Château d'Ételan

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Château d'Ételan
Image illustrative de l'article Château d'Ételan
Façade est
Période ou style Renaissance
Type Château
Début construction 1494
Destination initiale Habitation
Destination actuelle Musée
Protection  Inscrit MH (1941)
Site web www.chateau-etelan.fr
Coordonnées 49° 27′ 59″ N 0° 37′ 41″ E / 49.4664, 0.628149° 27′ 59″ Nord 0° 37′ 41″ Est / 49.4664, 0.6281  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Saint-Maurice-d'Ételan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château d'Ételan

Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime

(Voir situation sur carte : Seine-Maritime)
Château d'Ételan

Le château d'Ételan est un château du XVe siècle (1494) de style gothique flamboyant situé à Saint-Maurice-d'Ételan en Seine-Maritime.

Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 16 avril 1941[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Situé sur la rive droite de la Seine, entre les ponts de Brotonne et de Tancarville, le château d’Ételan domine la dernière boucle du fleuve. Il est au sein du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande et dans un site classé.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est peut-être une motte castrale ou un château primitif qui a donné son nom au monument actuel, puis au bourg de Saint-Maurice, à moins que ce ne soit l'inverse. Saint-Maurice-d'Etelan est cité sous la forme Esteilant en 1050-66[3].

On y reconnaît l'élément germanique et norrois land, au sens de « terrain », attesté par ailleurs en Normandie et un autre élément qui pourrait être le vieil anglais stēġili « abrupte, escarpé ». Toponyme vieil anglais typique, contemporain à l'installation des fermiers anglo-scandinaves au Xe siècle en Normandie. Homonymie avec Etelan à Catz (Manche).

Une plaque de marbre scellée dans le cabinet d’Ételan retrace la liste des propriétaires du domaine depuis 1383. C’est en 1494 que Louis Picart, bailli de Troyes et du Tournaisis, ami et chambellan du Roi Louis XII, qu’il accompagnera en Italie, entreprend la construction du château actuel. Sa petite-fille, Charlotte d’Esquetot, épouse Charles de Cossé, maréchal de Brissac. En août 1563, celle-ci reçoit à Ételan Catherine de Médicis, alors régente, et le jeune roi Charles IX qui viennent de reprendre Le Havre aux Anglais (27 juillet 1563). C’est au château d’Ételan que la Régente, le 4 août 1563, sur les conseils de Michel de L'Hospital, décide de proclamer, avec un an d’avance, la majorité du Roi. À Ételan, elle fait rédiger, puis signe et scelle les « Lettres de majorité du Roi ».

Le château reste la propriété des maréchaux de Brissac jusqu'en 1621, année où il passe par mariage à la famille d’Épinay de Saint-Luc, qui le vendra en 1714 à Charles Henault. Son fils, Jean-François Henault, Président au Parlement de Paris et surintendant de la Maison de la reine Marie Leczinska, le recevra de son père. Le Président Henault, historien célèbre, grand ami de Voltaire et des Philosophes, le lèguera en 1770, à son neveu, le Comte de Jonzac. À partir de 1774, le château sera successivement la propriété des familles Belhomme de Glatigny, Deshommets de Martainville, Deschamps de Boishébert, Desgenetais, Castelbajac et Charbonnière.

La chronique ou la légende nous apprend que les personnages suivants ont séjourné ou sont passés à Ételan : Louis XI (6 juin ainsi que 13 juillet 1475), François Ier (durant la construction du Hâvre-de-Grâce), Catherine de Médicis et Charles IX en compagnie des futurs Henri III, Henri IV, de Marguerite de Valois et Michel de L'Hospital (août 1563). Voltaire en (1723-1724). André Caplet, compositeur Grand Prix de Rome 1901, y séjournera souvent et y achèvera notamment sa célèbre messe à trois voix.

Il a été ravagé par un grave incendie en novembre 1940 provoqué accidentellement par une compagnie à cheval des troupes d'invasion allemandes qui occupait le château. Il fut réquisitionné en 1943 pour accueillir une soixantaine d'enfants du Havre bombardé par l'aviation alliée. Après plus de trente années de travaux de restauration, le château et la chapelle ont retrouvé leurs splendeurs d'antan en 1994 pour le 500e anniversaire de sa construction. Trois tilleuls multi-centenaires du parc ont été classés « Arbres remarquables » en 2010.

Description[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Monument historique, inscrit à l’inventaire supplémentaire, le château d’Ételan a été bâti à partir de 1494 par Louis Picart sur l’emplacement d’un château fort, rasé sur les ordres de Louis XI. Il ne reste de la construction médiévale qu’une cave, un mur d’enceinte et la maison des gardes datée de 1350. De style gothique flamboyant, l’édifice est contemporain du Palais de Justice et de l'hôtel de Bourgtheroulde de Rouen, ainsi que du vieux château de Clères. Il est composé de deux corps de logis à appareillage de pierres et de briques alternées reliés entre eux par une galerie d’escalier en pierre datant de la première Renaissance.

Il est entouré d'un parc de 20 hectares.

La Chapelle[modifier | modifier le code]

La chapelle du Château

Partie intégrante du bâtiment principal, la chapelle du château, dédiée à Sainte Madeleine, en est le joyau. L'abbé Cochet la comparait à celle du château de Blois ou d’Amboise. En effet, c’est un lieu unique où sont réunis des vitraux, des fresques et des statues polychromes de ce qui fut la première Renaissance normande et dont les initiateurs furent les célèbres cardinaux d’Amboise.

Classé monument historique en 1980, l’État, le Département, les Amis du château d’Ételan et les propriétaires poursuivirent les travaux durant 17 ans. La restauration fut terminée en 1994 pour le 500e anniversaire de sa construction.

On peut également y admirer un bénitier du XVIe siècle, une piscine du XVIIe siècle et des boiseries troubadour.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Armoiries[modifier | modifier le code]

  • Picart d'Estelan et de Radeval : De gueules à trois fers de pique d'argent[4]
  • Picart d'Estelan: 1 : de gueules à trois piques d'or, au chef crénelé d'or, armoiries des Picart d'Etelan ; 2 : mi parti en 1, fasce de gueules et d'azur, en 2, de gueules à 3 piques d'or, Picart d'Etelan[5]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00101038 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ 1979, 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
  4. Euraldic.com
  5. Patrimoine de france.org

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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