Cathédrale de la Résurrection d'Évry

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Cathédrale de la Résurrection
Image illustrative de l'article Cathédrale de la Résurrection d'Évry
Présentation
Nom local Cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes
Début de la construction 1992
Fin des travaux 1995
Architecte Mario Botta
Style dominant Contemporain
Site web cathedrale-evry.cef.fr
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Essonne
Commune Évry
Coordonnées 48° 37′ 25″ N 2° 25′ 43″ E / 48.623605, 2.42869248° 37′ 25″ Nord 2° 25′ 43″ Est / 48.623605, 2.428692  

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Cathédrale de la Résurrection

La cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien est une cathédrale diocésaine de confession catholique, dédiée à l'évêque Corbinien de Freising qui était né au VIIe siècle à Arpajon dans l'actuel diocèse d'Évry. La cathédrale est située dans la commune française d'Évry et le département de l'Essonne. Si l'on excepte la Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille, achevée en 1999 mais entamée en 1854, la cathédrale d'Évry est la seule construite en France au XXe siècle.

Situation[modifier | modifier le code]

Comme jadis, la cathédrale est construite au cœur du centre-ville à proximité directe de l'hôtel de ville, de l'hôtel de la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, non loin de l'université d'Évry-Val d'Essonne, de la gare d'Évry - Courcouronnes et du centre commercial Évry 2. Elle est complétée par la maison diocésaine et le monastère de la Croix et de la Miséricorde des dominicaines. Un espace fermé attenant à la cathédrale constitue le « clos cathédrale », composé de cent logements, six mille cinq cents mètres carrés de bureaux et mille neuf cents mètres carrés de commerces. Au centre se trouve le square Jean-Paul II.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le diocèse de Corbeil-Essonnes fut créé le 9 octobre 1966, il disposait alors de la co-cathédrale Saint-Spire. Dès 1988, l'évêque Guy Herbulot envisageait la construction d'une cathédrale en centre-ville, de premières esquisses furent présentées. En 1989, pour recentrer les services diocésains près du centre administratif du département dont la préfecture est située à Évry, le diocèse prit l'appellation de Évry-Corbeil-Essonnes. La présentation du projet intervint le 3 mai 1990 au Vatican et la première pierre fut bénie et posée lors des fêtes de Pâques 1991 en présence du nonce apostolique mais le chantier ne commença effectivement qu'en juillet de l'année suivante. Les fondations furent achevées en novembre, l'ossature composée de deux cylindres en béton fut terminée en mai 1993 et le 2 octobre 1993 les cloches furent baptisées, posées en 1994 en même temps que les vingt-quatre tilleuls au mois d'octobre. La cathédrale fut ouverte au culte dès le Mardi Saint 11 avril 1995 à l'occasion de la messe chrismale, la première messe dominicale fut célébrée le jour de Pâques, 16 avril. Le 11 décembre 1995 fut édité un timbre à 2,80 francs présentant le plan au sol et les volumes extérieurs, dessiné par l'architecte Mario Botta et gravé par André Lavergne. Elle ne fut officiellement inaugurée que l'année suivante. La dédicace intervint 8 mai 1997 suivie par la visite du pape Jean-Paul II le 22 août 1997[1],[2]. Depuis 2006, la Schola Cantorum réunit l'organiste et seize choristes[3]. Le 25 décembre 2008 fut célébrée dans la cathédrale la messe de minuit retransmise en direct sur France 2[4].

Le 24 novembre 2011, l'édifice a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle »[5].

Description[modifier | modifier le code]

Mario Botta, connu pour ses réalisations et notamment le San Francisco Museum of Modern Art, explique avoir été inspiré par les constructions byzantines et romanes d'Italie du nord pour la sobriété des formes et l'utilisation de matériaux bruts utilisées dans l'architecture de cette nouvelle cathédrale. Cette inspiration byzantine se retrouve dans la forme choisie, le cercle, fortement symbolique, car étant la première forme des habitations humaines, la forme spontanée de regroupement des assemblées et le symbole de la perfection divine, l'architecte reprenant les propos de saint Augustin : « Dieu est semblable à un cercle dont la circonférence est partout et le centre nulle part ». Autre symbole, habituel de Mario Botta et manifié ici, l'utilisation de la brique de Toulouse pour la communion des quatre éléments (faite de terre et d'eau, séchée à l'air et cuite au feu).

Le bâtiment adopte ainsi un plan cylindrique d'un diamètre de trente-huit mètres avec une emprise au sol de mille six cents mètres carrés, sur des fondations profondes repose une ossature constituée d'un double cylindre de quatre mille mètres cubes de béton recouverts de huit cent quarante mille briques artisanales, son point culminant orienté au nord-ouest atteignant trente-quatre mètres[6]. La forme cylindrique empêchant la mise en place d'une véritable façade, l'architecte décida de couper le cylindre en biseau, la pente orientée vers le sud-est, plaçant le point bas du toit à dix-sept mètres du sol. Ce toit est percé de deux larges verrières en escalier et en arc de cercle apportant une lumière zénithale, au centre desquels se trouve une charpente métallique en triangle reposant sur trois corbeaux. Le toit est sommé par une couronne de béton, éclairée d'or la nuit et surmonté par vingt-quatre tilleuls argentés, symbole de vie, de résurrection, des vingt-quatre heures du jour, des douze apôtres additionné des douze tribus d'Israël. Ils sont plantés dans mille deux cents mètres cubes de terre végétale. Au nord-ouest, au-dessus d'une excroissance renfermant un escalier, se trouve un campanile soutenant cinq cloches et une croix métallique, le tout pesant trois tonnes[7]. Trois portails permettent d'accéder à la cathédrale, le traditionnel au sud-est, le portail de cérémonie à l'ouest, surmonté d'un pont pour l'accès au musée, et le portail de l'est, les deux derniers donnant de plain-pied dans la nef[8].

La nef occupe un cylindre de vingt-neuf mètres de diamètre, son sol placé en contrebas de l'entrée principale, comme dans l'ancienne église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, est couvert de granit noir. L'accès au chœur, large de quinze mètres et derrière lequel se trouve un vitrail symbolisant un arbre, se fait par un déambulatoire avec des marches "au pas de l'âne", larges et peu élevées, éclairé lui par douze vitraux œuvres de Kim En Joong de douze couleurs, du gris au blanc, symbolisant les douze apôtres et la progression des ténèbres vers la lumière[9], mais pour l'artiste « une couleur ne correspond pas à un apôtre en particulier. On ne peut pas mettre un nom sur chaque vitrail »[10]. Au-dessus de ce chœur, une volute accueille le musée Paul Delouvrier et le Centre d'art sacré. Au centre du chœur, l'autel est en marbre blanc de Carrare, son pied descend jusqu'au centre de la crypte où sont disposées vingt-quatre tombeaux pour les évêques du diocèse. Dans celle-ci sont exposées deux toiles grand format de Vasarely représentant le Christ et Saint Pierre. À gauche du chœur le baptistère cylindrique, lui aussi en marbre blanc, permettant les baptêmes par immersion, pèse neuf tonnes. La cathèdre de l'évêque à droite est mise en valeur par une disposition particulière des briques[11].

Au fond de la nef, sous l'entrée principale au sud-est se trouve la chapelle de Jour, aussi appelée chapelle du Saint-Sacrement, de forme octogonale, symbolisant les sept jours de la semaine plus celui de la Résurrection. Elle est éclairée par un puits de lumière au levant derrière l'autel, le sol est couvert de dalles de granit noir polies et brutes dessinant un labyrinthe rappelant celui de la cathédrale Notre-Dame de Chartres. La chapelle est meublée d'un autel et de sièges en chêne, elle est décorée par trois sculptures de Gérard Garouste, une Vierge à l'Enfant en fer forgé[12], un tabernacle et un Christ sur une croix figurée par un cep de vigne avec l'inscription gravée « Je suis l'alpha et l'omega », soit je suis le commencement et la fin[13].

Le mobilier de la cathédrale a lui aussi été conçu par l'architecte Mario Botta et réalisé en chêne de Bourgogne. La nef est décorée de diverses œuvres, au centre, dominant l'autel, une croix en tau d'acier noirci reçoit un Christ d'un mètre soixante-dix en bois sculpté au début du XXe siècle en Tanzanie et ramené par un missionnaire[14], à gauche, une Vierge Marie du XVIe siècle d'un mètre vingt provenant de Chaource domine le baptistère, à droite, la statue de Saint-Corbinien en bronze[15],[16], œuvre de France et Hugues Siptrott. Elle est complétée par sept tapisseries racontant sa vie, du début à Saint-Germain-de-Châtre, son ermitage, son sacre comme évêque par le pape Grégoire II, la protection du vin, le dressage de l'ours, le retour de sa mule volée et sa mort[17]. Le tabernacle créé par Louis Cane représente quant à lui les symboles de la chrétienté, la colombe, le raisin, le pain et le poisson[18].

Les cinq cloches ont été baptisées, la plus grosse, Mario Maria Giuditta Tobia Tomaso pèse six cent quarante kilogrammes et sonne en Sol3, la seconde, Corbinien pèse quatre cent cinquante kilogrammes et sonne en La3, la troisième, Marie pèse trois cent cinquante kilogrammes et sonne en Si3, la quatrième, Antoinette Marie-Thérèse-de-Saint-Augustin pèse cent quatre-vingt-dix kilogrammes et sonne en 4 et la cinquième François-Michel pèse cent cinquante kilogrammes et sonne en Mi4. L'édifice ainsi réalisé permet la participation de mille quatre cent fidèles, avec huit cent places assises.

Polémique[modifier | modifier le code]

La principale polémique autour de cette nouvelle cathédrale eut pour thème l'intérêt même de sa construction. Alors qu'une déchristianisation semblait en marche à la fin du XXe siècle et que l'Église catholique romaine semblait se cacher, il paraissait incongru de bâtir un nouveau temple grandiose. S'ajoutait le style choisi par l'architecte Mario Botta, loin des canons habituels des cathédrales, un cercle, à l'opposé du traditionnel plan en croix.

Autre sujet de discorde, le financement de la construction d'un tel édifice, évalué à quatre-vingt-dix millions de francs, que la rumeur attribuait à l'État. Le ministère de la Culture finança effectivement à hauteur de treize millions de francs la construction d'un centre d'art inclus dans le bâtiment divisé aujourd'hui en deux parties : le Musée Paul Delouvrier et le Centre National d'Art Sacré, mais le reste fut réparti entre les fonds de l'Œuvre des Chantiers du Cardinal, de l'archidiocèse de Munich et Freising jumelé à hauteur de cinq millions de francs chacun, du mécénat d'entreprises et grâce à un appel au don auprès des fidèles dont quatre cent mille participèrent, la cathédrale étant ainsi entièrement financée à l'issue de sa construction.

La construction simultanée de la mosquée d'Évry-Courcouronnes alimenta la croyance d'une défiance entre les deux principales religions, contrecarrée aujourd'hui par la construction de la pagode Khánh-Anh.

Enfin, à l'initiative du journaliste Dominique Setzepfandt, une interrogation naquit de la ressemblance du monument avec un temple maçonnique par sa forme en colonne tronquée et la présence d'un triangle pour le toit rappelant l'équerre maçonnique, ces deux symboles étant justifiés par l'architecte comme la volonté de donner un mouvement à l'édifice et le symbolisme de la Sainte-Trinité[19].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Debruyères, Ville nouvelle d'Evry (Essonne), dans « Travaux », mars 1992, no 674 .
  • Emma Lavigne, La cathédrale de la Résurrection d'Evry, Monum. Éd. du patrimoine, Paris, 2000, (ISBN 2-85822-151-0).
  • Jacques Longuet, Autour d'une cathédrale, Éd. Mediaspaul (ISBN 978-2712205249).
  • Claude Mollard, La cathédrale d'Evry, Éd. Odile Jacob (ISBN 978-2738103833).
  • Mario Botta, La cathédrale d'Evry, Éd. Skira (ISBN 978-8881186457).
  • Bruno Delamain, La Cathédrale de la Résurrection à Evry Premiers instants, Éd. Maeght (ISBN 978-2869412699).
  • Dominique Setzepfandt, La Cathédrale d’Évry, église ou temple maçonnique ?, Éd. Faits&Documents, 1997, (ISBN 2-909769-05-4).
  • Claire L'Hoër et Claude Mollard, La Cathédrale d'Évry, Éd. Odile Jacob, 1996.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Visite du pape à la cathédrale de la Résurrection au journal de 20h d'Antenne 2 du 22 août 1997 sur le site de l'Ina. Consulté le 27/09/2008.
  2. Histoire de la cathédrale sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 16/09/2008.
  3. La Schola Cantorum sur le site du diocèse. Consulté le 27/09/2008.
  4. Programme télévision sur France2.fr Consulté le 22/12/2008.
  5. « Notice no EA91000005 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. Fiche de la Cathédrale sur la base de données Emporis. Consulté le 23/08/2010.
  7. Architecture de la cathédrale sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.
  8. La cathédrale sur le site topic-topos.com Consulté le 27/09/2008.
  9. Les vitraux de la cathédrale sur le site topic-topos.com Consulté le 27/09/2008.
  10. Les œuvres d'art sur le site personnel de Bernard Lecomte. Consulté le 09/02/2009.
  11. Aménagement du chœur sur le site personnel de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.
  12. La Vierge à l'enfant sur le site topic-topos.com Consulté le 27/09/2008.
  13. Présentation de la chapelle de Jour sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.
  14. Le Christ de Tanzanie sur le site topic-topos.com Consulté le 27/09/2008.
  15. La statue de Saint-Corbinien sur le site topic-topos.com Consulté le 27/09/2008.
  16. Les statues du chœur sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.
  17. Les tapisseries de la cathédrale sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.
  18. Les œuvres d'art sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.
  19. Polémiques autour de la cathédrale sur le site de Bernard Lecomte. Consulté le 27/09/2008.