Cellules souches embryonnaires

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cellule souche (homonymie).

Les cellules souches embryonnaires sont des cellules souches pluripotentes issues d’un embryon au stade de blastocyste.

Historique[modifier | modifier le code]

Les cellules souches embryonnaires ont été identifiées en 1981 chez la souris par Martin Evans, Kaufman et Martin[1],[2], et en 1998 chez l’homme par les équipes de James Alexander Thomson, de Joseph Istkovitz-Eldor et de Benjamin Reubinoff[3],[4].

Biologie[modifier | modifier le code]

Les cellules souches embryonnaires (CSE) isolées in vitro dans la masse cellulaire interne du blastocyste (embryon au 5 ou 6ème jour chez l’homme).

La masse cellulaire interne a la propriété de donner naissance in vivo aux trois feuillets embryonnaires (endoderme, mésoderme et ectoderme) à l'origine de tous les tissus d’un être humain adulte.
Cette propriété de pluripotence in vivo est très rapidement perdue au cours du développement embryonnaire.

En 1981 on a réussi chez la souris à conserver in vitro à l’état de pluripotence des cellules de la masse cellulaire d’un blastocyste et à les faire proliférer indéfiniment : c’était la naissance des cellules souches embryonnaires. Ces lignées cellulaires sont génétiquement normales, à la différence des lignées de tumeurs malignes. À tout moment, y compris après plusieurs années de culture, il reste possible de faire différencier ces cellules en n’importe quel type cellulaire. Si des cellules souches embryonnaires de souris – y compris si elles ont été génétiquement modifiées - sont injectées dans un blastocyste de souris, elles contribuent à tous les tissus du souriceau, y compris la lignée germinale. Cette approche a permis la création des animaux KO et transgéniques et ces travaux ont été couronnés par le prix Nobel de médecine en 2007.

En 1998, ces résultats ont été reproduits chez l’homme par la dérivation des premières lignées de cellules souches embryonnaires humaines. La propriété de pluripotence est attestée in vivo par la formation de tératomes comportant des tissus différenciés issus des trois feuillets embryonnaires, après injection à la souris SCID. In vitro, l'utilisation de conditions de culture spécifiques entraîne la différenciation des cellules souches embryonnaires humaines vers des types cellulaires matures tels que neurones, cardiomyocytes, hépatocytes, cellules hématopoïétiques etc.

En 2009/2010, on a montré - chez des souriceaux - que des neurones issus de CSE greffées dans le cortex visuel se connectaient aux autres neurones en évitant les régions du cerveau dont elles ne sont pas spécifiques sans, par exemple, se connecter aux neurones de la moelle épinière. Alors que des CSE greffées dans la moelle s'y sont installées sans se connecter au cortex visuel ni à d'autres organes[5]. Si ceci se vérifie aussi chez la souris adulte, une nouvelle piste de régénération physique de lésions nerveuses cérébrales serait ouverte.

Juridique[modifier | modifier le code]

La loi n° 2004-800 du 6 août 2004 relative à la bioéthique modifiant celle de 1994, permet par dérogation pour une période de cinq ans de conduire une recherche sur l'embryon humain : « les recherches peuvent être autorisées sur l'embryon et les cellules embryonnaires lorsqu'elles sont susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à condition de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d'efficacité comparable, en l'état des connaissances scientifiques ». Ces recherches sont encadrées par l'Agence de la Biomédecine.

Par ailleurs, le 18 octobre 2011, la Cour de justice de l'Union européenne a écarté, au nom de l'art. 6 de la Directive sur la brevetabilité des inventions biotechnologiques, un brevet portant sur des cellules obtenues à partir de cellules souches embryonnaires humaines.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]