Château Margaux

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Château Margaux
Image illustrative de l'article Château Margaux
Le château Margaux en 2014
Période ou style Néo-palladien
Type Château viticole
Architecte Louis Combes
Début construction 1810
Fin construction 1816
Propriétaire actuel Privé
Protection Logo monument classe.svg Classé MH (1965)
Site web [www.chateau-margaux.com Chateau-margaux www.chateau-margaux.com Chateau-margaux]
Coordonnées 45° 02′ 40″ N 0° 40′ 08″ O / 45.0444, -0.6688 ()45° 02′ 40″ Nord 0° 40′ 08″ Ouest / 45.0444, -0.6688 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Gascogne
Région Aquitaine
Département Gironde
Commune Margaux

Géolocalisation sur la carte : Gironde

(Voir situation sur carte : Gironde)
Château Margaux

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Château Margaux

Le château Margaux est un domaine viticole réputé de 262 hectares dans le Médoc, situé en appellation AOC margaux[2] sur la commune de Margaux. Il produit l'un des vins de Bordeaux les plus prestigieux, qui porte ce même nom.

Le Château Margaux est un « premier grand cru classé » selon la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855. Il partage cette rare distinction avec le Château Lafite Rothschild, le Château Latour, le Château Mouton-Rothschild et le Château Haut-Brion.

Histoire du domaine[modifier | modifier le code]

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Les premières traces du château remontent au XIIIe siècle avec la mention d'une forteresse connue sous le nom de « Château de La Mothe Margaux »[réf. insuffisante][3]. C'est le marquis Douat de La Colonilla qui fit raser l'antique château fort et combler les canaux et les douves.

Le château actuel est de style palladien et a été bâti entre 1810 et 1816. C'est l'édifice d'architecture néoclassique le plus important du bordelais. Il a été conçu par l'architecte Louis Combe sur quatre niveaux agrémentés de larges baies. La façade principale est constituée d'un péristyle colossal de quatre colonnes ioniques, surmontés d'un fronton triangulaire. Les chais, d'une longueur de 100 mètres et d'une largeur de vingt trois mètres, possèdent une belle charpente de chêne soutenue par des colonnes doriques. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1946[4].

Propriétaires successifs de Margaux[modifier | modifier le code]

Étiquette du Château Margaux 1960

Les propriétaires de Margaux, recevant le domaine par alliance ou mariage, constituent une longue lignée[3] remontant au 24 novembre 1377, lorsque Bernard d'Albret lègue la Mothe à sa sœur Rose d'Albret, épouse de Bertrand de Montferrand. Vers 1420, est réalisée une alliance des Montferrand et des Dufort-Duras qui possèdent le château jusqu'en 1437 avec Médard de Dufort-Duras (qui a laissé son nom au château Dufort-Vivens, voisin du château Margaux). Le 26 mai 1447, François de Montferrand est qualifié de baron Margaux. En 1479, Thomas de Dufort le vend à Jean Gimel un jurat de Bordeaux. Le 24 mars 1479, la fille de Thomas de Dufort épouse Jehan de Lory qui en devient le propriétaire, puis son fils Louis de Lory en 1557. À sa mort c'est son frère Isaac qui lui succède.

En 1590, Guy de Lestonnac achète le château à son cousin Isaac et ce sont ses petits enfants Pierre de Lestonnac et Olive de Lestonnac qui sont légataires en 1611 à la mort de leur grand-père. Le 20 novembre 1653, Jean-Denis Aulède, fils de Pierre hérite du château. Il est nommé officiellement baron de la Mothe à la mort de sa tante en 1658. Le 2 août 1682, la fille de Jean-Denis épouse le comte Joseph de Fumel. Le château reste dans la famille jusqu'en 1768.

En 1770, le comte Élie du Barry devient seigneur de Margaux par son mariage avec la demoiselle Laure de Fumel, nièce de Joseph. Le comte du Barry changea son titre en comte d'Argicourt (dû à l'éclat que la comtesse donnait à son nom). En 1793, les Argicourt émigrèrent, certains périrent sur l'échafaud dont Élie du Barry. Le château est confisqué par les révolutionnaires et vendu en 1802 comme Bien national au bénéfice partiel de Laure de Fumel, dernière héritière.

Le 14 février 1802, le château est vendu aux enchères au marquis Bertrand Douat de la Colonilla pour 652 000 francs de l'époque. En 1816, avec le décès du marquis, le château est légué à ses quatre enfants : Thomas, Antoine, Joséphine et Marguerite. Le 17 août 1835, Margaux est mis en vente et acquis par le banquier espagnol Aguado pour 1 300 000 francs. En 1879, Frédéric Pillet-Will acquiert le vignoble de château Margaux appartenant aux héritiers du banquier Alexandre Aguado pour 5 000 000 francs or. Il investit des sommes importantes pour rendre tout son éclat à la propriété, mais ses efforts sont anéantis par le phylloxéra. C'est alors lui qui lance le concept de deuxième vin en créant le Pavillon rouge de Château Margaux. Le duc Louis Charles Marie de La Trémoille, en se mariant avec mademoiselle Pillet-Will, fille du comte, devient « seigneur de Margaux » jusqu'en 1925. À cette date le domaine est vendu à une société d'actionnaires ayant à sa tête Pierre Moreau, courtier en vins et homme de confiance du duc de La Trémoille. Vers 1950, Fernand Ginestet, à la tête d'une grande maison de négoce de vins de Bordeaux, se porte acquéreur du domaine et met son fils Pierre à s'occuper du négoce.

En 1977, André Mentzelopoulos achète à la famille Ginestet l'ensemble du domaine et le restaure. Ces investissements marquent le retour de Château Margaux au rang des Premiers Crus. En poursuivant le programme d’investissement défini par son père, Corinne Mentzelopoulos, dans les années qui suivent la disparition d'André, va réussir à faire face à l’explosion de la demande pour les grand vins de Bordeaux à partir de 1982. Elle s’associe en 1990 à la famille Agnelli, qui détient la majorité, avec 75 % du capital de Château Margaux. Cette association va durer jusqu’en 2003, date du décès de Giovanni Agnelli. Le groupe italien revend alors ses parts à Corinne Mentzelopoulos qui redevient l’unique actionnaire du domaine. Le prix du rachat aurait été de 350 millions d'euros. Actuellement, Corinne Mentzelopoulos dirige le domaine avec l'aide de l'œnologue Paul Pontallier.

Vignoble[modifier | modifier le code]

Château Margaux 1994.

Les sols sont constitués par des graves günziennes moyennes et fines, d'origine garonnaise ancienne et d'une épaisseur de 4 à 11 mètres. Les graves sont parfois mêlées d'argiles. La légende dit que la densité des graves du sol y est tellement grande qu'elle permet d'y creuser un puits sans empierrage. Dans les parties basses, on trouve des zones calcaires, de la molasse de Plassac.

Le vignoble représente 87 ha réservés aux vins rouges pour une production annuelle avoisinant les 200 000 bouteilles. L'encépagement est classique en cabernet sauvignon (75 %), merlot (20 %), cabernet franc et petit verdot (5 %). 12 hectares sont plantés en sauvignon blanc destiné au vin blanc « Pavillon Blanc » de Margaux.

Vins[modifier | modifier le code]

Le domaine produit également un second vin, le « Pavillon Rouge » de Château Margaux, ainsi qu'un vin blanc appelé « Pavillon Blanc » qui ne peut pas prétendre à l'appellation margaux, restreinte aux vins rouges. Il possède donc une appellation Bordeaux générique.

Grands millésimes[modifier | modifier le code]

Étiquette du Château Margaux 1961.

Parmi les plus récents, les meilleurs millésimes sont 2003, 2000, 1996, 1990, 1989, 1985, 1983 et 1982. 2005 apparaît comme un très grand millésime au potentiel égal ou supérieur au millésime 2000. Des millésimes de légende ont fait la réputation du cru tels que le Château Margaux 1900, 1928, 1937, 1945 ou l'exceptionnel « 1961, un vin bâti pour l'éternité[5] ».

Les millésimes 1900, 1990, 2000 ont été gratifiés de la note de 100/100 par Robert Parker[6].

Prix[modifier | modifier le code]

Les prix du grand vin de Château Margaux s'échelonnent d'environ 250/300 euros pour les millésimes les moins recherchés comme 1967, 1975, 1992 ou 1997 jusqu'à plusieurs milliers d'euros pour les grands millésimes anciens.

Prix Moyens des Grands Millésimes de Chateau Margaux selon Wine-searcher[7]
Millésimes 1870 1893 1900 1928 1937 1945 1961 1982 1983 1985 1989 1990 1996 2000 2003 2005
Prix Moyen en € 6.040 7.722 7.018 1.768 780 1.877 1.171 909 530 428 413 949 644 980 631 938

Impact de château Margaux dans la culture[modifier | modifier le code]

Ernest Hemingway aimait tellement le vin de château Margaux, qu'il prénomma en hommage une de ses petites-filles Margaux Hemingway, et non Margot[8].

Margaux donne son nom à une nouvelle de l'auteur japonais Ryū Murakami dans laquelle il décrit les états d'âmes de la protagoniste qui repense à ce vin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Enjalbert et Bernard Enjalbert, L'histoire de la vigne et du vin : Avec une nouvelle hiérarchie des terroirs du Bordelais et une sélection de 100 grands crus, Paris, Éd. Bordas-Bardi, 1987 (ISBN 2-04-012932-4).
  • Bertrand Guillot de Suduiraut, Pierre Barraud, Bertrand Douat, de Ciboure au Château Margaux, association Jakintza, Ciboure, 2011, 30 p.
  • Christophe Meynard (préf. Michel Figeac), Les châteaux du Bordelais, Saint-Avertin, éditions Sutton, 2014, 128 p. (ISBN 978-2-8138-0788-5).
  • Philippe Roudié, Vignobles et vignerons du Bordelais : 1850-1980, Paris, Éd. du Centre national de la recherche scientifique, « Grappes et millésimes », 1988 (1994), 436 p.  (ISBN 2-86781-152-X).

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]