Certificat d'aptitude professionnelle

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Diplôme de CAP d'ajusteur en 1950.

Le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) est un diplôme français d'études secondaires et d'enseignement professionnel, créé par une loi de 1911[1]. Il donne une qualification d'ouvrier ou d'employé qualifié (niveau V) dans un métier déterminé.

Le CAP couvre un domaine moins large que le BEP (bien que tous deux de niveau V), l'obtention du second pouvant parfois dispenser de certaines épreuves du premier (exemple du BEP Sanitaire et Social pour la préparation du CAP Petite Enfance).

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la création du CAP, les employeurs, municipalités ou diverses associations organisaient des cours professionnels pour des jeunes de 13 à 18 ans. La direction de l'enseignement technique souhaite encadrer ces cours et crée en 1911 un « Certificat de capacité professionnelle » (CCP) strictement réservé aux jeunes apprentis, transformé par la loi Astier du 25 juillet 1919 en « Certificat d’aptitude professionnelle » (CAP) sous l'influence des employeurs qui veulent se réserver le droit de décider de la capacité de leurs futurs ouvriers[2]. Le diplôme, ouvert à peu de personnes au départ, se développe progressivement, qualifiant dans les années 1930 15 000 jeunes dans plus de 3 500 spécialités différentes[3]. En 1936, le Front populaire décide d'intégrer ce premier diplôme professionnelles dans les grilles de classification des conventions collectives, légitimant cette formation ouvrière[2]. Sous le régime de Vichy, l'État régule la formation professionnelle et prend le monopole de la délivrance de ce diplôme devenu national : après une formation de trois ans (à l'école ou en apprentissage), standardisée par la Direction de l'enseignement technique, le taux de réussite à l'examen atteint 60 % dans le meilleur des cas, les employeurs et l'État montrant leur exigence face à ce diplôme[4]. L’enseignement professionnel est intégré dans les années soixante à l’ensemble du système scolaire qui prend le pas sur la formation en apprentissage. Devenu un instrument des politiques de massification au second degré, le CAP devient la troisième filière d’enseignement dans la hiérarchie scolaire, derrière la filière générale et la filière technique, accueillant après la classe de cinquième les jeunes en difficulté scolaire dans des spécialités sans qu'il y ait corrélation avec les demandes des entreprises[2]. En 1959, le gouvernement décide de transformer les centres d'apprentissage (CA) en collèges d'enseignement technique (CET) qui deviendront à leur tour des lycées d'enseignement professionnel en 1975, puis des lycées professionnels en 1985. Le CAP étant considéré comme un diplôme trop lié à l'artisanat ou liés à des métiers de l'industrie qui décline, de nouveaux diplômes sont créés, comme le brevet d'études professionnelles (BEP) en 1965 puis le baccalauréat professionnel en 1985. Le Ministère de l'Éducation le retire des lycées professionnels et l'intègre alors à l'apprentissage ou la formation continue, le ministre Claude Allègre engageant à la fin des années 1990 une politique de « refondation » du CAP[4].

Généralités[modifier | modifier le code]

Le CAP dans les études secondaires en France

Le CAP est un diplôme de niveau V. Le diplôme est dotée d’une spécialité et comporte sept unités obligatoires et éventuellement une unité falcultative. Une période en milieu professionnel de 12 à 16 semaines est obligatoire[5]. Il existe près de 200 spécialités[6].

Le CAP s’obtient par le passage d’examens ou par la voie par la validation des acquis de l'expérience. La formation se fait dans un lycée professionnel ou dans un centre de formation d'apprentis, dans le cadre de la formation professionnelle continue ou par l’enseignement à distance[7].

En lycée professionnel[modifier | modifier le code]

La formation associe enseignements généraux (entre 14 et 16 heures par semaine) et enseignements techniques et professionnels (entre 12 à 17 heures par semaine):

  • L'enseignement général comprend du français, des mathématiques, des sciences physiques, de l'histoire et de la géographie, une langue vivante, un enseignement de vie sociale et professionnelle, de l'éducation physique et sportive. Cet enseignement est destiné à fournir les bases d'une culture générale axée sur le monde moderne. La langue vivante donne lieu uniquement à une épreuve facultative.
  • L'apprentissage occupe un peu plus de la moitié des heures d'enseignement. Il se déroule sous forme de cours, de travaux pratiques et de travaux en atelier, en laboratoire ou sur le chantier en fonction de la spécialité. Il s'agit d'acquérir les savoir-faire et la technologie du métier.

Les personnes possédant déjà un diplôme de niveau IV ou V ne sont pas obligées de repasser les épreuves générales sauf celle de vie sociale et professionnelle.


En CFA[modifier | modifier le code]

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La formation au CFA se déroule sur 2 ans avec, en règle générale, une alternance de semaines de cours au CFA et l'apprentissage en entreprise. Un contrat de travail est signé avec une entreprise, généralement d'une durée de 2 ans. Pendant ces 2 ans, l'apprenti est sous la responsabilité d'un maître d'apprentissage qui peut être, soit le chef d'entreprise, soit un salarié qualifié. L'apprenti passe environ trois semaines en entreprise et une semaine au CFA par mois. Les semaines de cours au CFA sont au nombre 20 (soit 10 par an) et comprennent environ 40h de cours, combinant enseignements généraux et enseignements de compléments de pratique. L'enseignement professionnel (pratique) en tant que tel est du ressort de l'entreprise. L'apprenti est considéré comme un travailleur, et non pas comme un élève, il est ainsi rémunéré en fonction de son âge et de son année de CAP


[réf. nécessaire] [Quand ?]
Âge de l'apprenti en 1ère année de CAP Avant 18 ans de 18 à 20 ans 21 ans et plus
Salaire en pourcentage du SMIC 25 % 41 % 53 %
Âge de l'apprenti en 2ème année de CAP Avant 18 ans de 18 à 20 ans 21 ans et plus
Salaire en pourcentage du SMIC 37 % 49 % 61 %

Principales spécialités[modifier | modifier le code]

Les spécialités de CAP se répartissent en 7 secteurs pour lesquels les programmes d'enseignements généraux sont différents. Le tableau ci-dessous présente une liste non exhaustive de quelques spécialités parmi les plus populaires, et donc proposées dans de nombreux établissements. Il existe cependant des spécialités plus rare telles que accordeur de piano, lapidaire, taxidermiste...

Secteur Domaine Principales spécialités
1 Productique et maintenance Carrosserie, maintenance des systèmes automatisé (MSA), maintenance des véhicules et du matériel, arts du bijou, horlogerie
2 Bâtiment et travaux publics Charpentier, génie civil, plâtrier-plaquiste
3 Métiers de l'électricité, électronique, audiovisuel, industries graphiques photographe, projectionniste, métiers de l'enseigne et de la signalétique
4 Métiers de la santé et de l'hygiène Coiffure, petite enfance
5 Chimie et procédés Technicien de la qualité de l'eau, technique de laboratoire
6 Vente Hôte(sse) de caisse, magasinier, Employé Libre Service, vendeur en boutique, Employé de commerce multi-spécialités
7 Métiers de l'alimentation et autre tertiaire Boulanger, boucher, cuisinier, restauration, agent polyvalent de restauration, pâtissier, charcutier, esthétique,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Charlot et Figeat, Histoire de la formation des ouvriers", Paris : Minerve, 1985, pp. 240.
  2. a, b et c Guy Brucy, « Le CAP : regards croisés sur un diplôme centenaire », Revue française de pédagogie, vol. 3, no 180,‎ 2012, p. 5-8
  3. Guy Brucy, Histoire des diplômes de l'enseignement technique et professionnel (1880-1965). L'État, l'École et les Entreprises et la certification des compétences, Belin,‎ 1998, 285 p.
  4. a et b Guy Brucy, Fabienne Maillard et Gilles Moreau, Le CAP : un diplôme du peuple (1911-2011), Presses Universitaires de Rennes,‎ 2013, 314 p. (ISBN 9782753522282.[à vérifier : isbn invalide])
  5. Articles D337-1 et suivants du code de l'éducation
  6. « Voies de formation et diplômes : Le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) », sur www.education.gouv.fr,‎ mai 2013 (consulté le 17 juin 2013)
  7. Articles D337-5 et suivants du code de l'éducation