Château d'Hérouville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La grille d'entrée du château probablement au début du XXe siècle

Le château d'Hérouville est une gentilhommière du XVIIIe siècle (1740) dont le bâti est composé de 2 ailes, Nord et Sud, avec étage, combles et ses annexes latérales. Les 2 ailes sont reliées par un haut mur couvert de lierre et percé en son centre d'un portail en bois. Cette demeure de 30 pièces fut construite sur l'emplacement d'un ancien château fort détruit. Ce petit château est situé dans le petit village d'Hérouville sur la RD 927 reliant Pontoise à Méru, dans le département du Val-d'Oise, en France. Il est connu pour avoir été un célèbre studio d'enregistrement ayant accueilli pendant deux périodes distinctes, à sa grande époque, des musiciens et chanteurs internationaux et français entre 1969 et 1985.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

De nombreuses familles de la haute noblesse résidaient sur le fief d'Hérouville-Auvers-Isles Adam. Un certain nombre de chevaliers et seigneurs[Qui ?] ont vécu à Hérouville.

Anne de Laval était la fille de Guy XVI, comte de Laval et de Anne de Montmorency, Dame d'Acquigny et de la Rochepot (1505-1554). Louis de Sully était Seigneur de La Roche-Guyon (+1557).

La construction d'un premier château fut à l'initiative d'un dénommé Jean de Berbisy, fils unique de Jean de Berbisy, originaire de Bourgogne, 4e fils d'Henri, écuyer de Charles Le Téméraire, qui épouse le 17 mai 1544 Claude de Sansac, héritière du fief d'Hérouville et d'Auvers.

La seigneurie d'Hérouville fut cédé en 1680 à Louis Armand 1er de Bourbon, Prince de Conti (AN R3-83). En effet, Louis Armand 1er de Bourbon, Prince de Conti à 18 ans épousa Marie-Anne, fille illégitime du Roi Louis XIV, âgée de 13 ans, légitimée en mai 1667. Le mariage fut célébré le 16 janvier 1680 à Saint-Germain-en-Laye. Ce fut le premier mariage entre Prince de sang et un enfant naturel d'un roi. Marie-Anne fut appelée Mademoiselle de Blois (fille de Madame De La Vallière). La dot du roi s'éleva à 1 million de livres, et le château d'Hérouville fut acheté pour être la demeure du couple.

Le mariage ne fut point heureux dans la mesure où, selon la petite histoire, la nuit de noce a été chaotique....Le prince a fini par être envoyé sur le front hongrois par le Roi car après avoir été éconduit par la jeune mariée, il mena une vie de "débauche". Il revint du front pour soigner "sa belle" qui avait contracté une maladie vénérienne et c'est en la soignant que lui-même l'attrapa et en mourut rapidement. Marie-Anne devint princesse douairière à la mort de son mari et accéda à une richesse incommensurable qui lui permit d'acquérir un certain nombre de biens immobiliers dont le pavillon de Blois à Bougival en Yvelines qui a une ressemblance architecturale avec le château d'Hérouville.

Le château actuel fut construit en 1740 d'après les plans de l'architecte Gaudot de l'école de Rome, sur les ruines de l'ancien manoir du couple.

Au XIXe siècle, il servit de relais de poste (entre Versailles et Beauvais) et comptait des écuries situées probablement dans la grange qui est une dépendance du château, avec une centaine de chevaux, à l'initiative d' Achille Louis de Brisay mari d'Agathe Sedaine. Achille Louis de Brisay fut le maire d'Hérouville , Baron et Comte, procureur général auprès de la cour , commissaire spécial, chevalier de Malte. Ce fut un homme qui avait le goût de la spéculation ce qui l'amena à la ruine. Ses biens ont commencé à être vendus en 1855 après sa mort (84 ans). Puis le château subit des affres divers et variés, en partie démoli...Il fut vendu en 1861.

La Duchesse de Berry y passa, Louis XVIII ainsi que Charles X se servirent des attelages.

Le château fut un lieu de rencontres et de villégiature pour le couple Chopin- George Sand.

Il servit de décor en 1829 dans une scène de chasse, et son histoire est racontée dans Modeste Mignon 1844 d'Honoré de Balzac[1].


(tous les comptes du Prince de Conti, détails des travaux, achats de meubles et plans de construction se trouvent aux Archives Nationales sous la côte AN R3-83). (comptes généraux des princes et princesses de Conti AN R105-116 années : 1680 - 1734, 1776 - 1789) (prince de Conti commune d'Hérouville : série R 3 1 - 104) (comptes des trésoriers des Conti 1681 : série R3 257-303) (mémoires, titres et inventaires : procès et successions XVIIIe siècle série R3 117 - 125) (répertoires des notaires an VIII -1867 série U 5964) (notaire d'Hérouville Pierre Cailleux 30.09.1780 aveu et dénombrement de la seigneurie d'Hérouville rendus par la Marquise de Brisay au prince de condé (292 pages 2E30 545) (bénédiction de la chapelle du château série G114).

Les studios d'Hérouville[modifier | modifier le code]

Le compositeur Michel Magne cherchant pour travailler un lieu tranquille à la campagne l'achète en co-propriété avec un ami J.C Dragomir en 1962[2] pour y habiter avec sa famille. Il fait aménager dans les combles de l'aile Nord une salle de musique, pour ses besoins personnels avec: piano à queue, orgue électronique, instruments divers, et de quoi travailler pour ses assistants (entre autres, Jean-Claude Vannier, Jean-Claude Petit, Karlheinz Schäfer, Éric Demarsan, Michel Colombier...). Son ami Dragomir décède dans un accident de voiture en 1965 : Michel rachète les parts du défunt et devient le propriétaire de la totalité du Château. À la suite d'un incendie accidentel ayant ravagé une partie de l'aile Nord des 2 bâtiment le 26/5/1969, il fait transformer les combles de l'aile Sud en studio d'enregistrement pour ses besoins personnels de compositeur de musiques de films. Le 18/11/1969, il fonde la SEMM (Société d'Enregistrement Michel Magne) pour exploiter une salle de musique en un studio commercial ouvert à la clientèle. C'est le Strawberry Studio, le premier en France appliquant le concept de studio résidentiel où travail, hébergement et restauration sont fournis – et le seul, à l'époque, qui va accueillir régulièrement des artistes. Les premiers seront des groupes et producteurs anglo-saxons : Elton John, Pink Floyd, Cat Stevens, Rainb-ow, T. Rex, David Bowie, Uriah Heep, Iggy Pop, etc. Son premier ingénieur du son est Gérard Delassus, un vieil ami de Michel, qui l'avait aidé à aménager sa salle de musique partie en fumée.

En 1969, le château et ses environs servent également de décor naturel pour le tournage de certaines scènes du film La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan avec Bernadette Lafont.

Entre 1971 et 1973, trois années d'activité intense, les studios tournent à plein régime 20 h sur 24 et 6 jours sur 7. La prise de son est assurée entre autres par un jeune ingénieur du son Dominique Blanc-Francard, puis Andy Scott et Gilles Sallé comme assistant en 1972, avec aussi Christian Gence ou André Harwood. La renommée et le succès du studio deviennent énormes. Le personnel se compose à l'époque de 15 salariés: 1 gardien, 1 jardinier, 1 intendant, 2 femmes de ménage (15 chambres d'hôtes), 2 cuisiniers, 1 menuisier, 2 hôtesses, 1 secrétaire, plus l'équipe technique, 2 ingénieurs du son, etc. Pour payer les frais de fonctionnement très importants, un deuxième studio, Le Chopin, est créé début 1972 au rez-de-chaussée d'une dépendance située sur le devant de la propriété, le long de la route traversant le village, avec un portail d'entrée donnant directement sur une grande cour pavée au no 4 rue Georges Duhamel. Le Chopin est aménagé avec du matériel dernier cri ; au premier étage des bureaux, un logement, et au rez-de-chaussée le studio proprement dit dont le sol bétonné, décaissé, accueille plusieurs plateformes pour les musiciens et une galerie vitrée pour les photographes. Avec ces nouveaux lieux, la capacité d'enregistrement augmente et de nombreux artistes s'y succèdent dont toujours, beaucoup d’Anglo-Saxons... Michel Magne désire se dégager du Château pour reprendre son métier de compositeur de musique de film, et signe un accord le 30 juin 1972 avec Yves Chamberland, propriétaire du studio Davout. Il lui cède la SEMM, qui montre un passif de 600 000 F, mais reste propriétaire des murs du Château. Chamberland procède à quelques réaménagements techniques et adopte des techniques de gestion plus rigoureuses – notamment au niveau de l'accueil, restauration et hébergement. David Bowie se plaint ainsi d'avoir mangé beaucoup de pommes de terre et de lapin durant son séjour pour "Pin Ups". La situation financière dérape quand même : Chamberland jette l'éponge, récupère son matériel, quitte le Château et lance des procédures judiciaires, suite à un déficit qui atteint désormais 1,200 million de F. Les studios restent abandonnés pendant l'hiver 73/74, le parc est laissé à l'abandon... Pendant cette période, Jean-Pierre Ezan et Claude Harper continuent l'activité tant bien que mal.

La deuxième vie des studios[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Michel Magne part vivre, en juin 1972, à Saint-Paul-de-Vence et cherche un nouveau gérant pour reprendre l'activité : faisant appel à ses nombreuses relations, il trouve et signe un accord avec le réalisateur, musicien et ingénieur du son Laurent Thibault qui reprend l'activité le 24 juin 1974. Grâce à une profonde remise en état des lieux qui étaient abandonnés depuis un an, gestion serrée des coûts de fonctionnement, réductions en durée des prestations de techniciens assistants et engagement de nouveaux techniciens, le studio reprend une activité normale. De nombreux artistes français et anglo-saxons reviennent et se succèdent pendant les 11 ans de la deuxième vie des studios.

La fin des studios[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Yves Chamberland démarre une procédure judiciaire. En 1984, Michel Magne revient habiter Paris. La veille du procès, suite à la liquidation judiciaire des 2 studios qui cessent leurs activités le 25 juillet 1985, acculé devant le passif des 2 studios, Magne se donne la mort à Pontoise dans sa chambre d'hôtel. Laurent Thibault et son équipe sont alors expulsés par le nouveau propriétaire du domaine, un promoteur qui a acheté le château aux enchères, en 1979. Après avoir laissé l'activité continuer pendant 6 ans, le propriétaire souhaite transformer le vaste parc arboré de 17 000 m2, en lotissement pavillonnaire, et la cour face à la grange, en centre hippique. Heureusement le bassin/abreuvoir octogonal dans la cour pavée avait été classé à l'inventaire sur la demande de Laurent Thibault (voir références) pour sauver et préserver le site, aussi le propriétaire ne peut qu'aménager le premier étage de la grange du studio Chopin en magasin de sellerie et fournitures (à l'enseigne Cheval Paradis) et fait poser une grande enseigne sur la façade du bâtiment donnant sur la rue. La mairie d'Hérouville, après étude du dossier, s'oppose au projet, le permis de construire est refusé et le projet ne voit pas le jour.

En juin 2013, le château est mis en vente pour 1,29 million d'euros[3].

En 2015, un projet de renaissance des studios voit le jour[4].

Concerts[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 1971, Grateful Dead vient en France pour un concert au festival d'Auvers-sur-Oise, mais à cause du temps pluvieux et de l'état du terrain où le concert doit avoir lieu , Michel Magne les invite au château d'Hérouville où ils vont jouer en soirée et tard dans la nuit devant 200 personnes, dont une partie des habitants du village. Un détachement des pompiers de Pontoise vient sur place à la demande de Michel Magne qui ne veut ni gendarmes ni policiers à l'intérieur de sa propriété. Le champagne coule à flots, la fête est filmée pour la télévision.

Citation de Michel Magne[modifier | modifier le code]

A Paris, on me disait que personne ne ferait 30 km pour venir enregistrer en rase campagne....Puis les gens ont vu que des groupes américains traversaient l'Atlantique, alors.......

Artistes enregistrés au château[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Hérouville - La vie de Château, Home Studio N° 28 (février 1999), consulté
  • Le Château d'Hérouville, France-Inter, extrait de l'émission - Pop etc.- du 18 février 2012 avec DBF, Marie-Claude Magne, sa deuxième épouse et Valli, écoutée
  • La vie de Château - Michel Magne, un Homme hors du commun, Articles de Franck Ernould, consulté
  1. « Revenu avec le Roi en 1814, le vieux maréchal mourut en 1819 sans avoir pu marier son fils [... ] ; il ne lui laissa que l'immense château d'Hérouville, le parc, quelques dépendances et une ferme assez péniblement rachetée, en tout quinze mille francs de rente » - L'héroïne de cette scène est Modeste Mignon de La Bastie dans Modeste Mignon, édition dite « du Furne », vol. 4, p. 251-252
  2. Emmanuel Tellier, « La folle histoire d'Hérouville, château pour rock stars », sur télérama,‎ (consulté le 9 août 2013)
  3. À vendre : un château mythique du rock pour 1 295 000 euros dans le Val-d'Oise - Le Nouvel Observateur, 14 juin 2013
  4. Les mythiques studios d’Hérouville vont enfin revivre

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

49° 06′ 06″ N 2° 07′ 59″ E / 49.10167, 2.13306