Château d'Ainay-le-Vieil

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Château d'Ainay-le-Vieil
Image illustrative de l'article Château d'Ainay-le-Vieil
Nom local Le petit Carcassonne
Type Château
Début construction XIVe siècle
Propriétaire initial Gilles de Sully
Destination initiale Demeure seigneuriale
Propriétaire actuel Privé
Protection Logo monument historique Classé MH (1968, 1998)
 Inscrit MH (1993)
Coordonnées 46° 40′ 05″ N 2° 32′ 59″ E / 46.668056, 2.549722 ()46° 40′ 05″ Nord 2° 32′ 59″ Est / 46.668056, 2.549722 ()  
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Berry
Région Centre
Département Cher
Commune Ainay-le-Vieil

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château d'Ainay-le-Vieil

Le château d'Ainay-le-Vieil est un château, situé sur la commune du même nom, dans le département du Cher en France. Dit " le petit Carcassonne" pour son enceinte fortifiée[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Situé au milieu du village, le château d'Ainay-le-Vieil a été construit au XIVe siècle sur l'emplacement d'une forteresse du XIIe siècle. Charles de Chevenon de Bigny, en 1457, profitant de la venue en Berry d'artistes participant à la construction du Palais Jacques-Cœur de Bourges, fait construire le pavillon Renaissance.

Depuis 1467, il a toujours appartenu à la même famille, il s'est transmis par les femmes et les propriétaires actuels descendent de Colbert. Ce château fait aujourd'hui partie de la route touristique Jacques Cœur.

Protection[modifier | modifier le code]

Le château fait l'objet de plusieurs protections successives au titre des monuments historiques. Il est tout d'abord placé sur la liste des monuments historiques de 1862 avant d'en être retiré en 1888[2]. Les façades et toitures de l'ensemble du château (c'est-à-dire l'enceinte avec les tours, la poterne d'entrée et le logis d'habitation), ainsi que les douves pour l'extérieur ; l'oratoire et le grand salon situés au premier étage du logis pour l'intérieur font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 1er février 1968[2]. Le parc et les jardins, ainsi que les murs de clôture font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 5 juillet 1993[2]. Enfin, les deux pavillons d'entrée du jardin, la pêcherie et la pièce d'eau voisine, le potager avec le canal qui l'entoure, les chartreuses et le portail d'entrée de la ferme font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3 décembre 1998[2].

Descriptif[modifier | modifier le code]

Le château d'Ainay-le-Vieil présente deux parties, l'une médiévale et l'autre pré-Renaissance.

De l'époque féodale subsiste une enceinte sertie de remparts crénelés à neuf tours équipées de meurtrières, et d'un chemin de ronde. La présence d'oubliettes ajoute au caractère austère de l'édifice. L'entrée de la forteresse est défendue par un puissant châtelet qui, outre un système d'assommoir, était pourvu d'un pont-levis. Il est aujourd'hui remplacé par un pont dormant. Les douves, toujours en eaux, correspondent à un ingénieux système de canaux arrosant les jardins. Le donjon a disparu à la Renaissance pour être remplacé par un corps de logis.

Dans le « grand salon », une cheminée monumentale décorée en l'honneur de Louis XII et de son épouse Anne de Bretagne, des tableaux de maître représentant les ancêtres Colbert de la famille[3].

Joint au salon, l'oratoire a été restauré de manière à restituer les peintures Renaissance dues aux ateliers travaillant sur la Cathédrale Saint-Étienne de Bourges, et commandées par Charles de Bigny, mais recouvertes par les couches successives ajoutées au fil des siècles.

Auguste François-Marie, baron de Colbert-Chabanais (1777-1809), général[4], François Pascal Simon, baron Gérard (1770-1837), 1809, Château de Versailles.

Dans le « billard », se trouvent d'autres tableaux représentant les frères Auguste François-Marie de Colbert-Chabanais et Pierre-David de Colbert-Chabanais, généraux de Napoléon et des souvenirs de famille. Dans le « salon vert », d'autres souvenirs de la famille d'Aligny.

Parc et jardins[modifier | modifier le code]

Les jardins du château, avec leur roseraie et leurs chartreuses, furent aménagés par les familles d'Aligny, de la Tour d'Auvergne et Peyronnet, les propriétaires actuels.

Deux pavillons marquent l'entrée des jardins. Ils datent du début du XVIIe siècle de même que les canaux des jardins qui entourent le « Carré de l'Ile » et le Canal de dérivation qui alimente le moulin maintenant « Bassin de la Roseraie ». Au fil du temps, les jardins ont évolué: la structure des chartreuses est construite en surplomb des canaux pour améliorer la qualité et la production de fruits et le potager occupe le Carré de l'Ile. Au XIXe siècle, le parc devient paysager. Au XXe siècle, il possède de nombreuses et belles essences comme les cyprès chauves plantés au bord des douves ou des canaux mais, la tempète de 1984 -1985 fait d'importants dégâts et oblige à remodeler le parc. Les propriétaires du château décidèrent alors de le remodeler.

Le nouveau parc invite à une promenade dans l'art des jardins avec la roseraie de roses anciennes face aux deux pavillons, le « Carré de l'île » avec ses charmes taillés en palissade et son potager , et, ensuite, les cinq chartreuses qui protégent, chacune, un jardin à thème .

Le parc se caractérise, aussi, par une forte présence de l’eau dans toutes ses fonctions: elle est défensive quand elle entoure le château ; elle devient d'agrément lorsqu'elle entoure des jardins en formant le « Grand Carré de l'île », grâce à un judicieux réseau de canaux ; elle est utilitaire lorsque, par un jeu de pelles et de déversoirs, elle alimente le moulin et le lavoir.

La première étape de la renaissance du parc fut la création d’une roseraie de roses anciennes qui rassemble une collection de roses rares en voie de disparition. Elle évoque l’histoire de la rose, des origines à nos jours avec

  • la rosa Gallica, rosier indigène à fleurs simples,
  • les roses de Provins : Centifolia et Damas qui furent progressivement créées, par croisements spontanés,
  • la rosa indica, rosier à odeur de thé, qui provoqua une vraie révolution dans la floraison des roses puisqu’elle permit aux roses de remonter l’été et son délicieux parfum,
  • les rosiers lianes qui envahissent les arbres et les murs des deux pavillons du XVIIe siècle,
  • la rose Colbert fut créée en 1989 par la Maison Delbard, en hommage au ministre de Louis XIV, ancêtre des propriétaires,
  • la rose Viridiflora pour l’étrangeté de sa couleur verte,
  • la rose Chapeau de Napoléon pour la mousse qui recouvre ses sépales,
  • la rose Fantin Latour pour son odeur exquise et sa centaine de pétales.

Cinq chartreuses furent ensuite créées. Ce sont des espaces entourés de murs, reliés par des arcades, qui permettent de protéger les plantes potagères et fruitières des vents froids. Elles sont un témoin de l’histoire des jardins et d’un savoir faire en cours de renaissance avec le développement de la culture durable des fruits. Elles sont, aussi, un exemple de l’art du treillage, du palissage et du topiaire. Ces cinq jardins traitent de thèmes différents :

  1. Le Jardin Bouquetier et son mixed border à la floraison qui évolue au cours des saisons;
  2. Le Verger Sculpté et ses formes fruitières semblables à celles créées par La Quintinie au Potager du Roi du Château de Versailles au XVIIe siècle;
  3. Le Jardin de Méditation entourant la maison en if face à la fresque inspirée de « Saint François d'Assise parlant aux oiseaux » de Giotto;
  4. Le Cloitre des Simples avec son Promenoir en tilleul dans l'esprit de la Renaissance, ses «simples » et ses topiaires en pommier ou en if;
  5. Les Parterres de Broderie évoquent les jardins à la française qui atteignirent leur apogée avec André Le Notre.

Ils bénéficient du label "jardins remarquables", décerné par le Ministère de la Culture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Cher remarquable : 80 sites vus du ciel ; n° spécial du Berry Républicain décembre 2011 p. 80-81. (ISSN 0988-8357)
  2. a, b, c et d « Le château d'Ainay-le-Vieil », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Le Cher remarquable, éditions du Berry Républicain.
  4. Réduction d'un original exposé au salon de 1810, conservé au château d'Ainay-le-Vieil ; gravure datée 1852.

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