Château d'Hérouville

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L'entrée du château probablement au début du XXe siècle

Le château d'Hérouville est un château du XVIIIe siècle (1740) situé dans le petit village d'Hérouville sur la RD 927 de Pontoise à Méru, dans le département du Val-d'Oise, France. Il est connu pour avoir été un studio d'enregistrement ayant accueilli à sa grande époque des artistes majeurs entre 1969 et 1985.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château fut construit en 1740 par l'architecte Gaudot de l'école de Rome. Au XIXe siècle, il servit de relais de poste (entre Versailles et Beauvais) et comptait des écuries avec une centaine de chevaux.

Il servit de décor en 1829 dans une scène de chasse, et son histoire est racontée dans Modeste Mignon 1844 d'Honoré de Balzac[1].

Le compositeur Michel Magne cherchant pour travailler un lieu tranquille l'achète en 1962[2] pour y habiter avec sa famille, y aménage avec son ami Gérard Delassus - qui en sera le premier ingénieur du son - un studio. Le 18 mars 1969, il fonde la « Société d'enregistrement Michel Magne » avec une salle de musique/studio de travail pour ses besoins personnels de compositeur de musiques de films, puis, à la suite d'un incendie ayant ravagé l'aile gauche du bâtiment en 1969, transforme les combles de l'aile droite en studio d'enregistrement, Le Strawberry Studio - le premier en France appliquant le concept de studio résidentiel où travail, hébergement et restauration sont fournis– et le seul, à l'époque, à accueillir régulièrement des artistes, groupes et producteurs anglo-saxons : Elton John, Pink Floyd, Cat Stevens, Rainbow, T. Rex, David Bowie, Uriah Heep, Iggy Pop, etc.

En 1969, le château sert également de décor naturel pour le tournage du film La Fiancée du Pirate de Nelly Kaplan.

Entre 1971 et 1973, la prise de son est assurée, entre autres, par deux ingénieurs de renom, Dominique Blanc-Francard et Andy Scott. La renommée et le succès du studio devient énorme. Un deuxième studio, Le Chopin, est créé début 1972 au rez de chaussée d'une dépendance située sur le devant de la propriété, le long de la route traversant le village, avec au premier étage des bureaux et un petit logement et au rez-de-chaussée le studio proprement dit. Avec ces nouveaux lieux, la capacité d'enregistrements et de répétitions augmente et de nombreux artistes s'y succèdent, dont, toujours, beaucoup d’Anglo-Saxons. En 1973, le studio est dans le rouge avec un fort déficit et est repris par Yves Chamberland, propriétaire du studio Davout. C'est un échec. Le studio reste abandonné pendant plus de six mois. Le musicien, réalisateur et ingénieur du son Laurent Thibault reprend l'activité en juin 1974. Grâce à un travail acharné de gestion des coûts et l'engagement de techniciens de renom, le studio reprend une activité normale… De nombreux artistes se succèdent mais l'avenir reste incertain. Michel Magne n'est plus là…

En 1984, Michel Magne se donne la mort à Pontoise la veille du procès suite à la liquidation. Le studio cesse ses activités en juillet 1985 pour cause de liquidation judiciaire. Laurent Thibault et son équipe sont alors expulsés par le nouveau propriétaire du domaine, qui souhaitait transformer le vaste parc de plusieurs hectares en lotissement pavillonnaire et centre hippique. La mairie d'Hérouville va heureusement s'opposer au projet et le permis de construire sera refusé et à la grande satisfaction des habitants du village, le projet ne verra jamais le jour.

En juin 2013, le château est mis en vente pour 1,29 million d'euros[3].

Concerts[modifier | modifier le code]

Le temps d’un week-end, Grateful Dead vient en France pour un concert au château d'Hérouville pour ce qui devait être le festival d’Auvers-sur-Oise. Ils jouent devant seulement 200 personnes[4],[5]

Artistes ayant enregistré au château[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Revenu avec le Roi en 1814, le vieux maréchal mourut en 1819 sans avoir pu marier son fils [... ] ; il ne lui laissa que l'immense château d'Hérouville, le parc, quelques dépendances et une ferme assez péniblement rachetée, en tout quinze mille francs de rente » - L'héroïne de cette scène est Modeste Mignon de La Bastie dans Modeste Mignon, édition dite « du Furne », vol. 4, pp. 251-252
  2. Emmanuel Tellier, « La folle histoire d'Hérouville, château pour rock stars », sur télérama,‎ 27 juillet 2013 (consulté le 9 août 2013)
  3. À vendre : un château mythique du rock pour 1 295 000 euros dans le Val-d'Oise - Le Nouvel Observateur, 14 juin 2013
  4. LE Grateful Dead au Château d'Herouville
  5. Jacques Chabiron, Rock et Folk N° 55 Août 1971

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


49° 06′ 06″ N 2° 07′ 59″ E / 49.10167, 2.13306 ()