Château du Bourget

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Château du Bourget
Image illustrative de l'article Château du Bourget
Nom local Château de Thomas II
Période ou style Médiéval
Type Château-palais
Début construction Milieu du XIIIe siècle
Fin construction Milieu du XVe siècle
Propriétaire initial Thomas II de Piémont
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Propriété de la commune
Destination actuelle Ruiné
Protection Logo monument historique Classé MH (1983)[1]
Coordonnées 45° 39′ 06″ N 5° 51′ 53″ E / 45.651719, 5.864714 ()45° 39′ 06″ Nord 5° 51′ 53″ Est / 45.651719, 5.864714 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Savoie Propre
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune Le Bourget-du-Lac

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château du Bourget

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château du Bourget

Le château du Bourget appelé également château de Thomas II ou encore château des comtes de Savoie, est un ancien château-palais, du milieu du XIIIe siècle agrandi au fil du temps, dont les ruines se dressent sur la commune du Bourget-du-Lac une commune française, dans le département de Savoie et la région Rhône-Alpes.

Lieu de chasse et de pêche mais aussi lieu de diplomatie et de justice des comtes de Savoie, on y accédait soit par les chemins ou par bateau.

Possession des comtes de Savoie, il ne faut pas le confondre avec le château des ducs de Savoie qui sont deux édifices différents, le dernier sis sur la commune de Chambéry.

Les ruines du château du Bourget font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château se situe sur la berge sud-ouest du lac du Bourget à proximité de l'embouchure de la Leysse, à l'extrémité sud du lac, dans les marais. Il commandait la route de Lyon à Chambéry par le col du Chat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un premier château est cité vers 1030. Thomas II achète un terrain sur les bords du lac du Bourget appartenant aux moines de Cluny installés au prieuré du Bourget afin d'y construire une maison et un vivier. Il lui est concédé 70 pieds de terre tout autour de ces bâtiments. En août 1248[3], son frère, le comte Amédée IV de Savoie, lui en accorde le droit. Un château est édifié de 1248 à 1253[4] et fut durant plus de deux siècles une des principales habitations des comtes de Savoie.

En 1249[4], y naît Amédée, fils cadet de Thomas II, qui sera comte de Savoie en 1285. Il fait du château sa résidence principal et il y signe de nombreux actes tout au long de son règne. Amédée VI et Amédée VII, y feront de nombreux séjours.

Blanche de Savoie, fille de Aymon de Savoie est mariée, le [5], au château, à Galéas II Visconti, duc de Milan.

Sous le premier duc de Savoie, Amédée VIII, le château est alors progressivement délaissé au profit du château de Ripaille. Toutefois, en 1403[3], à l'occasion du mariage de Bonne de Savoie (1388-†1432) avec Louis de Savoie, seigneur de Piémont et prétendant au titre de prince d'Achaïe, contracté le , on repeint la chambre dite de la Tournelle, et en 1427[3], Amédée VIII y donne une fête à l'occasion du mariage de sa fille, Marie de Savoie, avec Philippe Marie Visconti, duc de Milan.

En 1417, André de Sômont en est le châtelain. En 1438[3], Louis Ier de Savoie inféode la baronnie à Jean de Seyssel et confirme son désintérêt pour le château du Bourget. En 1456[3], Anne de Lusignan en confie la reconstruction à maître François Payn ; le château ayant été presque entièrement détruit par un violent incendie.

En 1524[4], Charles III de Savoie le vend à sa sœur Philiberte. À la mort de cette dernière, le château fait retour au duc.

Aux Seyssel ont succédé la famille de Nemours qui en a reçu l'inféodation en 1524[3]. La maison de Savoie s'installant à Turin, le château est abandonné. La fief est vendue en 1589[4],[3] par le duc Charles-Emmanuel à Jean-François Berliet de Chiloup, premier président de la Chambre des Comptes puis archevêque de Tarentaise qui prend le titre de baron du Bourget. Le duc vend peu à près les ruines du château à Jérome de Roussillon. Ce dernier les cédera au neveu de Jean-François, Jean Berliet qui hérite de son oncle de la baronnie. Le fief passera à la famille Laurent et en 1727[4] Gaspard Laurent le vend en indivis à Claude-Louis de Buttet et Pierre-Antoine Chollet. En 1780[4], les ruines du château sont possessions de la famille Buttet d'Entremont qui prennent le titre de barons du Bourget.

En 1841[3], le domaine est vendu à des marchands de biens, qui le dépouille de tous ses éléments vendables. Louis de Buttet le rachètera.

Les premières fouilles ont commencé en 1970. La commune le rachète en 1978 et obtient son classement en monument historique en 1983.

Description[modifier | modifier le code]

Tour des Archives et tour de la Poterne.

Le château, ensemble composite du milieu du XIIIe siècle au milieu du XVe siècle, agrandi au fil du temps, est actuellement à l'état de ruines. Son rez-de-chaussée est fait d'un appareil de pierres calcaire, les parties hautes des tours étant construite en molasse.

Il se présente sous la forme d'une enceinte rectangulaire fossoyée de 60 m de côté, enchemisant des logis. On accédait au château et à sa cour intérieur par une tour-porte à pont-levis, dont il subsiste, en avant de l'entrée, les deux crapaudines et qui permettait de franchir le double fossé en eau.

À l'intérieur se dressait plusieurs bâtiments ; au nord-ouest un corps de logis flanqué de deux tours-résidences rectangulaires[6], fermant l'enceinte au sud un bâtiment abritant les communs et les écuries. Au début du XIXe siècle, ce dernier était encore couvert d'un toit en appentis et servait probablement de grange. Deux autres tours-résidences rectangulaire placées en saillies complètent cet ensemble, l'une au nord-est et l'autre au sud-est.

La tour nord-ouest, à une emprise au sol de 10 m de côté, haute encore de 18 m, a conservée trois fenêtres au-dessus du rez-de-chaussée. Le petit réduit situé au premier étage est partiellement couvert d'une voûte sur laquelle il restaient des traces de peinture érotique sur le thème de Bacchus. Cette tour s'éclaire au rez-de-chaussée par de grande fenêtre et abrite une cheminée. Sa cave est percée de trois archères et elle communique avec le logis attenant par une porte en arc brisé en tiers-point en molasse qui s'ouvre dans une salle basse du logis, qui n'est pas celui d'origine. Il s'agit probablement de celui mentionné, en 1292[3], dans les comptes et qui a été remanié en 1456[3].

Le logis s'éclaire, aussi bien du côté cour que du côté montagne, par de grandes fenêtres à meneaux. Dans la tour du nord, dont il reste un étage en élévation, on peut y voir deux cheminée dont une pourvue encore de sa hotte. Des trois ouvertures subsistante, une est à coussiège. Les deux tours ont dans l'épaisseur de leurs murs un escalier en vis qui en desservait les différents niveaux ainsi que le logis contiguës.

La tour nord-est, dite « tour aux archives » abrite dans une tourelle d'angle un escalier en vis. Sa salle basse s'ouvre par une porte à arc en anse de panier et s'éclaire par une unique fenêtre à croisillons de molasse, à meneaux et traverse moulurés.

Celle du sud-est, la plus grande, dont la façade est percée d'une archère, restaurée aujourd'hui et couverte, voyait son premier étage desservi par un escalier en bois mobile et à partir de là, derrière une porte en tiers-point, un escalier en vis permettait de gagner les niveaux supérieurs. Son rez-de-chaussée, constitué d'une salle basse, que deux fenêtres éclairent, est doté d'une cheminée avec un manteau droit avec un assemblage à crossettes. La tour disposait d'éléments de confort telle que des chambres à latrines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ruines du château de Thomas de Savoie », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Michèle Brocard 1995, p. 68-70
  4. a, b, c, d, e et f Georges Chapier 2005, p. 257-260.
  5. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, 1907 (ISBN 9782843738135) p. 90.
  6. Jean Mesqui 1997, p. 475.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Michèle Brocard 1995] Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages »,‎ 1995, 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7 et 2-88295-142-6), p. 68-70.
  • [Jean Mesqui 1997] Jean Mesqui, Châteaux forts et fortification en France, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Tout l'art. Patrimoine »,‎ 1997, 493 p. (ISBN 978-2-08012-271-1), p. 475.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 257-260.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]