Château Dufresne

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Château Dufresne
Image illustrative de l'article Château Dufresne
Le Château Dufresne (façade nord).
Localisation
Situation 4040, rue Sherbrooke Est
Montréal, H1W 3W3
Drapeau : Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
Coordonnées 45° 33′ 14″ N 73° 33′ 14″ W / 45.553885, -73.55381845° 33′ 14″ Nord
       73° 33′ 14″ Ouest
/ 45.553885, -73.553818
  

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Château Dufresne

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Château Dufresne
Architecture
Type Maison bourgeoise
Style Style Beaux-Arts
Histoire
Architecte Marius Dufresne et Jules Renard
Commanditaire Marius et Oscar Dufresne
Date d'érection 1915-1918
Résidents notoires Musée du Château Dufresne
Propriétaire Ville de Montréal
Protection Monument historique classé (1976)

Immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle (2004)

Le château Dufresne fut les résidences jumelées des frères Marius et Oscar Dufresne principalement de 1919 à 1945. De nos jours, ces deux maisons bourgeoises[note 1] sont la propriété de la ville de Montréal et elles abritent le musée du Château Dufresne. La bâtisse sert aussi de lieu de réception.

Le « château » fut réalisé par Marius Dufresne et par l’architecte français Jules Renard qui s'inspirèrent du Petit Trianon du domaine royal de Versailles, en France[1]. L’architecte montréalais Wilfrid L. Vandal aurait également participé à sa conception[2].

Construit entre 1915 et 1918, l'édifice contient près de 40 pièces et témoigne du style Beaux-Arts[3]. Il fut notamment décoré par Guido Nincheri de 1920[note 2] à 1938[4] et par Daniel Faniel[5].

Le château fut classé monument historique le 20 décembre 1976[3].

Le 10 décembre 2004, le bâtiment fut déclaré « Immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la ville de Montréal[6].

Sommaire

Localisation [modifier]

Le château Dufresne est situé au 4040 de la rue Sherbrooke Est dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de Montréal. Il est localisé à environ 6 km du Vieux-Montréal. Le site est desservi par la station de métro Pie-IX de la ligne verte.

Cependant, l’adresse d’accès pour les visiteurs est le 2929 de l'avenue Jeanne-d'Arc (une rue parallèle à l'ouest du boulevard Pie-IX).

On accède à l'intérieur par l'arrière depuis trois accès au site : par la grille monumentale sur la rue Sherbrooke Est, par la grille secondaire sur le boulevard Pie-IX ou par l’entrée du stationnement sur l’avenue Jeanne-d’Arc. Un stationnement gratuit est d’ailleurs prévu pour les véhicules des visiteurs.

Historique [modifier]

L'histoire du château Dufresne s'imbrique dans celle d'une ville, Maisonneuve, et d'une famille, celle des descendants d'Augustin R.Dufresne qui marquèrent si profondément la brève histoire de cette ville avant-gardiste. La ville s'appelait Maisonneuve, jadis intégrée au village d'Hochelaga, elle s'en était détachée en 1883 lors de l'annexion d'Hochelaga à Montréal. Réputée pour son industrialisation, une vingtaine d'usines s'y installèrent. Malheureusement la ville déclara faillite. La raison de cet endettement fut la construction, sous l'impulsion des frères Dufresne, d'équipement sans commune mesure.

Sommaire des étapes de construction[7]
Années Étapes de construction Architectes ou travaux dirigés par Entrepreneurs
1915-1918 construction Jules Renard, Marius Dufresne Guido Nincheri, A. Faustin, J. Lefebvre, H. Mathieu & Cie, A. Choquette, Metropolitan Architectural Iron Works
1954 creusage d'une partie de la cave et nouvelle entrée à l'arrière
1976 à 1979 Restauration de l’ensemble du bâtiment (notamment sur les toits, plafonds, murs, lambris, plâtres, châssis, planchers, escaliers ainsi que le système de plomberie et d’électricité) Nicolas Sollogoub
2002 à 2004 Restauration Société Martin Morris et Marcotte

1915 à 1918 : la construction [modifier]

Conduit de l'aspirateur central

La construction du bâtiment débute en 1915 lors de la Première Guerre mondiale et se poursuit jusqu’en 1918[8]. La décoration intérieure n’est toujours pas achevée lors de l’installation de ses premiers occupants en 1919 ou 1920[9].

L’édification du château emprunte une technique de construction tout à fait nouvelle à Montréal à l’époque, soit l’utilisation de béton armé pour une résidence privée. Le château s’appuie sur vingt piliers massifs en béton armé et sa structure est également en béton armé[3].

La construction fait appel à des éléments décoratifs (manteaux de cheminées, frises, moulures, colonnes, etc.) qui sont préfabriqués et qui ont fait l’objet d’une commande par catalogue auprès d’entreprises canadiennes et américaines[10], notamment chez Jacobson de New York[11]. Elle comprend également certaines commodités du jour intéressantes telles qu’un chauffage central, un aspirateur central, un monte-plats de la cuisine (rez-de-jardin) à l’office (rez-de-chaussée) et un garage pouvant accueillir jusqu’à cinq automobiles[11].

La construction de l’édifice coûte aux propriétaires près d’un million de dollars[8].

1918 à 1948 : la décoration et le château habité [modifier]

Château Dufresne en 1936

Entre 1919 et 1920, Oscar Dufresne emménage dans sa nouvelle résidence, du côté est du château[9].

En 1920, l’artiste florentin Guido Nincheri accepte de décorer l’intérieur en échange d’un atelier ou studio situé au 1832 boulevard Pie-IX[12], à proximité de la précédente résidence d’Oscar située au 1838 boulevard Pie-IX[9]. D’ailleurs, cet atelier appartient toujours de nos jours à la famille Nincheri[13]. Il y exécute le décor du château Dufresne, mais pas seulement.

En 1936, Oscar Dufresne meurt. Son frère cadet, Candide Dufresne (1882-1948), vient habiter la résidence d’Oscar avec son épouse et ses cinq enfants[9].

En 1945, à la mort de Marius, le château est mis en vente[3].

1948 à 1957 : l'Externat classique [modifier]

En 1948, le pavillon principal du Collège Sainte-Croix, nommé « pavillon Morin », n’est plus en mesure d’accueillir tous ses étudiants, dont le nombre est en rapide croissance. Les Pères de Sainte-Croix s’intéressent alors au château, situé deux rues plus à l’est[3]. Cette même année, ils acquièrent la bâtisse et créent le pavillon Dufresne qui accueille les classes d’étudiants de Belles-lettres à Philosophie II du cours supérieur classique[14],[15].

Dès l’acquisition et au courant du séjour, les Pères apportent certaines modifications au château pour servir sa nouvelle orientation. Des changements sont apportés au sous-sol : les cuisines et leurs dépendances sont par exemple transformées en salle de classe[14]. Au rez-de-chaussée et à l’étage, les peintures marouflées de Guido Nincheri sont masquées par une couche de peinture en latex[16], les religieux les trouvant inappropriées pour une maison d’éducation[12],[14]. Avant ces repeints, la famille Nincheri a pu toutefois reprendre deux des tableaux de l’artiste se trouvant dans le petit salon de la résidence d'Oscar. Quant aux autres, les repeints ont néanmoins permis leur préservation[16].

Le 14 mai 1950, a lieu le 20e anniversaire de l’Externat classique. Parmi les festivités, des visites guidées du pavillon Dufresne ont lieu et le pavillon reçoit sa bénédiction[15].

En mars 1955, une radio étudiante voit le jour au pavillon Dufresne, une initiative du journal étudiant Trait d’Union (TDU). La chaîne de radio diffuse des nouvelles internationales, locales et de l’Externat. Il y a également des interviews, des parodies et des extraits de pièces de théâtre[15].

En 1957, l’Externat décide d’agrandir son pavillon principal afin de suffire à la demande du nombre croissant d’étudiants. Le coût des travaux s’évaluant à 1,5 M$, le Collège décide de vendre le pavillon Dufresne et d’acquérir les terrains voisins du pavillon principal[15]. Une entente se forme alors avec la ville de Montréal : les religieux cèdent le château à la ville en échange d’un terrain voisin qui sert à construire une aile annexe au pavillon Morin[14].

1957 à 1965 : la ville de Montréal, nouveau propriétaire [modifier]

Pavillon Dufresne en 1961

En 1957, la ville de Montréal devient le nouveau propriétaire du château Dufresne[14]. Le Collège Sainte-Croix reste cependant locataire jusqu’en 1961[3].

Le 13 mars 1960, le Collège ferme les classes du pavillon Dufresne et les transfère au pavillon principal[15].

En 1962, la ville reprend entièrement possession du château et elle évalue les « dégâts causés par les élèves [du] collège [Sainte-Croix] »[17] à un demi-million de dollars. Plus d’une trentaine de communautés ont alors affiché leur intérêt à la ville d’obtenir le château gratuitement. Les Pères de Sainte-Croix font partie du nombre, ces derniers voulant transformer la bâtisse en musée d’histoire naturelle[17].

Le 14 novembre 1963, Guido Nincheri envoie une lettre à M. Camille Mancini, Inspecteur du Gouvernement, dans le but de lui faire part de son inquiétude sur des travaux menés à cette époque au château. Il mentionne notamment dans sa lettre que les travaux qui consistent à appliquer une peinture à l'huile sur les repeints à l'eau (exécutés plus tôt par les Pères de Sainte-Croix pour couvrir ses œuvres) auraient pour conséquences de « ruiner » ses fresques. Il demande ainsi à M. Mancini d'user de ses contacts afin d'empêcher une telle situation[18].

De 1961 à 1965, le château reste néanmoins inoccupé et il semble voué à la démolition[3].

1965 à 1968 : le Musée d’art contemporain de Montréal [modifier]

De 1965 à 1968, la ville de Montréal loue le château au Ministère des Affaires culturelles du Québec pour y loger le Musée d'art contemporain de Montréal[3]. Les œuvres du musée sont transférées au château après avoir occupé des locaux temporaires à la Place Ville-Marie[19]. L’inauguration a lieu le 12 juillet 1965 avec l’exposition temporaire intitulée Artistes de Montréal[note 3]. Le musée quitte le château en 1968 pour s’installer dans la Galerie d’art international d’Expo 67 à la Cité du Havre[19].

1968 à 1976 : l’abandon [modifier]

Lorsque le Musée d'art contemporain de Montréal quitte le château en 1968, ce dernier devient inoccupé et est laissé à l’abandon. Le bâtiment est alors sans gardiennage, sans entretien et sans chauffage[14]. Il est sujet à des infiltrations d’eau et à des actes de vandalisme[16], perdant ainsi la presque totalité des vitraux exécutés par Guido Nincheri[12]. Le château semble une autre fois être voué à la démolition. Un projet de stationnement naît afin de remplacer le château.

1976 à 1997 : le Musée des arts décoratifs de Montréal [modifier]

En 1976, ont lieu les jeux olympiques d’été à Montréal. Le site du stade olympique se trouve à l’est du boulevard Pie-IX alors que le château s’y trouve à l’ouest. Cette proximité avec le stade de même qu’avec le jardin botanique de Montréal rehausse l’importance du quartier et attire les regards. Le secteur n’échappe pas à celui du maire de la ville de Montréal de l’époque, M. Jean Drapeau. Ce dernier invite David M. Stewart, président de la Fondation Macdonald Stewart, à étudier les possibilités d’utilisation du château[20].


David et Liliane Stewart deviennent alors les grands mécènes du château Dufresne. Il finance le programme de restauration du bâtiment dirigé par le designer français Nicolas Sollogoub, assisté du Centre de conservation du Québec, et qui se déroule de 1976 à 1979. La consultation de quarante-deux plans de Marius Dufresne et de Jules Renard, de photos d’époques et le témoignage de Laurette, fille adoptive d’Oscar Dufresne et d’Alexandrine Pelletier, permet de restituer l’édifice dans son état d’origine[20]. Les restaurations ont porté notamment sur les toits, plafonds, murs, lambris, plâtres, châssis, planchers, escaliers ainsi que le système de plomberie et d’électricité. La peinture qui recouvrait les fresques de Guido Nincheri dans le Grand et Petit salon de la résidence d’Oscar a été retirée[20]. Par contre, la fresque de l’artiste qui ornait le plafond de la cage d’escalier a été retirée, roulée et entreposée dans le dépôt du musée étant donnée sa fragilité.

Dans ce projet, on crée également le Musée des arts décoratifs de Montréal qui s’installe au château. L’ensemble des collections présentent des objets d’art décoratif du XXe siècle[21]. Une partie du mobilier d’origine du château, qui occupait initialement la résidence de Marius, est rachetée à la succession de la veuve de ce dernier, Edna Sauriol, qui meurt en 1976[3], afin de compléter la collection du musée. Cette collection, dite « Sauriol-Dufresne », remeuble la résidence d’Oscar, avant de reprendre sa place initiale dans la résidence de Marius.


Le 20 décembre 1976, le château est classé monument historique[3].


En 1978, une partie du musée est ouvert au public[3]. Son inauguration a cependant lieu le 14 juin 1979[22],[note 4]. Liliane Stewart devient alors la présidente du musée et Luc d’Iberville-Moreau en devient le directeur[10]. L’exposition inaugurale est consacrée à l’art traditionnel du Québec. Le ministère de l’Éducation du Québec a prêté à cette occasion une partie de la collection Jean-Marie Gauvreau constituée de pièces de mobiliers et d’objets des XVIIe au XIXe siècles provenant de l’ancien école du Meuble (1935-1958) et de l’école des Arts appliqués (1958-1969)[23].


En 1994, le musée constate que le château Dufresne ne répond plus aux exigences des œuvres d'art de la collection permanente [24]. Ces œuvres sont soumises à une trop grande exposition au soleil et à de l'humidité qui leur sont néfastes[25].Il décide alors de louer temporairement un espace de 10 000 p2 dans le pavillon Jean-Noel Desmarais nouvellement annexé au musée des Beaux-arts de Montréal afin d'entreposer et d'exposer la collection.


Le 31 mars 1997, le musée des arts décoratifs de Montréal est annexé au musée des beaux-arts de Montréal[3]. Le 16 mai 1997, la collection permanente du musée est redevenue accessible au public depuis son nouvel emplacement[25].


En janvier 2000, la presque totalité de la collection de l’ancien musée des arts décoratifs de Montréal fait l’objet d’un don au musée des beaux-arts de Montréal. David et Liliane Stewart lèguent alors près de 5 000 objets de leur collection, d’une valeur de 15 million de dollars[26].

1997 à 1999 [modifier]

En 1998, l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, en collaboration avec la Maison de la culture, lance une campagne en vue d’occuper le château.

1999 à de nos jours : le Musée du Château Dufresne [modifier]

Article détaillé : Musée du Château Dufresne.

En 1999, l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve et la Maison de la culture emménage dans le château[9]. Le Musée du Château Dufresne est créé et ouvre les portes du château au public la même année. Il présente essentiellement la décoration intérieure du château et la collection Sauriol-Dufresne, c’est-à-dire le mobilier et les objets ayant appartenu à Marius. La résidence de Marius expose logiquement cette collection alors que la résidence d’Oscar présente la collection de porcelaine dans l’ancien office des domestiques de l’étage, quelques objets d’art (par exemple une reproduction de L’enlèvement des Sabines par Jean de Bologne) et plusieurs fresques exécutées par Nincheri. Le musée présente également des expositions temporaires sur l’histoire, le patrimoine et les arts visuels.

De 2002 à 2004, la ville de Montréal entreprend conjointement avec le Ministère de la Culture et des Communications un important programme de restaurations au coût de 1 million de dollars[27],[18]. Ce programme est dirigé par la société d’architectes Martin Morris et Marcotte[3]. Les restaurations ont porté sur le bâtiment, mais également sur les œuvres d’art logées dans le musée[6]. En juillet 2003, on découvre à l’occasion de ces restaurations une fresque vraisemblablement exécutée par Guido Nincheri dans le dôme de trois mètres de diamètre du Hall d’entrée de la résidence de Marius[28]. Une véritable surprise pour les restaurateurs alors qu'il croyaient plutôt retrouver, sous trois couches de repeints, une jeune femme vêtue à l'Antique se regardant dans un miroir tout en se balançant par Alfred Daniel[18],[note 5].

Le château actuel [modifier]

Le domaine du château Dufresne est d’une superficie d’environ 6 183,10 m2[29]. Il est constitué du château lui-même entouré de jardins et d’un stationnement à l’arrière. Le domaine est délimité par une grille en fonte forgée et par un mur à l’arrière. Sous le stationnement actuel se trouve le dépôt du musée, autrefois le garage, dont l’accès se trouve dans le mur arrière.

Quant au château, il se compose de deux maisons jumelées unifiées dans un corps de logis rectangulaire à trois niveaux coiffé d’un toit plat dissimulé par une balustrade. Trois annexes entourent le corps central : une annexe arrière s’élevant sur deux niveaux abritant le solarium et deux annexes latérales au rez-de-chaussée qui abritent les grands salons. L’inclinaison du terrain, en légère pente, permet de dégager un étage et crée le rez-de-jardin[3].

Sa construction fait appel à une technique peu utilisée pour une résidence privée à l’époque, soit l’utilisation de béton armé. La maison s’appuie sur vingt piliers massifs en béton armé et compte une structure aussi en béton armé[3].

L’extérieur [modifier]

Le château témoigne du style Beaux-Arts, style dominant et à la mode à l’époque de sa construction. Il se traduit par la symétrie du bâtiment et par la présence d’ornementation classique. La pierre utilisée est en calcaire d’Indiana[3].

La façade nord [modifier]

Détails des colonnes - Château Dufresne

La façade avant ou nord est celle où se trouvent les entrées principales des résidences. S’élevant sur deux étages, elle présente deux avant-corps qui encadrent une partie centrale ornée de 4 paires de colonnes à chapiteau ionique.

Chaque paire de colonnes, qui s’élève également sur deux étages, est disposée de façon à ce que deux colonnes encadrent une paire verticale d’ouvertures (fenêtres, portes)[3]. Les chapiteaux d’ordre ionique des colonnes sont couronnés d’une abaque moulurée supportée par quatre petits enroulements et présentant en son centre une feuille d’acanthe. Leurs échines sont agrémentées d’oves et dards, de perles et pirouettes. Les volutes sont ornées de huit chutes de feuilles[30].

Le rez-de-chaussée [modifier]

Le rez-de-chaussée de la façade nord présente en premier lieu une terrasse entourée d’une balustrade avec quatre escaliers (deux avants et deux latéraux) à quatre marches. La troisième balustrade qui longeait autrefois l’allée n’existe plus[31][note 6].

En second lieu, on remarque les deux portes d’entrées cintrées à double vantail avec une grille en fer forgé ornée notamment de guirlandes de fleurs dorées. Les fenêtres du corps central et les portes-fenêtres des ailes latérales cintrées sont dites en « chapeau de gendarme », c’est à-dire d’une forme « ovale allongée flanquée de deux formes triangulaires qui rappelle l’ancien bicorne du gendarme français »[31]. Ce motif se retrouve sur d’autres fenêtres, portes et portes-fenêtres du château.

L’étage [modifier]

À l’étage, quatre portes-fenêtres rectangulaires donnent sur quatre petits balcons à balustrade entre les avant-corps. Ces balcons sont supportés par des consoles ornées d’une feuille d’acanthe. Aux avant-corps, deux fenêtres rectangulaires de même style trouvent lieu[31].

L’attique [modifier]

Les colonnes à chapiteau ionique supportent une architrave surmontée d’une frise dominée par une corniche à modillons. Une balustrade en pierre dissimule à l’attique le toit en terrasse, rythmée par deux cheminées latérales et une au centre à l’arrière[3].

La façade sud [modifier]

La façade arrière ou sud s’élève sur trois étages. Elle est particulièrement caractérisée par l’annexe qui s’élève du rez-de-jardin au rez-de-chaussée et qui abrite le solarium.

Le rez-de-jardin [modifier]
Baie à arc surbaissé à fausse clé de voute - Château dufresne

Au rez-de-jardin, la façade arrière de l’annexe est rythmée de six baies à arc surbaissé à fausse clé de voute en pierre taillée. Trois de ces baies présentent une porte à double battant encadrée de deux fenêtres séparées par des meneaux en pierre alors que les trois autres présentent plutôt des fenêtres à double vantaux[3].

Le rez-de-chaussée [modifier]

Au rez-de-chaussée, six baies vitrées rectangulaires s’alignent aux baies du rez-de-jardin. Elles illuminent les solariums. Au-dessus des fenêtres à double vantaux se trouve le motif en « chapeau de gendarme ». Ces fenêtres présentent du côté est dans la résidence d’Oscar quelques vitraux exécutés par Guido Nincheri. Au-dessus de ces baies vitrées se trouve un entablement surmonté d’une frise dominée par une corniche toscane.

L’étage [modifier]

Six fenêtres à double vantaux rectangulaires rythment l’étage de la façade sud. Elles s’alignent verticalement aux baies vitrées de l’annexe.

L’attique [modifier]

Les fenêtres de l’étage sont surmontées à l’attique d’un entablement dominé d’une frise surplombée par une corniche à modillons. Une balustrade en pierre dissimule le toit en terrasse, une cheminée s’y trouvant au centre[3].

Les jardins [modifier]

Le domaine du château Dufresne est entouré d’un terrain agrémenté de jardins. Il peut être divisé en trois parties : le jardin nord, sud et les jardins latéraux. Les jardins latéraux se composent essentiellement d’arbres qui longent parallèlement la grille en fonte. Une allée menant de l’entrée de la grille monumentale à l’arrière existe du côté ouest du château.

La grille en fonte est rythmée de pilastres sur lesquels se trouve notamment un médaillon de forme elliptique décoré d’une fleur entourée de feuilles. Chaque pilastre est couronné de trois pommes de pain stylisées. Entre ses pilastres, la grille se constitue de barreaux sous forme de lances décorées d’une houppe. L’entrée monumentale de la grille est bornée par deux piliers de pierre qui supportent chacun un vase. Son fronton présente le même médaillon elliptique des pilastres, à la différence qu’il est doré et couronné d’une feuille dorée. Deux petites entrées pour piétons se trouvent de chaque côté de l’entrée monumentale et présentent des frontons similaires. Cet ensemble d’entrées sont ceinturés par deux autres piliers, plus petits que les précédents, qui supportent une pomme de pain stylisée en pierre.

Le mur arrière qui ceinture le domaine a subi des modifications au cours des dernières décennies, notamment au niveau du stationnement où il se trouve plus bas qu’à l’origine.

Autour du domaine, il existait autrefois des réverbères style Beaux-Arts à quatre branches et cinq globes de verre. Ils ont été remplacés par des lampadaires plus récents.

Le jardin nord [modifier]
Château Dufresne (1918-1922)

Autrefois, le jardin avant ou nord se composait principalement d’un disque floral au centre (dont le centre du disque s’aligne parfaitement dans l'axe entre l’entrée monumentale de la grille et le centre de la façade du château) entouré d’une petite allée circulaire accessible par trois escaliers à trois marches qui y descendait. Ces escaliers se trouvaient l’un vis-à-vis les portes d’entrée de la grille, les autres disposés de chaque côté de la troisième balustrade parallèle à la terrasse et à la façade du château. Une légère pente recouverte de pelouse agrémentée d’arbres entourait l’allée inférieure alors qu’une allée située au niveau du sol l’enveloppait. Cette dernière allée en forme de triangle conduit de l'entrée monumentale de la grille aux deux entrées des résidences jumelées[32].

Lors des restaurations de 1976 à 1979, la dénivellation, les trois petits escaliers et l’allée circulaire sont des éléments qui ont été restitués, à l’exception de la troisième balustrade qui a disparu.

De nos jours, il ne reste que l’allée principale en forme de triangle et le rond de fleurs au centre, sans dénivellation. La troisième balustrade et les trois escaliers ont notamment disparu[32].

Le jardin sud [modifier]
Le jardin sud en hiver (2012) - Château Dufresne

Du côté est du terrain au sud du domaine se trouve un petit jardin à la française séparé du stationnement par un mur qui se trouve à l’ouest. Il se situe au niveau le plus bas de tout le domaine. Un escalier en pierre permet d’y accéder depuis l’annexe arrière du château.

Le petit jardin est de forme rectangulaire présentant quatre topiaires coniques aux angles et un au centre. Les côtés latéraux sont délimités par des arbustes. Quatre petits chemins délimités par de petits blocs de pierre mènent au centre du jardin et entourent le topiaire centrale. Entre les allées et les arbustes se trouvent quatre parterres de fleurs.

Du côté ouest du terrain au sud du domaine, prend place le stationnement. Ce dernier a été créé lors de la conversion des résidences en musée. Pour ce faire, une partie de la grille en fonte originale a été retirée. Cette partie de la clôture a disparu.

L’intérieur [modifier]

L’intérieur des résidences jumelées reflète les goûts en vogue en Amérique du Nord à cette époque, soit l’utilisation de plusieurs styles empruntés au passé afin de démontrer sa richesse et son pouvoir. Le château Dufresne emprunte notamment le style édouardien, les style Louis XV et Louis XVI ou encore le style Adam[33].

Chaque résidence est une disposition en miroir des pièces se trouvant dans l’autre. Les pièces intérieures sont décorées et situées suivant « un principe des Beaux-arts voulant que chaque pièce soit dans un style symbolisant sa fonction et sa place dans la hiérarchie »[31]. De cette façon, le quartier des domestiques se trouve au rez-de-jardin, les grands appartements de réception ou de vie commune sont au rez-de-chaussée et les appartements privés à l’étage. La décoration des pièces suivent aussi ce principe : par exemple, dans la résidence d’Oscar, on remarque des guirlandes de fruits dans la salle à manger et des livres peints dans la bibliothèque.

Guido Nincheri exécute les décors du château de 1920 à 1938. Il s’inspire de la mythologie grecque pour la composition de ses œuvres, seul sujet lui permettant de peindre des nus[16]. Il utilise également certains détails stylistiques ou iconographiques propres aux années trente[12].

La résidence d’Oscar Dufresne [modifier]

Article détaillé : Résidence d’Oscar Dufresne.

La résidence d’Oscar Dufresne se trouve dans la partie est du château.

La résidence de Marius Dufresne [modifier]

Article détaillé : Résidence de Marius Dufresne.

La résidence de Marius Dufresne se trouve dans la partie ouest du château.

Appellation « château » [modifier]

De par ses dimensions monumentales (40 pièces) et son luxe, les habitants de l’ancienne ville de Maisonneuve qualifiaient les résidences jumelées de « château »[3]. Pourtant, aucun membre de la famille Dufresne ne lui a prêté ce surnom. Le nom de « Château Dufresne » date des années 1970[32].

Les programmes de restauration [modifier]

La date de référence historique déterminée pour les restaurations
Période de restauration Dirigé par : Les travaux ont porté sur :
2002 à 2004 Société Martin Morris et Marcotte
1976 à 1979 Nicolas Sollogoub L’ensemble du bâtiment (notamment sur les toits, plafonds, murs, lambris, plâtres, châssis, planchers, escaliers ainsi que le système de plomberie et d’électricité)

Le château et les arts [modifier]

Les expositions permanentes et temporaires [modifier]

Article détaillé : Musée du Château Dufresne.

Le château au petit et grand écran [modifier]

Petit écran [modifier]

  • Galas Juste pour rire
    • Lieu de tournage: Grand salon – Résidence de Marius Dufresne
  • Publicité Christmas Story (2006) de Fido[34]
    • Lieux de tournage:
      • Petit salon - Résidence de Marius Dufresne
      • Cabinet de travail ou bibliothèque - Résidence de Marius Dufresne
    • La publicité, tournée entre autres au château Dufresne, a couté plus de 1 million de dollars. Il s'agit du plus dispendieux commercial télévisé jamais produit par la compagnie Fido jusqu'en 2006[35].

Grand écran [modifier]

  • 2012 : L’Empire Bo$$é (Petit salon ou petit boudoir – Résidence d’Oscar Dufresne)

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Pour simplifier le texte, le terme « château » sera utilisé ci-après pour désigner les résidences jumelées, bien qu'il s'agit d'une erreur terminologique. En effet, les demeures jumelées correspondent à des maisons bourgeoises et non pas à un château.
  2. Ginette Laroche, « Le Château Dufresne », dans Paul Labonne (dir.), Guido Nincheri : un artiste florentin en Amérique, Montréal, Édition Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, 2001, p. 13, à la page 13 : une imprécision existe sur la date exacte du début de l’entreprise de décoration menée par l’artiste florentin. En effet, à la page 13, on indique 1920 alors qu’à la page 46, on indique 1925. Toutefois, le Répertoire du patrimoine culturel du Québec indique 1920.
  3. Cette exposition a eu lieu au château Dufresne du 12 juillet au 22 août 2005 : Marcel BRISEBOIS, « Persistence de la mémoire », La Collection : tableau inaugural, Montréal, Musée d'art contemporain de Montréal, 1992, p. 18.
  4. De Nomerange et Klaus 1979, p. 14 : cet article de revue indique plutôt l’ouverture du musée le 11 juin 1979.
  5. Le dégagement des surpeints a été exécuté par une restauratrice de L'équipe A.E. Henry enr. : Nincheri. Profane. (2012) [catalogue d’exposition]. (Exposition : Centre culturel Henri-Lemieux, Galerie Les 3 C, 19 janvier au 18 février 2012). Lieu d'édition : Musée du Château Dufresne, 2p.
  6. La troisième balustrade existait toujours en 1961 d’après une photo d’époque de la bâtisse.

Références [modifier]

  1. Héritage Montréal, « Musée du château Dufresne ». Consulté le 30 décembre 2011
  2. Héritage Montréal, « Bain public et gymnase de Maisonneuve », sur Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Consulté le 22 décembre 2011
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t et u Gouvernement du Québec, « Château Dufresne », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Consulté le 22 décembre 2011
  4. Laroche 2001, p. 13
  5. Tremblay 2009, p. 50
  6. a et b Ville de Montréal, « Château Dufresne », sur Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Consulté le 20 janvier 2012
  7. Communauté Urbaine de Montréal, Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté Urbaine de Montréal : Les résidences, Service de la planification du territoire (CUM), 1987, 803 p. 
  8. a et b Accueil, sur Musée du Château Dufresne. Consulté le 21 janvier 2012
  9. a, b, c, d et e Éducation Robert Cadotte, « Résidence Dufresne », sur L'enseignement en milieux défavorisés. Consulté le 21 janvier 2012
  10. a et b Hanks 1990, p. 9
  11. a et b D'Iberville-Moreau 1993, p. 16
  12. a, b, c et d Laroche 2001, p. 13
  13. Rôle d'évaluation foncière. Consulté le 2 janvier 2012
  14. a, b, c, d, e et f D'Iberville-Moreau 1993, p. 14
  15. a, b, c, d et e Collège de Maisonneuve. Consulté le 2 janvier 2012
  16. a, b, c et d Sophie Ouimet-Lamothe, « Château Dufresne : la déco en expo », [[1]], 4 février 2010 [texte intégral (page consultée le 2 janvier 2012)] 
  17. a et b « Course des communautés pour arracher le Château Dufresne », Ici Montréal, vol. 11, no 4, 16 juin 1962 
  18. a, b et c Nincheri. Profane. (2012) [catalogue d’exposition]. (Exposition : Centre culturel Henri-Lemieux, Galerie Les 3 C, 19 janvier au 18 février 2012). Lieu d'édition : Musée du Château Dufresne, 2p.
  19. a et b Musée d'art contemporain de Montréal. Consulté le 2 janvier 2012
  20. a, b et c D'Iberville-Moreau 1993, p. 14 et 16
  21. Hanks 1990, p. 13
  22. Eidelberg 1993, p. 8
  23. De Nomerange et Klaus 1979, p. 14
  24. Freedman 1994, p. (LN/AC)
  25. a et b Conlogue 1997, p. (LN/AC)
  26. Musée des beaux-arts de Montréal. Consulté le 4 janvier 2012
  27. « Forgotten mural may be by Montreal's Michelangelo », dans The Globe and Mail, 17 juillet 2003, LexisNexis Academic (LN/AC)
  28. Le Devoir, « Quand une fresque en cache une autre », Le Devoir, 16 juillet 2003 [texte intégral] 
  29. Rôle d'évaluation foncière. Consulté le 2 janvier 2012
  30. Château de Versailles. Catalogue du décor sculpté extérieur.. Consulté le 8 janvier 2012
  31. a, b, c et d D'Iberville-Moreau 1993, p. 16
  32. a, b et c D'Iberville-Moreau 1993, p. 12
  33. Montréal, Musée des Arts décoratifs de Montréal (1979). Le Château Dufresne : Musée des Arts décoratifs de Montréal [dépliant], Éditeur inconnu, 2 p.
  34. The Hard Sell, 2006. Consulté le 19 janvier 2012
  35. McArthur 2006, p. (LN/AC)

Bibliographie [modifier]

Ouvrages [modifier]

  • Centre culturel Henri-Lemieux, Nincheri, profane : Catalogue d’exposition, Musée du Château Dufresne, 2012, 2 p. 
  • Communauté Urbaine de Montréal, Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté Urbaine de Montréal : Les résidences, Service de la planification du territoire (CUM), 1987, 803 p. 
  • Martin Eidelberg (dir.), Design 1935-1965. Ce qui fut moderne, Montréal, Musée des arts décoratifs, 1993 
  • David A. Hanks (dir.), Le Château Dufresne : les dix premières années, 1979-1989, Montréal, Le Château, 1990 
  • Luc d'Iberville-Moreau (dir.), Château Dufresne, Musée des arts décoratifs, Montréal, Musée des arts décoratifs, 1993 
  • Ginette Laroche, « Le Château Dufresne », dans Guido Nincheri : un artiste florentin en Amérique, Montréal, 2001 
  • Montréal, Musée des Arts décoratifs de Montréal (1979). Le Château Dufresne : Musée des Arts décoratifs de Montréal [dépliant], Éditeur inconnu, 2 p.

Articles de périodique [modifier]

  • « Course des communautés pour arracher le Château Dufresne », Ici Montréal, vol. 11, no 4, 16 juin 1962 
  • Le Devoir, « Quand une fresque en cache une autre », Le Devoir, 16 juillet 2003 [texte intégral] 
  • Anne De Nomerange et Mia Klaus, « Le Château Dufresne, musée des arts décoratifs », Évasion, vol. 4, no 8, 11 octobre 1979 
  • Sophie Ouimet-Lamothe, « Château Dufresne : la déco en expo », [[2]], 4 février 2010 [texte intégral (page consultée le 2 janvier 2012)] 
  • Alex Tremblay, « Le Petit Trianon de Maisonneuve », Cap-aux-Diamants, no 99, 2009, p. 50 
  • (en) The Globe and Mail, « Forgotten mural may be by Montreal's Michelangelo », The Globe and Mail, 17 juillet 2003 
  • (en) Ray Conlogue, « Quebec Diary. Festival embraces experimental », The Globe and Mail, 9 avril 1997 
  • (en) Adele Freedman, « A museum gets new digs », The Globe and Mail, 12 mars 1994 
  • (en) Keith McArthur, « The Hard Sell, ROB's weekly ad review », The Globe and Mail, 19 décembre 2006 

Ressources électroniques [modifier]

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]