Cendrillon (opéra)

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Cendrillon
Image décrite ci-après
Affiche de Cendrillon à l'Opéra-Comique, 1899

Genre Opéra
Nbre d'actes 4 actes et 6 tableaux
Musique Jules Massenet
Livret Henri Cain et Paul Collin[1],[2]
Langue
originale
français
Sources
littéraires
Cendrillon, fable de Charles Perrault
Durée
approximative
2 heures 15
Dates de
composition
1894-1895
Création 24 mai 1899
Opéra-Comique, Paris
Personnages
Airs

Cendrillon est un opéra en quatre actes et six tableaux, de type conte de fées, composé par Jules Massenet, sur un livret d'Henri Cain et de Paul Collin. L'œuvre est composée en 1894-1895 et présentée pour la première fois à l'Opéra-Comique, à Paris, le 24 mai 1899, au zénith de la carrière de Massenet. Il s'agit d'une des compositions les plus charmantes du compositeur, qui connut, à ses débuts, un succès fulgurant, engendrant pas moins de cinquante représentations lors de sa première saison. Cet opéra, avec Manon et Werther, figure parmi ceux des 25 opéras de Massenet qui sont le plus souvent mis en scène, bien qu'il ne fasse pas partie du répertoire. Le livret est basé sur le conte Cendrillon de Charles Perrault.

Genèse[modifier | modifier le code]

Lors de la première de La Navarraise en 1894, Henri Cain et Jules Massenet conviennent de travailler au conte de fée Cendrillon. Le compositeur s'y consacre à la fin de l'année, et il en a terminé l'orchestration à la fin de 1895. La première, qui eut lieu à l'Opéra-Comique, a été repoussée de 1897 (en faveur de Sapho) à mars 1899, puis reportée, presque de semaine en semaine, au 24 mai 1899[3],[4]. Au cours des dernières répétitions, le directeur de l'opéra et les auteurs conviennent de supprimer le prologue parlé qu'ils avaient appelé Préface, où l'on présentait les divers personnages de la pièce et qui n'a jamais été joué, pour ne pas détruire toute surprise[1],[2].

Représentations[modifier | modifier le code]

Plus de 60 représentations suivent la première à l'Opéra-Comique, dirigée par Alexandre Luigini, avant que les frères Isola n'en donnent un grand nombre au théâtre de la Gaîté. L'œuvre est un succès à Rome (une trentaine d.e représentations) et en Amérique[5]. Les répétitions de Cendrillon ont lieu à Bruxelles à la fin d'octobre 1899 ; puis Genève et Milan voient cette œuvre en décembre. L'opéra est monté à La Nouvelle-Orléans en 1902 et à Buenos Aires en 1908. Il est repris en 1909 à l'Opéra-Comique avec Rose Heilbrunner et Geveniève Vix[4].

Personnages[modifier | modifier le code]

Rôle Voix Création, 24 mai 1899
(chef d'orchestre : Alexandre Luigini)
Cendrillon (Lucette) soprano Julie Guiraudon[6]
Le Prince Charmant Falcon ou soprano de sentiment (ayant le physique du costume) Emelen
Mme de la Haltière, belle-mère de Cendrillon mezzo-soprano ou contralto Blanche Deschamps-Jéhin
Pandolfe, son mari, père de Cendrillon basse chantante ou baryton Lucien Fugère
La Fée soprano léger Bréjean-Gravière
Noémie, belle-fille de Pandolphe soprano Jeanne-Louise Tiphaine
Dorothée, belle-fille de Pandolphe mezzo-soprano Marie de Lisle
Le Roi baryton Dubosc
Le Surintendant des plaisirs baryton Étienne Troy
Le Doyen de la Faculté trial Gourdon
Le Roi baryton
Le Premier Ministre basse chantante ou baryton Gustave Huberdeau
Six esprits 4 soprani et 2 contralti Delorn, Oswald, Vilma, de Craponne, Stéphane et Fouquié
Chœurs Serviteurs, courtisans, docteurs, ministres, dames et seigneurs
Ballet Follets, tailleurs, coiffeurs, modistes, fiancé et fiancée, filles de noblesse, princesses, gouttes de rosée
Figuration Dames et seigneurs, pages, musiciens, princesses, serviteurs, etc.
La voix du héraut personnage parlant dans les coulisses[7]

Résumé[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

Chez Madame de la Haltière
Vaste chambre ; à droite, grande cheminée avec son âtre.
Le personnel de Mme la comtesse de la Haltière se plaint qu'elle est une mégère, au contraire de son époux. Ce dernier, Pandolfe, mari très marri de celle dont il n'arrive pas à se faire obéir (Du côté de la barbe est la toute puissance), regrette de s'être remarié à elle par ambition sociale et de faire vivre un sort lamentable à sa fille, Lucette. La comtesse conseille à ses deux filles : Faites-vous très belles ce soir parce qu'elle a bon espoir que le roi les remarquera lorsqu'on les lui présentera au bal. Laissée seule, Cendrillon se lamente d'être exclue de la soirée, finit le ménage, puis s'endort. Sa marraine fée s'adresse à des sylphes et à des lutins pour transformer sa filleule en princesse et lui permettre d'aller au bal. Elle la dote de pantoufles de verre qui la rendront méconnaissables aux yeux de ses proches et lui ordonne de revenir à minuit.

Acte II[modifier | modifier le code]

Chez le Roi
La salle des fêtes, et les jardins du palais ; le tout brillamment illuminé.
Le surintendant des Plaisirs et des musiciens, le doyen de la Faculté et des docteurs, le Premier ministre et des ministres essaient à tour de rôle de sortir le prince de sa tristesse, qui trouve les jours et les nuits bien moroses sans amour. Le Roi veut que le Prince choisisse une épouse parmi les filles de noblesse présentes au bal. Les personnages font leur entrée dans l'ordre des danses suivantes : Les filles de noblesse, Les fiancés, Les Mandores, La Florentine et Le Rigodon du Roy, où entrent Mme de la Haltière et sa famille. La comtesse espère que ses filles séduiront le Prince, mais c'est Cendrillon qui le fait en arrivant à son tour. Il lui demande son nom, et elle lui répond qu'elle sera pour lui l'Inconnue. Elle ajoute que leur rencontre ne sera que passagère, qu'il est son prince charmant et qu'elle aurait envie de lui consacrer sa vie. Minuit sonne, et Cendrillon quitte précipitamment le bal.

Acte III[modifier | modifier le code]

Premier tableau — Le retour du bal[modifier | modifier le code]

Comme au premier acte.
Cendrillon arrive chez elle, haletante, après avoir perdu l'une de ses pantoufles et avoir été effrayée par les statues du jardin du palais et l'obscurité. La belle-famille prétend que le Prince, un moment ensorcelé, s'est bien rendu compte que l'inconnue était une fille de rien bonne à pendre. Lorsqu'il voit sa fille défaillir, Pandolfe réussit à s'imposer et jette sa femme et ses belles-filles à la porte. Il regrette d'avoir sacrifié sa fille en venant à la cour, luit dit : Nous quitterons cette ville où j'ai vu s'envoler ta gaîté d'autrefois et lui propose de retourner avec elle à leur ferme dès les matines. Après qu'il est allé tout préparer pour leur départ, Cendrillon ne veut pas lui faire subir son chagrin et part pour mourir sous le chêne des fées.

Second tableau — Chez la fée[modifier | modifier le code]

Un grand chêne an milieu d'une lande pleine de genêts en fleurs. An fond : la mer. Nuit claire, lumière très bleutée.
Après la danse des gouttes de rosée, Cendrillon et le Prince Charmant arrivent chacun de son côté, en pleurs, chez la fée, séparés par une haie de fleurs que celle-ci vient de former. Après avoir entendu les plaintes qu'ils adressent à la fée sans se voir, ils se plaignent l'un l'autre et finissent par se reconnaître. Le Prince apprend le nom de l'Inconnue. Le Prince ayant promis de suspendre son cœur au chêne enchanté pour voir Lucette, la Fée leur permet de se voir. Ils se jurent un amour fidèle, puis tombent dans un sommeil magique.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Premier tableau — La terrasse de Cendrillon[modifier | modifier le code]

Matinée de printemps
Au réveil de Cendrillon, que l'on a ramenée, inanimée, des bords d'un ruisselet, Pandolfe lui raconte qu'elle délirait et qu'elle parlait du Prince Charmant, qu'elle n'a jamais vu, d'un chêne enchanté, d'une pantoufle de verre, d'une voiture traînée par des lutins. Lui et sa fille saluent le retour du printemps. Un héraut annonce que le Prince va recevoir les princesses qui viennent essayer la pantoufle de verre, et Mme de la Haltière se voit déjà faire fureur avec ses filles parmi les invitées.

Second tableau — Chez le Roi[modifier | modifier le code]

La cour d'honneur, grand soleil
Après la Marche des princesses, le Prince Charmant est tout mélancolique jusqu'à ce que Cendrillon paraisse, précédée de sa marraine. Elle lui demande de reprendre son cœur sanglant, et lui, de le garder parce qu'elle est sa maîtresse. Mme de la Haltière reçoit Cendrillon, la nouvelle souveraine, dans ses bras en la déclarant sa fille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Harold Rosenthal et John Warrack, Guide de l'opéra, édition française réalisée par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux, 978 p. (ISBN 2-213-59567-4).
  2. a et b W.K., Prenez garde : Cendrillon n'est pas celle qu'on dit !, dans la revue de l'Association Jules Massenet, printemps 2001.
  3. Anne Massenet, Jules Massenet en toutes lettres, Paris, Éditions de Fallois, 2001 (ISBN 978-2-8770-6422-4 et 2-87706-422-0).
  4. a et b Gustave Kobbé, Tout l'opéra ; traduit de l'anglais par Marie-Caroline Aubert, Denis Collins et Marie-Stella Pâris ; adaptation française de Martine Kahane ; compléments de Jean-François Labie et Alain Pâris ; édition établie et révisée par le comte de Harewood et Antony Peattie, Paris, Laffont, c1999.
  5. Jules Massenet, Mes souvenirs (1848-1912), Paris, Pierre Lafitte & Cie, 1912.
  6. Future femme d'Henri Cain.
  7. Partition de Cendrillon.

Liens externes[modifier | modifier le code]