Cathédrale Saint-Canice de Kilkenny

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Cathédrale Saint-Canice de Kilkenny
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Canice de Kilkenny
Présentation
Nom local St Canice's Cathedral
Culte Anglican (Église d’Irlande)
Type Cathédrale
Début de la construction XIIIe siècle
Géographie
Pays Irlande
Province Leinster
Comté Comté de Kilkenny
Commune Kilkenny
Coordonnées 52° 39′ 15″ N 7° 15′ 27″ O / 52.6541616, -7.2575051 ()52° 39′ 15″ Nord 7° 15′ 27″ Ouest / 52.6541616, -7.2575051 ()  

Géolocalisation sur la carte : Irlande

(Voir situation sur carte : Irlande)
Cathédrale Saint-Canice de Kilkenny

La cathédrale Saint-Canice de Kilkenny est une cathédrale anglicane irlandaise consacrée à saint Canice (en anglais Cainnech of Aghaboe).

Elle est le siège historique du diocèse d’Ossory, fusionné une première fois avec l’évêché de Ferns et Leighlin en 1835, puis avec celui de Cashel et Waterford en 1977 dans le diocèse de Cashel et Ossory.

Le bâtiment actuel date du XIIIe siècle et est la deuxième plus longue cathédrale en Irlande[précision nécessaire]. Derrière la cathédrale, se trouve une tour ronde de 30 m (100 pieds) datée du IXe siècle très bien préservée.

La cathédrale est construite sur un ancien site qui a été utilisé par les chrétiens depuis le VIe siècle. Dans les années 1120, l’évêché d’Ossory est déplacé d’Aghaboe à Kilkenny. Au moment de la Réforme, les Églises anglicane et catholique se séparent ; la cathédrale Saint-Canice devient anglicane, et la cathédrale Sainte-Marie a été érigée pour les catholiques.

La cathédrale contient des mémoriaux du XVIe siècle. Le style architectural est du gothique primitif, et elle est construite en pierre calcaire. Elle est richement décorée avec de nombreux vitraux, et particulièrement celui de l’est — réplique de l’original du XIIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Signatures des quatre maîtres des Annales

Kilkenny est l'ancienne capitale du royaume d’Ossory (en) ; la cathédrale Saint-Canice se dresse sur un site chrétien depuis le VIe siècle. Le nom de Kilkenny n’est d’ailleurs que la version anglicisée de l’irlandais Cill Chainnigh irlandaise, qui signifie « église de Canice ».

On suppose qu’il y a eu sur le site une première église de bois, remplacée à la fin du Moyen Âge par une église en pierre de style roman. Celle-ci a été enfin remplacée par l’imposante cathédrale médiévale actuelle. À quelques yards de la branche sud du transept se dresse une tour ronde de 30 m (100 pieds) datée du IXe siècle[1]. Son sommet est accessible par un ensemble d’échelles à l’intérieur et offre une bonne vue de Kilkenny et la campagne environnante ; elle a peut-être été à la fois tour de guet et refuge.
La colline sur laquelle s’élève la cathédrale est considérée comme le centre de la première colonie de Kilkenny[2]. La tour ronde laisse penser qu’il y aurait eu une fondation ecclésiastique précoce. On en sait peu sur les structures laïques anciennes du secteur. La zone alentour, appelée Irishtown, est la partie la plus ancienne de la ville actuelle.

Il n’y a pas de mention de Kilkenny dans la vie de Cainnech of Aghaboe, de Ciarán of Saighir ou dans les annales du début de l’Irlande, ce qui laisse penser que la ville n’avait pas une grande importance[3]. Les Annales des quatre maîtres ont en revanche des entrées pour Cill Chainnigh, en 1085 (« Ceall-Cainnigh was for the most part burned », « Ceall-Cainnigh a été pour une grande part brûlée ») et en 1114 (« …Cill-Cainnigh […] were all burned this year », « Cill-Cainnigh brûla entièrement cette année »)[3],[4].

L’édifice actuel est commencé au XIIIe siècle, situé alors à l’extrémité ouest de Kilkenny[1], et présente des similitudes avec la cathédrale Saint-Patrick de Dublin, commencée à la même période et également terminée à la fin du XIIIe siècle[5].

En 1324, le Livre rouge d’Ossory écrit par Richard Ledred, évêque de Ossory — plus connu pour ses relations hérétiques et son procès de sorcellerie — présente une cantilène de soixante vers en latin. Comme indiqué par ailleurs dans le livre, Ledred a écrit ces vers « pour les vicaires de la chorale de la cathédrale de Kilkenny, ses prêtres et religieux, pour être chantés aux grandes fêtes et autres occasions, que leur gorge et leur bouche, sanctifiées pour Dieu, ne soit pas polluées avec des chansons théâtrales, indécentes, et laïques[6] ».

La cathédrale a été restaurée entre 1844 et 1867, sans qu’aucun élément caractéristique ne soit supprimé[7].

Description[modifier | modifier le code]

Sur un plan en croix latine, la cathédrale a été construite dans un style gothique primitif anglais, en pierre calcaire, avec une tour centrale peu haute supportée de colonnes de marbre noir. Les murs extérieurs, hormis les pignons, sont crénelés, et l’on trouve deux petites flèches qui encadrent le frontispice à l’ouest. La cathédrale mesure environ 70 m (75 yards) de long, et sa largeur au niveau du transept est de 37,5 m (41 yards)[1].

À l’intérieur, de hauts arcs en ogive forment les entrées de la nef vers le chœur et les deux bras du transept. Entre la nef et les collatéraux, on trouve également une ligne de cinq piles de quatre colonnes, avec de hauts arcs moulurés. La nef est éclairée par un large vitrail ouest et cinq fenêtres à claire-voie[1]. Les fonts baptismaux datent de l’époque médiévale, et l’ancienne pierre de l’ordination épiscopale est toujours présente sous le siège de la cathèdre médiévale dans le bras nord du transept, où les évêques d’Ossory ont jusqu’à ce jour été sacrés.

La cathédrale contient de nombreux anciens mémoriaux, dont celui de l’évêque David, et les tombes de nombreux évêques d’Ossory et de propriétaires du château de Kilkenny[1]. Le sujet de ces mémoriaux dépend beaucoup de la classe sociale des personnes, allant des grandes figures de la maison de Ormonde (en) à l’humble charpentier. Dans le bras nord du transept se trouve l’ancienne cathèdre de saint Kieran en pierre sculptée[1], toujours utilisée pour l’ordination des évêques de Cashel et Ossory.

On trouve des bas-reliefs du continents sur les stalles du chœur et le plafond aux poutres martelées. La cathédrale a de nombreux vitraux ; celui de la fenêtre Est est une réplique de l’original du XIIIe siècle.

Du côté est du bras sud du transept se trouve le lieu de réunion du consistoire, construit par l’évêque Pococke, avec la maison du chapitre à son nord. Depuis le bras nord du transept, un passage sombre mène à la chapelle Sainte-Marie, où prennent place les services liturgiques de la paroisse, et plus loin à une autre chapelle où se trouve la tombe de l’évêque Gafney († 1576)[1].

Malgré quelques restaurations au XIXe siècle, la cathédrale a préservé son style originel.

Non loin à l’est de la cathédrale se trouve le palais épiscopal[1].

Illustrations[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Auteur inconnu, ed. Masters, Annals of the Four Masters,‎ 1085 (lire en ligne)
  • (en) Inc Chadwyck-Healey, Notes and Queries, Oxford University Press,‎ 1856 (lire en ligne)
  • (en) Rev. James Graves, The History, Architecture, and Antiquities of the Cathedral Church of St. Canice, Kilkenny, Hodges, Smith, & co.,‎ 1857 (lire en ligne), p. 22
  • (en) Prim's History and Antiquities of Kilkenny Cathedral (1857)
  • (en) John Hogan, Kilkenny: the Ancient City of Ossory, the Seat of its Kings, the See of its Bishops and the Site of its Cathedral, P. M. Egan,‎ 1884 (lire en ligne)
  • Clarendon, De Ossoriensi Dioescesi, p. 19–30
  • (en) Edward Ledwich, Antiquities of Ireland, Banton Press (ISBN 1856520250 et 9781856520256)
  • (en) Rae, E. C., 'An O'Tunney masterpiece reconstituted' [16th century cenotaph in St Canice's cathedral] in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 18 (1966), p. 62–71
  • (en) Woodworth, David, 'St Canice's library' in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 22 (1970), 5-10; 23 (1971), p. 15–22
  • (en) McCarthy, Michael, 'Eighteenth century cathedral restoration' [Correspondence relating to St Canice's Cathedral, Kilkenny] in Studies; an Irish quarterly review, 65 (1976), 330-343; 66 (1977), p. 60–76
  • (en) Crotty, G. 'The Foulkes monument in St Canice's cathedral' in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, ns, 2 (1982), p. 347–351
  • (en) Phelan, Margaret M. 'Butler tombs and furnishings in St Canice's Cathedral, Kilkenny' in Journal of the Butler Society, 2 (1982), p. 164–166
  • (en) Lightbown, Ronald, 'Impressions of nineteenth-century Kilkenny (1800-50)' in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 48 (1996), p. 57–80
  • (en) Phelan, Margaret M., 'An unidentified tomb in St Canice's Cathedral, Kilkenny', in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 48 (1996), p. 40–44
  • (en) Lynas, Norman, 'The restoration of St Canice's Cathedral 1844-1867 under Dean Vignoles', in Kirwan, John (ed.), op. cit., 183-191
  • (en) Ireland, Aideen M., 'Kilkenny Cathedral treasure trove', in Kirwan, John (ed.), Kilkenny: studies in honour of Margaret M. Phelan (Kilkenny: Kilkenny Archaeological Society, 1997), p. 159–167
  • (en) Phelan, Margaret M., 'A tomb frontal in St Canice's Cathedral, Kilkenny', in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 50 (1998), p. 20–23
  • (en) Gillespie, Raymond, 'St Canice's Cathedral in an age of change 1500-1560', in Bradley, John; Healy, Diarmuid; & Murphy, Anne (eds.), Themes in Kilkenny's history: a selection of lectures from the NUI Maynooth - Radio Kilkenny academic lecture series 1999 (Kilkenny: Red Lion, 2000), p. 47–56
  • (en) Heckett, Elizabeth Wincott, 'The Margaret Fitzgerald Tomb Effigy: A late medieval headdress and gown in St Canice's Cathedral, Kilkenny', in Koslin, Désirée G.; Snyder, Janet (eds.), Encountering medieval textiles and dress: objects, texts, images (the new Middle Ages) (New York: Palgrave, 2002), p. 209 et plus
  • (en) Law, Edward J., 'The tomb of John, 2nd Marquess of Ormonde, St Canice's Cathedral' in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 55 (2003), p. 141–148
  • (en) Integrated Conservation Group, 'The Bishop's Palace, Kilkenny' in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 55 (2003), p. 30–53
  • (en) Law, Edward J., 'The bells and bell-ringers of St Canice's Cathedral' in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 55 (2003), p. 6–10
  • (en) Ó Drisceoil, Cóilín, 'Probing the past: a geophysical survey at St Canice's Cathedral, Kilkenny', in Old Kilkenny Review: Journal of the Kilkenny Archaeological Society, 56 (2004), p. 80–106
  • (en) Bradley, John, 'Death, art and burial: St Canice's cathedral, Kilkenny in the sixteenth century', in Hourihane, Colum, (ed.), Irish art historical studies in honour of Peter Harbison (Index of Christian Art, Occasional Papers, 7) (Dublin: Four Courts in association with Princeton University, 2004), p. 210–218

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h CATHEDRAL of ST CANICE, extract from A Topographical Dictionary of Ireland (1837)
  2. Graves 1857, p. 25
  3. a et b Graves 1857, p. 23
  4. Masters, ed., Annals of the Four Masters vol. ii, p. 923, from Irish
  5. Day, J. G. F., The Cathedrals of the Church of Ireland (Read Books, 2007, ISBN 1-4067-5730-6) p. 15
  6. Grattan Flood, W. H., A History of Irish Music (Dublin: 1906), p. 89-90 (extract)
  7. Lynas, Norman, 'The restoration of St Canice's Cathedral 18441867 under Dean Vignoles', in Kirwan, John (ed.), Kilkenny: studies in honour of Margaret M. Phelan (1997), p. 183–191

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