Château d'Alnwick

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Château d'Alnwick
Image illustrative de l'article Château d'Alnwick
Le château d'Alnwick, en 2009
Nom local Alnwick Castle
Début construction Fin XIe siècle
Propriétaire actuel Ralph Percy
Protection Grade I
Site web www.alnwickcastle.com
Coordonnées 55° 24′ 57″ N 1° 42′ 22″ O / 55.4157, -1.70655° 24′ 57″ Nord 1° 42′ 22″ Ouest / 55.4157, -1.706  
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation constitutive Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Comté Comté de Northumberland
Localité Alnwick

Géolocalisation sur la carte : Northumberland

(Voir situation sur carte : Northumberland)
Château d'Alnwick

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
Château d'Alnwick

Le château d'Alnwick (en anglais, Alnwick Castle) est un château et une demeure seigneuriale situé à Alnwick, dans le comté de Northumberland. Ce château, où réside actuellement Ralph Percy, douzième duc de Northumberland, a été construit après la conquête de l'Angleterre par les Normands, et a fait ensuite l'objet de nombreuses restaurations et modifications. C'est un « monument classé » (listed building)[1].

Le château d'Alnwick a été utilisé pour le tournage de nombreux films et séries télévisées, tels que la série des Harry Potter (Poudlard, notamment dans Harry Potter à l'école des sorciers).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château d'Alnwick domine une route traversant la rivière Aln[2]. Yves de Vescy, Baron d'Alnwick, érigea les premières parties du château vers 1096. Il fut construit pour protéger la frontière nord de l'Angleterre contre les invasions écossaises et les border reivers (en). Ce fut en 1136, lorsqu'il fut capturé par le roi David Ier d'Écosse, que le château fut cité pour la première fois. À ce moment-là, on le décrivit comme "très solide". Il fut tout d'abord assiégé en 1172 puis en 1174 par Guillaume Ier d'Écosse qui fut capturé alors qu'il était à l'extérieur des murs, lors de la bataille d'Alnwick (en)[3]. Eustace de Vesci (en), seigneur d'Alnwick, fut accusé avec Robert Fitzwalter (en) d'avoir monté un complot contre le roi Jean d'Angleterre en 1212. En réponse, ce dernier ordonna la démolition du château d'Alnwick et de Baynard's Castle (en), un autre château qui était le fief de Fitzwalter[4]. Cependant, à Alnwick, ses instructions ne furent pas concrétisées[5].

Lorsque la famille de Vescy disparut, le château d'Alnwick et le manoir environnant furent légués à Antony Bek (en). La famille Percy profita des guerres opposant l'Angleterre à l'Écosse et, grâce à ses exploits militaires, Henry Percy, Ier baron Percy (en) (1273-1314), améliora le statut de sa famille dans le nord de l'Angleterre. En 1309, il acheta à Bek la baronnie d'Alnwick et depuis, elle appartient à la famille Percy, aux comtes et plus tard aux ducs de Northumberland[6].

Le château en pierre qu'Henry Percy acquit n'était pas une très bonne affaire, mais il n'attendit pas pour le reconstruire. Bien qu'il ne vécût pas assez longtemps pour voir la fin des travaux, la construction, telle qu'elle était prévue, transforma le château d'Alnwick en une forteresse qui avait une importance majeure le long de la frontière anglo-écossaise. Son fils, également prénommé Henry (en) (1299-1352), continua la construction.

Deux tours (Abbot's Tower et Constable's Tower) et une entrée (Middle Gateway) datant de cette époque sont encore debout aujourd'hui. Les travaux réalisés au château d'Alnwick s'équilibrèrent entre les besoins militaires et les besoins de la famille vivant en ce lieu. Ils établirent le modèle suivi en matière de rénovation de châteaux au XIVe siècle dans le nord de l'Angleterre; plusieurs palais-forteresses, considérés comme "vastes, opulents et théâtraux" datent de cette époque dans la région, tels que les châteaux de Bamburg et de Raby. En 1345, la famille Percy acquit le château de Warkworth, situé lui-aussi dans le Northumberland. Bien que celui d'Alnwick soit considéré comme plus prestigieux, celui de Warkworth devint le lieu de résidence préféré de la famille.

La famille Percy était de puissants seigneurs du nord de l'Angleterre. Henry Percy (1er comte de Northumberland) (1341-1408), se rebella contre le roi Richard II et contribua à le détrôner. Le comte se rebella à nouveau plus tard contre le roi Henry IV qui, après avoir vaincu le comte lors de la bataille de Shrewsbury, le chassa vers le nord jusqu'à Alnwick. Le château se rendit sous la menace d'un bombardement en 1403[7].

Pendant la guerre des Deux-Roses, les châteaux étaient rarement impliqués dans les batailles, et les conflits étaient généralement fondés autour de combats sur le terrain. Le château d'Alnwick faisait partie des trois châteaux détenus par les forces des Lancastres en 1461 et 1462, et ce fut à cet endroit précisément que le "seul moyen de défense d'un château privé" fut utilisé, selon l'historien militaire D. J. Cathcart King.

Il résista au roi Édouard IV jusqu'à sa reddition à la mi-septembre 1461, suite à la bataille de Towton. Il fut à nouveau capturé par William Tailboys qui, pendant l'hiver, le céda à Hastings, à Sir John Howard et à Sir Ralph Grey d'Heton fin juillet 1462. Grey fut nommé capitaine mais se rendit après avoir été brutalement assiégé au début de l'automne. Le roi Édouard réagit vigoureusement et lorsque le comte de Warwick arriva en novembre, la reine Margaret et son conseiller français Pierre de Brézé furent obligés de partir en bateau pour rejoindre l'Écosse et demander de l'aide. Ils organisèrent une force de soutien essentiellement écossaise qui, sous le commandement de George Douglas (4e comte d'Angus), et de de Brézé, se mirent en route le 22 novembre. L'armée de Warwick, conduite par le très expérimenté comte de Kent et par Lord Scales, récemment gracié, empêchèrent les nouvelles d'arriver jusqu'aux garnisons qui mourraient de faim. En conséquence, les châteaux environnants de Bamburg et de Dunstanburgh acceptèrent bientôt les conditions et se rendirent. Mais Hungerford et Whittingham occupèrent le château d'Alnwick jusqu'à ce que Warwick fut obligé de se retirer à l'arrivée de De Brezé et de George Douglas, le 5 janvier 1463.

Les Lancastres ratèrent l'occasion d'emmener Warwick au combat, étant au contraire bien contents de se replier, ne laissant derrière eux qu'une force symbolique qui se rendit le lendemain.

En mai 1463, le château d'Alnwick était dans les mains des Lancastres pour la troisième fois depuis la bataille de Towton, trahi par Grey d'Heton qui trompa le commandant Sir John Astley. Ce dernier fut fait prisonnier et Hungerford reprit le commandement. Suite aux triomphes de Montagu lors des batailles de Hedgeley Moor et de Hexham en 1464, Warwick arriva avant Alnwick le 23 juin et reçut sa reddition le lendemain.

Henry Algernon Percy (6e comte de Northumberland) entreprit des rénovations au XVIe siècle. Suite à l'exécution en 1572 de Thomas Percy (7e comte de Northumberland), le château resta inhabité[8]. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Robert Adam réalisa de nombreuses modifications. Le style intérieur était essentiellement gothique, identique à celui de Strawberry Hill House (en), et ne reflétait aucunement le style néoclassique habituel de l'architecte.

Chromolithographie représentant le château en 1870

Cependant, au XIXe siècle, Algernon, 4e duc de Northumberland (en), remplaça une grande partie de l'architecture qu'Adam avait choisie. Pour effectuer les modifications, il alloua la somme de 250 000 livres à Anthony Savin (en) entre 1854 et 1865 pour ôter les ajouts gothiques et d'autres œuvres architecturales. Salvin s'est essentiellement chargé de la cuisine, de la Tour Prudhoe (Prudhoe Tower), du logement palatial et de l'agencement du quartier intérieur. Selon le site officiel, on peut encore voir de nombreuses traces des travaux effectués par Adam, mais peu ou aucune dans les pièces principales ouvertes au public qui ont été redécorées par Luigi Canina dans un style italianate (en) opulent durant l'époque victorienne.

Usage actuel[modifier | modifier le code]

Le duc actuel ainsi que sa famille habitent dans le château, mais n'en occupent qu'une partie. Le château est ouvert au public tout l'été. Après celui de Windsor, il est le second plus grand château habité en Angleterre[9]. Selon l'Historic Houses Association, Alnwick fut la dixième demeure seigneuriale la plus visitée en Angleterre en 2006 comptant 195 504 visiteurs.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, certaines parties du château ont été utilisées par divers établissements éducatifs: Tout d'abord, par une école de filles, la Newcastle Church High School for Girls, puis, de 1945 à 1975, par un centre de formation des enseignants et, depuis 1981, par une université, l'Université d'État de Saint Cloud qui y installa un campus délocalisé contribuant à leur programme d'études internationales.

L'extérieur vu du nord-ouest

Des expositions spéciales sont abritées dans trois des tours d'enceinte. En plus d'une exposition sur les ducs de Northumberland soulignant leur intérêt pour l'archéologie, on trouve dans la tour appelée Potern Tower des fresques de Pompéi, des reliques de l'Égypte antique et des objets romano-britanniques. La Constable's Tower abrite des expositions militaires telle que celle montrant les Percy Tenantry Volunteers, des soldats volontaires locaux recrutés pour repousser l'invasion planifiée de Napoléon pendant la période 1798-1814. L'Abbot's Tower abrite le musée des fusiliers du Northumberland (en).

D'autres aménagements sont ouverts au public, tels que la Quest Knight (anciennement appelée la Knight's School, l'école des chevaliers), la Dragons Quest, le magasin de souvenirs, le Courtyard Cafe et restaurant et Le sanctuaire (The Sanctuary) situé dans le château. Le château est utilisé comme décor pour l'intérieur et l'extérieur de l'école de Poudlard dans les films d'Harry Potter, ce qui a augmenté l'intérêt du public pour Alnwick. Son apparition dans les films a contribué à façonner l'imagination du public quant à l'aspect même d'un château. Son état contraste avec la grande majorité des châteaux dans le pays qui sont en ruines et impropres à l'habitation.

Les images grand angle sont générées par ordinateur. Ce lieu a déjà été utilisé auparavant dans Becket un film de 1964, la série de la BBC La vipère noire, ou Robin des Bois, prince des voleurs.

Construction[modifier | modifier le code]

Le château par Giovanni Antonio Canal vers 1750

La rivière Aln passe devant le château, côté nord. Un profond ravin au sud et à l'est sépare le château de la ville[10]. Au XIIe siècle, la disposition générale du château d'Alnwick était déjà celle qu'on lui connait aujourd'hui. Il se distingue des autres châteaux les plus anciens d'Angleterre par l'absence d'un élément caractéristique: le donjon carré.

Le château est constitué de deux cercles principaux de bâtiments. Le cercle intérieur, situé autour d'une petite cour, contient les pièces principales. Cette structure se trouve au centre d'une grande cour intérieure. Le bloc central n'étant pas assez grand pour contenir tous les aménagements requis pour les siècles à venir, on construisit une vaste gamme de bâtiments le long du mur de la cour intérieure, côté sud. Ces deux domaines principaux d'hébergement sont reliés par un bâtiment qui fait le lien entre eux. Le long des murs d'enceinte se trouvent des tours à intervalles réguliers. Environ un sixième du mur d'enceinte a été réduit quasiment à hauteur du sol du côté de la cour intérieure afin de pouvoir avoir vue sur le parc.

Le château d'Alnwick possède deux parcs. Immédiatement au nord, il existe un parc relativement petit situé au-dessus de la rivière, qui fut aménagé par Lancelot Brown ("Capability Brown") et Thomas Call au XVIIIe siècle, il est localement connu sous le nom suivant : Les Pâturages. À proximité se trouve Hulne Park, un parc beaucoup plus grand, qui contient les vestiges du Prieuré Hulne (en).

Le château est en bon état et est utilisé à de nombreuses fins. Il est un lieu de résidence pour le duc actuel et sa famille et abrite des bureaux pour le Northumberland Estates qui gère l'agriculture extensive et le patrimoine du duc.

Les remparts d'Alnwick sont surmontés par des figures sculptées vers 1300 environ; l'historien Matthew Johnson note qu'à peu près à cette période, on trouvait dans le nord de l'Angleterre plusieurs châteaux décorés de la sorte, comme celui de Bothal (en), de Lumley (en) et de Raby[11].

Le jardin d'Alnwick[modifier | modifier le code]

Les jardins d'Alnwick

Jane Percy, duchesse de Northumberland (en), est à l'origine de la création du Jardin d'Alnwick, situé à côté du château, un jardin officiel situé autour d'une fontaine en cascade. Il a coûté 42 000 000 £ (selon un communiqué de presse datant du 7 août 2003). Le jardin appartient à une association caritative séparée du Northumberland Estates, mais le duc de Northumberland a fait don de 42 acres (17 hectares) du site et de 9 millions de livres.

Le jardin a été conçu par Jacques Wirtz (en) et Peter Wirtz de la compagnie Wirtz International basée à Schoten, en Belgique. La première phase de développement, qui débuta en octobre 2001, impliquait la création de la fontaine et la première plantation des jardins. En 2004, on ouvrit un grand complexe de "maison dans les arbres" de 560 m2, comprenant un café. Ces maisons sont considérées comme étant les plus grandes au monde. En février 2005, on ajouta un jardin "poison" dans lequel poussent des plantes telles que le cannabis et le pavot à opium.

En mai 2006, s'est ouvert un pavillon servant de centre d'accueil pour les visiteurs, conçu par Sir Michael Hopkins (en) et Buro Happold, et qui peut accueillir jusqu'à 1 000 personnes. En 2011, il reste encore plusieurs zones à compléter, afin de satisfaire la conception prévue à l'origine.

Source[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Images of England: Alnwick Castle », sur Images of England, English Heritage (consulté le 29 novembre 2007)
  2. Pettifer 1995, p. 170
  3. Fry 2005, p. 97
  4. Allen Brown 1959, p. 254–255
  5. Fry 2005, p. 96
  6. Fry 2005, p. 96–97
  7. Pettifer 1995, p. 171
  8. Emery 1996, p. 36
  9. Robinson 2010, p. 7; Mackworth-Young 1992, p. 88
  10. Pettifer 1995, p. 172
  11. Johnson 2002, p. 73