Centaurus A

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Centaurus A
Centaurus A (NGC 5128)
Centaurus A (NGC 5128)
Données d’observation - Époque J2000
Ascension droite 13h 25m 27.6s[1]
Déclinaison -43° 01′ 09″[1]
Coordonnées galactiques
Constellation Centaure
Vitesse radiale 547 ± 5 km/s
Magnitude apparente (V) 7.8
Type S0 pec[1]
Magnitude absolue (V)
Distance 4,1±0,3 Mpc (∼13,4 millions d' a.l.)
Découvreur James Dunlop
Date de découverte 1826
Autres désignations NGC 5128[1], Arp 153[1], PGC 46957[1]
Masse M

Centaurus A (appelée également NGC 5128) est une galaxie lenticulaire située à 4,2±0,3 Mpc (∼13,7 millions d' a.l.) [2] dans la constellation du Centaure. C'est une des radiogalaxies les plus proches de la Terre, par conséquent son noyau galactique actif a été particulièrement étudié par les astronomes professionnels[3]. C'est également la cinquième galaxie la plus brillante du ciel[3], ce qui en fait une cible idéale pour les astronomes amateurs[4], bien qu'elle soit seulement visible depuis les faibles latitudes nord et depuis l'hémisphère sud.

Un jet relativiste qui extrait de l'énergie à proximité de ce qui supposé être un trou noir supermassif au centre de la galaxie est responsable des émissions dans le domaine des rayons X et en radio. En analysant les observations radio du jet sur une période d'une décennie, les astronomes ont calculé que les zones internes du jet se déplacent à environ la moitié de la vitesse de la lumière. Les rayons X sont produits plus loin lorsque le jet heurte le gaz environnant en produisant des particules de haute énergie.

Comme observé dans d'autres galaxies à sursaut d'étoiles, une collision est responsable de l'intense flambée de formation d'étoiles. À l'aide du télescope spatial Spitzer, les astronomes ont montré que Centaurus A est dans une phase de collision galactique en avalant une galaxie spirale.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Image du télescope spatial Hubble (HST) montrant le disque de poussières situé devant le noyau de Centaurus A. Crédit : HST/NASA/ESA.

Centaurus A est décrite comme ayant une morphologie particulière. Vue de la Terre, la galaxie ressemble à une galaxie lenticulaire ou elliptique avec une bande de poussières superposée[5]. La particularité de cette galaxie fut remarquée pour la première fois en 1847 par John Herschel, et elle a été incluse dans l'Atlas of Peculiar Galaxies (publié en 1966) comme étant un des meilleurs exemples d'une galaxie « perturbée » obscurcie par une bande de poussières[6]. La morphologie inhabituelle de la galaxie est généralement expliquée comme étant le résultat d'une fusion entre deux galaxies plus petites[7].

Le bulbe de cette galaxie est constitué principalement d'étoiles rouges évoluées[5]. Cependant, le disque de poussières est le siège d'une formation d'étoiles plus récente[3] ; plus de 100 régions de formation d'étoiles ont été identifiées dans le disque[8].

Supernovae[modifier | modifier le code]

Une supernova a été découverte dans Centaurus A[9]. La supernova, appelée SN 1986G, a été découverte dans la bande sombre de poussières de la galaxie par R. Evans en 1986[10]. Elle fut plus tard classée comme supernova de type Ia[11], qui se forme lorsque la masse d'une naine blanche croît suffisamment pour faire démarrer la fusion du carbone dans son cœur, produisant une réaction thermonucléaire incontrôlée, comme cela peut se produire quand une naine blanche membre d'un système d'étoile binaire aspire du gaz de l'autre étoile. SN 1986G a été utilisée pour démontrer que les spectres des supernovae de type Ia ne sont pas tous identiques, et que les supernovae de type Ia peuvent différer sur la façon dont leur luminosité change au cours du temps[11].

Galaxies voisines et groupe de galaxies[modifier | modifier le code]

Centaurus A est au centre d'un des deux sous-groupes du groupe Centaurus A/M83, un groupe de galaxies proche[12]. Messier 83 (la galaxie « Pinwheel » australe) est au centre de l'autre sous-groupe. Ces deux sous-groupes sont parfois considérés comme un seul groupe[13],[14] et parfois classés comme deux groupes distincts[15]. Cependant, les galaxies entourant Centaurus A et celles entourant M83 sont physiquement proches les unes des autres, et les deux sous-groupes ne se déplacent pas l'un par rapport à l'autre[16]. Le groupe Centaurus A/M83 appartient au superamas de la Vierge.

Astronomes amateurs[modifier | modifier le code]

Centaurus A est située à environ à 4° au nord de Omega Centauri (un amas globulaire visible à l'œil nu)[4]. Comme la galaxie possède une brillance de surface élevée et une taille angulaire relativement large, elle constitue une cible idéale pour les observations des astronomes amateurs. Le bulbe central brillant et la bande de poussières sombre sont visibles même avec des jumelles puissantes[4], et des détails supplémentaires peuvent être vus dans des télescopes plus importants[4].

Autres images[modifier | modifier le code]

Voir également[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Messier 87 - une galaxie elliptique géante qui est également une puissante source radio
  • NGC 1316 - une galaxie lenticulaire similaire qui est également une puissante source radio

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Results for Centaurus A », NASA/IPAC Extragalactic Database (consulté le 6 février 2009)
  2. J. L. Tonry, A. Dressler, J. P. Blakeslee, E. A. Ajhar, A. B. Fletcher, G. A. Luppino, M. R. Metzger, C. B. Moore, « The SBF Survey of Galaxy Distances. IV. SBF Magnitudes, Colors, and Distances », Astrophysical Journal, vol. 546, no 2,‎ 2001, p. 681–693 (DOI 10.1086/318301, lire en ligne)
  3. a, b et c F. P. Israel, « Centaurus A - NGC 5128 », Astronomy and Astrophysics Review, vol. 8,‎ 1998, p. 237–278 (DOI 10.1007/s001590050011, lire en ligne)
  4. a, b, c et d D. J. Eicher, The Universe from Your Backyard, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1988 (ISBN 0-521-36299-7)
  5. a et b A. Sandage, J. Bedke, Carnegie Atlas of Galaxies, Washington, D.C., Carnegie Institution of Washington,‎ 1994 (ISBN 0-87279-667-1)
  6. H. Arp, « Atlas of Peculiar Galaxies », Astrophysical Journal Supplement, vol. 14,‎ 1966, p. 1–20 (DOI 10.1086/190147, lire en ligne)
  7. W. Baade, R. Minkowski, « On the Identification of Radio Sources », Astrophysical Journal, vol. 119,‎ 1954, p. 215–231 (DOI 10.1086/145813, lire en ligne)
  8. P. W. Hodge, R. C. Kennicutt Jr., « An atlas of H II regions in 125 galaxies », Astrophysical Journal, vol. 88,‎ 1982, p. 296–328 (DOI 10.1086/113318, lire en ligne)
  9. « Results for extended name search on Centaurus A », NASA/IPAC Extragalactic Database (consulté le 6 février 2009)
  10. R. Evans, R. H. McNaught, C. Humphries, « Supernova 1986G in NGC 5128 », IAU Circular, vol. 4208,‎ 1986 (lire en ligne)
  11. a et b M. M. Phillips, A. C. Phillips, S. R. Heathcote, V. M. Blanco, D. Geisler, D. Hamilton, N. B. Suntzeff, F. J. Jablonski, J. E. Steiner, A. P. Cowley, P. Schmidtke, S. Wyckoff, J. B. Hutchings, J. Tonry, M. A. Strauss, J. R. Thorstensen, W. Honey, J. Maza, M. T. Ruiz, A. U. Landolt, A. Uomoto, R. M. Rich, J. E. Grindlay, H. Cohn, H. A. Smith, J. H. Lutz, R. J. Lavery, A. Saha, « The type 1a supernova 1986G in NGC 5128 - Optical photometry and spectra », Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 99,‎ 1987, p. 592–605 (DOI 10.1086/132020, lire en ligne)
  12. I. D. Karachentsev, M. E. Sharina, A. E. Dolphin, E. K. Grebel, D. Geisler, P. Guhathakurta, P. W. Hodge, V. E. Karachetseva, A. Sarajedini, P. Seitzer, « New distances to galaxies in the Centaurus A group », Astronomy and Astrophysics, vol. 385,‎ 2002, p. 21–31 (DOI 10.1051/0004-6361:20020042, lire en ligne)
  13. R. B. Tully, Nearby Galaxies Catalog, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1988 (ISBN 0-521-35299-1)
  14. P. Fouque, E. Gourgoulhon, P. Chamaraux, G. Paturel, « Groups of galaxies within 80 Mpc. II - The catalogue of groups and group members », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 93,‎ 1992, p. 211–233 (lire en ligne)
  15. A. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 100,‎ 1993, p. 47–90 (lire en ligne)
  16. I. D. Karachentsev, « The Local Group and Other Neighboring Galaxy Groups », Astronomical Journal, vol. 129,‎ 2005, p. 178–188 (DOI 10.1086/426368, lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]