Château Dufresne

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Château Dufresne
Image illustrative de l'article Château Dufresne
Localisation
Situation 4040, rue Sherbrooke Est
Montréal, H1W 3W3
Drapeau : Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
Coordonnées 45° 33′ 14″ N 73° 33′ 14″ O / 45.553885, -73.553818 ()45° 33′ 14″ Nord 73° 33′ 14″ Ouest / 45.553885, -73.553818 ()  

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Château Dufresne

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Château Dufresne
Architecture
Type Maison bourgeoise
Style Style Beaux-Arts
Niveaux 3 (40 pièces)
Superficie 1 809 m²
Dépendances Quartier des domestiques et garage.
Superficie du terrain 7 134 m²
Histoire
Architecte Marius Dufresne et Jules Renard
Commanditaire Marius et Oscar Dufresne
Date d'érection 1915-1918
Résidents notoires Musée du Château Dufresne
Propriétaire Ville de Montréal
Protection Immeuble patrimonial classé (Provincial-1976)

Immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle (Municipal-2004)

Le château Dufresne (aussi connu sous le nom des « maisons Marius et Oscar Dufresne ») est un domaine constitué de deux maisons bourgeoises jumelées situées dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de Montréal au Canada.

Ces maisons furent les résidences des frères Marius et Oscar Dufresne ainsi que de leurs successions de 1919 à 1948. En 1948, les Pères de Sainte-Croix rachetèrent les résidences et y firent un pavillon annexe au Collège Sainte-Croix. En 1957, la Ville de Montréal devint le nouveau propriétaire du château Dufresne. Le Collège Sainte-Croix resta cependant locataire jusqu’en 1961. Les résidences jumelées accueillirent ensuite le musée d'art contemporain de Montréal de 1965 à 1968 et le musée des arts décoratifs de Montréal de 1976 à 1997. Depuis 1999, ces deux maisons bourgeoises abritent le musée du Château Dufresne.

Construit entre 1915 et 1918, le « château » fut conçu et réalisé par Marius Dufresne et par l’architecte français Jules Renard qui s'inspirèrent du Petit Trianon du domaine royal de Versailles, en France. L’architecte montréalais Wilfrid L. Vandal aurait également participé à sa conception. Le château fut construit dans le style Beaux-Arts et il comporta à l'origine près de 40 pièces. L'intérieur fut notamment décoré par Guido Nincheri de 1920 à 1938 et par Alfred Faniel. Le nom de « Château Dufresne » fut attribué à l'édifice dans les années 1970 lors de la création du musée des arts décoratifs de Montréal.

Cet édifice fait l’objet de quelques mesures de protection. Le 20 décembre 1976, le château fut classé immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Le 10 décembre 2004, le bâtiment fut déclaré « immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la Ville de Montréal.

Sommaire

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château Dufresne est situé au 4040 de la rue Sherbrooke Est dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de Montréal. Il est localisé à environ 6 km du Vieux-Montréal. Le site est desservi par la station de métro Pie-IX de la ligne verte.

Cependant, l’adresse d’accès pour les visiteurs est le 2929 de l'avenue Jeanne-d'Arc (une rue parallèle à l'ouest du boulevard Pie-IX).

On accède à l'intérieur par l'arrière depuis trois accès au site : par la grille monumentale sur la rue Sherbrooke Est, par la grille secondaire sur le boulevard Pie-IX ou par l’entrée du stationnement sur l’avenue Jeanne-d’Arc. Un stationnement gratuit est d’ailleurs prévu pour les véhicules des visiteurs.

Historique[modifier | modifier le code]

1915 à 1918 : construction[modifier | modifier le code]

Vers 1915, Oscar et Marius Dufresne décident de se faire construire des résidences qui reflètent leur richesse et leur succès en affaires. Marius dessine alors avec l’architecte français Jules Renard un édifice d'une quarantaine de pièces de style Beaux-Arts[4],[note 1]. Le choix de ce style est lié en partie à sa popularité croissante à cette époque, notamment accentuée par les expositions universelles de Chicago en 1893 et de Paris en 1900. Le Petit Trianon du domaine royal de Versailles, en France, fut une source d'inspiration importante pour la conception du Château Dufresne[5],[4]. L’architecte montréalais Wilfrid L. Vandal aurait également participé à son élaboration[6]. À l'origine, le château devait faire partie d’un ensemble de quatre maisons, mais trois ne furent jamais construites[7].

Conduit de l'aspirateur central

La construction du bâtiment débute en 1915 lors de la Première Guerre mondiale et se poursuit jusqu’en 1918[8]. L’édification du château emprunte une technique de construction tout à fait nouvelle à Montréal à l’époque, soit l’utilisation de béton armé pour une résidence privée. Le château s’appuie sur vingt piliers massifs en béton armé et sa structure est également en béton armé[4].

Plusieurs artistes et artisans contribuèrent à la construction des résidences[note 2],[1]. Parmi ceux-ci, Guido Nincheri décore particulièrement la résidence d'Oscar Dufresne de 1920[note 3] à 1938[9] alors que l'artiste Alfred Faniel exécute plusieurs des décors peints de la résidence de Marius Dufresne[10]. La construction fait également appel à des éléments décoratifs (manteaux de cheminées, frises, moulures, colonnes, etc.) préfabriqués qui ont fait l’objet d’une commande par catalogue auprès d’entreprises canadiennes et américaines[11], notamment chez Jacobson de New York[12]. Elle comprend également certaines commodités du jour telles qu’un chauffage central, un aspirateur central, un monte-plats de la cuisine (rez-de-jardin) à l’office (rez-de-chaussée) et un garage pouvant accueillir jusqu’à cinq automobiles[12]. La décoration intérieure n’est toujours pas achevée lors de l’installation de ses premiers occupants entre 1919 et 1920[13].

La construction de l’édifice coûte aux propriétaires près d’un million de dollars[8]. À l'époque, ce coût atteint trente cents du pied carré[7].

1918 à 1948 : famille Dufresne[modifier | modifier le code]

Château Dufresne en 1936

Entre 1919 et 1920, Oscar Dufresne emménage dans sa nouvelle résidence, du côté est du château[13].

En 1920, l’artiste florentin Guido Nincheri accepte de décorer l’intérieur en échange d’un atelier ou studio situé au 1832 boulevard Pie-IX[14], à proximité de la précédente résidence d’Oscar située au 1838 boulevard Pie-IX[13]. Il y exécute le décor du château Dufresne, mais pas seulement.

En 1936, Oscar Dufresne meurt. Son frère cadet, Candide Dufresne (1882-1948), vient habiter la résidence d’Oscar avec son épouse et ses cinq enfants[13].

En 1945, à la mort de Marius, le château est mis en vente[4].

1948 à 1957 : Externat classique[modifier | modifier le code]

En 1948, le pavillon principal du Collège Sainte-Croix, nommé « pavillon Morin », n’est plus en mesure d’accueillir tous ses étudiants, dont le nombre est en rapide croissance. Les Pères de Sainte-Croix s’intéressent alors au château, situé deux rues plus à l’est[4]. Le 27 octobre 1948, ils acquièrent la bâtisse[15] et créent le pavillon Dufresne qui accueille les classes d’étudiants de Belles-lettres à Philosophie II du cours supérieur classique[16],[17].

Dès l’acquisition et au courant du séjour, les Pères apportent certaines modifications au château pour servir sa nouvelle orientation. Des changements sont apportés au sous-sol : les cuisines et leurs dépendances sont par exemple transformées en salle de classe[16]. Au rez-de-chaussée et à l’étage, les peintures marouflées de Guido Nincheri sont masquées par une couche de peinture en latex[18], les religieux les trouvant inappropriées pour une maison d’éducation[14],[16]. Avant ces repeints, la famille Nincheri a pu toutefois reprendre deux des tableaux de l’artiste se trouvant dans le petit salon de la résidence d'Oscar. Quant aux autres, les repeints ont néanmoins permis leur préservation[18].

Le 14 mai 1950, a lieu le 20e anniversaire de l’Externat classique. Parmi les festivités, des visites guidées du pavillon Dufresne ont lieu et le pavillon reçoit sa bénédiction[17].

En mars 1955, une radio étudiante voit le jour au pavillon Dufresne, une initiative du journal étudiant Trait d’Union (TDU). La chaîne de radio diffuse des nouvelles internationales, locales et de l’Externat. Il y a également des interviews, des parodies et des extraits de pièces de théâtre[17].

En 1957, l’Externat décide d’agrandir son pavillon principal afin de suffire à la demande du nombre croissant d’étudiants. Le coût des travaux s’évaluant à 1,5 M$, le Collège décide de vendre le pavillon Dufresne et d’acquérir les terrains voisins du pavillon principal[17]. Une entente se forme alors avec la Ville de Montréal : les religieux cèdent le château à la Ville en échange d’un terrain voisin qui sert à construire une aile annexe au pavillon Morin[16].

1957 à 1965 : Ville de Montréal, nouveau propriétaire[modifier | modifier le code]

Pavillon Dufresne en 1961

Le 4 décembre 1957, l'échange a lieu et la Ville de Montréal devient le nouveau propriétaire du château Dufresne[19],[16]. Le Collège Sainte-Croix se réserve toutefois, dans l'acte d'échange, « le droit d'occuper gratuitement la résidence appelée « Château Dufresne » jusqu'au premier janvier mille neuf cent soixante, le Collège devant prendre à sa charge tous les frais d'entretien, de chauffage, d'éclairage, etc. [...] »[19]. Le Collège Sainte-Croix reste cependant locataire jusqu’en 1961[4].

Le 13 mars 1960, le Collège ferme les classes du pavillon Dufresne et les transfère au pavillon principal[17].

En 1962, la Ville reprend entièrement possession du château et elle évalue les « dégâts causés par les élèves [du] collège [Sainte-Croix] »[20] à un demi-million de dollars. Plus d’une trentaine de communautés ont alors affiché leur intérêt à la Ville d’obtenir le château gratuitement. Les Pères de Sainte-Croix font partie du nombre, ces derniers voulant transformer la bâtisse en musée d’histoire naturelle[20].

Le 14 novembre 1963, Guido Nincheri envoie une lettre à M. Camille Mancini, Inspecteur du Gouvernement, dans le but de lui faire part de son inquiétude sur des travaux menés à cette époque au château. Il mentionne notamment dans sa lettre que les travaux qui consistent à appliquer une peinture à l'huile sur les repeints à l'eau (exécutés plus tôt par les Pères de Sainte-Croix pour couvrir ses œuvres) auraient pour conséquences de « ruiner » ses fresques. Il demande ainsi à M. Mancini d'user de ses contacts afin d'empêcher une telle situation[21].

De 1961 à 1965, le château reste néanmoins inoccupé et il semble voué à la démolition[4].

1965 à 1968 : musée d’art contemporain de Montréal[modifier | modifier le code]

De 1965 à 1968, la Ville de Montréal loue le château au Ministère des Affaires culturelles du Québec pour y loger le Musée d'art contemporain de Montréal[4]. Les œuvres du musée sont transférées au château après avoir occupé des locaux temporaires à la Place Ville-Marie[22]. L’inauguration a lieu le 12 juillet 1965 avec l’exposition temporaire intitulée Artistes de Montréal[note 4]. Le musée quitte le château en 1968 pour s’installer dans la Galerie d’art international d’Expo 67 à la Cité du Havre[22].

1968 à 1976 : abandon[modifier | modifier le code]

Lorsque le Musée d'art contemporain de Montréal quitte le château en 1968, ce dernier devient inoccupé et est laissé à l’abandon. Le bâtiment est alors sans gardiennage, sans entretien et sans chauffage[16]. Il est sujet à des infiltrations d’eau et à des actes de vandalisme[18], perdant ainsi la presque totalité des vitraux exécutés par Guido Nincheri[14]. Le château semble une autre fois être voué à la démolition. Un projet de stationnement naît afin de remplacer le château.

1976 à 1997 : musée des arts décoratifs de Montréal[modifier | modifier le code]

En 1976, ont lieu les jeux olympiques d’été à Montréal. Le site du stade olympique se trouve à l’est du boulevard Pie-IX alors que le château s’y trouve à l’ouest. Cette proximité avec le stade de même qu’avec le jardin botanique de Montréal rehausse l’importance du quartier et attire les regards. Le secteur n’échappe pas à celui du maire de la Ville de Montréal de l’époque, M. Jean Drapeau. Ce dernier invite David M. Stewart, président de la Fondation Macdonald Stewart, à étudier les possibilités d’utilisation du château[23].

David et Liliane Stewart deviennent alors les grands mécènes du château Dufresne. Il finance le programme de restauration du bâtiment dirigé par le designer français Nicolas Sollogoub, assisté du Centre de conservation du Québec, et qui se déroule de 1976 à 1979. La consultation de quarante-deux plans de Marius Dufresne et de Jules Renard, de photos d’époques et le témoignage de Laurette, fille adoptive d’Oscar Dufresne et d’Alexandrine Pelletier, permet de restituer l’édifice dans son état d’origine[23]. Les restaurations ont porté notamment sur les toits, plafonds, murs, lambris, plâtres, châssis, planchers, escaliers ainsi que le système de plomberie et d’électricité. La peinture qui recouvrait les fresques de Guido Nincheri dans le Grand et Petit salon de la résidence d’Oscar a été retirée[23]. Par contre, la fresque de l’artiste qui ornait le plafond de la cage d’escalier a été retirée, roulée et entreposée dans le dépôt du musée étant donnée sa fragilité.

Dans ce projet, on crée également le musée des arts décoratifs de Montréal qui s’installe au château. L’ensemble des collections présentent des objets d’art décoratif du XXe siècle[24]. Une partie du mobilier d’origine du château, qui occupait initialement la résidence de Marius, est rachetée à la succession de la veuve de ce dernier, Edna Sauriol, qui meurt en 1976[4], afin de compléter la collection du musée. Cette collection, dite « Sauriol-Dufresne », remeuble la résidence d’Oscar, avant de reprendre sa place initiale dans la résidence de Marius.

Le 20 décembre 1976, le château est classé monument historique[4].

En 1978, une partie du musée est ouvert au public[4]. Son inauguration a cependant lieu le 14 juin 1979[25],[note 5]. Liliane Stewart devient alors la présidente du musée et Luc d’Iberville-Moreau en devient le directeur[11]. L’exposition inaugurale est consacrée à l’art traditionnel du Québec. Le ministère de l’Éducation du Québec a prêté à cette occasion une partie de la collection Jean-Marie Gauvreau constituée de pièces de mobiliers et d’objets des XVIIe au XIXe siècles provenant de l’ancienne école du Meuble (1935-1958) et de l’école des Arts appliqués (1958-1969)[26].

En 1994, le musée constate que le château Dufresne ne répond plus aux exigences des œuvres d'art de la collection permanente [27]. Ces œuvres « sont soumises à une trop grande exposition au soleil et à de l'humidité qui leur sont néfastes »[28]. Il décide alors de louer temporairement un espace de 10 000 p2 dans le pavillon Jean-Noel Desmarais nouvellement annexé au musée des Beaux-arts de Montréal afin d'entreposer et d'exposer la collection.

Le 31 mars 1997, le musée des arts décoratifs de Montréal est annexé au musée des beaux-arts de Montréal[4]. Le 16 mai 1997, la collection permanente du musée est redevenue accessible au public depuis son nouvel emplacement[28].

En janvier 2000, la presque totalité de la collection de l’ancien musée des arts décoratifs de Montréal fait l’objet d’un don au musée des beaux-arts de Montréal. David et Liliane Stewart lèguent alors près de 5 000 objets de leur collection, d’une valeur de 15 millions de dollars[29].

1997 à 1999 : concours d'occupation[modifier | modifier le code]

En 1998, l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, en collaboration avec la Maison de la culture, lance une campagne en vue d’occuper le château[8].

1999 à nos jours : musée du Château Dufresne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée du Château Dufresne.

Le 22 avril 1999, la société du Château Dufresne signe un bail avec la Ville de Montréal[30]. Avec l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve et la Maison de la culture, la société emménage alors dans le château[13]. Le musée du Château Dufresne est créé et ouvre les portes du château au public la même année. Il présente essentiellement la décoration intérieure du château et la collection Sauriol-Dufresne, c’est-à-dire le mobilier et les objets ayant appartenu à Marius. La résidence de Marius expose logiquement cette collection alors que la résidence d’Oscar présente la collection de porcelaine dans l’ancien office des domestiques de l’étage, quelques objets d’art (par exemple une reproduction de L’enlèvement des Sabines par Jean de Bologne) et plusieurs fresques exécutées par Nincheri. Le musée présente également des expositions temporaires sur l’histoire, le patrimoine et les arts visuels.

De 2002 à 2004, la Ville de Montréal entreprend conjointement avec le ministère de la Culture et des Communications un important programme de restaurations au coût de 1 million de dollars[31],[21]. Ce programme est dirigé par la société d’architectes Martin Morris et Marcotte[4]. Les restaurations ont porté sur le bâtiment, mais également sur les œuvres d’art logées dans le musée[32]. En juillet 2003, on découvre à l’occasion de ces restaurations une fresque vraisemblablement exécutée par Guido Nincheri dans le dôme de trois mètres de diamètre du hall d’entrée de la résidence de Marius[33]. Une véritable surprise pour les restaurateurs alors qu'ils croyaient plutôt retrouver, sous trois couches de repeints, une jeune femme vêtue à l'Antique se regardant dans un miroir tout en se balançant par Alfred Faniel[21],[note 6].

Château[modifier | modifier le code]

Le domaine du château Dufresne est d’une superficie d’environ 7 134 m2[1]. Il est constitué du château lui-même entouré de jardins et d’un stationnement à l’arrière. Le domaine, clôturé par une grille en fonte forgée et par un mur à l’arrière, est délimité par la rue Sherbrooke au nord, l'avenue Jeanne-d'Arc à l'est, le boulevard Pie-IX à l'ouest et par une ruelle au sud.

Quant au château, il se compose de deux maisons jumelées unifiées dans un corps de logis rectangulaire à trois niveaux coiffé d’un toit plat dissimulé par une balustrade. Trois annexes entourent le corps central : une annexe arrière s’élevant sur deux niveaux abritant le solarium et deux annexes latérales au rez-de-chaussée qui abritent les grands salons. L’inclinaison du terrain, en légère pente, permet de dégager un étage et crée le rez-de-jardin[4]. Sa construction fait appel à une technique peu utilisée pour une résidence privée à l’époque, soit l’utilisation de béton armé. La maison s’appuie sur vingt piliers massifs en béton armé et compte une structure aussi en béton armé[4].

De par ses dimensions monumentales (40 pièces) et son luxe, les habitants de l’ancienne ville de Maisonneuve qualifiaient les résidences jumelées de « château »[4]. Pourtant, aucun membre de la famille Dufresne ne lui a prêté ce surnom. Le nom de « Château Dufresne » date des années 1970[34].

Cet édifice fait l’objet de quelques mesures de protection. Le 20 décembre 1976, le château fut classé immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications du Québec[4]. Le 10 décembre 2004, le bâtiment fut déclaré « immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la Ville de Montréal[32].

Extérieur[modifier | modifier le code]

Le château témoigne du style Beaux-Arts, style dominant et à la mode à l’époque de sa construction. Il se traduit par la symétrie du bâtiment et par la présence d’ornementation classique. La pierre utilisée est en calcaire d’Indiana[4].

Détails des colonnes d'ordre ionique

La façade avant ou nord est celle où se trouvent les entrées principales des résidences. S’élevant sur deux étages, elle présente deux avant-corps qui encadrent une partie centrale ornée de 4 paires de colonnes à chapiteau ionique. Chaque paire de colonnes, qui s’élève également sur deux étages, est disposée de façon à ce que deux colonnes encadrent une paire verticale d’ouvertures (fenêtres, portes)[4]. Les chapiteaux d’ordre ionique des colonnes sont couronnés d’un abaque mouluré supporté par quatre petits enroulements et présentant en son centre une feuille d’acanthe. Leurs échines sont agrémentées d’oves et dards, de perles et pirouettes. Les volutes sont ornées de huit chutes de feuilles[35]. Le rez-de-chaussée de la façade nord présente en premier lieu une terrasse entourée d’une balustrade avec quatre escaliers (deux avants et deux latéraux) à quatre marches. La troisième balustrade qui longeait autrefois l’allée n’existe plus[12],[note 7]. En second lieu, on remarque les deux portes d’entrées cintrées à double vantail avec une grille en fer forgé ornée notamment de guirlandes de fleurs dorées. Les fenêtres du corps central et les portes-fenêtres des ailes latérales cintrées sont dites en « chapeau de gendarme », c’est à-dire d’une forme « ovale allongée flanquée de deux formes triangulaires qui rappelle l’ancien bicorne du gendarme français »[12]. Ce motif se retrouve sur d’autres fenêtres, portes et portes-fenêtres du château. À l’étage, quatre portes-fenêtres rectangulaires donnent sur quatre petits balcons à balustrade entre les avant-corps. Ces balcons sont supportés par des consoles ornées d’une feuille d’acanthe. Aux avant-corps, deux fenêtres rectangulaires de même style trouvent lieu[12]. À l'attique, les colonnes à chapiteau ionique supportent une architrave surmontée d’une frise dominée par une corniche à modillons. Une balustrade en pierre dissimule à l’attique le toit en terrasse, rythmée par deux cheminées latérales et une au centre à l’arrière[4].

Baie à arc surbaissé à fausse clé de voute

La façade arrière ou sud s’élève sur trois étages. Elle est particulièrement caractérisée par l’annexe qui s’élève du rez-de-jardin au rez-de-chaussée et qui abrite le solarium. Au rez-de-jardin, la façade arrière de l’annexe est rythmée de six baies à arc surbaissé à fausse clé de voute en pierre taillée. Trois de ces baies présentent une porte à double battant encadrée de deux fenêtres séparées par des meneaux en pierre alors que les trois autres présentent plutôt des fenêtres à double vantail[4]. Au rez-de-chaussée, six baies vitrées rectangulaires s’alignent aux baies du rez-de-jardin. Elles illuminent les solariums. Au-dessus des fenêtres à double vantail se trouve le motif en « chapeau de gendarme ». Ces fenêtres présentent du côté est dans la résidence d’Oscar quelques vitraux exécutés par Guido Nincheri. Au-dessus de ces baies vitrées se trouve un entablement surmonté d’une frise dominée par une corniche toscane. À l'étage, six fenêtres à double vantail rectangulaires rythment l’étage de la façade sud. Elles s’alignent verticalement aux baies vitrées de l’annexe. Les fenêtres de l’étage sont surmontées à l’attique d’un entablement dominé d’une frise surplombée par une corniche à modillons. Une balustrade en pierre dissimule le toit en terrasse, une cheminée s’y trouvant au centre[4].

Intérieur[modifier | modifier le code]

L’intérieur des résidences jumelées reflète les goûts en vogue en Amérique du Nord à cette époque, soit l’utilisation de plusieurs styles empruntés au passé afin de démontrer sa richesse et son pouvoir. Le château Dufresne emprunte notamment le style édouardien, les style Louis XV et Louis XVI ou encore le style Adam[36].

Chaque résidence est une disposition en miroir des pièces se trouvant dans l’autre. Les pièces intérieures sont décorées et situées suivant « un principe des Beaux-arts voulant que chaque pièce soit dans un style symbolisant sa fonction et sa place dans la hiérarchie »[12]. De cette façon, le quartier des domestiques se trouve au rez-de-jardin, les grands appartements de réception ou de vie commune sont au rez-de-chaussée et les appartements privés à l’étage. La décoration des pièces suivent aussi ce principe : par exemple, dans la résidence d’Oscar, on remarque des guirlandes de fruits dans la salle à manger et des livres peints dans la bibliothèque.

Guido Nincheri exécute les décors du château de 1920 à 1938. Il s’inspire de la mythologie grecque pour la composition de ses œuvres, seul sujet lui permettant de peindre des nus[18]. Il utilise également certains détails stylistiques ou iconographiques propres aux années trente[14].

Maison Oscar-Dufresne[modifier | modifier le code]

Oscar Dufresne et Alexandrine Pelletier dans le solarium (vers 1930)

La maison Oscar-Dufresne est la demeure que l’homme d’affaires et conseiller municipal Oscar Dufresne habitait avec son épouse, Alexandrine Pelletier, principalement de 1919 à 1936. Cette demeure est l’une des résidences jumelées du château Dufresne, située à l’est. Elle a été particulièrement décorée par l’artiste florentin Guido Nincheri de 1920[note 8] à 1938[9]. Cette partie du château Dufresne est presque vide de mobilier. Elle expose néanmoins les œuvres peintes de Nincheri, quelques tableaux et sculptures et sert de lieu de réception.

Rez-de-jardin[modifier | modifier le code]

On accède au rez-de-jardin depuis l’annexe arrière ou par le grand escalier central depuis le rez-de-chaussée. L’escalier mène au niveau inférieur de la cage d’escalier et donne accès au couloir qui mène notamment à la salle de billard à l’ouest. Les murs de la cage d’escalier et du couloir sont saturés de lambris de bois en acajou alors que les plafonds sont ornés de moulures également en acajou. Le rez-de-jardin se composait à l'origine notamment de la cage d'escalier, d'une salle de billard, du quartier des domestiques qui incluait les chambres des domestiques, la buanderie, la cuisine ainsi que les chaudières[12],[4],[36].

La salle de billard, située sous le grand salon du rez-de-chaussée, tient son nom du billard à six trous qui se trouvait au centre de la pièce, éclairé par deux lampes de billard suspendues. Le reste de la pièce était éclairé par six lanternes électriques également suspendues et elle contenait entre autres des meubles de rotin. Les murs sont encore aujourd’hui recouverts de lambris en bois d’acajou surmontés de tentures alors que le plafond est à poutres apparentes (plafond à la française) de bois de même couleur que des lambris. Le manteau de la cheminée monumentale est de style néo-Renaissance[12].

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]
Vestibule et hall[modifier | modifier le code]

Le vestibule est une petite pièce que l’on traverse depuis l’entrée principale menant au grand hall. Elle présente le même décor que le hall lui-même.

Hall d'entrée (vers 1930)

Le hall de la résidence d’Oscar présente un plancher de carreaux de marbre blanc disposés en diagonale dont l’ensemble est entouré d’une bordure de carreaux de marbre noir[37].

Les murs sont ornés en premier lieu de lambris de marbre ocre importé d’Italie et en second lieu de la reproduction façon XXe siècle d’une tenture de damas doré présentant des motifs blancs de la renaissance italienne. Quatre parastades ou pilastres de marbre blanc à chapiteau composite doré supportent le plafond rectangulaire à caissons. Une balustrade de même marbre que des lambris délimite l’espace entre le hall et la cage d’escalier. À chaque extrémité se trouve une colonne de marbre blanc à chapiteau composite doré[37]. Entre ces colonnes, se trouve sur un piédestal (prenant la forme d’une colonne à chapiteau ionique), une reproduction de l’Enlèvement des Sabines par Jean de Bologne, une sculpture italienne du XVIe siècle. Cette reproduction remplace l’urne de plâtre et le piédestal d’origine[37].

Le plafond à caissons de forme carrée est en acajou teint et présente une rosette à chaque croisée de poutre. Chaque caisson est décoré d’une rosette dorée au centre et est délimité par des ornements d’oves, de dards et de petites rosettes[37],[4].

Le majestueux escalier en marbre blanc présente les mêmes lambris de marbre ocre que le hall. Il est doté d’une rampe en bronze ciselé et doré[4], de « goût français », et la main courante est en chêne teintée façon acajou[37].

Les couloirs menant au grand salon ou à la salle à manger présentent un décor similaire[37].

Petit salon ou petit boudoir[modifier | modifier le code]

Cette pièce servait autrefois principalement à Alexandrine Pelletier, épouse d’Oscar[38]. Il s’agit de l’endroit où avait lieu le thé et les rencontres intimes[38]. Cette salle présente un décor dont l’ornementation s’inspire principalement des styles Louis XV et Louis XVI[9]. On accède au petit salon par une porte à double battant ornée de vitraux exécutés par Guido Nincheri[38]. Treize panneaux muraux de formes irrégulières[38] ainsi que le plafond illustre l’allégorie du temps qui fuit[9] représentée par la succession des saisons[36] et met en scène Psyché, le pendant féminin d’Orphée[39]. Deux fresques murales manquent de nos jours : l’une se trouvait l’opposé de la porte à double battant alors que l’autre prenait place au-dessus de la cheminée. La première représentait la rencontre des amants tandis que la seconde illustrait leurs retrouvailles au terme de leurs épreuves. L’artiste les avait repris en 1948 lors de la vente du château aux Pères de Sainte-Croix afin d’éviter leur destruction[21].

Détail des moulures (Petit salon)

La fresque du plafond illustre l’enlèvement et les épousailles de Psyché. Psyché, couchée sur un nuage semé de roses avec, à ses pieds, une coupe contenant le breuvage des dieux, est amenée vers l’Olympe au lever du jour. À sa gauche, se trouvent trois femmes qui représentent les Grâces. La première tient dans ses mains des roses, attribuées à l’amour, et des lys, dédiés au mariage. La seconde joue du tambourin, symbole de la danse, alors que la dernière détient une palme, emblème de l’immortalité. Ces Grâces sont accompagnées de colombes blanches, libérées de l’attelage du char de Vénus. En haut à gauche du registre, le cheval ailé Pégase est monté par Mercure qui, dans le récit d’Apulée, est chargé d’amener Psyché dans la demeure des dieux. Au-dessus de Psyché, on aperçoit deux figures ailées jouant l’une d’une harpe et l’autre d’une trompette. À droite, est représentée la chute de la Nuit chassée par Aurore ou par Diane, comme le suggère l’arc détenu par la déesse[21].

Les décors de Nincheri sont dominés par des teintes pastel et des motifs à l’italienne. L’artiste décide d’inclure aussi des thèmes contemporains dans son œuvre : on peut discerner par exemple des fils électriques sur l’un des panneaux[38]. Le plafond est séparé des panneaux muraux par une succession de moulures[38], notamment une élégante moulure de rinceaux colorés[40], une moulure d’oves et dards et une fausse corniche corinthienne rythmée de rosettes et de consoles décorées d’une feuille d’acanthe. La moulure entourant les œuvres peintes des panneaux muraux est constituée d’oves et dards.

Grand salon[modifier | modifier le code]
Grand salon (vers 1930)

Le grand salon occupe toute l’annexe à l’est de la résidence. Il combine plusieurs styles différents dont les styles Louis XV, Louis XVI, édouardien, de la renaissance italienne et même art déco propre aux années 1930[41],[9].

On entre dans le grand salon par la porte à double battant accessible depuis le hall. Cette porte n’est plus ornée des vitraux de Nincheri, maître-verrier, qui ont été détruits entre 1968 et 1976. Quant aux vitraux de la « fausse » porte jumelle située de l’autre côté de la cheminée, il s'agit de reproductions. Cette dernière porte donne sur le mur de la salle à manger.

Les murs présentent des lambris de bois en acajou surmontés de tentures de couleur vert olive rythmées de pilastres ornées d’appliques décoratives dorées. Les appliques murales à deux chandeliers ont par contre disparu[note 9]. Au centre du mur ouest se trouve le manteau de la cheminée de style néo-renaissance à l’italienne : deux atlantes supportent un entablement classique décorés notamment de rinceaux blancs sur fond ocre, d’oves et dards et d’une corniche à modillons. Les candélabres de marbre décorés d’ornements métalliques dorés qui se trouvent actuellement dans le hall d’entrée de la résidence de Marius encadraient autrefois la cheminée[41].

Sur les poutres du plafond à caissons se discernent des appliques dorées à motifs de rinceaux, de rosaces et de dauphins[41]. Les quatorze caissons de forme irrégulière exposent les toiles de Nincheri illustrant les amours d’Orphée et Eurydice[9].

Les meubles qui occupaient la pièce autrefois reflétaient les styles Louis XV et Louis XVI. Parmi ceux-ci des fauteuils qui se trouvent actuellement dans le dépôt du musée pour leur conservation[41].

Cabinet de travail ou bibliothèque[modifier | modifier le code]
Cabinet de travail ou bibliothèque (vers 1930)

Le cabinet de travail ou bibliothèque servait jadis à Oscar Dufresne. Il présente un décor à la fois de style néo-gothique et élisabéthain[42]. Tout comme le grand salon, la porte d’accès depuis le hall à la bibliothèque ne contient plus les vitraux exécutés par Nincheri, détruits entre 1968 et 1976.

La bibliothèque est tapissée sur deux de ses murs de « rayonnages » en acajou aux portes vitrées présentant un arc en accolade de style néo-renaissance. Sur le mur Est, le manteau de la cheminée en plâtre prend place au centre et présente des traits néo-gothiques, mais également Tudor à travers les motifs en quadrilobes et en plis de serviette[42]. Les murs nord et sud présentent des lambris en acajou qui reprennent les mêmes formes des portes des rayonnages afin d’assurer l’unité de la pièce. Dans les petites lunettes au-dessus de la cheminée et du rayonnage à l’ouest se trouvent respectivement peints l’attribut des arts représenté par la lyre, la palette du peintre et la plume de l’écrivain et celui des sciences symbolisé par les instruments de mesure, le globe terrestre et de nombreux livres[36].

Sur le plafond à fausse voute à croisée d’ogives, Guido Nincheri a peint quatre allégories du Savoir incarnées par quatre figures ailées : la poésie, la musique, la philosophie et la physique[42].

Salle à manger[modifier | modifier le code]

La salle à manger devient le passage obligatoire pour accéder au solarium depuis le hall d’entrée. Cette pièce reflète le goût des premiers occupants pour le style de la renaissance italienne que l’on retrouve dans les motifs du plafond, du manteau de la cheminée et du chandelier suspendu qui présentent des motifs de fruits, de putti et de guirlandes[36].

Salle à manger (vers 1930)

Le parquet de bois aux motifs de carreaux est entouré de murs aux lambris de chêne[note 10] surmontés de tentures où sont exposées trois peintures. Les tentures actuelles, de facture industrielle[36], ne sont pas les originales qui ont été remplacées[43]. Quatre portes surmontées du motif « chapeau de gendarme » sont disposées de façon parfaitement symétrique dans la pièce. D’ailleurs, c’est par souci de symétrie que l’on a installé de fausses portes à double battant vis-à-vis celles qui donnent sur le solarium côté ouest. Une petite porte de service se trouve découpée dans le lambris du mur ouest et mène à l’office puis à la petite cuisine. Cette porte a été condamnée lors de la transformation du château en musée dans les années 1970[43].

Le plafond est à caissons décorés de motifs polychromes de fruits et de guirlandes de feuillage. Entre la moulure d’acajou de type « corniche » du plafond et la tenture des murs, existe une frise qui présent également des motifs polychromes de fruits[43].

Le manteau de la cheminée est de style néo-renaissance italienne avec notamment cette frise aux motifs de cornes d’abondance blanches sur fond ocre et les consoles richement décorées.

Les meubles style Adam[36] qui occupaient la pièce jadis ont disparu. Ils étaient d’un bois plus clair que celui du mobilier de la salle à manger de Marius et étaient assortis aux lambris[43].

La cuisine et l'office[modifier | modifier le code]

La petite cuisine de service et l'office étaient autrefois deux petites pièces attenantes à la salle à manger. On effectuait les préparatifs des repas dans l’une et l’on traversait dans l’autre pour faire le service dans la salle à manger. Cette dernière pièce était principalement utilisée pour entreposer la vaisselle et l’argenterie[43]. Il existait aussi dans l’office un monte-plats qui communiquait avec la cuisine du rez-de-jardin[12].

Lors de la transformation du château en musée, on a détruit le monte-plats et fusionné ces deux petites pièces pour y installer la collection de porcelaine.

Solarium[modifier | modifier le code]

Le solarium, véranda ou jardin d’hiver de la résidence est particulièrement caractérisée par la fresque en trompe-l’œil du plafond. Cette peinture revêt le thème champêtre et se compose d’ouvertures entourées d’une balustrade avec une perspective sur le ciel, laissant croire à un jardin suspendu sur le toit[44]. Les luminaires suspendus originaux ont disparu, des luminaires récents les remplacent. On remarque également dans la pièce des reproductions de vitraux conçus par Guido Nincheri et qui représentent notamment les occupants initiaux, Oscar Dufresne, Alexandrine Pelletier ainsi que leur fille adoptive Laurette. Les vitraux originaux de l’artiste ont été détruit par des actes de vandalisme perpétrés entre 1968 et 1976[note 11].

Solarium (Résidence d'Oscar, Château Dufresne).JPG Vitrail du Solarium - Château Dufresne 04.JPG Vitrail du Solarium - Château Dufresne 03.JPG Vitrail du Solarium - Château Dufresne 02.JPG Vitrail du Solarium - Château Dufresne 01.JPG
Solarium Reproduction d'un vitrail de Nincheri avec médaillon représentant Oscar Dufresne Reproduction d'un vitrail de Guido Nincheri Reproduction d'un vitrail de Nincheri avec médaillon représentant Laurette (fille adoptive) Reproduction d'un vitrail de Nincheri avec médaillon représentant Alexandrine Pelletier
Étage[modifier | modifier le code]
Cage d’escalier[modifier | modifier le code]
Cage d'escalier (vers 1930)

Le plafond de la cage d’escalier comportait autrefois une fresque de Guido Nincheri qui a été retirée et mis dans le dépôt du musée étant donné sa fragilité. De nos jours, le plafond vide de fresque est entouré d’une « frise de putti en plâtre à finition antique de bandes de guirlandes »[45] surmontée d’oves puis de modillons à l’italienne. Le lustre contient des motifs similaires[45]. Seule la fresque près de la fenêtre existe toujours : elle représente une figure ailée tenant une corne remplie de fleurs.

Il existait autrefois une tapisserie sur le mur sud de la cage d’escalier qui recouvrait une partie de la tenture ocre à motifs blancs de la renaissance italienne, toujours présente sur les murs de la cage d’escalier à l’étage.

Le parquet est à motifs d’étoile.

Chambre principale[modifier | modifier le code]

La chambre principale, la plus grande chambre de la résidence, est celle qui est située au sud-est à l'étage. Elle fut fusionnée à la chambre adjacente située à l'ouest lors de la transformation du château en musée entre 1976 et 1979 afin d’installer les œuvres d’arts du musée des arts décoratifs de Montréal. Les restaurateurs de l’époque ont toutefois conservé ce qui restait des fresques des plafonds ainsi que des moulures qui les entourent. Les fresques représentent des figures classiques et les moulures présentent entre autres une succession de feuilles d’acanthe[45].

Chambre nord-est[modifier | modifier le code]

La chambre située au nord-est à l'étage présente en premier lieu un plafond peint par un membre de l’atelier Nincheri, illustrant quatre putti. La fresque est entourée d’une frise en cavet ornée de stucs aux motifs d’angelots et de rocailles. Les murs sont ornés de tentures aux motifs de fleurs[note 12]. Quant au mobilier d’acajou, il s’agit du mobilier original exécuté par Louis Pistono (1888-1976), un ébéniste montréalais d’origine italienne[46].

Autres chambres[modifier | modifier le code]
Salles de bain[modifier | modifier le code]

La salle de bain des maîtres est celle située à l'est qui communique avec la chambre principale ainsi que la chambre nord-est. Elle fut, entre 1976 et 1979, remise dans son état premier afin de présenter une salle de bain typique témoignant des principes d’hygiène établis au XIXe siècle. Elle présente un carrelage en céramique blanc avec, pour accessoires, un bain, un lavabo, une toilette et un bidet. L’allure dépouillée de la pièce provient des nouvelles normes de salubrité de l’époque[45].

La deuxième salle de bain se trouvait autrefois à l'opposé de celle des maîtres, située à l'ouest.

Maison Marius-Dufresne[modifier | modifier le code]

Marius Dufresne Marius Dufresne
Edna Sauriol

La maison Marius-Dufresne est la demeure que l'architecte et ingénieur Marius Dufresne habitait avec son épouse, Edna Sauriol, principalement de 1919 à 1945.

Cette demeure est l’une des résidences jumelées du château Dufresne, située à l’ouest. Cette partie du château Dufresne présente la collection Sauriol-Dufresne constituée du mobilier d'origine de la résidence. Elle a été décorée notamment par l’artiste florentin Guido Nincheri et par l'artiste Alfred Faniel[10].

Rez-de-jardin[modifier | modifier le code]
Salle de billard (vers 1930)

On accède au rez-de-jardin depuis l’annexe arrière ou par le grand escalier central depuis le rez-de-chaussée. L’escalier mène au niveau inférieur de la cage d’escalier et donne accès au couloir qui mène notamment à la salle de billard à l’ouest. Les murs de la cage d’escalier et du couloir sont saturés de lambris de bois en acajou alors que les plafonds sont ornés de moulures également en acajou. Le rez-de-jardin se composait à l'origine notamment de la cage d'escalier, d'une salle de billard, du quartier des domestiques qui incluait les chambres des domestiques, la buanderie, la cuisine ainsi que les chaudières[12],[4],[36].

La salle de billard, située sous le grand salon du rez-de-chaussée, tient son nom du billard à six trous qui se trouvait au centre de la pièce, éclairé par deux lampes de billard suspendues. Le reste de la pièce était éclairé par six lanternes électriques également suspendues et elle contenait entre autres des meubles de rotin. Les murs sont encore aujourd’hui recouverts de lambris en bois d’acajou surmontés de tentures alors que le plafond est à poutres apparentes (plafond à la française) de bois de même couleur que des lambris. Le manteau de la cheminée monumentale est de style néo-Renaissance[12].

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]
Vestibule et hall[modifier | modifier le code]

Le vestibule est une petite pièce que l’on traverse depuis l’entrée principale menant au grand hall. Elle présente le même décor que le hall lui-même.

Hall (1930)

Le hall de la résidence de Marius, de forme carrée, présente un plancher de carreaux de marbre blanc disposés en diagonale dont l’ensemble est entouré d’une bordure de carreaux de marbre noir. Quatre encadrements en bois de porte disposés parfaitement symétriquement de part et d’autre sur les quatre murs de la pièce, présentent des pilastres couronnés d’une moulure d’oves et dards qui supportent, sur tout le tour de la pièce, une fausse architrave surmontée d’une frise dominée par une seconde moulure d’oves et dards, puis d’une corniche à modillons. Ces encadrements épousent les courbes des portes à double vantail qui furent autrefois ornées des vitraux exécutés par Nincheri, puis détruits par des actes de vandalisme entre 1968 et 1976[47].

Quant aux murs, ils sont décorés de lambris de bois surmontés de tentures de couleur vert olive qu’on retrouve également dans le passage à droite et dans la cage d’escalier. À ce propos, le hall ne présente, à la différence de la résidence d’Oscar, aucun escalier central, qui se trouve plutôt dans le passage de droite menant au grand salon, vis-à-vis le cabinet de travail ou bibliothèque[47].

Le plafond présente en premier lieu des motifs peints façon mosaïque de paons aux angles ainsi que des fleurs stylisées aux dessus des portes. Ces motifs sont surmontés d’une moulure classique aux détails dorés qui s’articule aux quatre petits médaillons présentant une rosette en son centre. Cette moulure est elle-même dominée par une succession de moulures de feuilles dorées qui entourent une coupolette ornée d’une fresque de Nincheri. Cette fresque illustre une figure féminine ailée tenant dans sa main droite un bout de tissu de la tenue d’une seconde figure féminine couchée sur un nuage, un livre ouvert, une lampe à l’huile à l’antique et une couronne de laurier se trouvant à ses côtés. On y retrouve également, sur un autre nuage adjacent, un coffre à bijoux ouvert[47]. Découverte en 2003, cette fresque des années quarante en recouvre une autre, peinte plus tôt par l’artiste Alfred Faniel, et qui représentait une figure féminine vêtue à l’antique se balançant sur une escarpolette garnie de guirlandes et se regardant dans un miroir. Il s’agissait d’une version style Empire du tableau Les Hasards heureux de l'escarpolette par Jean-Honoré Fragonard [33],[21].

Parmi les meubles qui occupent la pièce, on remarque notamment ce guéridon de style Empire dont le par-dessus est en porcelaine de Sèvres présentant au centre Napoléon Ier entouré de ses maréchaux. Cette table circulaire est une reproduction de la table dite « d'Austerlitz » ou « des maréchaux » qui se trouve au château de Malmaison en France[48].

Petit salon ou petit boudoir[modifier | modifier le code]

Ce petit salon des dames présente un décor empreint des styles Louis XV et Louis XVI et « qui reflète moins l’éclectisme des goûts des propriétaires que les autres pièces de la résidence »[36]. Ce décor semble indiquer que cette pièce était à l’origine destinée à être notamment un salon de musique, comme le suggèrent les motifs des moulures du plafond qui représentent des instruments de musique ainsi que le piano Stevenson & Co. qui se trouve dans cette pièce.

Petit salon des dames (1930)

On accède au petit salon par une porte à double battant qui était autrefois ornée des vitraux de Nincheri. Des lambris de bois peints en blanc sont surmontés par dix panneaux muraux de formes irrégulières et dont les panneaux aux angles épousent leurs formes arrondies. Ces panneaux étaient autrefois ornés de fresques exécutées par Alfred Faniel qui s’inspiraient des peintures idylliques du XVIIIe siècle. Ces fresques ont été détruites et n’ont pas fait l’objet de restauration[49]. Par contre, la fresque du plafond est encore visible et illustre quatre putti qui entourent un disque où se trouve un cœur percé d’une flèche et dont l’un des putti élève trois couronnes de laurier dans ses mains, deux colombes assistant à la scène. Sur le mur est, à l’opposé de la porte à double vantail, se trouve la cheminée de la pièce avec son manteau de style à la française notamment décoré d’atlantes (putti). Cette cheminée a la particularité de présenter autour de son ouverture immédiate des carreaux de céramique blanche, l’encadrement décoratif en métal forgé de cette ouverture ayant disparu. Le parquet de bois est à chevrons et est recouvert d’un tapis[49].

Les chaises et le canapé, pour la plupart de style Louis XVI, sont en bois peint, doré, et recouvert de tapisserie à décor champêtre propre au style du XVIIIe siècle[36]. Cette pièce présente également une partie de la collection de porcelaine de Sèvres du château ainsi que des tableaux et quelques sculptures. Les appliques murales ont disparu et ont été remplacées par des luminaires récents.

Grand salon[modifier | modifier le code]
Grand salon (vers 1930)

Le grand salon occupe toute l’annexe à l’ouest de la résidence. On y accède depuis le couloir de la cage d’escalier ou depuis le fumoir. Les portes d’accès à double battant ne sont de nos jours plus ornées des vitraux de Nincheri, maître-verrier, qui ont été détruits entre 1968 et 1976 par des actes de vandalisme. Dans cette pièce, près de dix-huit colonnes à chapiteau ionique, surmontées d’une frise dominée par une corniche à modillons, soutiennent un plafond à caissons qui expose notamment trois toiles illustrant des ornements et des figures classiques. Sur ces colonnes se trouvent des appliques murales en métal doré à deux chandeliers. Les abat-jours qui recouvraient autrefois ces chandeliers manquent de nos jours. Les murs qui étaient jadis garnis de tentures en sont maintenant d'épouillés. Située au centre du mur est, la cheminée se compose d’un manteau de colonnes à chapiteau ionique soutenant une frise qui présente un bas-relief à l’antique[50]. Le parquet de bois est à chevrons.

Les portes-fenêtres et fenêtres surmontées du motif « chapeau de gendarme » sont couvertes des rideaux originaux [50]. Toutefois, ces rideaux ne correspondent pas à ceux qui recouvraient ces fenêtres avant les années 1930, d’après des photos d’époque.

Cette pièce présente également plusieurs objets d’art provenant de la collection Sauriol-Dufresne. Ces objets empruntent des styles différents dont les styles Louis XV et Louis XVI ou encore Second Empire. On peut constater en premier lieu le piano à queue Baldwin de style rococo français en bois marqueté sur lequel se trouvent des scènes pastorales peintes par Alfred Faniel[50]. On constate également les nombreux objets décoratifs provenant de la collection de porcelaine de Sèvres, dont notamment les deux grands vases sur piédestal par Henri Desprez datant de 1900[36]. La pièce présente aussi notamment des tableaux et quelques sculptures.

Cabinet de travail ou bibliothèque[modifier | modifier le code]
Bureau de style Empire et fauteuils de style Restauration par Louis Pistono

Le cabinet de travail ou bibliothèque servait autrefois à Marius Dufresne. Il présente un décor à la fois de style néo-gothique et néo-renaissance[51]. Cette pièce ne présente de nos jours aucune porte à double battant pour y accéder.

La bibliothèque est tapissée sur deux de ses murs de « rayonnages » en acajou aux portes vitrées présentant un arc en accolade de style néo-renaissance. Les murs nord et sud présentent des lambris en acajou qui reprennent les mêmes formes des portes des rayonnages afin d’assurer l’unité de la pièce. Sur le mur à l’est, le manteau de la cheminée en plâtre prend place au centre et est de style néo-renaissance[51]. Il présente des motifs polychromes propres à la renaissance et également les armoiries du royaume de France. Au-dessus des rayonnages, se trouve une tenture de facture industrielle. Quant au plafond, il est de style néo-gothique.

Cette pièce présente quelques œuvres de la collection Sauriol-Dufresne. On remarque d’abord le portrait d’Oscar Dufresne peint par Guido Nincheri et la sculpture en bronze d’Alfred Laliberté intitulée Le joug[36]. On constate également parmi les meubles le bureau de style Empire qui est en chêne teinté façon acajou avec des pieds en pattes de lion, des cariatides à chaque coin et des palmettes dorées. Les fauteuils de style Restauration sont en gondole et les accoudoirs sont en forme de cygne. Les fauteuils et le bureau proviennent de l’atelier de l’ébéniste montréalais Louis Pistono[51].

Fumoir ou salon turc[modifier | modifier le code]
Fumoir (vers 1930)

Cette pièce est tout à fait unique au château Dufresne, il s’agit du seul fumoir existant dans tout le château et qui présente un style s’inspirant du Moyen et de l’Extrême Orient[4]. Elle évoque ce goût très en vogue en Amérique du Nord à la fin du XIXe et au début du XXe siècle : « le colonialisme européen en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ainsi que l’ouverture du Japon au monde extérieur sont à l’origine de l’engouement pour l’orientalisme qui s’est développé dans le monde occidental au XIXe siècle »[47]. Deux entrées permettent d’y accéder : l’une depuis le Grand Salon avec sa porte à double battant ornée de vitraux de Guido Nincheri et l’autre depuis le solarium.

Le fumoir présente au plafond des motifs abstraits et géométriques empruntés au style mauresque. La frise, une bacchanale en plâtre d’après Franz Stuck, présente des scènes à connotation érotique, le fumoir étant réservé aux hommes à l’époque. Au-dessus des lambris, les murs sont recouverts d’un motif de faux-marbre d’inspiration byzantine[36]. Sur le mur nord, se trouve la fontaine et son encadrement de marbre. Autrefois, cette fontaine d’inspiration moyen-orientale se trouvait au centre du mur est. Toutefois, entre 1976 et 1979, lors de la conversion du château en musée, les restaurateurs ont percé une entrée dans le mur est pour les fins de l’exposition. Ils ont alors déplacé la fontaine du mur est au mur nord. Le bas de la fontaine manque de nos jours. Le luminaire suspendu est aussi un élément qui a disparu.

Le mobilier et les objets décoratifs de cette pièce, notamment le sabre, le tapis, la lampe sur pied, le narguilé, les coussins empilés sur les divans, la fontaine et la table octogonale incrustée de nacre, évoquent le Moyen-Orient et ses harems décrits par les peintres et les romanciers de l’époque[36]. La chaise-basse sur pied sculptée et la lampe reprenant la forme d’un paon, animal originaire d’Asie, représente l’Extrême Orient.

Salle à manger[modifier | modifier le code]
Salle à manger

Située entre le solarium et le hall d’entrée, la salle à manger est de forme ovale et présente une ouverture sur le fumoir qui a été ajoutée entre 1976 et 1979 lors de la conversion de la résidence en musée[52]. Deux portes surmontées du motif « chapeau de gendarme » donnent accès à la pièce. Elles étaient autrefois ornées des vitraux de Nincheri qui ont malheureusement été détruits entre 1968 et 1976 par des actes de vandalisme. On remarque également dans la pièce ce plafond de forme elliptique qui présente une succession de moulures composées de fruits et de feuilles. La cheminée de style néo-Renaissance est principalement caractérisée par ces cariatides portant un panier de fruits sur leur tête. Une porte de service se trouvait jadis à droite de la cheminée et menait à l’office. Cette porte a été bouchée par un mur. Les appliques murales de style Second Empire manquent également de nos jours, des luminaires récents les remplacent.

Le mobilier de cette pièce emprunte notamment les styles Adam[36] et néoclassique géorgien qui empruntent certains motifs décoratifs à l’Antiquité gréco-romaine. Les meubles sont principalement caractérisés par l’emploi de l’acajou, l’absence de dorures et, dans le cas des chaises, de dossiers ajourés[52].

Cette salle expose aussi quelques objets d’art tels que des peintures, une partie de la collection de porcelaine de Sèvres et une sculpture.

Cuisine et office[modifier | modifier le code]

La petite cuisine de service ou « office » était autrefois deux petites pièces attenantes à la salle à manger. On effectuait les préparatifs des repas dans l’une et l’on traversait dans l’autre pour faire le service dans la salle à manger. Cette dernière pièce était principalement utilisée pour entreposer la vaisselle et l’argenterie[43]. Il existait aussi dans l’office un monte-plats qui communiquait avec la cuisine du rez-de-jardin[12].

Lors de la transformation du château en musée, on a détruit le monte-plats et fusionné ces deux petites pièces pour y installer l'ascenseur.

Solarium[modifier | modifier le code]
Solarium (vers 1930)

Le solarium, véranda ou jardin d’hiver de la résidence présente un décor beaucoup plus sobre que celui de la résidence d’Oscar. Contrairement à sa jumelle, cette pièce n’expose aucune fresque au plafond et aucun vitrail aux fenêtres. Les motifs du carrelage du plancher sont également différents de ceux du solarium d’Oscar. Les luminaires originaux, aujourd’hui manquants, étaient autrefois caractérisés par des bandes de guirlandes et de festons[44].

Le solarium montre de nos jours quelques meubles originaux de la pièce tels des meubles de rotin[44]. On peut y retrouver également des plantes vertes, des tableaux, des sculptures, des jouets d’époque pour enfants ainsi que la fontaine en marbre qui occupait autrefois le solarium d’Oscar. On peut aussi remarquer au-dessus de la cheminée une sculpture en bas-relief de putti. Un étroit passage a été créé à gauche de cette cheminée pour faciliter le passage d’une maison à l’autre[44].

Étage[modifier | modifier le code]

L'étage de la résidence de Marius est de nos jours occupé par l'administration du musée du Château Dufresne.

Cage d’escalier[modifier | modifier le code]

Pour accéder à l’étage, il faut emprunter l’escalier décoré de riches lambris et recouvert d'un tapis situé devant la bibliothèque au rez-de-chaussée. Les murs de la cage d’escalier sont recouverts de velours aux motifs vert foncés sur fond vert pâle. L’escalier s’ouvre vers un couloir simple de forme rectangulaire qui permet d’accéder aux chambres[53].

Chambre principale[modifier | modifier le code]
Autres chambres[modifier | modifier le code]
Salles de bain[modifier | modifier le code]

Jardins[modifier | modifier le code]

Jardin nord (vers 1918-1922)

Le domaine du château Dufresne est entouré d’un terrain agrémenté de jardins. Il peut être divisé en trois parties : le jardin nord, sud et les jardins latéraux. Les jardins latéraux se composent essentiellement d’arbres qui longent parallèlement la grille en fonte. Une allée menant de l’entrée de la grille monumentale à l’arrière existe à l'ouest du château[note 12].

La grille en fonte est rythmée de pilastres sur lesquels se trouve notamment un médaillon de forme elliptique décoré d’une fleur entourée de feuilles. Chaque pilastre est couronné de trois pommes de pain stylisées. Entre ses pilastres, la grille se constitue de barreaux sous forme de lances décorées d’une houppe. Le portail du château est borné par deux piliers de pierre qui supportent chacun un vase. Son fronton présente le même médaillon elliptique des pilastres, à la différence qu’il est doré et couronné d’une feuille dorée. Deux petites entrées pour piétons se trouvent de chaque côté de l'entrée principale du portail et présentent des frontons similaires. Cet ensemble d’entrées sont ceinturés par deux autres piliers, plus petits que les précédents, qui supportent une pomme de pain stylisée en pierre. À l'origine, le domaine devait être constitué de deux portails distincts, un par résidence[54]. Le mur arrière qui ceinture le domaine a subi des modifications au cours des dernières décennies, notamment au niveau du stationnement où il se trouve plus bas qu’à l’origine[note 12].

Jardin nord (2013)

Le jardin situé au nord se composait autrefois principalement d’un disque floral au centre (dont le centre du disque s’aligne parfaitement dans l'axe entre le portail et le centre de la façade du château) entouré d’une petite allée circulaire accessible par trois escaliers à trois marches qui y descendait. Ces escaliers se trouvaient l’un vis-à-vis les portes d’entrée de la grille, les autres disposés de chaque côté de la troisième balustrade parallèle à la terrasse et à la façade du château. Une légère pente recouverte de pelouse agrémentée d’arbres entourait l’allée inférieure alors qu’une allée située au niveau du sol l’enveloppait. Cette dernière allée en forme de triangle conduit de l'entrée monumentale de la grille aux deux entrées des résidences jumelées[34]. Lors des restaurations de 1976 à 1979, la dénivellation, les trois petits escaliers et l’allée circulaire sont des éléments qui ont été restitués, à l’exception de la troisième balustrade qui a disparu. De nos jours, il ne reste que l’allée principale en forme de triangle et le rond de fleurs au centre, sans dénivellation. La troisième balustrade et les trois escaliers ont notamment disparu[34].

Jardin sud (2013)

Au sud-est du domaine, se trouve un petit jardin à la française séparé du stationnement par un mur qui se trouve à l’ouest. Il se situe au niveau le plus bas de tout le domaine. Un escalier en pierre permet d’y accéder depuis l’annexe arrière du château. Le petit jardin est de forme rectangulaire présentant quatre topiaires coniques aux angles et un au centre. Les côtés latéraux sont délimités par des arbustes. Quatre petits chemins délimités par de petits blocs de pierre mènent au centre du jardin et entourent le topiaire centrale. Entre les allées et les arbustes se trouvent quatre parterres de fleurs. Au sud-est, prend place le stationnement. Ce dernier a été créé lors de la conversion des résidences en musée. Pour ce faire, une partie de la grille en fonte originale a été retirée. Cette partie de la clôture a disparu[note 12].

Le château et les arts[modifier | modifier le code]

Les expositions permanentes et temporaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée du Château Dufresne.

Le château au petit et grand écran[modifier | modifier le code]

Les anciens hôtels particuliers furent également utilisés comme lieux de tournage dans de nombreux films, téléséries et vidéos publicitaires. Parmi les films et téléséries, les maisons furent utilisées notamment dans L'Empire Bossé (2012), le film documentaire Le fleuve et son île (2012), la série Providence (2011) à ICI Radio-Canada Télé[55], les galas Juste pour rire ainsi que dans plusieurs courts métrages de la série Fais ça court! (2007-2011) à Télé-Québec[56]. Les résidences furent également utilisées dans la publicité Christmas Story (2006) de Fido[note 13],[57],[58], la publicité Saint-Valentin (2011) de Bijoux Caroline Néron[59] ainsi que dans une série de vidéos publicitaires de la Campagne Web 2014 de VitroPlus[60].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jules Renard était au moment de la construction un employé dans l'entreprise de Marius Dufresne (Luc d’Iberville Moreau, « Le Château Dufresne », Héritage Canada, vol. Hiver,‎ 1978, p. 30-35).
  2. Voir le tableau de la chronologie de la construction.
  3. Ginette Laroche, « Le Château Dufresne », dans Paul Labonne (dir.), Guido Nincheri : un artiste florentin en Amérique, Montréal, Édition Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, 2001, p. 13, à la page 13 : une imprécision existe sur la date exacte du début de l’entreprise de décoration menée par l’artiste florentin. En effet, à la page 13, on indique 1920 alors qu’à la page 46, on indique 1925. Toutefois, le Répertoire du patrimoine culturel du Québec indique 1920.
  4. Cette exposition a eu lieu au château Dufresne du 12 juillet au 22 août 2005 : Marcel BRISEBOIS, « Persistence de la mémoire », La Collection : tableau inaugural, Montréal, Musée d'art contemporain de Montréal, 1992, p. 18.
  5. De Nomerange et Klaus 1979, p. 14 : cet article de revue indique plutôt l’ouverture du musée le 11 juin 1979.
  6. Le dégagement des surpeints a été exécuté par une restauratrice de L'équipe A.E. Henry enr. : Nincheri. Profane. (2012) [catalogue d’exposition]. (Exposition : Centre culturel Henri-Lemieux, Galerie Les 3 C, 19 janvier au 18 février 2012). Lieu d'édition : Musée du Château Dufresne, 2p.
  7. La troisième balustrade existait toujours en 1961 d’après une photo d’époque de la bâtisse.
  8. Ginette LAROCHE, « Le Château Dufresne », dans Paul Labonne (dir.), Guido Nincheri : un artiste florentin en Amérique, Montréal, Édition Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, 2001, p. 13, à la page 13 : une imprécision existe sur la date exacte du début de l’entreprise de décoration menée par l’artiste florentin. En effet, à la page 13, on indique 1920 alors qu’à la page 46, on indique 1925. Toutefois, le Répertoire du patrimoine culturel du Québec indique 1920.
  9. Ces appliques murales étaient toujours intacts en 1962, d'après des photographies d'époque ((en) Michael M. Fieldman, The Dufresne House, Montréal, McGill University, School of Architecture,‎ 1962, 27 p.).
  10. Deux ouvrages se contredisent à ce sujet : dans d'Iberville-Moreau 1993, p. 12, on parle de lambris de chêne alors que dans « Répertoire du patrimoine culturel du Québec : Château Dufresne », on indique des lambris d’acajou.
  11. Ces vitraux, toujours intacts en 1962, entouraient chaque paire de fenêtres qui s'ouvrait sur le jardin ((en) Michael M. Fieldman, The Dufresne House, Montréal, McGill University, School of Architecture,‎ 1962, 27 p.).
  12. a, b, c et d D’après des photos d’époque disponibles sur Wikimedia Commons.
  13. La publicité, tournée entre autres au château Dufresne, a couté plus de 1 million de dollars. Il s'agit du plus dispendieux commercial télévisé jamais produit par la compagnie Fido jusqu'en 2006.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Communauté Urbaine de Montréal 1987, p. 214
  2. Service des permis et inspections de la Ville de Montréal, permis no 5220, 1954-08-10.
  3. « Fenêtre Rustic Inc. : Portfolio commercial (Château Dufresne) », Fenêtre Rustic Inc. (consulté le 9 février 2013)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z et aa Gouvernement du Québec, « Château Dufresne », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le 22 décembre 2011)
  5. Héritage Montréal, « Musée du château Dufresne » (consulté le 30 décembre 2011)
  6. Héritage Montréal, « Bain public et gymnase de Maisonneuve », sur Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal (consulté le 22 décembre 2011)
  7. a et b Luc d’Iberville Moreau, « Le Château Dufresne », Héritage Canada, vol. Hiver,‎ 1978, p. 31
  8. a, b et c « Château Dufresne », sur Musée du Château Dufresne (consulté le 21 janvier 2012)
  9. a, b, c, d, e et f Laroche 2001, p. 13
  10. a et b Tremblay 2009, p. 50
  11. a et b Hanks 1990, p. 9
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  13. a, b, c, d et e Éducation Robert Cadotte, « Résidence Dufresne », sur L'enseignement en milieux défavorisés (consulté le 21 janvier 2012)
  14. a, b, c et d Laroche 2001, p. 13
  15. Registre foncier du Québec en ligne, « Acte de vente, acte notarié en minute, min. no. 758697, 1948-10-27, Me Maurice Landes (notaire) », Ministère des Ressources Naturelles et Faune (consulté le 11 octobre 2013)
  16. a, b, c, d, e et f D'Iberville-Moreau 1993, p. 14
  17. a, b, c, d et e « Collège de Maisonneuve : À propos de nous/Historique/De 1945 à 1959 » (consulté le 2 janvier 2012)
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  19. a et b Registre foncier du Québec en ligne, « Acte de cession (échange), acte notarié en minute, min. no. 1310643, 1957-12-04, Me Louis-Auguste Marchessault (notaire) », Ministère des Ressources Naturelles et Faune (consulté le 11 octobre 2013)
  20. a et b « Course des communautés pour arracher le Château Dufresne », Ici Montréal, vol. 11, no 4,‎ 16 juin 1962
  21. a, b, c, d, e et f Nincheri. Profane. (2012) [catalogue d’exposition]. (Exposition : Centre culturel Henri-Lemieux, Galerie Les 3 C, 19 janvier au 18 février 2012). Lieu d'édition : Musée du Château Dufresne, 2p.
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  23. a, b et c D'Iberville-Moreau 1993, p. 14 et 16
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  26. De Nomerange et Klaus 1979, p. 14
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  29. « Musée des beaux-arts de Montréal : Historique » (consulté le 4 janvier 2012)
  30. Registre foncier du Québec en ligne, « Lots no. 1881975, 14-754, 14-754A, 14-761B, 14-761C, 14-761D, 14-761E, 14-762, 14-762A, 14-763, 14-764, 14-765, 14-765C, 14-765D, 14-765E, 14-765F (Village de Hochelaga, Montréal) », Ministère des Ressources Naturelles et Faune (consulté le 10 octobre 2013)
  31. « Forgotten mural may be by Montreal's Michelangelo », dans The Globe and Mail, 17 juillet 2003, LexisNexis Academic (LN/AC)
  32. a et b Ville de Montréal, « Château Dufresne », sur Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal (consulté le 20 janvier 2012)
  33. a et b Le Devoir, « Quand une fresque en cache une autre », Le Devoir,‎ 16 juillet 2003 (lire en ligne)
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  39. Sophie Ouimet-Lamothe, « Château Dufresne : la déco en expo », [[2]],‎ 4 février 2010 (lire en ligne)
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  48. Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP), « Patrimoine canadien : Artefacts Canada - Humanities » (consulté le 30 mai 2012)
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  51. a, b et c d'Iberville-Moreau 1993, p. 40
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  54. (en) Michael M. Fieldman, The Dufresne House, Montréal, McGill University, School of Architecture,‎ 1962, 27 p.
  55. Radio-Canada, « Providence (Série télévisée) », ici.radio-canada.ca,‎ 2011 (consulté le 9 janvier 2014)
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  58. « The Hard Sell »,‎ 2006 (consulté le 19 janvier 2012)
  59. « Publicité Saint-Valentin »,‎ 2011 (consulté le 11 juillet 2013)
  60. « Publicités VitroPlus (Campagne Web 2014) »,‎ 2014 (consulté le 16 mai 2014)

Sources[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Centre culturel Henri-Lemieux, Nincheri, profane : Catalogue d’exposition, Musée du Château Dufresne,‎ 2012, 2 p.
  • Communauté Urbaine de Montréal, Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté Urbaine de Montréal : Les résidences, Service de la planification du territoire (CUM),‎ 1987, 803 p.
  • Martin Eidelberg (dir.), Design 1935-1965. Ce qui fut moderne, Montréal, Musée des arts décoratifs,‎ 1993
  • David A. Hanks (dir.), Le Château Dufresne : les dix premières années, 1979-1989, Montréal, Le Château,‎ 1990
  • Luc d'Iberville-Moreau (dir.), Château Dufresne, Musée des arts décoratifs, Montréal, Musée des arts décoratifs,‎ 1993
  • Ginette Laroche, « Le Château Dufresne », dans Guido Nincheri : un artiste florentin en Amérique, Montréal,‎ 2001
  • Montréal, Musée des Arts décoratifs de Montréal (1979). Le Château Dufresne : Musée des Arts décoratifs de Montréal [dépliant], Éditeur inconnu, 2 p.
  • Diane Péchoin (dir.), Le petit Larousse illustré, Paris, Édition Larousse,‎ 1996
  • (en) Catherine Natlacin, Le Château Dufresne, Montréal, McGill University, School of Architecture,‎ 1983, 15 p.
  • (en) Michael M. Fieldman, The Dufresne House, Montréal, McGill University, School of Architecture,‎ 1962, 27 p.

Articles de périodique[modifier | modifier le code]

  • « Course des communautés pour arracher le Château Dufresne », Ici Montréal, vol. 11, no 4,‎ 16 juin 1962
  • Le Devoir, « Quand une fresque en cache une autre », Le Devoir,‎ 16 juillet 2003 (lire en ligne)
  • Alex Tremblay, « Le Petit Trianon de Maisonneuve », Cap-aux-Diamants, no 99,‎ 2009, p. 50
  • Anne De Nomerange et Mia Klaus, « Le Château Dufresne, musée des arts décoratifs », Évasion, vol. 4, no 8,‎ 11 octobre 1979
  • Luc d’Iberville Moreau, « Le Château Dufresne », Héritage Canada, vol. Hiver,‎ 1978, p. 30-35
  • Sophie Ouimet-Lamothe, « Château Dufresne : la déco en expo », [Presse],‎ 4 février 2010 (lire en ligne)
  • (en) The Globe and Mail, « Forgotten mural may be by Montreal's Michelangelo », The Globe and Mail,‎ 17 juillet 2003
  • (en) Ray Conlogue, « Quebec Diary. Festival embraces experimental », The Globe and Mail,‎ 9 avril 1997
  • (en) Adele Freedman, « A museum gets new digs », The Globe and Mail,‎ 12 mars 1994
  • (en) Keith McArthur, « The Hard Sell, ROB's weekly ad review », The Globe and Mail,‎ 19 décembre 2006

Ressources électroniques[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Règlement révisant le plan d'urbanisme de la ville de Montréal, Conseil municipal de la Ville de Montréal, règlement no 04-047, 22 novembre 2004, entré en vigueur le 10 décembre 2004, en ligne (consulté le 23 mai 2013).
  • Service des permis et inspections de la Ville de Montréal, permis no 5220, 1954-08-10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]