Cessenon-sur-Orb

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Cessenon-sur-Orb
Panorama du village depuis le « Trou du Corbeau »
Panorama du village depuis le « Trou du Corbeau »
Blason de Cessenon-sur-Orb
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Saint-Chinian
Intercommunalité Communauté de communes du Saint-Chinianais
Maire
Mandat
Jean-François Favette
2014-2020
Code postal 34460
Code commune 34074
Démographie
Gentilé Cessenonais(e)
Population
municipale
2 098 hab. (2011)
Densité 56 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 27′ 03″ N 3° 03′ 07″ E / 43.4508333333, 3.0519444444443° 27′ 03″ Nord 3° 03′ 07″ Est / 43.4508333333, 3.05194444444  
Altitude Min. 29 m – Max. 254 m
Superficie 37,29 km2
Localisation

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Liens
Site web www.cessenon.fr

Cessenon-sur-Orb (en occitan Cecenon) est une commune française située dans le département de l'Hérault et la région Languedoc-Roussillon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Cessenon-sur-Orb se trouve sur la rive de droite de l'Orb, adossé à plusieurs collines de faible altitude. La plaine, façonnée par les crues annuelles du fleuve, offre de grandes terres cultivables.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1947 1995[1] Raoul Bayou SFIO - FGDS - PS Député (1958-1986)

Conseiller général du canton de Saint-Chinian de 1945 à 1995

1996 mars 2008 Christian Francès DVG  
mars 2008 décembre 2011[1] Christian Francès DVG  
janvier 2012   Jean-François Favette DVG Enseignant retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

Au dernier recensement, la commune comptait 2098 habitants.

Article détaillé : Recensement en France.
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 647 1 681 1 950 1 980 2 163 2 196 2 190 2 207 1 943
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 928 1 950 2 098 2 136 2 204 2 407 2 615 2 683 2 689
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 608 2 513 2 560 2 872 2 903 2 717 2 567 2 085 2 123
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
2 072 2 025 1 736 1 680 1 602 1 730 1 919 1 952 2 066
2011 - - - - - - - -
2 098 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du nom reste incertaine, plusieurs hypothèses ont été avancées au cours de ces dernières années:

  • l'origine celte ou ibère, où « Kess » serait un nom gaulois qui signifierait Fort[4];
  • l'origine gallo-romaine — considérée aujourd'hui comme la plus probable, où Cincinius était le nom d'un propriétaire de domaine et qui aurait donné son nom au village[5];
  • enfin, l'origine poétique appartenant au folklore local, qui selon les vers pittoresques d'un poète du terroir aurait une toute autre origine :

(orthographe originale, orthographe normalisée)

Un jour qu'un fort ouraché ennégrabo lou ciel,
Amoun al clouquié, sounnabou la campana.
Lou campanié, noummat Tantan lou biel,
Que fasié ressoundi lou flanc de la montagna
Entendet una bouès, que y disié « CESSE ! »
Ou sinon par Satan, je te fais la promesse
Que la foudre à l'instant va s'abattre sur vous.
 
Tantan qu'éro testut, y diguét : « Qu'ès aco Cesse ? — Nou. »
Lou noum ès demourat désempeï CESSENOU.
Ajet pas dich aco, qu'un grand bruch de tonnéro,
Accoumpagnat d'iglaous, faguet trembla la téro
Et dins aquel moument lou campagnié Tantan
Se troubet empourtat sul porché de Tamben.

Un jorn qu'un fort oratge ennegraba lo cèl,
Amont al cloquièr, sonaba la campana.
Lo campanièr, nommat Tantan lo vièlh,
Que fasié ressondir lo flanc de la montanha
Entendèt una votz, que i disié « CESSE ! »
O sinon par Satan, je te fais la promesse
Que la foudre à l'instant va s'abattre sur vous.
 
Tantan qu'èra testut, i diguèt : « Qu'ès aquó Cesse ? — Non. »
Lo nom es demorat desempuèi CESSENON.
Agèt pas dich aquó, qu'un grand bruch de troneire,
Acompanhat d'ilhauç, faguèt tremblar la terra
Et dins aquel moment lo campanièr Tantan
Se trobèt emportat sul pòrge de Tamben.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village de Cessenon-sur-Orb, idéalement disposé entre le fleuve Orb et la montagne, a une histoire très riche qui remonte à plusieurs millénaires.

Des origines à la période antique[modifier | modifier le code]

Le site est en effet occupé depuis la Préhistoire (dolmens, tumlus, silex retrouvés non loin du mas de Lugné). Le village a ensuite subi une période Wisigothe et Sarrazine (tombes musulmanes, norias, chadouf) ainsi qu'une période Romaine (amphores, sépultures, fragment de bas-relief funéraire, villa).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

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La période du Moyen Âge est néanmoins celle qui a laissé le plus de vestiges dont une grande quantité de manuscrits ainsi que les remparts et le donjon qui sont aujourd'hui les emblèmes du village.

La Châtellenie dont Cessenon était le chef-lieu s'étendait jadis sur 29 805 hectares et était composé par 15 villages/masseries[6]. On trouve des traces de cette organisation du Xe siècle jusqu'à la Révolution.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le château, ou plutôt la Citadelle, a été définitivement détruit en 1633, sous l'ordonnance, datant du 6 octobre, de Louis XIII et de Richelieu. Les ruines des remparts et le donjon, seuls vestiges de cette glorieuse époque, trônent au centre du Quartier Haut.

À cette époque, les principales sources de revenu sont l'agriculture et l'élevage. Les terres, situées dans la plaine de l'Orb, sont propices à la culture des céréales[7] et offrent de grands pâturages pour les bêtes (essentiellement des moutons, des chèvres). Une grande partie des terres est consacrée aux vergers plantés d’amandiers, cerisiers, noyers, noisetiers, poiriers, pommiers, pruniers, figuiers, grenadiers et aux plantations d'oliviers. Les terres les plus difficiles sont réservées à la vigne, mais les rigoureux hivers de 1709 et de 1789 qui détruisirent à chaque fois la quasi-totalité des oliviers, et les hivers de 1721, 1731 et 1782, bien que moins rigoureux que celui de 1709, ont détruit une bonne partie des repousses et jeunes pousses d'olivier. L’huile était l'une des principales sources de revenu mais la donne changea progressivement en faveur de la vigne plus résistante aux conditions extrêmes.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution française, les citoyens de la commune se réunissent au sein de la société révolutionnaire, créée lors de l’été 1791, alors que le fossé s’élargit entre le peuple et son souverain, notamment à la suite de la tentative de fuite à Varennes[8].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Paysage avec le hameau de Lugné.

Cessenon a subi de grands bouleversements de ses activités économiques, la révolution industrielle a commencé avec l'avènement des manufactures de draps (dès 1720) qui ont connu un grand engouement avant de sombrer progressivement jusqu'au milieu du XIXe siècle. Dans le même temps, pour faire face à la surproduction viticole les exploitants furent contraints à distiller leur surplus de vin. Bien que ce travail fut d'abord réservé à des « brûleurs » itinérants qui passaient dans les villages avec leur matériel de distillation, de petites distilleries permanentes furent construites aux alentours de 1810.

Cessenon-sur-Orb dispose d'une certaine quantité de minerais : marbre, grès, lignite, argile. Le marbre griotte rouge de la carrière de Coumiac, exploité, selon les estimations, du XVe siècle jusqu'à 1975, est le meilleur exemple de ces richesses. Mais la ressource la plus importante était l'argile exploitée dans les terriers et qui servait à la tuilerie toute proche.

La plus belle réussite de l'économie cessenonaise de cette époque fut la tuilerie Cathala-Riche qui fut fondée vers 1860[9] et qui perdura, avec un certain succès, jusqu'en 1955. Les produits étant exportés vers Béziers via le réseau ferroviaire.

Sur la petite place du hameau de Lugné, sur la commune de Cessenon, on peut voir une réplique de la Statue de la Liberté de Bartholdi qui se trouvait à la proue du paquebot « Le Maxim’s des Mers » en 1987.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie actuelle de Cessenon-sur-Orb se résume essentiellement à la viticulture et au tourisme.

Le domaine viticole se divise en deux parties : les AOC (AOC Saint-Chinian et AOC Coteaux du Languedoc) et les vins de pays (Vin de pays de Cessenon et Vin de pays de l'Hérault). En outre, une grande partie de la production de vin est exportée en vue d'être incorporée dans d'autres vins (on parle de « vin de coupe »).

Le tourisme représente une part importante des revenus du village, le camping municipal, placé sur les rives de l'Orb, les fêtes du 14 juillet et du 16 août (Saint Roch, saint patron du village), et les nombreuses activités (canoë-kayak, promenades équestres, etc.) y sont sans doute pour quelque chose, au même titre que le panorama et la situation géographique entre mer et montagne.

La base nautique de Réals accueille régulièrement des épreuves du championnat de France de canoë-kayak.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Hameau de Lugné.
La forêt d'Eucalyptus.

Architectural[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Pierre de la Salle

L'église Saint-Pierre de la Salle est une église paroissiale gothique méridionale du XIIe siècle, qui fut probablement bâtie sur l'emplacement d'un mausolée gallo-romain du Ier ou IIe siècle.

  • Tour carrée

La Tour carrée est le donjon d'une ancienne forteresse. Cette tour de plan quadrangulaire d’une hauteur de 15 mètres et de 6 mètres de côté a été construite avec des matériaux locaux.

  • Fragment de sarcophage romain

Le fragment de bas-relief d'un sarcophage romain datant du Ier siècle représentant un banquet funéraire fut retrouvé dans le dallage de l'église du village. Il est aujourd'hui visible sur la façade du café « Le Helder » sur la place du marché. La scène reproduite sur cette pierre représente un banquet funéraire, 7 personnes autour de la 8e allongée (tridinium). La tête de l’enfant est bouclée (caractéristique de l’école des sculptures arlésiennes).

Le Pont de Cessenon est un pont suspendu métallique qui enjambe l'Orb à Cessenon en direction de Saint-Nazaire-de-Ladarez. Il fut construit en 1931 (113 mètres de long pour une largeur de 6 mètres 80).

  • Fontaine du Plô

La Fontaine du Plô ou Font de la Gleizes est une fontaine. La source qui jaillit à la fontaine de l'église est déjà mentionnée en 1555. En 1693, on pave le dessus de la voûte de la fontaine, on installe un abreuvoir et quelque temps après des lavoirs. La restauration récente les supprimera.

  • Chapelle Sainte-Anne
  • Maison médiévale

Les autres particularités de cette commune sont ses fortifications, son clocher.

Naturel[modifier | modifier le code]

La carrière de Coumiac est un site géologique exceptionnel, où l'on peut observer des fossiles dans du marbre griotte de couleur rouge. Ce marbre, très rare, fut notamment utilisé pour la fabrication de la « chambre rouge » de la Maison-Blanche à Washington, DC, ou encore la Maison de France à Rio de Janeiro.

  • Olivier de Lugné

L'olivier de Lugné est un olivier millénaire situé au hameau de Lugné. Isolé au milieu des vignes, quatre variétés d'olive ont été greffées sur le même arbre.

Sports[modifier | modifier le code]

  • CKCC

Club de Canoë Kayak de Cessenon.
Que ce soit en compétition ou par simple plaisir, profitez des joies du canoë et du kayak en club !

  • Base de Réals

Base nautique de Réals situé a 3,7 km de Cessenon sur la route de Murviel.
Partez à la découverte de l'Orb en canoë ou en kayak ! Différents niveaux de parcours disponible pour la gaieté des petits et grands !!
Site Web de la Base

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Cessenon-sur-Orb

Les armes de Cessenon-sur-Orb se blasonnent ainsi : taillé, de gueules au lion d'or et d'azur au lion d'or

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décédé en cours de mandat.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  4. Un Village minervois sous l'Ancien Régime. Hist. de Pépieux. (Toulouse, 1944), p. 164-167.
  5. Jean-Michel Sauget et Catherine Ferras, part. Christian Olive, Cessenon-sur-Orb. Inventaire du patrimoine d'un village héraultais., Pays Haut Languedoc et Vignobles, coll. « Destination vignobles », Montpellier, 2007 (ISBN 978-2-9528139-3-8), p. 13.
  6. Berlou, Causses et Vayran, Cazedarnes, Cessenon/Orb, Ferrières, Fraisse-sur-Agout, Mus, Pierrerue, Prades-le-Lez, Prémian, Roquebrun, Saint-Étienne-d'Albagnan, Saint-Nazaire-de-Ladarez, Le Pin et Lau, Vieussan.
  7. Blé, seigle, orge, paumelle, avoine.
  8. Jean-François Dubost, « Le réseau des Sociétés Politiques dans le département de l'Hérault pendant la Révolution Française (1789-1795) », Annales historiques de la Révolution française, no 278, 1989. p. 416.
  9. Cette tuilerie fut fondée par Barthélémy Cathala en 1860 et reprise par son gendre Moïse Riche en 1892. À la mort de ce dernier en 1902, l'entreprise familiale fut reprise par ses deux fils Louis et Paul.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Segondy, Cessenon-sur-Orb, Lacour / Reviva, 1993, réédition de l'édition originale de 1949, (ISBN 2-86971-803-9).
  • Jean-Denis Bergasse et Philippe Marassé, De l'artisanat à l'industrie dans l'Hérault : le cas exemplaire de Cessenon du XVIIIe au XXe siècle, Société Archéologique Scientifique et Littéraire de Béziers XIIIe cahier, 2005.
  • Jean-Michel Sauget et Catherine Ferras, part. Christian Olive, Cessenon-sur-Orb. Inventaire du patrimoine d'un village héraultais., Pays Haut Languedoc et Vignobles, coll. « Destination vignobles », Montpellier, 2007 (ISBN 978-2-9528139-3-8).