Catherine Dachkov

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Catherine Dachkov

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Portrait de la princesse Dachkov par Levitsky

Nom de naissance Ekaterina Romanovna Vorontsova
Naissance 17 mars 1743
Saint-Pétersbourg
Décès 4 janvier 1810 (à 66 ans)
Moscou
Nationalité Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Activité principale
Conjoint
Michel Dachkov

La princesse Catherine Dachkov (en russe : Екатерина Романовна Дашкова, Ekaterina Romanovna Dachkova), née comtesse Vorontsov[1] le 17 (28) mars 1743 à Saint-Pétersbourg et morte le 4 (16) janvier 1810 à Moscou, est une aristocrate russe lettrée, fondatrice de l'académie impériale de Russie, confidente de la Grande Catherine, sœur des comtes Semion et Alexandre Vorontsov. Ce fut l'une des personnalités marquantes de la période des Lumières en Russie et en Europe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catherine Vorontsov est la troisième fille du comte Roman Vorontsov, membre du sénat et général-en-chef, et de son épouse, née Marthe Sourmine. Son oncle et son frère sont chanceliers de l'Empire ; une de ses sœurs, Marie (1738-1765), dame d'honneur d'Élisabeth Ire et son autre frère diplomate anglophile. Elle reçoit une parfaite éducation, est douée en mathématiques, qu'elle étudie avec des professeurs de l'université de Moscou, et se passionne de littérature, française en premier lieu. Elle étudie Voltaire, Boileau, Helvétius, Bayle et Montesquieu et voyage en Europe.

Par sa naissance, elle est très liée avec la cour et s'attache dès 1758 la jeune grande-duchesse Catherine, future impératrice. Elle épouse à l'âge de seize ans le prince Michel Dachkov (1736-1764), diplomate descendant de Riourik, et s'installe dans son palais de Moscou. Elle est en 1762 à Saint-Pétersbourg et soutient le coup d'État de 1762 qui met Catherine au pouvoir. Une de ses sœurs, Élisabeth, favorite de Pierre III, aurait reçu les confidences de l'empereur qui voulait se défaire de Catherine pour l'épouser, provoquant ainsi son propre assassinat.

Intérêts en politique[modifier | modifier le code]

Douée d'un caractère plutôt viril au sens premier du terme, la jeune princesse Dachkov se passionne pour les questions de politique et d'organisation de la société. Son oncle lui permet de lire ses rapports diplomatiques et ses relations à la cour l'instruisent de l'état de son pays et de son gouvernement. À la veille du coup d'État, la jeune impératrice Catherine charge son favori Orlov de rallier l'armée à sa cause et Catherine de trouver des soutiens dans l'aristocratie. Grâce à elle, elle obtient l'appui du comte Panine et du comte Razoumovski, ainsi que d'Ivan Betskoï, du prince Bariantinski, de Glebov, Teplov, etc. Cependant les intrigues de proches l'éloignent de la cour et elle n'aime pas en particulier les favoris de l'impératrice. Elle demeure pourtant loyale à l'impératrice, bien que celle-ci ne soit plus aussi proche que naguère.

Voyages[modifier | modifier le code]

Portrait de la princesse vers 1770

La jeune femme obtient la permission de se rendre à l'étranger, certains historiens prétendant que la raison en était que l'impératrice voulait se faire pardonner de son refus de nommer la princesse Dachkov colonel d'honneur d'un de ses régiments. Ele est veuve en 1768 et commence son Grand Tour grâce à son immense fortune. Elle s'attire les faveurs intellectuelles de Voltaire et de Diderot à Paris et se rend à Londres et à Édimbourg, où Principal Robertson donne des leçons à son fils.

Académicienne[modifier | modifier le code]

La princesse entre au bout de presque quinze ans en Russie, en 1782. Constatant un certain isolement intellectuel de la Russie, qui pourtant s'était ouverte à l'occident depuis le début du siècle, elle décide de fonder en 1784 à l'image de l'académie française, une académie impériale de Russie, afin d'enrichir et de purifier la langue et la grammaire russes et de lui ôter ses archaïsmes du slavon. Auparavant elle avait été nommée directrice de l'académie impériale des sciences et des belles-lettres, le comte Razoumovski en étant président, mais en pratique cette fonction était purement nominale. La princesse est la première femme en Europe à exercer une telle influence. Elle s'attache à y faire venir de véritables philosophes et hommes de sciences, mettant fin à un certain dilettantisme. Parallèlement, elle fait éditer le dictionnaire académique à l'académie impériale, publie une lettre mensuelle et écrit deux pièces de théâtre, Le Mariage de Fabien et une comédie intitulée Toïssioko.

Elle est élue membre honoraire de l'académie royale des sciences de Suède en 1783, première femme étrangère à être ainsi distinguée et seconde après Eva Ekeblad. Elle se retire toutefois de la cour, peu avant la mort de la Grande Catherine à cause d'une tragédie qu'elle fait publier et que d'aucuns accusent à tort d'être favorable aux principes républicains.

Exil[modifier | modifier le code]

Lorsque Paul Ier accède au trône en 1796, il se hâte de défaire tout ce que sa mère avait tissé. Il exile la princesse dans un village près de Novgorod, pour lui faire expier sa participation aux événements de 1762. Une pétition de ses amis la fait revenir dans ses terres près de Moscou, où elle meurt le 4 janvier 1810.

Son fils, dernier des Dachkov, étant mort en 1807, tous ses biens passent à son neveu Ivan Vorontsov qui obtient la permission de l'empereur de relerver le nom et de s'appeler Vorontsov-Dachkov. Son fils, le comte Illarion Vorontsov-Dachkov (1837-1916) est chambellan à la cour de 1881 à 1897, puis gouverneur-général du Caucase de 1905 à 1915.

Les Mémoires en français de la princesse sont publiées à Paris en 1804, Mon Histoire, et en version intégrale après sa mort en 1840.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orthographié Worontzoff ou Worontzow à l'époque en occident

Liens externes[modifier | modifier le code]