Château Louis XIV

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Château Louis XIV
Image illustrative de l'article Château Louis XIV
Début construction 2008
Fin construction 2011
Destination initiale Chantier de construction historique à usage d’habitation privée
Coordonnées 48° 51′ 00″ N 2° 07′ 13″ E / 48.849941535608, 2.1202974319458 ()48° 51′ 00″ Nord 2° 07′ 13″ Est / 48.849941535608, 2.1202974319458 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Louveciennes

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château Louis XIV

Le Château Louis XIV est un château construit entre 2008 et 2011 sur la commune de Louveciennes dans les Yvelines[2].

Bien qu’il s’agisse d’une construction neuve, le Château Louis XIV répond aux canons précis et aux règles de proportions et d’ornementation issues de l’Antiquité, tels qu’ils étaient régulièrement repris au cours du XVIIe siècle.

Le Château Louis XIV est un projet de construction historique entrepris par la société Cogemad en 2008, en suivant les techniques et les matériaux utilisés au XVIIe siècle. La méthode de construction est celle des châteaux construits au XVIIe siècle sur un site vierge et en utilisant principalement des techniques de l'époque telles qu'elles étaient connues en France. Situé entre Versailles et Marly-le-Roi sur une propriété de 23 hectares clos de mur, le Château Louis XIV est entouré de douves et se compose de 7 000 m2 construits dont plus de 5 000 m2 habitables.

Le projet repose sur une idée d’Emad Khashoggi, fondateur de la société Cogemad et restaurateur du Palais Rose du Vésinet, Monument Classé, et du Château du Verduron situé à Marly-le-Roi. Édifié sur la propriété de l’ancien Château du Camp[3],[4] à Louveciennes, le Château Louis XIV est un monument neuf offrant tout le confort du XXIe siècle, tout en conservant l’aspect, l’ordonnancement et les matériaux du XVIIe siècle.

L’historique de la propriété[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIe siècle, le site actuel du Château Louis XIV correspondait à plusieurs parcelles de terres, châtaigneraies et bois[5].

C’est sur ces parcelles, au début du XVIIIe siècle, que décide de s’installer dans une clairière existante le campement des Compagnies des Régiments du Roi chargées de participer aux grands travaux de terrassement à Marly.

À cette époque Louis XIV décide d’édifier à Marly un Palais dans lequel il viendra se retirer et séjourner régulièrement pour retrouver, en compagnie de quelques rares privilégiés, le calme et la sérénité qui lui manquent tant à Versailles.

Plus tard, la très prestigieuse compagnie des Gardes suisses affectés à la sécurité du Château de Marly établira également son camp sur la propriété. Également appelé « Camp du régiment du Roy » ou « Camp de Marly » ce campement disparaîtra au milieu du XVIIIe siècle alors que le Château de Marly subira les affres de la Révolution française.

Ces terres chargées de symboles et riches de leurs fonctions sous le règne de Louis XIV laissent alors définitivement leur empreinte dans l’Histoire de France.

En 1797, lors d’une liquidation, le campement et les terres qui le constituent seront cédés à Françoise-Suzanne Guyhon Monthaut qui les revendra en juillet 1805 au Vicomte Charles-Gilbert Morel de Vindé et son épouse.

Le Vicomte Charles-Louis Terray de Morel-Vindé, conseiller à la cour royale de Paris, héritera de la propriété à la mort de son aïeul, en 1842, et s’en séparera finalement en 1848 au profit de Jean-Pierre Blondi et Adélaïde Halguin qui y feront alors construire la première maison avec dépendances.

Le domaine du camp devient alors une grande exploitation agricole où un régiment de cavalerie et plusieurs compagnies militaires viendront parfois camper dans ce que l’on appelait alors « La ferme du camp » jusqu’en 1863, date à laquelle le Docteur Duborgia qui fut Maire de Bougival, rachète et agrandit la propriété.

En 1888, Charles-Emile Clerc, nouveau propriétaire des lieux après le décès du Docteur Duborgia, va alors entreprendre la démolition des premiers bâtiments qui n’avaient subi, au fil des années, que quelques changements à peine notables. L’acquisition par Charles-Emile Clerc de plusieurs parcelles lui permet d’agrandir la propriété qu’il transforme en un domaine résidentiel doté d’une belle et imposante demeure bourgeoise au sein d’un grand parc boisé.

La propriété reste aux mains de la famille pendant plus d’un siècle, subissant quelques modifications, comme l’ajout d’une écurie, d’une maison de gardien ou de quelques allées de circulation, avant d’être finalement cédée à un couple de décorateur en 1991. Une succession de propriétaires s’en suivra alors…

C’est finalement en 2008 qu’Emad Khashoggi décide d’y entreprendre une réalisation inédite inspirée de l’architecture du XVIIe siècle et qui rendra toute sa noblesse au site : Le Château Louis XIV[6].

Le projet d’Emad Khashoggi[modifier | modifier le code]

C’est en 2008 qu’Emad Khashoggi, homme d’affaires français originaire d’Arabie saoudite et à la tête de la société Cogemad depuis 1989, découvre ce terrain. Charmé par le site, son histoire et son emplacement unique, mais jugeant l’édifice qui s’y trouve en piteux état, il le fait démolir pour construire sur de nouvelles fondations le Château Louis XIV.

Emad Khashoggi a plaisir à voir évoluer des artisans au savoir-faire ancestral [7],[8]aux côtés de techniciens de pointe. Il explique ainsi, lors d’une interview accordée à Connaissance des Arts, vouloir « donner vie à un “nouvel immobilier”, où l’on se donne la chance de créer des projets durables, qui auront leur place dans l’avenir mais qui s’inscrivent aussi dans l’Histoire d’un pays, d’une région. »

Pour la construction du Château Louis XIV, sa société Cogemad employa en moyenne 150 ouvriers par jour, dont les artisans suivants : sculpteurs, mosaïstes, peintres, doreurs, ferronniers, ébénistes, marbriers, paysagistes, staffeurs ornemanistes, horlogers, bronziers, couvreurs, charpentiers, et chaudronniers. Cette demeure somptueusement décorée comprend entre autres deux appartements de maître, plusieurs suites pour les invités, de nombreuses pièces de réception, deux cuisines artisanales réalisées sur-mesure, un étage dédié aux loisirs, un salon sous-marin immergé dans les douves, unique en Europe, une salle de cinéma, un cellier, etc.

Le salon de réception, au rez-de-chaussée, trône dans une pièce circulaire surmontée d’une coupole au plafond peint d’une fresque en trompe l’œil, inspirée de la fresque imaginée par Charles Le Brun pour le Château de Vaux-le-Vicomte, réalisée pendant plusieurs mois par des artistes peintres. Avec la Fontaine d’Apollon du jardin, c'est une des pièces maitresses du château.

Les métiers et les artisans[modifier | modifier le code]

De nombreuses entreprises labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant ont participé à ce projet qui leur a permis de former de nouveaux compagnons. Le chantier regroupe plusieurs corps de métiers d’antan dont les principales réalisations sont les suivantes :

La taille de la pierre[modifier | modifier le code]

860 m3 de pierres naturelles massives sont ainsi réparties :

Elles ont servi à la réalisation des balustres, tables sculptées, pots à feu et chapiteaux de pilastres sculptés

On trouve dans les jardins à la française du château, une reproduction de la fontaine du Bassin du Char d’Apollon de Versailles, sculptée dans la pierre. La copie à plus petite échelle de ce groupe sculpté, imaginé pour les jardins du roi par l’artiste Jean-Baptiste Tuby, conserve les proportions et les détails de l’original. Elle a ensuite été dorée à la feuille.

Le marbre[modifier | modifier le code]

Le marbre a été travaillé de différentes manières : délicates marqueteries au sol, mosaïques au rez-de-jardin, à livre ouvert dans les salles de bains, sculpté pour la statue monumentale de Louis XIV ou encore mouluré pour les cheminées Grand Siècle.

Liste des marbres utilisés avec leur origine :

L’ébénisterie et la menuiserie[modifier | modifier le code]

De nombreux décors du XVIIe siècle sculptés dans le bois enrichissent les intérieurs. Une des pièces maitresses réside dans la monumentale porte d’entrée entièrement sculptée dans le chêne en haut relief – se détachant sur 17 cm - et à la main, elle représente le roi soleil à cheval, triomphant en empereur romain et couronné par une victoire. Cette œuvre s’inspire d’un modèle du salon de la guerre du Château de Versailles.

L’horlogerie[modifier | modifier le code]

Pour la façade du château, Emad Khashoggi a ordonné la création par des horlogers d’une véritable horloge monumentale en bronze et email identique à celle située en façade du Château de Versailles.

La peinture, les décors[modifier | modifier le code]

Plusieurs plafonds des pièces de réception et appartements de maitre reprennent les thèmes qui étaient chers à Louis XIV et que l’on retrouve souvent à Versailles. Ainsi l’imposant plafond peint de la coupole du grand salon s’inspire d’une Allégorie de l’Aurore, projet de Charles Le Brun pour Château de Vaux-le-Vicomte n’ayant jamais été réalisé.

Le travail du bronze[modifier | modifier le code]

Réalisation de luminaires et quincaillerie d’art de style XVIIe siècle reprenant de nombreuses archives de l’Histoire de France et notamment du XVIIe siècle, sous Louis XIV.

La ferronnerie[modifier | modifier le code]

Présence de nombreuses rampes cintrées et garde-corps réalisés à la main en reprenant volutes et motifs du XVIIe siècle. Ces assemblages sont toujours réalisés grâce à des tenons, des mortaises ou des chevilles, sans la moindre trace de soudure, dans la plus grande tradition française.

La charpente[modifier | modifier le code]

Réalisation pour le dôme d’une charpente assemblée à l’ancienne avec un système de tenons et mortaises.

La couverture[modifier | modifier le code]

Toujours dans le respect des techniques d’antan, les couvreurs ont réalisé à la main la couverture de la toiture en ardoise d’Angers. On retrouve également sur la toiture pots à feu sculptés dans la pierre et épis de faîtage en plombs dorés.

Les jardins[modifier | modifier le code]

Jardins du château Louis XIV

Le Château Louis XIV reprend les standards du XVIIe siècle jusque dans ses parcs et jardins. On y trouve ainsi, dans le respect des théories d'André Le Nôtre pour le Château de Versailles et le Château de Vaux-le-Vicomte, un véritable jardin à la française avec parterres et broderies de buis, jeu de perspectives, topiaires d’ifs taillés en pyramides, un labyrinthe végétal, une fermette peuplée de chèvres, un grand potager, des écuries et même un jardin à l’anglaise en contrebas, dans le respect des reliefs naturels de la propriété sur laquelle se situe le château.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Connaissance des arts
  3. Louveciennes mon village, Jacques et Monique Laÿ, 1997, (ISBN 2-9503913-0-3).
  4. Le château du Camp, sur le blog de la Tribune de Louveciennes
  5. Ancien château Le Camp à Louveciennes (Yvelines), octobre 2009, Étude historique et documentaire commandée au Groupe de Recherche Art Histoire Architecture et Littérature par l’agence Bortolussi, architecte en chef des Monuments historiques.
  6. Un nouveau château Louis XIV édifié non loin de Versailles, sur le site de l'Express
  7. A Louveciennes, un palais des savoir faire, Connaissance des Arts, hors-série Les métiers d'art en France 2012 - mars 2012, pp. 99 à 100
  8. Retour vers le futur à Louveciennes..., Pierre Actual, numéro 898 - Octobre 2011, pp. 47 to 54

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Château Louis XIV, éd. Connaissance des Arts, mai 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]