Catherine Pozzi

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Catherine Pozzi

Catherine Pozzi, née le à Paris et morte dans la même ville le , est une poétesse et femme de lettres française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catherine Marthe Louise Pozzi naît dans un milieu bourgeois de la fin du XIXe siècle, de Samuel Pozzi, chirurgien et gynécologue, et de Thérèse Loth-Cazalis, « apparentée (...) au poète Henri Cazalis (Jean Lahor) et au peintre Frédéric Bazille »[1].

La famille, brillante et cultivée, fréquente les gens aisés, les artistes, les écrivains (José-Maria de Heredia, Paul Bourget…). Catherine aura deux frères cadets, Jacques et Jean. Jeune, elle étudie avec des précepteurs ; elle s’intéresse à la musique, pratique le tennis et l’équitation. Dès l’âge de 11 ans, elle commence à tenir un premier Journal. Elle étudie également un an à Oxford.

À 25 ans, elle épouse, sans conviction, l’auteur dramatique à succès Édouard Bourdet. En 1909 naît leur fils Claude.

Vers 1910 apparaissent les symptômes de la tuberculose dont elle souffrira désormais jusqu’à sa mort.

Elle se lance dans l’étude de l’histoire de la philosophie et des religions, des mathématiques et des sciences, et est l’élève de Marie Jaëll. En 1918 elle passe le baccalauréat, à 37 ans. La même année son père est assassiné par un ex-patient, affligé du délire de persécution.

Elle est l’amie de Rainer Maria Rilke, Anna de Noailles, Jean Paulhan (rédacteur en chef de La Nouvelle Revue française), Colette, Henri de Régnier, Pierre Jean Jouve entre autres.

Elle entame en 1920 une relation tumultueuse avec Paul Valéry, qui durera huit ans et donnera lieu à une importante correspondance. La rupture avec celui-ci l'éloignera du Paris des salons et provoquera chez elle un pénible sentiment de solitude.

Elle meurt à Paris le , minée par la tuberculose, la morphine et le laudanum.

Cette « grande jeune femme, gracieuse et laide » (Jean Paulhan), élégante, sportive, lucide, mais aussi intransigeante et orgueilleuse, fut toute sa vie, face à la souffrance, assoiffée d’absolu et tourmentée du besoin de croire.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Catherine Pozzi est connue surtout pour six poèmes fulgurants, publiés en 1935 (Mesures), et qu’elle considérait comme son testament littéraire : Ave, Vale, Scopolamine, Nova, Maya et Nyx. Ce dernier (Nyx signifie « la nuit » en grec), fut composé « d’un trait », le 5 novembre 1934, peu avant sa mort.

Elle laisse aussi une nouvelle autobiographique anonyme : Agnès (NRF, 1927), et un essai philosophique inachevé : Peau d’Ame. Quelques articles scientifiques d’elle ont paru dans Le Figaro.

Plus récemment, la publication de son Journal (1913-1934) et de son Journal de jeunesse (1893-1906) a renouvelé l’intérêt à son endroit. La partie de sa correspondance avec Paul Valéry publiée ne représente en fait qu’une petite partie des lettres échangées, celles ayant survécu au souhait exprimé par Catherine Pozzi dans son testament que ces lettres soient détruites.

Certains poèmes de Catherine Pozzi évoquent parfois ceux de Louise Labé, mais leur souffle et leur tension semblent sans commune mesure avec cette œuvre du XVIe siècle.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L’horreur de ma vie, c’est la solitude. Parce que je suis une infirme. Je ne puis pas joindre les autres, jamais. De là, ces intoxications par un sentiment, et ces débauches de matière spirituelle. » (15 mai 1927).
  • « Ce qui ne peut devenir nuit ou flamme, il faut le taire. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Catherine Pozzi[modifier | modifier le code]

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  • Très haut amour (Poèmes et autres textes), Gallimard Poésie. (ISBN 2-0704-2105-8)
  • Poèmes, Gallimard / Métamorphoses. (ISBN 2-0702-5224-8)
  • Catherine Pozzi, Œuvre poétique, éd. Lawrence Joseph, Paris, La Différence, « Littérature », 1988.
  • Agnès, Paris, La Différence, 1988, coll. "Minos", 2002. (ISBN 2-72-911413-0)
  • Peau d'âme, prés. Lawrence Joseph, Paris, La Différence, « Philosophia perennis », 1990.
  • Catherine Pozzi, Rainer Maria Rilke, Correspondance 1924-1925, prés. Lawrence Joseph, Paris, La Différence, « Littérature », 1990.
  • Catherine Pozzi, Jean Paulhan, Correspondance 1926-1934, éd. Françoise Simonet-Tenant, Paris, C. Paulhan, « Pour mémoire », 1999.
  • Catherine Pozzi et Jean Paulhan, Correspondance 1926-1934, Ed. Claire Paulhan 1999.
  • La flamme et la cendre : Correspondance (Paul Valéry, Catherine Pozzi, Lawrence Joseph). Gallimard / Blanche 2006, 830 p. (ISBN 2-0707-7254-3)
  • Catherine Pozzi, Journal de jeunesse : 1893-1906, éd. Claire Paulhan, (ISBN 2-9122-2202-8)
  • Catherine Pozzi, Journal : 1913-1934, éd. et annot. Claire Paulhan, préf. Lawrence Joseph.

Paris, Ramsay, 1987 / Seghers, 1990 / C. Paulhan, « Pour mémoire », 1999. Réédité chez Phébus (édition augmentée, 798 p) : (ISBN 2-7529-0044-9)

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Lawrence Joseph et Claire Paulhan : Catherine Pozzi, Une robe couleur du temps, Ed. de la Différence, 1988. (ISBN 2-7291-0318-X)
  • Pierre Boutang, Karin Pozzi et la quête de l'immortalité, Paris, La Différence, « Mobile matière », 1991. (ISBN 2-7291-0654-5)
  • Mireille Diaz-Florian: Catherine Pozzi. La vocation à la nuit. Préface de Claire Paulhan, Aden, coll. Le cercle des poètes disparus, 2008.
  • Agnès Besson, Lou Andreas-Salomé, Catherine Pozzi, Deux femmes au miroir de la modernité, L'Harmattan, coll. Ouverture philosophique, 2010. (ISBN 978-2268069333)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Très haut amour, Repères biographiques, Poésie/Gallimard, 2002