Château d'Ivry-la-Bataille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château d'Ivry-la-Bataille
Image illustrative de l'article Château d'Ivry-la-Bataille
Les ruines du donjon
Période ou style Moyen Âge
Type Château fort
Début construction Xe siècle
Fin construction XIIIe siècle
Protection Classé MH (1990)
Coordonnées 48° 53′ 06″ N 1° 27′ 25″ E / 48.885, 1.45748° 53′ 06″ Nord 1° 27′ 25″ Est / 48.885, 1.457  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Haute-Normandie
Département Eure
Commune Ivry-la-Bataille

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château d'Ivry-la-Bataille


Le château d'Ivry-la-Bataille fut une forteresse militaire et d'habitation dont la construction commence à la fin du Xe siècle. Il a été entièrement détruit en 1424. Ses ruines ont fait l'objet de fouilles et sont désormais visitables.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château occupe une colline, au bord du plateau, qui domine la rivière d'Eure et le bourg d'Ivry-la-Bataille, Eure, France. Cette commune tient son nom de la célèbre bataille qui opposa le futur Henri IV aux troupes de la Ligue, le 14 mars 1590, avant cela, elle s'appelait Ivry-la-Chaussée. Trois fossés isolaient le site du château du plateau et un profond fossé taillé à même la roche sur le flanc Ouest, constituant une position défensive en éperon barré. Le site domine, coté Est, la ville d'une hauteur de cinquante mètres environ.

De par sa localisation, cette forteresse devait défendre les frontières du Duché de Normandie, enjeu stratégique entre la couronne de France et celle d'Angleterre. Ce verrou sur la vallée de l'Eure, s'inscrivait dans la ligne de défense où l'on retrouve le château de Saint-Clair-sur-Epte, celui de Gisors, etc.

Intérêt archéologique[modifier | modifier le code]

Intérieur du donjon, accès aux salles basses

Commencée vers 960 (cette date n'est pas confirmée à ce jour), la construction primitive était un quadrilatère de murailles à contreforts de 32 mètres sur 25. Ce logis-donjon, ou aula, s'élevait sur au moins deux niveaux et englobait une petite chapelle dite de Saint-Ursin. À la base des murs d'une épaisseur de 3 mètres, on remarque un appareillage en arêtes de poisson (opus spicatum) caractéristique des constructions carolingiennes ainsi que l'emploi de chaînage en briques sur quelques éléments dont un contrefort.

Cet ensemble imposant, dû selon la légende à l'architecte Lanfred (ou lanfroi)[2] qui aurait ensuite été exécuté par la première femme du comte Raoul, Alberède[3] s'élevait vers l'an 1000 et représentait pour l'époque un des premiers emplois de la pierre, les châteaux féodaux étant jusque là en bois. De nos jours ne subsiste plus que le premier niveau, c'est la plus ancienne construction médiévale de pierre en Normandie. Des études récentes[4] ont avancé que ce château aurait servi de modèle pour la Tour de Londres (vers 1070). Une vaste enceinte, moins défendue, s'étend au Sud du donjon, constituant la basse-cour.

Dans les siècles suivants, une enceinte de défense, entourant le donjon, fut ajoutée, avec des tours flanquantes et un châtelet d'entrée.

Après sa destruction et son arasement, les vestiges devenus carrière de pierres et comblés de terre, tombèrent peu à peu dans l'oubli. Vers 1960, seule une colline boisée, où quelques pans de murs émergeaient, marquait encore l'emplacement de la forteresse. C'est en 1968 que Robert Baudet, ébéniste à Ivry, entreprit avec un groupe de bénévoles le dégagement des substructures. Après 20 ans de travaux titanesques, le sol d'origine réapparut et les ruines du château ressortirent de terre. Classé monument historique depuis 1990[5], les vestiges redevenus imposants appartiennent à la commune et sont en visite libre.

Quelques dates[modifier | modifier le code]

Le châtelet d'entrée (XIIIe siècle)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Constructeur également du château de Pithiviers.
  3. M. Guizot Histoire de la Normandie, tome III. pp364 - [lire en ligne]
  4. Dominique Pitte voit à Ivry un chaînon de l'évolution entre le donjon de Doué-la-Fontaine et la Tour de Londres
  5. « Notice no PA00099460 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-Joseph Mauduit, Histoire d'Ivry-la-Bataille et de l'abbaye de Notre-Dame d'Ivry, Imprimerie Hérissey, Évreux, 1899
  • Dominique Pitte, Le Château d'Ivry (Eure)- La Normandie vers l'an mil, Rouen, Société de l'histoire normande, 2000, p. 77-83
  • Jean Mesqui, Ivry-la-Bataille - Châteaux et fortifications en France, Flammarion, Paris, 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :