Castanea sativa

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Châtaignier

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Castanea sativa

Classification
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Fagales
Famille Fagaceae
Genre Castanea

Nom binominal

Castanea sativa
Mill., 1768

Synonymes

  • Castanea vesca Gaertn.
  • Castanea vulgaris Lam.
Description de l'image  Fichier:Castanea sativa (Mariemont) JPG1a.jpg.

Les vieux châtaigniers peuvent
atteindre des diamètres importants.

Classification phylogénétique

Ordre Fagales
Famille Fagaceae

Le Châtaignier ou Châtaignier commun (Castanea sativa Mill.) est un arbre à feuilles caduques de la famille des fagacées. Il produit des fruits : les châtaignes.

Description[modifier | modifier le code]

Une bogue ouverte, dévoilant deux châtaignes.
Châtaignier (Castanea sativa)

Le châtaignier est un arbre majestueux (25-35 m, pouvant mesurer 4 mètres de diamètre à la base) à cime large bien branchue et à grandes feuilles caduques aux bords en dents de scie et pétiole court (feuilles disposées en spirale, oblongues-lancéolées aiguës, vert luisantes dessus, pouvant aller jusqu'à 25 cm de long sur 4 à 8 cm de large) riches en tanins (pour l’essentiel des tanins ellagiques tels que castalagine et vescalagine). Lorsqu'il est en nombre, il forme une châtaigneraie. L’écorce jeune est lisse et gris-argenté, puis devient brun foncé avec le rhytidome qui se fissure longitudinalement, le tronc ayant tendance à devenir creux[1]. Avec l'âge, ces rhytidomes tendant à se vriller selon une spirale lévogyre[2].

Cet arbre monoïque à croissance sympodiale[3] rapide fleurit de la mi-juin à la mi-juillet (les fleurs étant des chatons cylindriques jaune pâle), les chatons mâles, dressés à la floraison et disposés à la base des rameaux, apparaissent les premiers et répandent alors une forte odeur de sperme ou de miel, les chatons femelles se réunissent par trois et sont disposés plus au sommet[4].

Il a une longévité très grande de 500 à 1500 ans. La croissance juvénile est rapide. Elle peut être soutenue jusqu'à 50 à 60 ans.

L'espèce étant auto-stérile, il faut toujours planter au moins deux variétés compatibles entre elles pour obtenir des fruits (par exemple Marigoule et Belle épine).

La bogue, involucre vert épineux, enveloppe les fruits et dissuade certains prédateurs de s'attaquer aux châtaignes. Elle correspond à une transformation des bractées. Le châtaignier fut surnommé dans certaines régions de la Méditerranée « arbre à pain » ou « pain des pauvres » car ses fruits y remplaçaient les céréales en période de disette[1].

À l'intérieur de la bogue se trouvent les châtaignes, au nombre de 1 à 3, qui sont, au sens botanique, des fruits secs de type akènes enveloppés par une pellicule astringente et par un tégument.

On ramasse ses châtaignes à partir du mois d'octobre.

Des organes floraux particuliers[modifier | modifier le code]

Fleurs femelles entourées de chatons mâles.

Les fleurs du châtaignier commencent leur induction florale pendant la saison précédente (vers le milieu de l'été soit fin juillet dans l'hémisphère Nord, raison pour laquelle une bonne irrigation est utile à cette période). Toutes les fleurs (mâles et femelles) se trouvent sur le même arbre mais sont nettement séparées (diclines)[5]. Elles sont disposées en glomérules le long des chatons placés à l'aisselle des feuilles exclusivement sur les rameaux poussant de l'année.

Il existe des variétés de châtaignier dont les fleurs mâles contiennent des étamines (variétés staminées) ou pas (astaminées). Chez les staminées, la longueur du filet est un facteur clé de la faculté pollinisatrice de la variété. On répertorie ainsi des variétés :

Appauvrissement génétique[modifier | modifier le code]

La diversité génétique et la différenciation de six populations françaises de châtaigniers, Castanea saliva Mill., ont été étudiées à l'aide de marqueurs isoenzymatiques. Ce travail fait suite à des études sur des populations italiennes et turques. Il montre à quel point l'intervention humaine a, par dérive, réduit considérablement le nombre d'allèles par locus, dans son entreprise de sélection, de reforestation et de propagation de l'espèce[6], ce qui rend l'espèce plus fragile notamment à l'endothia.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Châtaignier vient du latin castanea, lui-même dérivé du grec kastanon. Ce nom ferait référence à Kastanon, une ville de Thessalie renommée dans l'Antiquité pour la qualité des châtaignes qu'on y récoltait. Castanea était l'ancien nom des chênes avant de désigner le châtaignier.

Sativus signifie « cultivé » en latin. Le châtaignier a été surnommé "arbre à pain" pour les qualités nutritives de ses fruits. Il remplaçait les céréales dans une grande partie des Cévennes.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Le châtaignier est une espèce spontanée autour de la Méditerranée. On le trouve en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie), dans l'Europe méridionale, de la péninsule Ibérique à la Grèce ainsi qu'en Suisse, Hongrie, Bulgarie, Croatie, Albanie et aussi en Roumanie. Il s'étend aussi en Asie Mineure (Turquie) et dans la région du Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan…).

Silhouette de Castanea Sativa

Il a été introduit en Grande-Bretagne par les Romains. Il est par ailleurs cultivé dans de nombreux pays.

En France, le châtaignier est présent à l'état naturel en Midi-Pyrénées, en Corse, en Ardèche (Cévennes), dans les Alpes méridionales, le massif des Maures, les Pyrénées-Orientales, le Limousin (dont il est un emblème, étant représenté sur le logotype du conseil régional), en Auvergne, en Basse-Normandie et en Bretagne. Il est rare dans le Nord et le Nord-Est mais relativement abondant dans les Vosges du Nord.

Avec un million d‘hectares, le châtaignier est la troisième essence feuillue française. Les châtaigneraies occuperaient à l'heure actuelle une superficie supérieure à 5 000 km² soit environ 4 % du domaine forestier français (soit une surface équivalente à celle existant dans le domaine forestier italien, mais où le châtaignier est surtout cultivé en taillis).

Le capitulaire De Villis, rédigé à l'époque de Charlemagne, incite au développement de la culture du châtaignier. Elle a connu son apogée en France aux XVIe et XVIIe siècles. Dans le Limousin, la châtaigne était la principale source de nourriture aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le bois[modifier | modifier le code]

Section d'un tronc

Le bois de châtaignier est dur et durable; il est mis à de multiples contributions :

Mobilier en bois de châtaigner, typique du Pays des Feuillardiers

Repoussant facilement en cépée après la coupe, il produit des tiges régulières et faciles d'emploi, les rejetons. Il est durable à couvert car on le retrouve dans les maisons anciennes de l'étage montagnard dont les poutres de châtaignier sont souvent d'origine.

C'est aussi un bois riche en tanins (6 % dans l'écorce, 13 % dans le bois et les bogues[7]) qui a été largement exploité à cet effet de 1890 à 1960, en particulier dans la région lyonnaise, ce qui a conduit à la destruction de peuplements entiers.

Sa haute teneur en tanin fait que les araignées ne tissent jamais leur toile sur du bois de châtaignier[8].

C'est un bois de chauffage moyen (mi-dur, projection d'escarbilles, fumée moyennement importante)[9].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Des châtaignes grillées en Murcie.
Article détaillé : Châtaigne.

Dans certaines régions d'Europe, le châtaignier, surnommé "le pain du pauvre"[10], a longtemps joué un rôle prépondérant dans l'alimentation humaine.

En France, mêmes les feuilles sont recherchées pour parfumer et emballer le fromage de chèvre comme le banon et le mothais sur feuille.

Les abeilles tirent du châtaignier un miel foncé et de goût prononcé.

Culture[modifier | modifier le code]

Le châtaignier est une espèce thermophile (il aime la chaleur), héliophile (il aime la lumière) ou de demi-ombre. Sensible au gel de printemps, il a besoin de chaleur en été et d'eau en septembre. Les anciens disaient : " au mois d'août, la châtaigne doit être dans un four, au mois de septembre dans un puits…" Il lui faut une pluviométrie d'au moins 700 mm/an qui peut être compensée par un système d'irrigation à défaut.

C'est un arbre silicicole, qui aime les sols schisteux, granitiques et alluvionnaires et qui redoute avant tous les sols basiques ou riche en calcaire. C'est une espèce acidophile (aime les sols acides, c'est-à-dire potentiel hydrogène allant de 4,5 à 6,5) qui, une fois établie, supporte bien la sécheresse. Il exige une profondeur de sol d'au moins 50 cm[réf. nécessaire].Il aime les sols profonds, frais perméables. Là où prospèrent fougère aigle, calune, chêne vert[11].

Il prospère en montagne moyenne (800 m), parfois jusqu'à 1 200 m d'altitude[réf. nécessaire].

Le châtaignier réagit très bien à la coupe et est, de ce fait, souvent cultivé en régime de taillis. En taillis, il a tendance à devenir dominant. il peut éliminer les autres essences[12]. La révolution de 7 à 15 ans. Les rejets de 2 à 5 ans peuvent être utilisés en vannerie.A 7 ans, il donne des feuillards très recherchés pour cercler les barriques. De 8 à 15 ans, ils sont exploités pour donner des échalas[11].

Pour la production de châtaignes, les variétés sélectionnées se multiplient par greffage[13] ou marcottage. Pour que le greffage fonctionne, il doit être pratiqué quand le porte-greffe est bien en sève soit généralement de la mi-avril à la mi-mai. Dans les zones calcaires, il serait possible de greffer le châtaignier sur chêne sessile[14].

Pour une plantation de rapport deux variétés sont actuellement préconisées[15] :

La densité de plantation recommandée pour Marigoule est de 10x10 m ou mieux 12x12 m, pour Bouche de Bétizac : 8x8 m. Une plantation en quinconce occupera mieux l'espace qu'une plantation en carré.

L'élagage des bois morts, des bois les plus faibles et des gourmands permet d'obtenir des châtaignes de plus gros calibre.

En France, des subventions agricoles facilitant la plantation de châtaigneraies peuvent être obtenues auprès de FranceAgriMer.

Ennemis du châtaignier[modifier | modifier le code]

  • ravageurs :
    • le xylébore disparate attaque le bois ;
    • le carpocapse des châtaignes et le Balanin des châtaignes font des dégâts sur les fruits ;
    • le cynips du châtaignier, nouveau ravageur apparu en Italie (probablement introduit avec l'importation de plants venus de Chine) il y a quelques années et qui a été repéré en France en 2005. Il provoque la formation de galles au niveau des bourgeons et il est responsable d'une chute importante de production. Il menace l'existence des variétés traditionnelles en France.

Variétés[modifier | modifier le code]

Éléments du châtaignier dans Koehler's Medicinal-Plants

Il existe de très nombreuses variétés anciennes et modernes. Certaines variétés sont issues de l'hybridation, naturelle ou artificielle, entre deux espèces: le châtaignier européen (Castanea sativa) et le châtaignier du Japon (Castanea crenata). Elles sont généralement plus tolérantes (mais pas résistantes) au chancre et à la maladie de l'encre que les variétés indigènes. C'est le cas des variétés en gras ci-dessous :

  • Aguyane : cette variété donne des châtaignes de forme triangulaire très savoureuses.
  • Auvergnate
  • Belle épine (CA 114)
  • Bouche de Bétizac (CA 125) : cette variété hybride donne des châtaignes très grosses mais sans grande saveur. C'est une variété de plus en plus présente sur le marché en raison de sa productivité très importante.
  • Bouche rouge (CA 102)
  • Bournette (CA 112)
  • Bourrue
  • Comballe (CA 456)
  • Dauphine
  • Gène longue
  • Maraval (CA 74)
  • Insitina : variété Corse de la micro-région d'Evisa.
  • Maridonne (CA 124)
  • Marigoule (CA 15)
  • Marlhac (CA 118)

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

"Castanea autem cum sale trita, et postea cum melle temperata, valere dicitur contra, morsum anguium et rabidi canis." Selon Saint Albert le Grand la châtaigne mélangée à du sel et cuite ensuite avec du miel, est bonne contre les morsures de serpent et la rage. L'infusion de feuilles de châtaignier soignerait coqueluche, bronchites et quintes de toux, (La substance contenue dans les feuilles riches en tanin a une action sédative sur la respiration), la gorge (gargarisme), diarrhées, rhumatismes et douleurs du dos. Feuilles et écorce soigneraient aussi les hémorragies (John Brickell, 1735), la dysenterie…

Parents proches du châtaignier commun[modifier | modifier le code]

Certains arbres ayant dans leur dénomination courante le nom de châtaignier n'ont en réalité aucun rapport avec la famille des Fagacées : châtaignier du Brésil, châtaignier des Antilles, châtaignier de Guyane, châtaignier de Malabar, châtaignier de Tahiti, entre autres. La « faute » semblant en incomber aux conquérants ibériques des XVIe et XVIIe siècles.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Châtaigniers remarquables :
  • Le musée de la châtaigneraie, situé à Joyeuse dans le département de l'Ardèche, permet la découverte de la culture de l'arbre le plus important économiquement du département. Il présente une collection d'outils anciens, d'objets usuels et de mobilier. En complément, il propose le sentier du châtaignier.
  • La maison du châtaignier, située à Châlus, dans la Châtaigneraie Limousine, est un espace muséographique interactif entièrement consacré au châtaignier, à ses possibilités ainsi que celles de la châtaigne, et qui présente l'activité et la production du métier de feuillardier.
  • La maison du châtaignier, à Saint-Pierreville, dans le nord de l'Ardèche, retrace également l'histoire locale de la castanéïculture, au travers d'objets, de pièces d'archives et de documents sonores.
  • L'association Aveyron Conservatoire Régional du Châtaignier (ACRC), travaille à la sauvegarde, à l'étude et à la conservation des variétés anciennes de châtaignes en Aveyron. Également, cette association travaille au transfert de la compétence aveyronnaise dans les autres départements de Midi-Pyrénées, afin de favoriser une connaissance partagée du patrimoine castanéïcole régional. En Aveyron, les variétés sont aujourd'hui connues (70 au total) et sont conservées en verger conservatoire. De plus un deuxième combat est mené au sein de cette association: la conservation in situ (sur leurs terroirs d'"origines") des variétés. Pour cela deux travaux majeurs sont aujourd’hui portés : la rénovation des vergers anciens par élagage sévère et la remise en production des vergers à travers l’usage agricole. Sont étudiées de fait les opportunités de remise en production des vergers (rénovation), de récoltes (mutualisation d’outils de récoltes), de transformation (étude pour l’amélioration des conditions de travail des unités de transformation par l’acquisition d’équipements performants.).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'arbre à pain Le Châtaigner
  2. Le Châtaignier commun
  3. Croissance, morphogenèse et dynamique de l’état physiologique des bourgeons de jeunes plants de Châtaignier en conditions naturelles et contrôlées - Yvonne PEZET, Chadouli SI-MOHAMED - 1988
  4. La Fleur de châtaignier - Nouvelle du Marquis de Sade
  5. "Châtaignes et marrons" - Henri Breisch - 1995 - Éditions CTIFL
  6. Evidence of genetic drift in chestnut populations. MACHON N. (1) ; BUREL L. (1) ; LEFRANC M. (1) ; FRASCARIA-LACOSTE N. (1 2) ; (1) Laboratoire d'évolution et de systématique des végétaux, Orsay, FRANCE, (2) Unité de génétique des populations d'arbres forestiers, École nationale du génie rural des eaux et des forêts, Nancy, FRANCE
  7. Rottsieper. E.H.W. "Vegetable Tannins The Forestal Land", Timber and Railways Co. Ltd. 1946
  8. Rubrique sur caractéristiques et utilisations du bois de châtaignier
  9. Quelles sont les caractéristiques des différents bois pour le chauffage et lesquels utiliser ?
  10. "Le châtaignier : un arbre, un bois", par Catherine Bourgeois - Édité par l'institut pour le développement forestier
  11. a et b Pierre Lieutaghi, Le livre des Arbres, Arbustes & Arbrisseaux, Arles, Actes sud, 2004 (ISBN 2-7427-4778-8)
  12. Ph. Guinier, A Oudin, L. Schaeffer, Technique forestière, Paris, La Maison Rustique, 1951
  13. La greffe du châtaignier
  14. La greffe du châtaignier sur chêne
  15. Conseils pour réussir vos plantations de châtaigniers et Technique de plantation
  16. (it) « Il Castagno dei Cento Cavalli »
  • JC. Rameau, D. Mansion, G. Dumé Flore forestière française, guide écologique illustré, 1 Plaines et collines, Institut pour le développement forestier, 1989

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Robert Pitte, Terres de castanide : hommes et paysages du châtaignier de l'Antiquité à nos jours, Fayard, Paris, 1986 (notice BnF no FRBNF349090359)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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