Censure en République populaire de Chine

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Cet article recense les différents types de censure en République populaire de Chine.

La censure est aujourd'hui importante dans ce pays.

Histoire de la censure en Chine[modifier | modifier le code]

Censure des journalistes[modifier | modifier le code]

En 2009, il est prévu d'établir une liste noire des journalistes indésirables. Ceux-ci se verront retirer leurs cartes de presse[1].

Depuis décembre 2005, trois des journaux les plus libres ont connu des purges au sein de leur direction tandis qu’une dizaine de journalistes et cyberdissidents ont été arrêtés par la police politique. Le président Hu Jintao, également chef du parti communiste et de l’armée, a personnellement exigé l’arrestation de Zhao Yan, collaborateur du New York Times, et Ching Cheong, journaliste d’investigation hongkongais. L'association Reporters sans frontières signale qu'en 2004 Hu Jintao avait déclaré publiquement son admiration pour le modèle cubain de contrôle de la presse.

Concernant les immolations de Tibétains en 2011 et 2012, très peu d'informations parviennent à l'extérieur des zones tibétaines car les autorités chinoises imposent un black-out sur les communications et interdisent à la presse étrangère de se rendre sur place[2].

Censure des films[modifier | modifier le code]

Comme seulement 20 films importés ont une permission de projection chaque année en Chine, seules les superproductions ou les films largement connus sont énumérés.

  • 1960 : Ben-Hur[3], pour son contenu de « propagande de convictions superstitieuses, à savoir le christianisme » (n'a jamais reçu de permission de projection).
  • 1994 : Vivre ![4], pour sa représentation satirique de diverses politiques et de diverses campagnes du gouvernement communiste (n'a jamais reçu de permission de projection).
  • 1997 : Kundun pour sa position sur un Tibet libre (interdiction absolue, s'applique aussi à vie à tous les films de Martin Scorsese).
  • 1997 : Sept ans au Tibet[3], pour sa position sur un Tibet libre (interdiction absolue, s'applique aussi à vie à tous les films avec Brad Pitt et David Thewlis).
  • 1999 : South Park, le film : Plus long, plus grand et pas coupé, pour sa parodie de Saddam Hussein, l'ancien Président de l'Irak (n'a jamais reçu de permission de projection).
  • 2000 : Les Démons à ma porte[5], pour sa représentation controversée de l'Occupation japonaise de Chine pendant la Guerre sino-japonaise (1937-1945) bien qu'il s'agisse d'un film réalisé par des Chinois (n'a jamais reçu de permission de projection)
  • 2005 : Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie[6], pour ses représentations peu flatteuses de société chinoise (n'a jamais reçu de permission de projection).
  • 2006 :
  • 2009 :
    • Avatar, censuré pour l'évocation de l'expropriation en masse de millions de chinois lors des campagnes d'urbanisation lancée par le gouvernement chinois à travers l'exode "Na'vis" . Le film représente également un concurrent sérieux pour les films de propagandes à la gloire du PCC.

La censure des œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Woeser, écrivain et poétesse tibétaine, épouse de Wang Lixiong, un auteur chinois spécialiste du Tibet a vu, selon le Tibet Information Network (TIN), son livre "Notes sur le Tibet" interdit par le gouvernement chinois en septembre 2003[7]. Selon Radio Free Asia, le 28 juillet 2006, ses deux blogs ont été fermés par ordre du gouvernement, apparemment en réponse aux billets dans lesquelles elle a exprimé ses souhaits lors de l'anniversaire du 14eDalaï Lama[8]. Selon Reporters sans frontières, les deux blogs de Woeser ont été fermés à la demande des autorités chinoises alors qu’une vague de censure dénoncée par RSF frappait l’Internet chinois[9]. Woeser y publiait des essais sur la culture tibétaine, ainsi que des articles de Wang Lixiong dont le forum a aussi été fermé[10].

La censure d'Internet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Censure d'Internet en Chine.

La Chine exerce un filtrage des sites web indésirables à l'aide d'un immense pare-feu surnommé le grand pare-feu de la Chine, par lequel toutes les connexions Internet passent. Le gouvernement chinois se sert de ce pare-feu pour bloquer des sites à contenu politique (manifestations pro-démocratie de la place Tiananmen en 1989, l'indépendance des Tibétains et sur le 14e Dalaï Lama, l'indépendance des Ouïghours, l'indépendance de Taïwan), des sites associatifs ou des blogues, mais aussi des sites pornographiques ou les sites à caractère subversif.

Le 15 décembre 2009, le gouvernement chinois a bloqué de nombreux forums sans prévenir, sous prétexte d’éradiquer des pollutions pornographiques, et oblige une nouvelle autorisation[11]. Comme annonce d’un forum bloqué : pour une coopération avec la politique d’éradication des pollutions pornographiques ramenée par le gouvernement, notre forum est actuellement fermé[12]. Une annonce d’un autre site : notre site cesse de servir, nous sommes en train de chercher désespérément une nouvelle autorisation pour un nouveau système, notre équipe magnifie toujours le parti communiste chinois, et le respecte toujours[13].

La censure de la musique[modifier | modifier le code]

L'album Chinese Democracy du groupe Guns N' Roses est interdit en République populaire de Chine, selon certaines sources, en raison de la critique présumée dans sa chanson “Chinese Democracy” concernant le Gouvernement de la République populaire de Chine et d'une référence au Falun Gong[14]. Le gouvernement communiste a déclaré par l'intermédiaire d'un journal contrôlé par l'État que l'album rock « fait partie d'un stratagème de l’Occident pour dominer le monde en utilisant la démocratie comme subterfuge »[15],[16].

Un musicien tibétain a été arrêté fin 2009, et son album intitulé Torture without Trace est interdit[17]. En décembre 2009, cinq moines ont été arrêtés pour avoir distribué une vidéo jugée subversive exprimant une loyauté envers le Dalaï Lama et un sentiment d’impuissance après la mort de Tibétains après les manifestations à une large échelle au Tibet[18].

La censure d'œuvres d’art[modifier | modifier le code]

Des œuvres d’artistes ayant notamment traits à Mao Zedong sont parfois censurés par les autorités chinoises, comme en mai 2008, quand une toile du peintre Huang Yan ne reçut pas l'autorisation d'être exportée en France[19], ou en septembre 2008 à la Foire d'art contemporain de Shanghai[20].

Une œuvre de l'artiste chinois Zhang Hongtu résidant à New York et intitulé Bird's Nest, in the Style of Cubist représentant le stade national de Pékin aussi appelé le « Nid d'oiseau » et destiné à une exposition à l'ambassade d'Allemagne en Chine pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008 fut saisi par la douane chinoise en juillet 2008. Sur sa toile, le peintre avait figuré en caractères chinois « flamme olympique sacrée », « un monde, un rêve » (le slogan olympique), « famille, joie, bonheur », le chiffre arabe 8 de façon répété, et les mots en anglais de « Tibet » et « Human Right », l'expression a été qualifiée d'« inacceptable », la représentation du stade « pas assez bonne » et la couleur « trop sombre et atténuée » par les agents des douanes[21].

La censure de la radio et de la télévision[modifier | modifier le code]

Selon l'écrivaine chinoise Tsering Woeser la mise en place du projet « Tibet-Xinjiang » a notamment pour objectif de déployer des émetteurs de forte puissance permettant de créer « un rideau de fer infranchissable par les ondes ». Ainsi ce dispositif ne permet pas aux Tibétains de recevoir des « émissions de radio et de télévision » diffusées par des organisations internationales dont Radio Free Asia et Voice of America[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Le Figaro
  2. Graves troubles au Tibet: actes de désespoir ou de résistance? Le Mondes des Religions, Matthieu Mégevand, 1 février 2012
  3. a, b, c et d Alexandre Muhrn, « Batman ne franchira pas la Grande Muraille » sur Les inrockuptibles, le 31 décembre 2008.
  4. « Lan Yu, histoire d’hommes à Pékin », sur Mon choix.net, le 11 mars 2002.
  5. Liu Xiaobo, « CHINE: LES ZONES GRISES DE LA LIBERTE » sur www.politiqueinternationale.com, été 2002.
  6. Sabine Mohler, « "Tomb Raider 2" censuré en Chine » sur Cineman.ch le 3 septembre 2003.
  7. TAR Authorities Ban Book by Tibetan Author (TIN)
  8. Banned, Blocked Tibetan Writer Vows to Speak Out in China
  9. Disparition des deux blogs [sic d’une poétesse tibétaine]
  10. Un été très mouvementé pour le Dalaï Lama et le Tibet
  11. 论坛专项备案
  12. [1]
  13. 网站无限期关闭中,尝试论坛专项备案。我们小站长紧紧围绕在党的周围,热爱它,赞美它,歌颂它。
  14. (zh) « 內地封殺 GN'R 唱片 », Apple Daily,‎ 24 novembre 2008 (consulté le 24 nov. 2008)
  15. (en) « 'Venomous' Guns N' Roses album slammed in China », CNN.com,‎ 24 novembre 2008 (lire en ligne)
  16. « Chinese Democracy : le régime chinois craint Guns N Roses ! »
  17. http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=26130&article=Tibetan+singer+arrested+over+'subversive'+CD%3A+Report Tibetan singer arrested over 'subversive' CD: Report
  18. 5 Tibetan monks arrested over "subversive" music video
  19. Mao dans la toile des censeurs
  20. Shanghai : ouverture en censure
  21. Bird's Nest Painting Banned, Human Rights in China
  22. Tsering Woeser, Le projet Tibet-Xinjiang : « Écrasez la voix de l’ennemi », juin 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]