Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans

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Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans
Image illustrative de l'article Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse d'Orléans (siège)
Début de la construction 1601
Fin des travaux 1829
Style dominant Gothique
Néogothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Site web cathedrale-orleans.cef.fr
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Loiret
Commune Orléans
Coordonnées 47° 54′ 06.4″ N 1° 54′ 36.9″ E / 47.901778, 1.91025 ()47° 54′ 06.4″ Nord 1° 54′ 36.9″ Est / 47.901778, 1.91025 ()  

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Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans

La cathédrale Sainte-Croix est une cathédrale catholique romaine de type gothique située à Orléans dans le département du Loiret et la région Centre. Elle est le siège épiscopal du diocèse d'Orléans. La cathédrale est dédiée à la Sainte Croix.

La cathédrale Sainte-Croix d'Orléans fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation de Sainte-Croix[modifier | modifier le code]

La première église fut édifiée vers 330 dans l’angle nord-est de la ville fortifiée alors appelée Aurelianum. Elle doit son vocable à saint Euverte, son fondateur. En effet, c’est à cette époque que la Croix du Christ fut découverte à Jérusalem par sainte Hélène, mère de l’empereur romain Constantin Ier. Un morceau de cette « Vraie Croix » fut conservé comme relique dans la cathédrale. Saint Aignan, évêque successeur de saint Euverte, termine l’édifice et c’est l'architecte Mélius qui en surélève l’abside et le chœur vers 450.

La fin de l'église Sainte-Croix[modifier | modifier le code]

Les Normands pillèrent l'église en 865, mais ne purent la brûler. Les rois carolingiens Carloman et Arnulph la reconstruisirent en 883.

En 989, un grand incendie détruisit une partie de la ville, y compris Sainte Croix.

Sainte-Croix, cathédrale romane[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, l'église cathédrale Saint-Étienne devient trop exiguë pour rester la principale église du diocèse d'Orléans. L'église Sainte-Croix est alors élevée au rang de cathédrale. Les bâtiments du chapitre sont regroupés au sud et à l'est de la cathédrale actuelle.

L’hérésie d'Orléans décrite par plusieurs textes et chroniques médiévales est une hérésie savante qui touche en 1022 une douzaine des plus érudits parmi les chanoines de la cathédrale Sainte-Croix, liés notamment à l'entourage de la reine Constance d'Arles. Ces derniers sont brûlés comme hérétiques sur ordre du roi capétien Robert le Pieux. Il s'agit du premier bûcher de la chrétienté médiévale.

L'évêque Arnoul II entreprend la reconstruction de l'église afin de doter Orléans d'une cathédrale digne de son rang. Cet édifice roman, achevé au XIIe siècle, fut l'une des cathédrales les plus vastes de France : elle comptait des doubles collatéraux, un chœur surmontant une crypte, un déambulatoire agrémenté d'alvéoles, et une belle façade appuyée par deux tours. Mais, construite sans doute trop rapidement, elle menaça ruine au bout de 200 ans et s'effondra en partie en 1227.

Le renouveau gothique[modifier | modifier le code]

En 1278, l'évêque Robert de Courtenay, arrière-petit-fils du roi de France Louis le Gros, décida, au lieu de restaurer l'édifice en ruine, d'édifier une autre église dans le style nouveau qui fleurissait alors en France. Mais contraint de suivre le roi Saint Louis en Terre Sainte, il lègue le soin de poursuivre et d'achever les travaux à son ami l'évêque Gilles Pasté, son successeur. Celui-ci pose la première pierre du nouvel édifice gothique le 11 septembre 1288. Comme le veut l'usage, c'est par le chœur que les travaux commenceront, pour finir par la nef. Les anciennes tours romanes de la façade occidentale, ainsi que les travées de la nef non ruinées, seront conservées.

À son achèvement, la nouvelle cathédrale comportait un chœur gothique soutenu par de magnifiques arcs-boutants. Ce chœur fut complété par des chapelles absidiales à la fin du XIIIe siècle et par des chapelles latérales au cours du XIVe siècle.

La cathédrale passe sans heurts la Guerre de Cent Ans, y compris le siège d'Orléans levé grâce à Jeanne d'Arc le .

En 1512, une grosse boule dorée surmontée d'une croix est hissée sur le clocher qui vient d'être élevé au-dessus de la croisée des transepts. Dans les années qui suivent, le raccord avec les transepts romans est terminé ; quatre travées neuves permettent à la nef d'atteindre le portail qui s'encastre entre ses deux vieilles tours.

La destruction par les huguenots[modifier | modifier le code]

En 1567, débute la deuxième guerre de religion et Orléans, plus qu'à moitié acquise à leur cause, passe aux mains des protestants qui s'acharnent bientôt sur les églises. Déplorant ces excès, le Prince de Condé, à la tête des protestants, fait murer les ouvertures de la cathédrale pour éviter de nouveaux saccages. Cependant, un petit groupe de huguenots fanatiques, déçus de voir Condé prêt à traiter avec les catholiques, s'introduit dans la cathédrale dans la nuit du 23 au 24 mars 1568 et fait sauter les quatre piliers de la croisée des transepts. Les piliers s'effondrent, entraînant le clocher, la sphère de cuivre le surmontant, les voûtes du chœur, et la nef. Seules restent intactes les chapelles absidiales rayonnant autour du chœur, ainsi que les deux premières travées de la grande nef. Des travaux de déblaiement et d'aménagement provisoires seront effectués rapidement[2].

Le , le roi Henri IV revient de Bretagne, après avoir signé l'Édit de Nantes qui va mettre fin aux guerres de religion. À Orléans, il promet de lancer, aux frais de l'État, la reconstruction de la cathédrale. Il scelle la première pierre le 18 avril 1601. Une plaque est alors apposée sur un des piliers subsistants.

La reconstruction : la cathédrale des Bourbons[modifier | modifier le code]

Plan de la cathédrale

Le , le roi et la reine Marie de Médicis posèrent la première pierre du nouvel édifice. Le chœur est terminé en 1623.

En 1627, on jette les fondations du transept qui sera achevé en 1636.

Le transept nord est achevé en 1643, et le transept sud en 1690. La marque du Roi Soleil apparaît en introduisant une part de classicisme dans l'édifice de style gothique flamboyant. Son portrait et sa devise Nec pluribus impar figurent également, avec la date d'achèvement de 1679, au centre de la rosace située au-dessus du portail du transept sud. La devise peut se traduire par : « Il suffirait à [gouverner] plusieurs [royaumes] »[3].

L'architecte Étienne Martellange y œuvra au XVIIe siècle, succédé au XVIIIe siècle par Jacques V Gabriel qui créa les stalles et la clôture du chœur et Louis-François Trouard.

En 1739, commence l'édification du portail occidental surmonté des deux tours, prolongement de la grande nef. La vieille façade romane, qui a survécu à toutes les destructions est démolie. La façade, jusqu'à la base des tours, est terminée en 1773. Les deux premiers étages des tours sont construits durant les dix années suivantes, alors qu'il faut renforcer le portail qui menace de s'effondrer.

La Révolution suspend les travaux, il ne manque à l'édifice gothique que ses deux tours.

On ne reprend les travaux qu'en 1817. Le roi Charles X inaugure l'achèvement des travaux le , pour le 400e anniversaire de la levée du siège des Anglais, par Jeanne d'Arc et son armée : un perron monumental prend place devant la cathédrale, parallèlement à la percée de la nouvelle rue Jeanne d'Arc et à la création du grand parvis de la cathédrale.

Les affres du temps et de la guerre[modifier | modifier le code]

La cathédrale sur une estampe d'Asselineau (XIXe siècle)

Depuis son achèvement en 1829, la cathédrale a connu les affres du temps et des guerres.

Le clocher, qui s'inclinait de façon inquiétante, est détruit en 1854, puis reconstruit et inauguré en 1858.

Les vitraux du chœur (œuvre de Lobin) sont installés en 1859 à l'initiative de Mgr Dupanloup.

En 1940, pendant l'avancée allemande, une partie du centre ancien d'Orléans est ravagée par les bombes et des obus allemands. La cathédrale est également touchée, mais les dégâts restent mineurs, de même qu'en 1944. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les travaux de restauration se succèdent afin de redonner à l'édifice sa splendeur passée. Cependant, les affres de la guerre ne sont pas toutes réparées : par exemple, l'accès aux deux tours est interdit au public, car non réparé depuis 1940 ; à la suite du bombardement de mai 1944, le bourdon, cloche la plus grave (et donc la plus grosse) s'était trouvé finalement fêlée (en 1971). Devenue donc inutilisable, elle n'a été refondue et réinstallée qu'en 2012.

Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Il existe un lien indirect entre la cathédrale actuelle et Jeanne d'Arc. L'héroïne historique nationale est venue suivre la messe vespérale le durant le siège d'Orléans[4] (il faut rappeler que l'édifice tel qu'il est aujourd'hui n'existait pas en 1429, à l'exception des chapelles de l'abside, qui entourent le chœur à l'arrière). On peut signaler aussi que la rue Jeanne d'Arc ouverte au XIXe siècle arrive devant la façade principale (à l'époque on souhaitait avant tout dégager le sanctuaire des petites rues et des constructions médiévales qui l'"enserraient", la dénomination ne vint qu'après).

Chaque année, au soir du 7 mai, pendant les Fêtes Johanniques, a lieu, sur le parvis, la cérémonie de la Remise de l'Étendard (qui évoque celui de Jeanne d'Arc). La municipalité en est gardienne et le transmet aux autorités religieuses catholiques pour la durée des festivités. La façade de la cathédrale sert ensuite de support à un son et lumière.

Description[modifier | modifier le code]

Grandes orgues Cavaillé-Coll de Sainte-Croix d'Orléans

Quelques dimensions[modifier | modifier le code]

  • La cathédrale mesure 140 mètres de long, elle est composée de 5 nefs.
  • Largeur intérieure totale de la nef : 40 mètres.
  • Largeur intérieure au niveau du transept : 53 mètres.
  • Largeur extérieure au niveau du transept : 65 mètres.
  • Largeur de la façade : 53 mètres.
  • La hauteur sous voûte est de 32 mètres (cathédrale Saint-Étienne de Bourges : 37,15 mètres).
  • Les deux tours s'élèvent à 88 mètres de hauteur.
  • La flèche centrale monte à 114 mètres.

Les orgues[modifier | modifier le code]

Le grand orgue vient de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, échangé avec celui de la cathédrale en 1822. Rapidement rénové, il l'est ensuite par Louis Callinet dès 1831, puis (après d'autres interventions) de nouveau en 1880 par Cavaillé-Coll qui le transforme profondément pour en faire un orgue romantique[5]. Après d'autres épisodes, l'instrument est rénové une dernière fois par Bernard Hurvy à partir de 2004[6] et remis en fonction en septembre 2007[7]. Il comprend quatre claviers, un pédalier pour un total de 54 jeux et plus de 3700 tuyaux[8].

L'orgue de chœur est également un Cavaillé-Coll. Installé provisoirement en 1837, remplacé par un orgue définitif en 1846, il comprend deux claviers, un pédalier, 16 jeux et est classé aux Monuments Historiques[9].

Les cloches[modifier | modifier le code]

Bourdon Sainte Jeanne d'Arc

Les cinq cloches se situent dans la tour nord. Quatre d'entre elles proviennent de la fonderie de cloches Bollée d'Orléans, fondues en 1898. La Sainte-Jeanne d'Arc, le Bourdon a été refondu par Paccard en 2012, celle de Bollée étant fêlée depuis plusieurs décennies, suite au bombardement de 1944.

  • Sainte-Jeanne d'Arc, pèse 6 000 kg, sonne le « Sol2 » ;
  • Saint-Michel, pèse 2 300 kg, sonne le « Do3 » ;
  • Sainte-Catherine, pèse 1 600 kg, sonne le « Ré3 » ;
  • Sainte-Marguerite, pèse 1 100 kg, sonne le « Mi3 » ;
  • Félix Dupanloup, pèse 640 kg, sonne le « Sol3 ».

Représentations picturales[modifier | modifier le code]

Le peintre Maurice Utrillo (1883-1955) a représenté sa façade principale vers 1913[10].

Galeries d'image[modifier | modifier le code]

Vues extérieures[modifier | modifier le code]

Vues intérieures[modifier | modifier le code]

Vitraux[modifier | modifier le code]

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Des vitraux (ou parties de vitraux) modernes ont également été installés (ou intégrés à des éléments plus anciens), entre 1996 et 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00098836 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jean Nivet, Sainte-Croix d’Orléans, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, n° hors-série, 1984, p. 64, 72.
  3. Jean Nivet, Les transepts de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans et la devise de Louis XIV “Nec pluribus impar”, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, Nouvelle série, t. XIV, no 111, 1996, p. 17-34 (p. 33).
  4. Archives de la biographie de Jeanne d'Arc.
  5. Sur l'histoire des orgues de Sainte-Croix, voir : François Turellier, « Les orgues et les organistes de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. Leur place à l’église et dans la ville, des origines jusqu’aux travaux d’Aristide Cavaillé-Coll », in : L’Orgue, Revue trimestrielle publiée par l’Association des Amis de l’Orgue en coédition avec Symétrie, no 291, Versailles, Lyon, 2010-III, p. 3-33
  6. La République du Centre, éditions Orléans, 10 mars 2007, p. 4
  7. La République du Centre, édition Orléans, 13 septembre 2007, p. 7
  8. Sury Emmanuel, Cathédrale d'Orléans, ses orgues Cavaillé-Coll, Comité des orgues de la cathédrale d'Orléans, 2008, p. 58. Cette étude présente aussi des textes, attribués à François Turellier, mais qui ne le sont qu'en partie : lorsqu'il s'est agi de les insérer dans l'ouvrage, ils ont été parfois maladroitement retravaillés, si bien que certains passages n'ont plus guère de sens.
  9. Sury Emmanuel, Cathédrale d'Orléans, ses orgues Cavaillé-Coll, Comité des orgues de la cathédrale d'Orléans, 2008, p. 64
  10. notice du tableau d'Utrillo sur le site du musée de l'orangerie, Paris

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Chenesseau, Sainte-Croix d'Orléans. Histoire d'une cathédrale gothique réédifiée par les Bourbons. 1599-1829, Paris, E. Champion,‎ 1921

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]