Cesária Évora
Cesária Évora
Cesária Évora au Luxembourg en 2009.
| Surnom | Cize A diva dos pés descalços (La diva aux pieds nus) |
|---|---|
| Naissance | 27 août 1941 |
| Décès | 17 décembre 2011 (à 70 ans) |
| Activité principale | Chanteuse |
| Genre musical | Morna, coladeira |
| Instruments | Voix |
| Années d'activité | 1957 - 2011 |
| Labels | Lusafrica, Columbia, RCA |
| Site officiel | cesaria-evora.com |
| Entourage | Marisa Monte, Cali, Ismaël Lô |
|---|
Cesária Évora, née le 27 août 1941 à Mindelo sur l'île de São Vicente au Cap-Vert et morte dans cette même ville le 17 décembre 2011[1], est une chanteuse capverdienne. Elle est surnommée La Diva aux pieds nus, surnom dû à son habitude de se produire pieds nus.
De sa voix rauque, elle a popularisé la morna, musique du Cap-Vert, auprès du grand public mondial.
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] Première carrière
Issue d'un milieu très modeste, elle est élevée par une mère cuisinière, Dona Joana, avant d'être placée en orphelinat au décès de son père, Justino da Cruz Évora, guitariste et violoniste occasionnel, alors qu'elle n'avait que 7 ans. À la mort de B. Leza en 1958, parent de Cesária et compositeur de morna, la musique traditionnelle du Cap-Vert, elle commence véritablement sa carrière de chanteuse. Avec Eduardo, un guitariste portugais père de son deuxième enfant, elle se produit dans les bals populaires. Elle chante souvent tard, dans des bars où sa rémunération se résume souvent à quelques verres.
Après avoir été abandonnée par Eduardo, elle trouve en Ti Goy (Gregório Gonçalves), compositeur reconnu de vingt ans son aîné, un mentor qui lui permet d'entrevoir un avenir tourné vers la musique. Elle enregistre ses premières chansons au milieu des années 1960, pour la radio Barlavento. Deux 45-tours voient le jour, sa réputation grandit au sein de l'archipel, mais sa vie n’est pas chamboulée pour autant et elle continue de vivre modestement avec sa mère et ses enfants.
L’indépendance du pays est reconnue en 1975.
Son silence dure dix années, et c’est à l'occasion des célébrations des dix ans de l'indépendance du Cap-Vert que Cesária Évora remonte sur scène, le 8 mars 1985. La gloire n'est toujours pas au rendez-vous, mais les perspectives semblent meilleures. Deux ans après, elle confectionne son premier album solo et donne quelques concerts aux États-Unis. Mais Cesária Évora monte souvent sur scène en état d'ébriété et l'absence d'entourage professionnel solide limite ses perspectives de véritable carrière internationale.
[modifier] Carrière internationale
C’est en 1987 que sa carrière est prise en main par José da Silva, cheminot français dont la famille maternelle est originaire de Mindelo, qui l’a entendu dans une boite cap-verdienne de Lisbonne et en est sorti bouleversé. Parait alors l’album La Diva aux pieds nus qui contient une coladeira aux accents de zouk, Bia Lulutcha, qui devient un tube dans la communauté cap-verdienne.
Son deuxième album, Distino di Belita est un échec, Mar Azul, totalement acoustique, sort fin 1991 et sa carrière démarre vraiment d'abord à Angoulême, puis au New Morning de Paris. Mais c’est avec l’album Miss Perfumado sorti en 1992 et la chanson Sodade. Cette chanson parle du travail forcé des Cap-Verdiens obligés de travailler dans les plantations de cacao de Sao Tomé-et-Principe par le pouvoir colonial portugais.
De 1992 à 1999, Cesária Évora mène une carrière internationale, elle chante avec Caetano Veloso, Marisa Monte, travaille pour Emir Kusturica, ou avec Linda Ronstadt.
En 1999, l’album Café Atlântico est le plus vendu de tous ses disques (770 000 exemplaires).
En 2004 Cesária Évora reçoit un Grammy Award du meilleur album world music pour l'album Voz d'Amor (400 000 exemplaires vendus) et une Victoire de la musique, la deuxième, après celle de 1999 pour Café Atlântico. Elle participe cette même année à l'album Gaïa pour la préservation de l'environnement, où elle interprète Jangadéro, composée par Alan Simon.
À ce jour, Cesária Évora a vendu 4,5 millions de disques, dont 2 millions en France.
[modifier] Fin de vie
En septembre 2011[2], Cesária Évora décide de mettre fin à sa carrière et d'annuler les concerts à venir suite à des problèmes de santé. Elle avait déjà subi plusieurs opérations chirurgicales dont une opération à cœur ouvert en mai 2010[3]. Cesária Évora meurt le 17 décembre 2011 à l'hôpital Baptista de Sousa, à São Vicente, des suites d'une insuffisance respiratoire.
[modifier] Vie privée
Cesária Évora ne s'est jamais mariée et a toujours vécu chez sa mère. Elle a eu quatre enfants, tous de pères différents.
[modifier] Honneurs
En 2009, Cesária Évora est faite Chevalier de la Légion d'honneur par Christine Albanel[4].
[modifier] Discographie
- 1988 - La Diva aux pieds nus
- 1990 - Distino di Belita
- 1991 - Mar Azul
- 1992 - Miss Perfumado, où elle chante son succès planétaire, la coladeira Sodade (en français : Nostalgie)
- 1993 - Cesaria Evora at the Olympia
- 1994 - Sodade, Les plus belles mornas de Cesaria
- 1995 - Cesária
- 1997 - Cabo Verde
- 1998 - Nova Sintra
- 1999 - Cafe Atlantico
- 2001 - São Vicente di Longe
- 2002 - Cesaria Evora Anthology
- 2003 - Voz d'amor
- 2003 - Club Sodade - Cesaria Evora by... (remix)
- 2006 - Rogamar, sur lequel figurent Cali et Ismaël Lô
- 2009 - Nha Sentimento, dernier album, sorti le 26 octobre
- Participations
- 1995 - Ausencia, bande originale du film Underground
- 2002 - Duets de Compay Segundo : titre Lágrimas Negras
- 2003 - Drop the Debt
- 2004 - Carnets de bord de Bernard Lavilliers : titre Elle chante
- 2008 - Les Liens sacrés des Nèg' Marrons : titre Petites îles
- ? - Place 54 de hocus pocus : titre Quitte à t'aimer
[modifier] Filmographie
- 1995 - Black Dju (de Pol Cruchten)
- 2002 - Live in Paris (DVD)
- 2004 - Live d'Amor (DVD)
[modifier] Bibliographie
- Cesária Évora, autobiographie : Appelez-moi Cize (conversations avec Stéphane Boudsocq, préface de Bernard Lavilliers), City Éditions, Grainville, 2009, 222 p. (ISBN 9782352883340)
- Sandrine Teixido, Cesária Évora, la diva du Cap-Vert, Éditions Demi-Lune, Coll. Voix du Monde, Paris, 2008 (ISBN 978-2-917112-02-1)
[modifier] Notes et références
- « La chanteuse Cesária Évora est morte », dans Le Monde, 17 décembre 2011 [texte intégral].
- Au bord du vide, Cesária Évora tire sa révérence, Le Monde, 23 septembre 2011.
- «La chanteuse Cesária Évora met fin à sa carrière », Le Parisien, 23 septembre 2011.
- « Légion d'honneur pour Césaria Évora, « diva aux pieds nus et à la voix d'or » », La Dépêche, 9 février 2009.
[modifier] Liens internes
- Saudade, sentiment de nostalgie, mot portugais intraduisible