Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon

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Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon
Présentation
Nom local La Métropole
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse d'Avignon (siège)
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux Modifications aux XIVe et XVIIe siècles
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
 Patrimoine mondial (1995)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Commune Avignon
Coordonnées 43° 57′ 06″ N 4° 48′ 28″ E / 43.951569444, 4.807841667 ()43° 57′ 06″ Nord 4° 48′ 28″ Est / 43.951569444, 4.807841667 ()  

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Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon

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Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon

La cathédrale Notre-Dame des Doms est une cathédrale catholique romaine située à Avignon dans le département français de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à côté du Palais des papes d'Avignon.

De style roman provençal, elle date de 1150, puis fut agrandie aux XIVe et XVIIe siècles par des chapelles latérales.

Elle est le siège de l'archidiocèse d'Avignon.

Localisation[modifier | modifier le code]

Notre-Dame-des-Doms, cliché Le Monde Illustré, 1859

La Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon est située sur la partie nord d'Avignon intramuros[N 1]. Elle a été construite sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, le rocher des Doms, surplombant la rive gauche du Rhône.

Sa position sur le rocher, sa flèche imposante surmontée d'une vierge et sa proximité du Palais lui permettent à la fois de dominer la ville et d'être vue de très loin. L'un des meilleurs points de vue, et ce n'est pas un hasard, se trouve sur l'autre rive du Rhône, du mont Andaon, promontoire sur lequel est construit le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Elle est aussi visible, tout comme le Palais, depuis le sommet des Alpilles, soit un peu moins d'une vingtaine de kilomètres au sud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le palais avec derrière Notre-Dame des Doms en 1617 alors que Jean-François de Bagni était vice-légat, dessin du père jésuite Martellange

Elle date de 1150, puis agrandie aux XIVe et XVIIe siècles par des chapelles latérales.

Dès 1336, Giacomo Stefaneschi, le cardinal de Saint-Georges passe commande à Simone Martini, le plus gothique des peintres italiens considéré comme le chef de file de l’École de Sienne, des fresques du porche de Notre-Dame-des-Doms. Celui-ci, qui avait été l’élève de Duccio de Buoninsegna, vint sur place avec son épouse Giovanna et son frère Donat. Elles furent achevées avant la mort du commanditaire en 1343.

Sous Benoît XIII, Avignon fait l'objet d'un siège. En dépit de la surveillance dont il était l'objet, le pontife réussit à quitter le palais et sa ville de résidence le , après un éprouvant siège de cinq ans[1].

Pour faciliter la défense, la démolition de toutes les maisons situées entre le grand et le petit palais fut autorisée. C'est ce que l'arlésien Bertrand Boysset note dans son journal :

« L’an MCCCCIII, du mois de décembre, janvier et jusqu’à mai, furent démolies les maisons qui étaient entre le grand et le petit palais, jusqu’au pont du Rhône ; et après on commença à bâtir de grands murs sur la Roque de Notre-Dame des Doms grâce auxquels étaient reliés le grand palais au petit palais et à la tour du pont, de telle façon que le pape Benezey et les autres après lui puissent entrer et sortir du palais[2]. »

Si Benoît XIII ne revint jamais plus à Avignon, il avait laissé sur place ses neveux, Antonio de Luna avec la charge de recteur du Comtat Venaissin, et Rodrigo. Celui-ci et ses Catalans s'installèrent dans le palais pontifical. Le mardi , à l’heure de vêpres, le clocher pyramidal de Notre-Dame des Doms s’écroula et écrasa dans sa chute l’antique baptistère dédié à saint Jean. Les Catalans furent accusés de cette action et ils en profitèrent pour établir une plateforme sur ces ruines afin d'installer leur artillerie[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Alors que le Palais des Papes est considéré comme le plus grand ensemble gothique du Moyen Âge, Notre-Dame des Doms, située juste à côté, est un des chefs-d'œuvre de l'art roman provençal.

Elle possède de nombreuses caractéristiques stylistiques inspirées de l'antique :

Ornements et mobilier[modifier | modifier le code]

  • Cathèdre romane en marbre blanc du XIIe siècle décorée sous un des accoudoirs par le lion de Saint-Marc, sous l'autre du bœuf de Saint-Luc, classée Monument Historique au titre objet
  • Tombeaux gothiques de Jean XXII et de Benoît XII
  • Trois statues de la Vierge Marie sont présentes à la Cathédrale : Une statue de Notre Dame de tout Pouvoir et deux statues de Notre Dame des Doms dont une Vierge de plomb doré[4] couronne le clocher depuis 1859[5].
  • Orgue doré sur une tribune surplombant la cathèdre, de 1819, construit par, selon les sources, le lombard Piantanida ou un de ses élèves Giovanni Mentasti, classé Monument Historique au titre objet
  • Orgue de chœur de Charles Mutin en 1902, placé au sol en face de la cathèdre
  • Plusieurs pièces d'art, sculptures mais aussi mobilier.
  • Tribunes style baroques (nef et chœur)

Fresques macabres[modifier | modifier le code]

Fresque macabre du XIIIe siècle

Dans la cathédrale Notre-Dame-des-Doms, a été mise à jour une fresque du Dit des trois morts et des trois vifs, où les personnages mis en scène sont placés sous des arcades individuelles. Cette fresque encadre une autre œuvre macabre, où la Mort crible de flèches des gens massés à sa droite et à sa gauche. L'étude paléographique de l'inscription figurant au-dessus celle-ci, qui donne le nom du donateur Pierre de Romans, a permis de dater l'ensemble de la seconde moitié du XIIIe siècle. Ce qui fait de l'ensemble de ces fresques macabres l'une des œuvres les plus anciennes d'Europe[6].

Sinopias de Simone Martini[modifier | modifier le code]

Le tympan du porche de la cathédrale a gardé des traces de l'œuvre de Simone Martini, deux sinopie, étapes préliminaires au pigment rouge dans le travail de peinture à fresque, l'une figurant Le Christ Rédempteur en Gloire entouré par des ange et l'autre La Vierge et l'Enfant entourés d'anges, qui se trouvait sur le tympan du porche (réalisée dans les années 1340), détachées et transférées sur panneaux, exposées dans la salle du Consistoire du Palais des Papes.

Les cloches[modifier | modifier le code]

Le bourdon, Maria de Domnis

Le clocher de la cathédrale est doté d'un important carillon de 35 cloches. Quinze d'entre elles peuvent sonner en volée, ce qui en fait la sonnerie la plus étoffée de France après celle de la cathédrale Notre-Dame de Verdun. Par contre, avec un poids total de 14 tonnes, la sonnerie ne compte pas parmi les plus lourdes du pays (la sonnerie de la cathédrale de Strasbourg pèse par exemple 24 tonnes, celle de la primatiale de Rouen pèse 20 tonnes).

Le bourdon de la cathédrale d'Avignon, appelé Maria de Domnis, pèse tout de même 6 300 kg et a été coulé en 1848 par le fondeur avignonnais Pierre Pierron.

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus, dans le clocher de Notre-Dame des Doms, aucune cloche antérieure à la Révolution française qui les fit fondre pour en récupérer le bronze et faire des canons. D'autant plus que la ville d'Avignon, cité des papes, faisait office de symbole pour les révolutionnaires. Lors de la restauration de la métropole, en 1825, sous l'épiscopat de Monseigneur Maurel de Mons, un bourdon fut coulé par M. Perre, fondeur à Avignon. Cassé en 1830, il fut descendu et refondu ainsi qu'une autre cloche dite petit bourdon par M. Perre et Pierron en 1848, ainsi qu'une autre cloche rajoutée en 1853. Ces deux dernières, mal accordées avec le bourdon, furent vendues et installées dans le clocher de la Collégiale Saint-Pierre où elles sonnent encore aujourd'hui. La fabrique voulant doter la métropole d'un carillon bien accordé garda le bourdon nouvellement fondu et lui ajouta 8 cloches supplémentaires qui furent installées en 1854 et 1855. Le carillon projeté n'ayant jamais été réalisé, ces 9 cloches rythmèrent la vie religieuse de la métropole jusqu'en 1980.

En 1980, M. Jean Zeeh, électro-mécanicien à Montigny-lès-Metz[réf. nécessaire], décide d'aider la chapitre de la cathédrale à compléter le carillon auquel il fit ajouter 4 nouvelles cloches qui furent bénites le 2 mars 1980. En 1984, M. Zeeh offre 8 nouvelles cloches, arrivées le 5 août 1984, bénites en 1985 et installés dans le beffroi le 18 mars 1985.

En 1988, de généraux donateurs permettent d'achever le carillon. 14 nouvelles cloches, bénites le 8 janvier 1989, viennent s'ajouter aux 21 déjà en place. Elles comblent les lacunes des notes manquantes et ajoutent une nouvelle gamme. Le nouveau carillon de 35 cloches permet donc une utilisation sur 3 octaves chromatiques.

Le carillon actuel[modifier | modifier le code]

Quelques cloches du carillon
Quelques cloches du carillon
Les cloches sont réparties dans le beffroi sur 4 niveaux différents
Le « petit » bourdon, Remigius (Ré3)

Voici la liste de la composition du carillon de la cathédrale :

Numéro Nom Masse (en kg) Note Mode de sonnerie
1 Maria de Domnis 6 301 Fa#2 Tintement et volée
2 Remigius 1 472 Ré3 Tintement et volée
3 Michaël 1 043 Mi3 Tintement et volée
4 Maria-Andréa 860 Fa3 Tintement et volée
5 Fabianus 724,5 Fa3 Tintement et volée
6 Solemnis 610 Sol3 Tintement et volée
7 Anna-Maria 460 Sol#3 Tintement et volée
8 Ladislaüs 445 La3 Tintement et volée
9 Maria Virgo Dolorosissima 365 La#3 Tintement
10 Sidonius 288 Si3 Tintement et volée
11 Jeanne-Marie 240 Do4 Tintement et volée
12 Donatus 208 Do#4 Tintement et volée
13 Regina 166,5 Ré4 Tintement et volée
14 Martha 165 Ré4 Tintement
15 Claude-Madeleine 160 Mi4 Tintement et volée
16 Caecilia 125 Fa4 Tintement
17 Hugues 120 Fa#4 Tintement et volée
18 Marie-Bernadette 105 Sol4 Tintement et volée
19 Maria Martyrum regina 75 Sol#4 Tintement
20 Rufina-Agricola 57 La4 Tintement
21 Eutropia-Siffreda 48 La#4 Tintement
22 Francisca-Clara 45 Si4 Tintement
23 Theresa-Vincenta 38 Do5 Tintement
24 Norberta 32 Do#5 Tintement
25 Flourenceto 28 Ré5 Tintement
26 Marie-Josèphe 20 Ré#5 Tintement
27 Marie-Alberte 19,5 Mi5 Tintement
28 Marie-Raymonde-Fernande 19 Fa5 Tintement
29 Marie-Suzanne-Marguerite 17 Fa#5 Tintement
30 Marie-Christophe-Angélique 16,5 Sol5 Tintement
31 Marie-Matthieu-Jean-Baptiste 16 Sol#5 Tintement
32 Pierre-Marie-Gabrielle 14,4 La5 Tintement
33 Marie-Louise-Joséphine 14 La#5 Tintement
34 Marie-Berthe-Lucile 13,5 Si5 Tintement
35 Marie-Angélie 13 Do6 Tintement

Représentation de Notre-Dame des Doms au fil du temps[modifier | modifier le code]

Le « Retable du crucifix » d'Antoine Rozen, peint en 1520 est considéré comme la seconde plus ancienne représentation réaliste du palais et de Notre-Dame des Doms.

Le dessin du palais des papes en 1617 par le père jésuite Étienne Martellange parfaitement réaliste laisse apparaître de peu de différences au niveau de la Cathédrale.

Parmi les représentation plus récentes, dans un style artistique différent, plusieurs peintres ont peint l'ensemble Rhône - pont d'Avignon - Palais des papes / Notre-Dame des Doms - rocher des Doms, mettant tour à tour en avant l'un ou l'autre. Lorsque James Carroll Beckwith peint Le palais des papes et le pont d'Avignon, Notre-Dame des Doms fait jeu égal avec le palais qui n'est présent que dans le coin supérieur droit sur moins d'un 1/6e du tableau alors que le Rhône en couvre la moitié. Paul Signac, avec son tableau Le Palais des papes représente une vue sensiblement orientée de la même manière, mais même si la proportion accordée au pont d'Avignon (sur la gauche du tableau) reste sensiblement la même, l'angle choisi recentre le palais, le rendant beaucoup plus important et gommant presque du fait le rocher de doms. Les proportions choisie par l'auteur semblent même exagérée afin de lui donner une importance plus grande. Notre-Dame des Doms y est bien détaché, créant ainsi un effet de mise en valeur des deux entités architecturales. Avec une orientation différente, vraisemblablement depuis l'ile de la Barthelasse ou Villeneuve-lès-Avignon, Adrian Stokes pour son Le palais des papes d'Avignon écrase le palais et le pont sur la moitié droite du tableau pour faire ressortir la colline du rocher des doms, et y ajout même de la végétation et Notre-Dame des Doms n'y est que très peu visible.

Étude du palais et de la cathédrale par Viollet-le-Duc[modifier | modifier le code]

Plan du palais des Papes d'Avignon
Vue générale depuis l'ouest (Notre-Dame des Doms est à gauche)

A, église Notre-Dame des Doms, rétablie dans sa forme première et avant l'adjonction des chapelles.
B & H, tours.
b, corps de logis avec au-dessous, la salle des festins.
C, cour du cloître.
D, cour d'honneur.
e, mâchicoulis défendant le bâtiment E.
G, grande salle entièrement voûtée qui servait de chapelle.
I, escalier d'honneur donnant entrée à la chapelle et dans les appartements des corps de logis à l'occident et au levant.
K, escalier desservant un couloir de service qui longe les pièces de l'aile occidentale et communique avec les défenses supérieures par les vis L, aboutit au-dessus de la poterne P, et met l'aile occidentale en communication avec le logis E.
F, les grandes cuisines (premier étage).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Intramuros » signifie « à l'intérieur des murs », c'est-à-dire qualifie la partie de la ville située à l'intérieur des remparts.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les exigences de Benoît XIII pour la restauration des remparts d'Avignon, [lire en ligne]
  2. L. Bonnement, Mémoires de Bertrand Boysset. Contenant ce qui est arrivé de plus remarquable particulièrement à Arles et en Provence depuis 1372 jusqu’en 1414, Le Musée. Revue arlésienne, historique et littéraire, 1876-1877.
  3. Daniel Bréhier, La métropole Notre-Dame des Doms, Éd. Beaulieu, Art et tradition, 2002.
  4. Œuvre de James Pradier
  5. http://www.cathedrale-avignon.fr/cathedrale_presentation/cathedrale-Notre-Dame-des-Doms-et-Notre-Dame-de-Tout-Pouvoir.htm
  6. Dit des trois morts et des trois vifs sur le site lamortdanslart.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Maurice Rouquette, Provence romane. La Provence rhodanienne. Tome 1, p. 205-218, Éditions Zodiaque (collection « La nuit des temps » nº 40), La Pierre-qui-Vire, 1980 (ISBN 978-2736901387)

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, publié par Banc, 1864 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniel Bréhier, La métropole Notre-Dame des Doms, Éd. Beaulieu, Art et Tradition, Lyon, 2002. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chanoine André Reyne, Abbé Daniel Breihier, La basilique métropolitaine N.-D. des Doms, Avignon, Maison Aubanel, imprimeur de N.S.P. le pape & de Mgr l’Archevêque,‎ 4e trimestre 1986, 93 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]