Ce qui doit être dit

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Ce qui doit être dit (Was gesagt werden muss en allemand) est un poème en prose de l'écrivain allemand Günter Grass, publié dans les journaux Süddeutsche Zeitung, La Repubblica et El País le 4 avril 2012.

Résumé du poème[modifier | modifier le code]

Le poème se réfère au conflit actuel entre l'Iran et l'Israël. Les deux pays ont depuis longtemps exécutés ses propres programmes nucléaires, l'Israël aussi que l'Iran.

Dans ce contexte selon le narrateur sont effectuées des jeux de stratégie militaires, où les survivants sont « tout au plus des notes de bas de pages »[1]., [2]. Le président iranien est seulement « une grande gueule » en menaçant l'état juif. On ne savait pas si l'Iran possédait d'une bombe atomique, on le soupçonnerait seulement. Si l'Allemagne livrerait un autre sous-marin à Israël, elle serait une complice « d'un crime prévisible ». Quand l'Israël attaquerait l'Iran pour se défendre contre le programme nucléaire iranien sans qu'aucune preuve matérielle ne soit donnée d'une véritable menace encourue, cela « menace une paix du monde déjà fragile ». C'est cela qui devrait être dit.

Le narrateur affirme qu'il n'est qu'un vieil homme, qui, « vieillit, et de ma dernière encre », a cessé de se taire, bien que tout intervention contre l'Israël par un Allemand soit considérée comme antisémite. Il est « las de l'hypocrisie de l'Occident » qui « pèse sur moi comme un mensonge ».

En conclusion, les programmes nucléaires israélien et iranien doivent être placé sous contrôle international.

Les réactions[modifier | modifier le code]

La publication du poème a provoqué des réactions plutôt négatives en Allemagne et en Israël. Notamment, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a dit qu'il n'était pas surpris qu'un ancien soldat de la Waffen-SS comme Günter Grass pense que seul l'État juif n'ait pas le droit de se défendre[3].

L'historien Tom Segev affirme que Grass avait tort de dire qu'il rompait le silence, car il y a une discussion assez vive en Israël portant sur l'action militaire contre l'Iran[3].

Le 8 avril 2012, le ministre de l’Intérieur israélien Eli Yishaï déclarait Günter Grass persona non grata en Israël[4].

Dans un entretien avec le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le critique littéraire allemand Marcel Reich-Ranicki a dit que Grass avait publié son « poème dégoûtant » dans le seul but de provoquer un scandale. Il dit qu'il ne pensait pas que Grass était antisémite et que ce serait seulement en vieillissant que son passé de soldat SS le rattraperait[5].

L'historien israélien Élie Barnavi reproche à Günter Grass le choix du poème en prose, procédé qui dispense l'auteur d'argumenter et d'apporter la preuve de ses dires. Il suggère que Grass, polémiste affirmé, recherche un prétexte pour décharger la conscience allemande du poids de la Shoah[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Récit selon la traduction d'Olivier Mannoni parue dans Le Monde, 5 avril 2012.
  2. Cf. le résumé par Frédéric Lemaître : L'écrivain Günter Grass accuse Israël de "menacer la paix mondiale". Le Monde. 5 avril 2012.
  3. a et b Hans-Christian Rössler : Netanjahu zu Grass: „Anständige Leute sollten die Aussagen verurteilen“. Frankfurter Allgemeine Zeitung. 5 avril 2012 (en allemand).
  4. Günter Grass interdit de visite en Israël. Le Monde. 8 avril 2012.
  5. Volker Weidermann : Marcel Reich-Ranicki über Günter Grass: Es ist ein ekelhaftes Gedicht. Frankfurter Allgemeine Zeitung. 8 avril 2012 (en allemand).
  6. Marianne n°782 du 14 au 23 avril 2012, p. 88-90

Liens externes[modifier | modifier le code]