Cercle de fées (Afrique)

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Cercles de fées en Namibie

Les cercles de fées sont des zones sans végétation énigmatiques, trouvées généralement dans les prairies de Sud-Ouest de l'Afrique. De nombreuses hypothèses ont été envisagées et réfutées pour expliquer l'origine de cette curiosité naturelle : pluies de météorites, radioactivité, sol toxique, remontées de gaz. La présence de certaines espèces de termites semble, selon une étude publiée en 2013, l'explication la plus plausible. Une autre étude publiée en 2014 évoque quant à elle la compétition hydrique.

Description[modifier | modifier le code]

Ces cercles sont particulièrement présents en Namibie, mais ils sont aussi visibles en Angola et en Afrique du Sud[1].

Ils sont constitués d'une zone circulaire dénudée de végétation de 2 à 12 mètres de diamètre avec une couronne de végétation un peu plus haute que le reste de la prairie[2].

Ces cercles se développent continuellement. Ils apparaissent avec un diamètre compris entre deux et douze mètres, puis la couronne d'herbe se forme et le disque devient concave de par l'érosion éolienne. Au bout de plusieurs années (en moyenne 41 ans, jusqu'à 75 ans) la végétation envahit de nouveau la zone et seule subsiste pendant un certain temps la couronne d'herbes[3].

Des comparaison de photos aériennes sur 50 ans ont permis d'estimer que sur cette période, le nombre de cercles reste globalement constant mais environ 10% des cercles ont disparu et 10% des cercles sont apparus[4].

A partir de 50 centimètres sous le sol d'un cercle, on remarque la présence d'eau, ce qui est paradoxal avec l'absence de végétation en surface, surtout dans une zone désertique. En creusant le sable hors des cercles, on ne retrouve pas cette eau[4].

Explications[modifier | modifier le code]

Les Himba n'accordent pas de signification mystique aux cercles, ce sont les occidentaux qui les ont entourés de légendes, les imaginant des dieux ou des esprits.

Toxines[modifier | modifier le code]

Une première explication scientifique supposait que les cercles soient dus à des toxines laissées par des plantes qui causent la destruction des graines, mais aucune expérience n'est venu valider cette théorie.

Météorites[modifier | modifier le code]

L'idée que les cercles étaient causés par l'impact de micro-météorites a rapidement été balayée en observant l'évolution des cercles sur des photos comparatives (apparition progressive, élargissement, réduction, disparition) et par comparaison avec des impacts avérés de météorites.

Termites[modifier | modifier le code]

Norbert Jürgens, botaniste à l'université de Hambourg, attribue ces formations aux termites des sables de l'espèce Psammotermes allocerus, dans un un article[5] de mars 2013. La conclusion se base sur l'analyse des espèces présentes dans les cercles ; si plusieurs espèces de fourmis et termites sont souvent présentes, seule P. Allocerus est présent dans tous les cercles. Le mécanisme serait l'alimentation des termites. Les termites consomment les racines des plantes annuelles au centre du cercle, les laissant libres de végétation. En l'absence de l'évapotranspiration causée par ces plantes, le cercle accumule l'eau des pluies et constitue une réserve pour les insectes et pour les plantes vivaces poussant à l'orée du cercle. Les termites installent principalement leurs nids sur les bords du cercle, sous la partie plus haute. À mesure que les termites consomment les racines des plantes vivaces de l'anneau de végétation, ces plantes poussent vers l'extérieur et le cercle s'agrandit. Cet écosystème, permettant la pousse des plantes vivaces par l'élimination des plantes annuelles, et produit par l'ingénierie des insectes[6], peut survivre à des sécheresses prolongées.

Compétition hydrique[modifier | modifier le code]

Une autre hypothèse publiée le 20 mai 2014 dans la revue Ecography, validée par un modèle mathématique, met en avant la compétition des plantes pour l'eau via un mécanisme de rétrocontrôle de la ressource par la biomasse[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BBC News - Enigma of Namibia's 'fairy circles'
  2. Pierre Barthélémy, « Les mystérieux cercles de fées de Namibie sont « vivants » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Nuwer, Rachel, « Mysterious Fairy Circles Are ‘Alive’ »,‎ (consulté le 30 juin 2012)
  4. a et b Barbara Fally-Puskás, Les cercles de fées du Namib, documentaire, 2011
  5. The Biological Underpinnings of Namib Desert Fairy Circles. Science, 29 mars 2013, Vol. 339 no. 6127 p. 1618-1621, DOI http://dx.doi.org/10.1126/science.1222999
  6. (en) Amos, Jonathan, « Termites 'engineer fairy circles' »,‎ (consulté le 29 mars 2013)
  7. (en) Getzin, Stephan, « Adopting a spatially explicit perspective to study the mysterious fairy circles of Namibia »,‎ (consulté le 27 octobre 2014)

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