Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles

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Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles
Image illustrative de l'article Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles
Présentation
Nom local Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Malines-Bruxelles
Début de la construction 1226
Fin des travaux 1500
Style dominant Gothique
Géographie
Pays Drapeau de Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région Bruxelles-Capitale Bruxelles-Capitale
Commune Bruxelles
Coordonnées 50° 50′ 52″ N 4° 21′ 37″ E / 50.8477778, 4.36027850° 50′ 52″ Nord
       4° 21′ 37″ Est
/ 50.8477778, 4.360278
  

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Cathédrale de nuit

La cathédrale de Bruxelles est dénommée en latin Ecclesia Cathedralis Sancti Michaelis et Gudulae Bruxellensis, c'est-à-dire cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles.

Sommaire

Histoire [modifier]

La cathédrale de Bruxelles qui jusqu'à récemment, comme toutes les cathédrales du Moyen Âge était entourée de maisons et de ruelles au milieu desquelles elle se dressait majestueusement, a vu lors de la bruxellisation ses abords être entièrement dégagés au XXe siècle lors de la construction de la jonction nord-midi. Désormais elle se dresse, comme celle de Reims, au milieu d'un espace dégagé et désert, qui la transforme en monument, contrairement à ce qu'elle était lorsqu'elle fut construite au Moyen Âge. Depuis 2010, on a planté des arbres devant la cathédrale, ce qui fait que l'aspect monumental dû à la vision dégagée que l'on découvre aujourd'hui sera de plus en plus atténué au fur et à mesure de la croissance de ce véritable boqueteau.

La cathédrale se dresse au carrefour de deux anciennes routes importantes (Flandre vers Cologne et Anvers vers Mons par Bruxelles). Ce carrefour était situé sur une colline, le Treurenberg (anc. Molenberg). On trouve une mention de Bruxelles dans les gestes des évêques de Cambrai (diocèse dont elle dépendait): l'évêque Vindicien tombe malade près de Bruxelles et s'y réfugie pour y mourir en 695 (source du XIe siècle : Gesta pontificum Cameracensium, PL 149, 46: cum egrotaret apud Brosselam).

Lambert II, comte de Louvain, et sa femme Oda de Verdun, fondèrent en 1047 un chapitre de 12 chanoines dans l'église Saint-Michel (d’où le nom de « collégiale ») et y firent transporter les reliques de sainte Gudule jusqu'alors conservées dans l'église Saint-Géry qui occupait, jusqu'à la Révolution française, l'emplacement actuel des halles Saint-Géry.

Collégiale Sainte-Gudule à Bruxelles, dessin par Léon van Dievoet

En 1072, l'église Saint-Michel fut de nouveau consacrée (probablement parce qu'elle avait été affectée par un incendie peu de temps avant). En 1200, sous l'impulsion d'Henri Ier de Brabant, l'église fut restaurée et agrandie par la construction d'un avant-corps occidental, accompagné de deux tours rondes. En 1226, le duc de Brabant Henri II décida la construction d'une collégiale gothique qui ne s'acheva qu'au début du XVIe siècle peu après la naissance de Charles Quint. Certaines chapelles s'y ajoutèrent aux XVIe et XVIIe siècles.

La construction de l'édifice actuel débute par le chœur en 1226. La nef et le transept qui datent des XIVe et XVe siècles sont de style gothique brabançon. La façade est surmontée de deux tours et date des années 1470-1485.

Ce n'est qu'en 1962 que Bruxelles, jusque-là dépendante de l'archevêché de Malines où résidait le primat de Belgique, fut associée à ce siège épiscopal sous le titre de diocèse de Malines-Bruxelles. C'est ainsi que la collégiale fut promue au rang de cathédrale.

Les restaurations [modifier]

Des travaux de restauration ont eu lieu au XIXe siècle menés par l'architecte Tilman-François Suys qui restaura de 1839 à 1845 les tours et les portails[1] et encore au XXe sous la direction de Jean Rombaux puis de Victor-Gaston Martiny, architecte-urbaniste en chef de la province de Brabant et membre de la Commission royale des monuments et des sites.

Centres d'intérêts touristiques [modifier]

Outre l'édifice lui-même et ses trésors, la cathédrale offre, en sous-sol, un site archéologique créé par le placement, en 1991, au-dessus des vestiges de l'antique collégiale primitive, d'une dalle qui, tout en supportant le dallage du chœur, ménage un espace souterrain qui avait déjà été épargné par la construction de l'édifice gothique du XIIIe siècle. Il s'agissait, à l'époque, de sauvegarder l'accès à la crypte romane pour permettre que se perpétue l'usage d'y installer des sépultures, usage qui s'est poursuivi jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Deux escaliers donnent accès à ce site, ce qui permet d'observer celui-ci à travers d'épaisses glaces transparentes disposées au-dessus des fouilles.

En plus de son intérêt religieux, historique et architectural, la cathédrale offre une attraction supplémentaire apportée par un couple de faucons pèlerins qui, au moment de la couvaison, vient, d'année en année depuis 2007, installer son nid au dernier étage de la tour gauche. Par les soins de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, une installation de caméras de video permet à tout le monde de suivre, depuis des écrans installés sur le parvis, la couvaison, l'éclosion des oisillons et la vie de la famille dont le mâle a forcément dû trouver à ravitailler les siens en chassant la faune locale, surtout les oiseaux et, notamment, les pigeons, ce qui fait fuir ceux-ci grâce à quoi les vieilles pierres sont protégées, au moins deux mois par an, de la fiente de pigeons si redoutable pour les monuments. Ces faucons ont ainsi restauré une tradition des cathédrales — à laquelle l'agitation de la vie moderne et ses séquelles polluantes avaient mis fin, croyait-on — et qui fut, pendant des siècles, d'héberger ceux de leur espèce.

Description extérieure [modifier]

La cathédrale est construite en pierre de Gobertange dont les carrières sont situées à environ 45 km (S-E) du site de la cathédrale.

La façade occidentale [modifier]

La façade occidentale, avec ses trois portails surmontés de leur gable et ses deux tours sont typiquement de style gothique français, mais sans rosace, cette dernière étant remplacée par une grande verrière brabançonne. Les deux tours dont les sommets sont aménagés en terrasses sont attribuées à Jan Van Ruysbroeck (1470-1485), l'architecte de la tour de l'Hôtel de ville de Bruxelles.

La forte prédominance des lignes verticales de cette façade est frappante. Quatre robustes contreforts enserrent et séparent les trois portails. Aux deux extrémités, les contreforts latéraux sont particulièrement importants. Larges de plus de quatre mètres, ils intègrent deux hautes tourelles percées de meurtrières qui s'élancent d'un seul jet jusqu'aux sommets des tours. Chacune de ces tourelles abrite un long escalier à vis qui relie le rez-de-chaussée à l'ensemble des étages de la façade et des tours, et se prolonge ainsi jusqu'aux terrasses des sommets, à près de 65 mètres de hauteur. Ces puissants contreforts latéraux et leur tourelle à meurtrières contribuent à donner à la façade une impression de puissance et de solidité.

La façade s'étage sur trois niveaux. Le niveau inférieur est celui des portails et de leur gable. Les deux portails latéraux sont situés à la base des tours. Le niveau moyen est celui de la grande verrière, caractéristique du style ogival brabançon, flanquée de deux hautes baies, étroites et élancées situées chacune dans l'axe d'une des tours. Enfin au sommet de la façade le troisième étage présente un énorme pignon triangulaire juché au-dessus d'une galerie ajourée à fines colonnettes, et surmonté de plusieurs pinacles flamboyants, dont l'un, au sommet du pignon, est particulièrement impressionnant et atteint plus de 55 mètres de hauteur. De part et d'autre de ce pignon, se dressent les troisièmes et avant-derniers étages des deux tours, comportant deux baies très élancées, dotées d'abat-sons.

La nef [modifier]

Le chevet de la cathédrale vu depuis le sud-est. Les arcs-boutants sont à deux niveaux et s'appuient en délit sur les contreforts du déambulatoire. À droite on aperçoit partiellement la chapelle axiale hexagonale ; à gauche le chevet de la chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance. Entre les deux, les deux baies de la photo s'ouvrent sur le déambulatoire.

Extérieurement la nef est soutenue par des arcs-boutants à deux niveaux, de même type que ceux créés pour la première fois à la cathédrale de Soissons, et lui assurant une stabilité maximale. Le chaperon de chacun des arcs-boutants supérieurs est surmonté d'un pinacle à son sommet près de la nef. Il en est de même de chacune des culées.
Le dos du chaperon de chaque arc-boutant supérieur comporte une canalisation destinée à évacuer les eaux de pluie du toit de la cathédrale. À son extrémité extérieure, cette canalisation traverse la partie supérieure de la culée pour se terminer par une gargouille destinée à projeter les eaux le plus loin possible de l'édifice.

De chaque côté de la nef, entre ces arcs-boutants, se loge une série de petites chapelles latérales peu profondes et dotées chacune extérieurement d'une belle verrière flamboyante à six lancettes. La façade de chacune des chapelles est surmontée d'un pignon triangulaire typiquement brabançon, lui aussi couronné d'un petit pinacle. Chaque face de la nef apparaît ainsi bien décorée et fort élégante.

Cathedrale Sts-Michel-et-Gudule. Le Maître-autel en petit granit est une œuvre du sculpteur Michel Smolders (2000).

Le chevet [modifier]

Quelques dimensions [modifier]

  • longueur hors œuvre : 114 m (contre 125 m pour la cathédrale Notre-Dame d'Anvers et 134 m pour Notre-Dame de Tournai)
  • longueur dans œuvre : 109 m
  • hauteur des deux tours : 64 m
  • largeur maximale extérieure (au niveau du chœur) : 57 m
  • largeur maximale intérieure : 54 m
  • largeur de la façade sans les contreforts extérieurs des tours : 35 m
La nef
  • hauteur sous voûte du vaisseau principal : 25 m (contre 33,5 mètres pour Notre-Dame de Paris, 36 pour le chœur de Notre-Dame de Tournai et 42,3 pour Notre-Dame d'Amiens)
  • hauteur des colonnes du vaisseau central y compris les chapiteaux : 6,7 m
  • hauteur des grandes arcades du vaisseau central : 10 m
  • largeur du vaisseau central de la nef entre les axes des colonnes : 13,5 m (contre 12 pour Notre-Dame de Paris)
  • largeur des collatéraux : 6,7 m
  • hauteur sous voûte des collatéraux : 11 m
  • profondeur des chapelles latérales : 2,8 m
La chapelle du Saint-Sacrement
  • largeur (nord-sud) : 13 m
  • longueur : 28 m

L'intérieur de la cathédrale [modifier]

Le grand orgue

L'intérieur de la nef [modifier]

Vue de la nef de la cathédrale bordée de colonnes cylindriques supportant les 12 statues des apôtres
Adam et Ève chassés du jardin d'Éden, détail de la chaire, œuvre de H. F. Verbruggen (1699)

Dans la nef comportant huit travées barlongues ou rectangulaires, l'élévation est à trois niveaux : grandes arcades communiquant avec les deux collatéraux, triforium et fenêtres hautes.

La nef présente toutes les caractéristiques du style gothique brabançon : les voûtes quadripartites sont modérément élevées, les robustes colonnes bordant le vaisseau central de la nef, surmontées de chapiteaux à feuilles de choux, sont cylindriques et supportent les statues des 12 apôtres.

Celles-ci datent du XVIIe siècle, et furent créées par Luc Fayd'herbe, Jérôme Duquesnoy le Jeune, J. van Meldert et Tobias de Lelis, sculpteurs renommés de l'époque, tous natifs de Bruxelles. Il s'agissait de reconstituer la statuaire détruite par les iconoclastes calvinistes en 1566. Les statues de gauche représentent Simon le zélote, Bartholomé, Jacques le mineur, Jean l'évangéliste, André et Pierre ; celles de droite représentent Thaddée, Matthieu, Philippe, Thomas, Jacques le majeur et Paul.

Seize petites chapelles latérales (huit au nord et huit au sud) s'ouvrent sur les bas-côtés. Chacune est pourvue d'une large baie flamboyante dotée de vitraux du XIXe siècle réalisés par Jean-Baptiste Capronnier.

La nef dispose d'une chaire baroque du XVIIe siècle, sculptée par Hendrik Frans Verbruggen en 1699. Le socle représente Adam et Ève chassés du jardin d'Éden après avoir cueilli le fruit défendu. Au somment, la Vierge et l'Enfant transperçant le serpent symbolisent la Rédemption[2].

Le grand orgue [modifier]

L'orgue a été construit en 2000 par le facteur d'orgues Gerhard Grenzing (El Papiol). L'instrument a 63 jeux[3].

I Positif C–a3
Bourdon 16′
Montre 8′
Quintadène 8′
Prestant 4′
Flûte à cheminée 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Mixture V-VI
Trompette 8′
Cromorne 8′
Tremblant
II Hoofdwerk C–a3
Montre 16′
Montre 8′
Flûte harm. 8′
Bourdon à chem. 8′
Viole de gambe 8′
Prestant 4′
Flûte conique 4′
Quinte 22/3
Doublette 2′
Mixture V
Cymbale III-IV
Trompette 16′
III Récit expr. C–a3
Cor de nuit 8′
Salicional 8′
Gambe 8′
Voix céleste 8′
Prestant 4′
Flûte octav. 4′
Nazard 22/3
Quarte 2′
Sifflet 1′
Plein-Jeu IV-V
Tiercelette III
Basson 16′
Trompette harm. 8′
Hautbois 8′
Tremblant
IV Solo expr. C–a3
Bourdon 8′
Viola 8′
Voce umana 8′
Prestant 4′
Flageolet 2′
Larigot 11/3
Cornet V 8′
Trompeta Batalla 8′
Bajoncillo-Tromp. Magna
Voix humaine 8′
Douçaine 8′
Tremblant
Pedal C–g1
Principal 16′
Soubasse 16′
Grosse Quinte 102/3
Flûte 8′
Basse 8′
Gros Nazard 51/3
Prestant 4′
Fourniture V
Contre-Posaune 32′
Posaune 16′
Trompette 8′
Clairon 4′

Le chœur [modifier]

Le chœur de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule

Le chœur de la cathédrale comporte également trois travées rectangulaires et une abside à cinq pans. Son élévation est à trois niveaux : grandes arcades communiquant avec le déambulatoire, triforium et fenêtres hautes. Il est entouré d'un large déambulatoire sur lequel s'ouvre la grande chapelle axiale hexagonale baroque de la Madeleine, devenue la chapelle Maes (XVIIe siècle). L'adjonction de deux vastes chapelles latérales au niveau de ce chœur (chapelle du Saint-Sacrement et chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance) a fait en sorte qu'il est devenu beaucoup plus large que la nef et même que le transept, bien que celui-ci ait été allongé, à la fin du XIVe siècle, par l'ajout d'un narthex à l'extrémité du croisillon sud.

Chapelle du Saint-Sacrement [modifier]

La vaste chapelle du Saint-Sacrement se trouve du côté nord du déambulatoire. De style gothique flamboyant, elle fut édifiée au XVIe siècle. Orientée d'ouest en est, elle prend naissance au niveau du croisillon nord du transept, mais sa largeur de 13 mètres est telle qu'elle déborde largement ce dernier vers l'extérieur. Longue de 28 mètres, elle se termine à l'est par une abside à trois pans, située presqu'au niveau de l'abside principale du chœur.
Elle possède une petite annexe correspondant à l'espace entre son abside et le rond-point du déambulatoire du chœur.

La chapelle est superbement ornée par de fins vitraux Renaissance, dons de différents souverains dont François Ier de France et Jean de Portugal[Lequel ?], et créés par le verrier anversois Jean Haeck d'après les dessins de Bernard van Orley[4]. Certains vitraux sont dus au peintre Michiel Coxcie. La fenêtre centrale, au-dessus de l'autel représentant la glorification du Saint-Sacrement est l'œuvre de Jean Baptiste Capronnier et date donc du XIXe siècle.

La chapelle communique avec le déambulatoire par quatre grandes arcades, ce qui permet de contribuer largement à l'éclairage naturel du chœur de la cathédrale.

Le trésor [modifier]

La chapelle abrite le trésor de la cathédrale et contient quelques superbes œuvres d'art religieux, et notamment une croix-reliquaire anglo-saxonne datant des environs de l'an 1000, une Vierge à l'Enfant, due au sculpteur allemand Conrad Meit (époque de la régente des Pays-Bas Marguerite d'Autriche) ainsi que la toile La légende de sainte Gudule, une œuvre de Michiel Coxcie.

Chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance [modifier]

Chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance : le mausolée de Frédéric de Mérode, héros national, mort au combat lors de la révolution de 1830 - œuvre de Guillaume Geefs.

La chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance est la vaste chapelle orientée[5], correspondant et quasi symétrique à la chapelle du Saint-Sacrement. Comme cette dernière, elle constitue une petite église dans la cathédrale, située à la droite (au sud) du déambulatoire avec lequel elle communique par quatre grandes arcades. Construite à la demande de l'infante d'Espagne Isabelle fille de Philippe II d'Espagne qui avait épousé l'archiduc Albert de Habsbourg, elle fut terminée en 1649.

Elle est ornée de magnifiques vitraux, œuvres de Jean De Labaer d'après des dessins de Théodore van Thulden, l'un des élève de Pierre-Paul Rubens. Ces vitraux décrivent les principaux épisodes de la vie de la Vierge Marie.
Au fond de la chapelle se trouve un autel fait de marbre noir et blanc avec au centre une Assomption de la Vierge. Elle est due à Jean-Baptiste de Champaigne, neveu de Philippe de Champaigne.

La chapelle Maes [modifier]

La chapelle axiale de la cathédrale anciennement chapelle de la Madeleine est appelée aujourd'hui chapelle Maes. Construite au XVIIe siècle, elle est de style baroque et de forme hexagonale. Elle se loge entre les culées des deux arcs-boutants postérieurs du chevet. Elle est surmontée d'une petite coupole, elle-même couronnée d'un lanternon ajouré. La chapelle est dotée de baies dont les vitraux du XIXe siècle sont l'œuvre de Jean-Baptiste Capronnier.

Article détaillé : Chapelle Maes.

Les vitraux [modifier]

La cathédrale possède de superbes vitraux, notamment des XVIe, XVIIe et XIXe siècles.

Nef de la cathédrale : un des vitraux de Jean-Baptiste Capronnier (XIXe siècle).
L'un des vitraux de la légende du Saint-Sacrement : scène de la profanation des hosties par des Juifs en 1370 - œuvre de Jean-Baptiste Capronnier.

Vie liturgique [modifier]

Outre les offices quotidiens et dominicaux, c'est en cet édifice que sont célébrés les mariages et les funérailles des membres de la famille royale. Les baptêmes des enfants royaux ont été occasionnellement célébrés en l'Église Saint-Jacques-sur-Coudenberg, voisine du palais royal.

Accessibilité et politique de mise en valeur du site dans le cadre général de la valorisation de Bruxelles [modifier]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : Gare centrale.

Suivre le mail (d'aucuns disent rambla[réf. nécessaire]) planté au milieu du boulevard de l'Impératrice. On arrive devant un boqueteau de jeunes arbres plantés devant la cathédrale [6] et dont on comprend qu'en grandissant ils la cacheront, car il s'agit d'arbres à haute tige. L'architecte Alain Sarfati, choisi par la ville pour aménager le secteur, écrit que le monument se découvrira entre les feuillages. Il n'y aura donc plus de recul possible pour pouvoir admirer l'édifice dans sa totalité, comme c'est le cas pour n'importe laquelle des cathédrales européennes (N.D. de Paris, N.D. de Strasbourg, N.D. d'Anvers, Saint-Rombaut à Malines, etc.) Dans les temps anciens, le parvis des cathédrales était le siège de représentations théâtrales, les "mistères" ou mystères, ce qui nécessitait une certaine superficie. C'est d'ailleurs de cette époque que date le mot parvis à travers lequel a survécu le souvenir des mise en scène d'époque, puisque ce mot provient du latin "paradisisus" (le paradis) qui désignait une partie des décors (l'autre étant l'enfer). Il fallait de l'espace pour installer ces décors et il en fallait aussi pour accueillir le public ainsi que pour déployer les fastes officielles lors des grandes fêtes. Cela ne correspond pas à la conception, apparue à postériori au XXe siècle, de cathédrales qui auraient été, autrefois, noyées dans un environnement de maisons empêchant tout recul. Et d'ailleurs l'urbanisme du XIXe siècle, qui avaient érigé des immeubles de trois à quatre étages des deux côtés de la rue Sainte-Gudule, avaient ménagé le parvis et ses accès de façon à ce que cet endroit reste encore disponible pour une grande fréquentation[7]. Les cathédrales n'ont pas été conçues comme des églises de village destinées à accueillir une population en nombre restreint, une taille modeste pouvant y suffire, à l'échelle des habitations populaires de la campagne. Au contraire, construites dans les villes, sièges de pouvoirs politiques, les cathédrales, sièges et emblèmes du pouvoir religieux, devaient pouvoir rivaliser avec les hôtels de ville et leurs beffrois et les châteaux seigneuriaux et leurs donjons. Elles étaient destinées, par vocation, à imposer la religion officielle de leur époque par le moyen d'une architecture de prestige conçue, dans tous les pays d'Europe, pour accueillir une foule importante à qui elles devaient servir de point de repère au-dessus du moutonnement des toits de la cité. C'est pour ces raisons que leurs concepteurs leur ont conféré la vaste taille d'ensemble de leurs nefs et la hauteur de leurs tours. Cela impliquait un espace suffisant devant les entrées que pour permettre le déploiements de manifestations officielles. En même temps, cela offrait un recul permettant un effet visuel imposant. L'ancienne rue Sainte-Gudule construite au XIXe siècle ménageait d'ailleurs cette vision majestueuse car elle était beaucoup plus large que l'étroit couloir prévu dans le mur de feuillage. Ainsi, en plantant des arbres et en installant un accès pour piétons plus étroit que la voirie qui existait jusque là, on a modifié celle-ci, alors que le Code Bruxellois de l'aménagement du territoire (COBAT) et de l'urbanisme en région de Bruxelles Capitale est concerné[8]. Il faudra d'ailleurs élaguer périodiquement les arbres, faute de quoi la croissance naturelle de la végétation finira par encombrer la vue centrale tout en finissant par surmonter complètement la vue des tours par un simple effet de perspective depuis le sol. Il ne restera donc qu'un étroit chenal ne permettant plus, au mieux, qu'une découverte visuelle du double portail central. Et ce n'est pas le seul site bruxellois où la vue est négligée[9],[10],[11]. Cela ne peut que décevoir le Bruxellois autant que le visiteur qui emmène dans son pays le souvenir d'une ville dont les autorités négligent ou méprisent l'image. En faisant tort à Bruxelles on fait tort à sa réputation, ce qui est contraire au but de l'Autorité bruxelloise tel qu'il est exprimé dans l'accord gouvernemental 2009-2014[12]. Et, comme il est déclaré dans les missions de la Commission royale des monuments et des sites, le patrimoine immobilier donne un sens à la cité, singulièrement quand il s'agit du milieu urbain[13]. Pour avoir une vue d'ensemble de la cathédrale, il faudra se contenter d'une vision rapprochée depuis la base de l'escalier, une vision en contre plongée qui ne permettra pas d'embrasser l'édifice avec un recul suffisant pour le découvrir dans sa totalité. Alors que l'image de la cathédrale fait partie de la promotion de Bruxelles, il ne restera bientôt plus aux visiteurs qu'à acheter des cartes postales qui auront préservé l'image ancienne, ou à chercher celle-ci sur Internet. Comment et pourquoi s'est installée cette situation allant à l'encontre de la tradition et nuisant à l'image de Bruxelles en cachant un de ses monuments emblématiques ? État de fait qui n'a pas son pareil dans les autres grandes villes ayant la chance d'avoir pu conserver un tel édifice. Comment le bourgmestre et les échevins laissent-ils faire une telle chose ? Leur en a-t-on seulement parlé ? Et quelle sera l'action de monsieur Rudi Vervoort, nouveau ministre-président de la région de Bruxelles Capitale, le budget de cet aménagement ayant été assuré par Beliris ? La Commission royale des monuments et des sites a-t-elle été consultée ? Il faut savoir qu'elle est habilitée à faire entrer la notion d'environnement dans ses jugements en tenant compte de l'esthétique et de l'historicité des édifices et des sites[14]. Et cela, même si l'environnement n'est pas protégé par une loi, un arrêté ou un quelconque règlement[15].

Notes et références [modifier]

  1. Des Marez, Guide illustré de Bruxelles, 1979, p. 225.
  2. Site officiel de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, page Histoire et architecture / Vue d'ensemble. Consulté le 8 janvier 2010.
  3. Informations concernant l'orgue sur le site du facteur
  4. Histoire du règne de Charles-Quint en Belgique De Alexandre Henne
  5. Une chapelle orientée est une chapelle dont l'axe est parallèle à l'axe du chœur. Elle naît généralement au départ du mur oriental d'un des croisillons du transept
  6. Laurette Oncklinckx, présidente de Beliris, communiqué de presse du 29-09-2010.
  7. Jean Alexandre Louis Promio, de la société des frères Louis Lumière, tourna, en 1898, un reportage de 5 minutes sur les lieux bruxellois les plus animés dont le parvis de Sainte-Gudule et le boulevard Anspach.
  8. Code Bruxellois de l'Aménagement du Territoire et de l'Urbanisme: "la protection du patrimoine immobilier comprend l'aménagement d'une voirie".
  9. Dans le guide Hachette "Un grand Week-End à Bruxelles", on lit, à la page 19: Bruxelles a délibérément décidé de ne pas mettre ses monuments en valeur.
  10. La place des Barricades, charmante placette circulaire ouverte vers le boulevard depuis le XVIIIe siècle, a été fermée par des arbres qui en obstruent la vue, ce qui, en plus, cache la statue de Vésale dressée au centre.
  11. La cour de l'ancien palais de Charles de Lorraine offrant, depuis la rue Ravenstein, une ouverture vers l'extension de 1828 de ce bâtiment, est fermée par des arbres qui empêchent la vue du site et de la statue de Charles de Lorraine, ce qui évite, par ailleurs, de découvrir que celle-ci est implantée de façon décentrée et, de plus, qu'elle tourne le dos à la perspective, l'ensemble de cette disposition étant contraire à toutes les règles de l'architecture néo classique qui devrait être appliquées dans ce site.
  12. Accord gouvernemental 2009-2014 de Bruxelles-Capitale: "Le patrimoine bruxellois participe non seulement au rayonnement de l'image de Bruxelles à l'étranger, mais constitue également un vecteur d'identification positive de tous les Bruxellois".
  13. Commission royale des Monuments et des Sites de Bruxelles Capitale: "le patrimoine immobilier se révèle indissociable du tissu urbain auquel il donne sens."
  14. Commission Royale des Monuments et des Sites de Bruxelles-Capitale: "Il ne s'agit pas seulement de monuments, mais de sites"
  15. Commission Royale des Monuments et des Sites in "préserver le patrimoine pour protéger l'avenir": "la part la plus importante du travail de la commission réside dans les avis qu'elle rend sur les demandes de travaux à des sites protégés ou non".

Bibliographie [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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