Château d'Antoing

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Château d'Antoing
Image illustrative de l'article Château d'Antoing
Vue Est du château d'Antoing
Période ou style néogothique
Début construction XIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire actuel Famille de Ligne
Destination actuelle Résidence privée
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1949, 1972, Château d'Antoing avec les ajoutes du XIXe s., l'enceinte avec ses tours du XIIe s. et la grande entrée dite Bolewerk, Place Bara (monument) et l'ensemble formé par ce château, le parc entouré par l'enceinte et les murs y compris les communs, les parcs et le bois reliant ce parc au site de Crèvecoeur (site), no 57003-CLT-0001-01)
Coordonnées 50° 33′ 54″ N 3° 26′ 49″ E / 50.565, 3.447 ()50° 33′ 54″ Nord 3° 26′ 49″ Est / 50.565, 3.447 ()  
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Commune Antoing

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Château d'Antoing

Le château d'Antoing, sis sur la rive droite de l'Escaut, à 6 kilomètres au sud de Tournai et au cœur de la ville d'Antoing (Région wallonne de Belgique), est un château dont les origines remontent au XIIe siècle. Entièrement rebâti en style néogothique au XIXe siècle, il est depuis plusieurs générations une des résidences de la famille des princes de Ligne. Classé au patrimoine de Wallonie depuis 1949, le château n'est accessible aux visiteurs que lors de visites organisées par la ville d’Antoing.

Un château au cours des âges[modifier | modifier le code]

Point névralgique, Antoing offrait aux seigneurs du "trou d'Antoing" une vue imprenable sur la plaine allant de Tournai à Mons et dont les terres descendaient jusqu'à l'Escaut. Le parc actuel domine toujours ce cours d'eau. C’est au Xe siècle qu’apparaît la première trace d’une motte castrale à Antoing. Ce n’était qu’un retranchement entouré d’une palissade, destiné à la défense du pays et à servir de refuge aux habitants en cas de danger. Inspiré des camps romains, ce « château » primitif était sans doute modeste : une simple élévation de terrain couronnée par une construction de bois, cernée par une palissade et ceinturée par un fossé large et profond afin d’obliger les assaillants à se servir d’échelles pour investir la place.

Au XIIe siècle, cette palissade de bois est remplacée par une enceinte de pierre dont les bases sont identiques à celle de l’enceinte actuelle. Un solide donjon y est aussi implanté.

Au XVe siècle, de 1436 à 1452, le donjon, alors jugé rudimentaire, est reconstruit et transformé en une demeure luxueuse et confortable pour l’époque. Les fortifications anciennes y sont consolidées et adaptées à l’apparition de l’artillerie : murs épais, tours rondes, canonnières. Un système défensif de première ligne, le bolwerk (Barbacane), est ajouté en avant du châtelet d’entrée. Servant de poste d’observation, c’est aussi un poste avancé qui protège le châtelet d’entrée des tirs d’artillerie.

Au XVIe siècle, un corps de logis est construit à côté du châtelet d’entrée. Une tour en briques est accolée à l’ancien donjon. Cette tour de briques est la plus haute du château actuel.

Au XIXe siècle, on fait appel à l'architecte Clément Parent, élève d'Eugène Viollet-le-Duc, pour redonner à l'édifice l'aspect néogothique qu'on lui connait aujourd'hui.

Au XXe siècle (en 1901) le château (inhabité depuis une douzaine d’années) et ses communs sont aménagés pour y recevoir les jésuites français et leurs étudiants du collège de Lille que les lois de 1901 et 1904 ont contraint à l’exil. Le ‘collège du Sacré-Cœur’, étant donné l’exiguïté des lieux, ne compta jamais plus de 100 étudiants, tous pensionnaires, se préparant aux examens d’entrée aux grandes écoles de l’État français. Parmi eux : Charles de Gaulle, étudiant à Antoing de 1905 à 1908. En 1914, les 16 enseignants durent partir pour faire place à un hôpital allemand.

Les familles qui s’y sont succédé[modifier | modifier le code]

Les d’Antoing[modifier | modifier le code]

Un certain Sohier, homme d’armes, aurait été seigneur d’Antoing à la fin du XI siècle. Il aurait établi sa tour près d’une collégiale du VII siècle sur une colline dominant l’Escaut. On sait aussi que ce personnage était avoué du domaine ecclésiastique. Avec le temps, les seigneurs d’Antoing deviendront chevaliers puis barons. Ils finiront par dominer le chapitre et agrandiront leurs biens au détriment des chanoines. En 1302, Hugues V, partisan du roi de France Philipe le Bel, est tué à la Bataille des éperons d'Or, à Groeninghe. La lignée des Antoing s’éteindra, en 1353, avec son unique héritière, Isabelle d’Antoing. Celle-ci avait épousé en 1327 Jean de Melun, seigneur de Tancarville et de Montreuil-Bellay.

Les de Melun[modifier | modifier le code]

Antoing et son château passent ainsi aux mains de la puissante maison de Melun, à laquelle on doit une bonne part des constructions médiévales en place. À la mort de Marie de Melun, épouse de Lamoral Ier de Ligne depuis 1584, en 1634, le château d’Antoing passe aux mains de cette famille qui en est toujours propriétaire.

Les princes de Ligne[modifier | modifier le code]

La maison de Ligne est l’une des familles les plus anciennes de Belgique. Son origine remonte au XIe siècle et son nom vient du village dont elle est originaire. En plus du château d’Antoing cette famille est propriétaire de nombreux autres châteaux tels que celui de Belœil.

Les personnalités qui ont séjourné dans le domaine[modifier | modifier le code]

Elles sont nombreuses mais voici une liste des plus importants:

La légende du château[modifier | modifier le code]

Comme bien d’autres, ce château aurait son revenant. Son histoire est la suivante : un jour, on ne sait plus vraiment à quelle époque, cela se perd dans la nuit du Moyen Âge, la forteresse fut attaquée. Elle fut prise et totalement détruite. Le baron d’Antoing dont le nom n’est pas parvenu jusqu’à nous périt au sein des ruines fumantes. Son ombre hanta le château rebâti. La légende raconte que pour le voir, il faut monter dans la grosse tour sur le coup de minuit. Au deuxième étage se trouve une petite chambre avec un miroir (véridique) et si l’on se regarde dans celui-ci alors nous apparaîtra une ombre, l’ombre d’un chevalier armé de pied en cap. Après quelques instants celui-ci s’enfuira dans l’escalier en faisant entendre ses plaintes. Ce sont des soupirs sans fin, l’éternelle complainte du revenant, le fantôme du vieux baron.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Le Moyen Âge au château d’Antoing, M-R. Rohart et A. Limbourg, distribué par l‘AGPB et l’office du tourisme d’Antoing dans le cadre des journées du patrimoine 2005.