Caton d'Utique

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Caton d'Utique lisant le Phédon avant de se donner la mort de Jean-Baptiste Roman & François Rude, Musée du Louvre
La mort de Caton d'utique, peinte par Guillaume Guillon Lethière (1795)

Caton d'Utique (Marcus Porcius Cato Uticencis), ou Caton le Jeune était un homme politique romain, né en 95 av. J.-C. et mort en 46 av. J.-C. à Utique (Tunisie actuelle).

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-petit-fils de Caton l'Ancien, il montra de bonne heure une âme ferme et courageuse. Amené à 14 ans au palais de Sylla et apercevant les têtes sanglantes des proscrits, il demanda un poignard, afin, dit-il, d'affranchir Rome de son tyran.

Élu questeur en 65 av. J.-C., il se signale par sa rigueur en examinant les archives du Trésor au début de son mandat, et en faisant procéder à de nombreuses rectifications d'irrégularités financières dues aux négligences administratives de ses prédécesseurs[1].

En 63 av. J.-C., lors de la conjuration de Catilina, il appuya les mesures de rigueur proposées par Cicéron. Tout en se défiant de Pompée, il s'opposa de tout son pouvoir à l'ambition de Jules César, et vota en -59 contre la mesure qui donnait à ce dernier le commandement des Gaules pour cinq ans, disant aux sénateurs qu'ils se décrétaient un tyran pour l'avenir.

En -52, il fut candidat au consulat de 51, mais fut battu par les candidats pompéiens.

Au début de la guerre civile en -49, il fut gouverneur de la Sicile, que les césariens commandés par Curion l'obligèrent à évacuer. Il se prononça pour Pompée, et remporta quelques avantages sur les troupes de César à Dyrrachium. À la nouvelle de la défaite de Pharsale, et peu après l'assassinat de Pompée, il rassembla les débris de l'armée républicaine et se rendit en Afrique, où Q. Metellus Scipion, à la tête de quelques troupes, se préparait à résister à César. Après la défaite de Metellus Scipion à Thapsus, Caton ne voulut pas « survivre à la liberté » : il s'enferma dans Utique et s'y perça de son épée. On dit qu'avant de se frapper, il lut et médita le Phédon, dialogue où Platon traite de l'immortalité de l'âme. Caton était attaché à la doctrine du stoïcisme qui s'accordait bien avec l'austérité de son caractère.

Il est le père de Porcie, épouse de Brutus.

Postérité[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Dans Porcie (1568), Robert Garnier met dans la bouche de l'héroïne éponyme cet éloge de son père (II, v. 229-234) :

La Mort de Caton d'Utique par Pierre-Narcisse Guérin
J'eusse par mon trespas fait connoistre à Pluton,
Qu'à bon droit j'eusse esté la fille de Caton,
De ce Caton, Romains, que tout le monde estime,
De ce Caton fameux, qui d'un cœur magnanime,
Tant qu'il fut jouissant de la douce clairté,
Combatit ardemment pour nostre liberté.
  • « Vider un principe de son sens, c'est confier la liberté à l'arbitraire » (rapportée par Plutarque)

Dramaturgies[modifier | modifier le code]

  • Joseph Addison a pris en 1713 la mort de Caton pour sujet d'une tragédie dont le succès est dû en partie aux circonstances politiques de l'époque.
  • Deschamps a également fait une tragédie en 1715, titrée Caton d’Utique.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Buste de Caton découvert à Volubilis - Musée archéologique de Rabat, Maroc

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plutarque, Caton le Jeune, 18
  2. Plutarque, Vie de César, LIX.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]