était protégé par un haut et long mur de pierre. Cette prison, considérée comme étant la plus solide d'Angleterre, était entièrement construite en pierre afin d'être un lieu sûr pouvant résister au feu. Du grès gris foncé fut utilisé pour la construction pour produire un aspect rébarbatif, bien que la prison elle-même était jugée saine et bien ventilée. La Tour de Clifford ne joua aucun rôle dans l'aspect de la prison, bien que le talus ou le bord en pente de la motte, fut coupé et remplacé par un mur de soutènement afin d'obtenir plus d'espace pour la construction d'une nouvelle prison. L'arrière-cour de la prison réservée aux femmes, que le nouveau mur cachait à la vue du public, était utilisée pour les pendaisons à partir de 1868.

Les plans des portes de la prison en 1825

Le Prison Act de 1877 (en), voté au Parlement, réforma le système pénitentiaire anglais et, le château d'York passa sous le contrôle du gouvernement central l'année suivante. On l'utilisa comme prison du comté jusqu'en 1900, période à partir de laquelle les derniers prisonniers furent transférés à la Prison de Wakefield et, à partir de ce moment, on utilisa les installations comme prison militaire.

Au début du XIXe siècle, grâce au dragage et aux aménagements apportés à la rivière Foss, il fut possible d'importer de la farine à York par la rivière, réduisant ainsi l'importance des moulins du château sur le plan économique. En 1856, ces derniers furent finalement démolis, ce projet faisant partie d'une suite d'aménagements prévus concernant cette partie de la rivière. La mare du Roi, qui constituait une partie des ouvrages défensifs à eaux du château, fut drainée. Avec la construction de plusieurs nouveaux ponts à proximité du château, le site devint "entouré de routes plutôt que de fossés". En 1890, les membres responsables de la prison décidèrent d'un commun accord de classer la Tour de Clifford monument national et de le conserver comme lieu historique.

En 1902, on donna la Tour de Clifford au Conseil du Comté du Yorkshire (Yorkshire County Council) ainsi qu'une subvention de 3 000 livres (242 000 livres en 2009) fixée par Lord Wenlock (en) afin de financer des travaux de réparation et d'entretien. La suppression du talus et les dégâts causés à la maçonnerie du château, ayant mis trop de pression sur la motte d'appui, conduisirent à un nouvel affaissement, ce qui s'était déjà produit au XIVe siècle. Sir Basil Mott (en), l'un des ingénieurs les plus importants de l'époque victorienne, installa des fondements en béton afin de stabiliser la structure située sous le corps de garde. Au début du XXe siècle, la Tour de Clifford était régulièrement ouverte aux visiteurs et, en 1915, elle fut considérée monument national par l'Office of works.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La prison de York ferma finalement en 1929, et les bâtiments de style Tudor furent démolis en 1935. Le bâtiment des Assizes abrite maintenant la Cour de la Couronne de la ville d'York, alors que l'ancienne prison des débiteurs et la prison pour femmes, dotées d'un hall d'entrée moderne, constituent aujourd'hui le Musée du Château. La zone circulaire couverte d'herbe située entre ces bâtiments, connue autrefois sous le nom "Yeux des Ridings" ("Eyes of the Ridings") est aujourd'hui connue sous le nom Vert Château (Castle Green) ou l'"Œil de York" ("Eye of York").

L'ancienne prisons des femmes devenue musée

La Tour de Clifford est la partie la plus proéminente de ce qui reste de cette fortification médiévale originale, bien que les marches en pierre situées sur le côté de la motte et permettant d'en atteindre le sommet soient modernes. On peut également apercevoir des fragments du mur d'enceinte, des parties du corps de garde côté sud et l'une des tours situées dans les coins.

Le château fait partie des monuments classés de grade I et des monuments historiques. Le site, géré par l'English Heritage, est ouvert au public. Jusqu'aux environs des années 1970, les histoires officielles réduisirent l'importance du pogrom qui avait eu lieu en 1190; les premiers guides officiels du château n'y faisaient aucune référence. Cependant, en 1978, la première plaque commémorative destinée aux victimes, fut déposée au pied de la Tour de Clifford, et en 1990, on commémora à cet endroit le 800e anniversaire de ces massacres.

Récemment, des intérêts commerciaux ont cherché à développer la zone entourant la Tour en y introduisant des particuliers. Des citoyens, des visiteurs, des universitaires, des écologistes, des hommes d'affaires locaux et des groupes juifs se sont opposés avec succès à ce développement, obtenant même en 2003 une violente et interminable enquête publique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Butler, p.2.
  2. a, b et c Brown, p.32.
  3. Brown, p.110; Cooper, p.15.
  4. a et b Cooper, p.14.
  5. Clark, p.239.
  6. Pounds, p.7; Clark, p.239.
  7. Brown, p.32; Pounds, p.7.
  8. Brown, p.41; Butler, p.3.
  9. a, b, c et d Hull, p.98.
  10. Hull, p.98; Cooper, p.18.
  11. Cooper, p.16.
  12. Cooper, p.18; Butler, p.13.
  13. Clark, p.255; Cooper pp.12–3.
  14. Pounds, p.7.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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