Cathédrale Notre-Dame d'Amiens

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Cathédrale Notre-Dame d’Amiens
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame d'Amiens
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse d'Amiens (siège)
Début de la construction 1220
Fin des travaux 1269
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)[1]
 Patrimoine mondial (1981)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Commune Amiens
Coordonnées 49° 53′ 40″ N 2° 18′ 07″ E / 49.89444, 2.301944 ()49° 53′ 40″ Nord 2° 18′ 07″ Est / 49.89444, 2.301944 ()  

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Cathédrale Notre-Dame d’Amiens

La cathédrale Notre-Dame d’Amiens est la plus vaste cathédrale de France par ses volumes intérieurs (200 000 m3). Avec les cathédrales de Chartres, de Reims, de Bourges et de Beauvais (même si la nef de cette dernière n'a jamais été construite), elle est considérée comme l'archétype du style gothique classique, comprenant aussi des éléments des phases suivantes du style gothique, du gothique rayonnant (notamment le chevet) et du gothique flamboyant (notamment la grande rosace de la façade occidentale, la tour nord et les stalles). Sa longueur hors œuvre est de 145 mètres et sa hauteur sous voûte de 42,30 mètres (proche du maximum supportable pour cette architecture).

Monument historique en France depuis 1862, elle est inscrite depuis 1981 au patrimoine mondial de l'UNESCO[2].

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

La partie la plus ancienne de l'édifice, la nef, haute de 42,3 mètres, vue depuis le triforium du chœur - Au fond, la rosace flamboyante surmontant la tribune des grandes orgues.

La cathédrale actuelle occupe un emplacement où plusieurs sanctuaires se sont succédé ; on en sait peu de choses. Le premier édifice date de la fin du IIIe siècle, à l'époque gallo-romaine et au cours des neuf siècles suivants, plusieurs cathédrales furent édifiées. Plusieurs fois des incendies les réduisirent en cendres. Tel fut le cas en 850, lors d'une invasion normande, puis en 1019, puis encore en 1107. Après ce sinistre, une nouvelle église, romane, fut édifiée en 1152 au sujet de laquelle nous ne possédons aucun document permettant de déterminer ce qu'elle était.

Le 17 décembre 1206, un croisé picard nommé Wallon de Sarton, chanoine de Picquigny, qui lors du pillage de Constantinople par les croisés en 1204, avait réussi à subtiliser la sainte relique du crâne de saint Jean-Baptiste, rapporta celle-ci à Amiens où il est reçu par l'évêque Richard de Gerberoy. Très rapidement, la relique devient l'objet d'un important pèlerinage. De nombreux princes français et étrangers viennent l'honorer. Mais la tête du saint attire surtout les gens atteints de surdité, de mutisme, de cécité et avant tout les gens atteints du « mal saint-Jean », c'est-à-dire d'épilepsie. Rapidement, cet afflux rend la cathédrale romane trop petite.

En 1218, la foudre tombe sur la flèche de l'ancienne cathédrale, ce qui met le feu aux charpentes. Le toit s'embrase avec une rapidité stupéfiante et bientôt, c'est l'édifice tout entier qui s'écroule dans les flammes. L'évêque Évrard de Fouilloy décide de reconstruire une nouvelle cathédrale, non seulement bien plus vaste et plus belle que la précédente, mais aussi inégalée parmi les autres sanctuaires de la chrétienté. Il fallait également que cette nouvelle cathédrale - par son programme iconographique - soit un véritable livre de pierres, qui favoriserait l'enseignement de la religion auprès du peuple chrétien. On parlera plus tard de la Bible d'Amiens.

Et face à ce grand défi, comme architecte, il choisit Robert de Luzarches[3].

Les trois portails de la grande façade occidentale furent très rapidement édifiés. Ils datent des années 1220-1230 (premier tiers du XIIIe siècle.)
Ces bas-reliefs du soubassement du portail de droite (de la Mère-Dieu) de la façade occidentale se trouvent sous les statues des rois Salomon et Hérode et datent du début du XIIIe siècle[4]. Ils sont remarquablement conservés. De gauche à droite : Salomon à table, Salomon sur son trône, le massacre des Innocents, Salomon avec la reine de Saba, Salomon en prière devant le Temple, Hérode donnant l'ordre de brûler les vaisseaux de Tharsis.

Édification de la cathédrale actuelle (1220-1288)[modifier | modifier le code]

Les travaux de construction débutèrent en 1220 et la pose de la première pierre se déroula dit-on dans l'allégresse. Peu auparavant on avait reculé l'enceinte de la ville dont la population avait fort augmenté. En 1190, les remparts avaient été reculés à l'est et peu après en 1193, au sud. Les bâtisseurs bénéficiaient de ce fait d'un espace agrandi à l'intérieur de la nouvelle enceinte (dite de Philippe-Auguste) et purent ainsi prévoir un sanctuaire de dimensions gigantesques (145 mètres de long sur 70 de large au transept). Il fallut cependant détruire l'église Saint-Firmin-le-Confesseur qui occupait l'emplacement prévu pour le bras nord du transept, ainsi que l'Hôtel-Dieu qui aurait empêché la construction de la tour nord de la façade principale. Contrairement à la règle courante, les travaux commencèrent par la nef[5]. La cathédrale continua pense-t-on à utiliser provisoirement le chœur de l'ancienne église romane.

En ce début du XIIIe siècle, période du règne de Philippe-Auguste, Amiens vivait en pleine prospérité. La ville profitait de la proximité des Flandres dont l'activité drapière était florissante, ainsi que des foires de Champagne toutes proches. Mais c'était le commerce de la guède ou pastel des teinturiers, utilisée pour la teinture des draps et cultivée dans la région, qui assurait à la bourgeoisie amiénoise la base de sa fortune. Amiens en avait le quasi-monopole et l'évêché d'Amiens participait à la prospérité générale. Les généreux donateurs ne manquaient pas, et les ressources de l'évêché lui permettaient de financer ce chantier gigantesque.

Robert de Luzarches étant décédé en 1222, ainsi d'ailleurs que l'évêque Évrard de Fouilloy, le nouvel évêque, Geoffroy d'Eu, confia la suite des travaux à Thomas de Cormont. Les dons affluaient de tous côtés et le chantier avançait rapidement de ce fait. En 1228, les murs de la nef atteignaient déjà le niveau de la naissance des voûtes. Cette même année Renault de Cormont succéda à son père comme maître d'œuvre. La nef fut achevée vers 1230.

Vers 1236, à la mort de Geoffroy d'Eu, la grande façade s'élevait déjà jusqu'aux corniches situées au-dessus de la rosace, et la base du transept était édifiée.

Le nouvel évêque Arnoult s'attela dès lors à l'édification du chœur, et on construisit les chapelles rayonnantes. Mais dès 1240, les travaux ralentirent, le budget étant épuisé. On put cependant terminer le déambulatoire, où Arnoult fut inhumé en 1247.

Le nouvel évêque, Gérard de Coucy se soucia fort peu des travaux, lesquels se réduisirent à peu de choses entre 1247 et 1258. Cette année-là vit un incendie ravager les chapelles absidiales. Ce sinistre eut pour effet de fouetter l'ardeur des bâtisseurs et des bienfaiteurs, et les travaux reprirent à bon rythme jusqu'en 1269, année où le chœur fut terminé. La cathédrale gothique était dès lors opérationnelle, bien que les tours ne soient pas terminées.

Près de deux décennies plus tard, l'évêque Guillaume de Mâcon fit encore élever une flèche (la première) et fit exécuter diverses petites modifications au niveau du chœur et du chevet. Ces travaux se terminèrent en 1288. Cette année-là, le labyrinthe fut créé, toujours sous la direction de Renault de Cormont. 1288 est la date retenue pour la fin de l'édification de la cathédrale. Les tours de la façade occidentale n'étaient toujours pas achevées. Au total cependant, l'édification avait été assez rapide puisque l'essentiel était fait. Cela donne à Notre-Dame d'Amiens une unité architecturale qui n'existe que rarement chez ses rivales.

La construction de la cathédrale d'Amiens a été fort importante pour le développement de la rationalisation des chantiers médiévaux et la taille en série des pierres. Dès le début de la construction en effet, Robert de Luzarches avait conçu quatre types différents de pierres qui furent fabriqués en série. Les pierres utilisées provinrent surtout des grandes carrières de Picquigny qui appartenaient aux chanoines de cette paroisse. Un contrat datant de 1234 nous est parvenu et fait état de cinquante livres parisis pour onze ans à payer aux chanoines de Picquigny[6]. Les pierres furent acheminées par bateau sur la Somme jusqu'à la ville d'Amiens. On utilisa aussi des pierres provenant des carrières de Croissy, Domélier et Bonneleau.

Vue de la rosace ouest ou rosace de la mer, depuis le triforium du chœur - De style flamboyant, elle date du début du XVIe siècle.

De 1288 à la fin du XVe siècle[modifier | modifier le code]

De 1290 à 1375, on construisit les chapelles latérales de la nef, non prévues dans le plan initial. Elles sont au nombre de onze, six au nord et cinq au sud, les plus anciennes à l'est, les dernières à l'ouest.

La tour sud de la cathédrale fut achevée en 1366 seulement. La tour nord posa quelques problèmes : en 1375, on dut construire une contre-butée à la tour nord, rendue nécessaire à cause de la déclivité du terrain. En 1385 se déroula en la cathédrale le mariage de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. En 1402, le couronnement de la tour nord fut enfin réalisé.

En 1470, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, désireux de s'emparer d'Amiens avait installé son campement à Saint-Acheul. D'après Olivier de la Marche, il fut tellement ébloui par la grandeur de l'édifice qu'il interdit expressément à son artillerie de tirer sur le bâtiment[7].

Sauvée de l'écroulement en 1498-99[modifier | modifier le code]

En 1498, Pierre Tarisel était « maistre des ouvrages de maçonnerie ». Il s'aperçoit qu'une catastrophe imminente se prépare et va causer l'écroulement de la cathédrale. À l'époque, on n'avait pas oublié le désastre survenu en 1284 à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, dont une partie de la voûte du chœur s'était effondrée, en 1284, douze ans seulement après son achèvement. Des travaux d'urgence sont nécessaires et sont effectués pour renforcer les arcs-boutants de la nef et du transept[8],[9]. De plus, les gros piliers de la croisée du transept bouclent sous l'effet de la poussée des grandes arcades s'élevant à 42,3 mètres. Dans un éclair de génie, il va alors cercler presque tout l'édifice d'un chaînage en « fer d'Espagne » réputé le meilleur à l'époque[8]. Ce chaînage court dans le triforium de la nef et des transepts[8]. Il est toujours en place aujourd'hui. Il ne fallut guère plus d'un an pour régler le problème. La cathédrale fut ainsi, non seulement sauvée à l'époque d'une destruction certaine, mais aussi rendue bien plus robuste pour les siècles à venir.

Chapelle de Notre-Dame du Puy située au croisement du double déambulatoire sud du chœur et du bras sud du transept. La statue de gauche, sainte Geneviève, fut transformée en déesse Raison durant la Révolution

De 1500 à la Révolution[modifier | modifier le code]

De 1508 à 1519 eut lieu la création des magnifiques stalles du chœur. Elles étaient au nombre de 120 à l'origine, il en reste 110 à ce jour.

En 1528, la flèche de la cathédrale ayant été détruite par la foudre, on procéda à l'édification d'une nouvelle, celle que nous connaissons aujourd'hui. Son sommet est à 112,70 mètres du sol.

La rosace occidentale, dont le sommet est situé à 42 mètres, fut refaite au XVIe siècle dans le style gothique flamboyant, cela sur ordre du maire de la ville.

Au XVIIIe siècle, on procéda à une refonte importante de la décoration du chœur. Ainsi le jubé, détruit en 1755, fut remplacé par une superbe grille « rocaille », œuvre de Jean Veyren d'après les plans de Michel-Ange Slodtz. Ce chef-d'œuvre fut terminé en 1768. La clôture du chœur, du début du XVe siècle, fut en même temps détruite en grande partie. De superbes statues et une remarquable cathèdre baroque firent également leur apparition. Mais toutes ces innovations épuisaient le trésor, et de ce fait l'entretien de l'édifice était gravement négligé. Des réparations auraient dû être faites au niveau des arcs-boutants du chœur mais, faute d'argent, on laissa les choses s'aggraver.

À la Révolution, Notre-Dame d'Amiens a fort peu souffert comparativement à bien d'autres sanctuaires français. Les Amiénois réussirent à préserver leur patrimoine des atteintes des vandales de la Révolution, telles les troupes du conventionnel Joseph Lebon qui en 1793 exercèrent d'innommables cruautés en la ville voisine d'Arras[10]. Il y eut bien quelques fleurs de lys, quelques croix et même quelques statues supprimées (notamment les dosserets fleurdelisés des stalles). Mais ce fut très marginal. Les grandes et petites statues des différents portails ainsi que celles de la galerie des rois restèrent donc intactes.

La cathédrale fut transformée en temple de la Raison et de la Vérité. On peut voir aujourd'hui la statue de sainte Geneviève convertie en déesse Raison, sur l'autel de la chapelle du Puy Notre-Dame, à gauche dans le croisillon sud du transept.

De la Révolution à nos jours[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Eugène Viollet-le-Duc, qui avait dressé un rapport alarmant sur l'état de la cathédrale, peu ou pas entretenue au cours du XVIIIe et du début du XIXe siècle, procéda à une restauration parfois controversée de l'édifice tout au long d'une période de 25 ans. Il y a en effet incorporé des éléments que le monument légué par le Moyen Âge n'avait jamais possédés. Il ajouta ainsi, au sommet de la grande façade, une galerie visant à réunir les deux tours : la galerie des Sonneurs.

En 1915 lors d'un épisode d'intenses bombardements les trois portails de la façade principale ainsi que le portail de la Vierge dorée furent recouverts d'un coffrage composé de sacs de terre, permettant ainsi de limiter une première fois les dégâts sur l'édifice[11].

En juillet 1918, lors de la dernière offensive allemande à l'ouest, la cathédrale tomba sous le feu des troupes impériales allemandes. Mais à la demande instante du pape Benoît XV, les Allemands cessèrent de prendre le sanctuaire comme cible. La cathédrale fut ainsi sauvée. Peu après, l'armée allemande recula au loin, et tout rentra dans l'ordre.

En mai 1940, lors des bombardements allemands qui affectèrent gravement la ville, la cathédrale fut également quasi miraculeusement épargnée.

Dimensions[modifier | modifier le code]

Plan initial de la cathédrale réalisé par Eugène Viollet-le-Duc. La cathédrale a peu changé depuis lors. On doit y ajouter les 11 chapelles latérales de la nef[12] construites rigoureusement dans l'axe des 2 collatéraux extérieurs du chœur
Plan initial de la cathédrale avec échelle. Noter la manière dont les tours ont été réduites en taille. Réalisé par G. Dehio et G. von Bezold.

Sources [13],[14],[15]:

  • longueur extérieure : 145 m
  • longueur intérieure : 133,50 m
  • profondeur du chœur y compris le déambulatoire et chapelle axiale : 64 m
  • longueur de la nef : 54 m
  • largeur du vaisseau central de la nef : 14,60 m
  • largeur des bas-côtés de la nef : 8,65 m
  • largeur de la nef avec ses 2 bas-côtés : 32 m
  • largeur de la nef avec ses 2 bas-côtés et les chapelles latérales : ?
  • hauteur sous voûte des bas-côtés de la nef : 19,7 m (soit près du double des bas-côtés de la nef de Notre-Dame de Paris, qui ont entre 10 et 10,5 mètres de hauteur, et presque la même hauteur que pour la nef de la cathédrale de Lisieux qui fait 20 mètres de haut)
  • hauteur des colonnes bordant la nef (chapiteaux inclus) : 13,85 m
  • distance entre les piles (d'ouest en est) : 5,2 m
  • largeur du transept sans ses deux collatéraux : 14,25 m
  • largeur totale hors œuvre du transept : 29,30 m
  • longueur hors œuvre du transept : 70 m
  • longueur dans œuvre du transept : 62 m
  • diamètre de la rose nord du transept : ?
  • diamètre de la rose sud du transept : ?
  • hauteur sous voûte : 43 m (contre 33,50 m pour Notre-Dame de Paris)
  • hauteur extérieure du faîte des toitures : 56 m
  • hauteur de la flèche : 112,70 m
  • hauteur de la tour nord : 68,19 m (même hauteur que les tours de Notre-Dame de Paris)
  • hauteur de la tour sud : 61,70 m (seulement six mètres de plus que le faîte du toit de l'édifice environ)
  • surface couverte : 7 700 m2
  • volume intérieur : environ 200 000 m3 (près du double de Notre-Dame de Paris, mais la moitié seulement du volume de la cathédrale de Cologne qui fait 407 000 m3)
Façade occidentale 
  • largeur totale : 48,78 m
  • largeur du porche du portail du Beau-Dieu : 11,69 m
  • profondeur de ce porche : 5,52 m
  • largeur des deux porches latéraux : 6,27 m
  • profondeur de ces deux porches : 4,54 m
  • largeur des 2 contreforts séparant ces 3 porches : 2,92 m
  • diamètre de la rose : ?

D'après le livre « Notre-Dame d'Amiens » publié en 1833 par Antoine Pierre Marie Gilbert[16], la hauteur totale depuis le pavé de l'église jusqu'au sommet de la flèche, y compris le coq, serait de 128,64 m dont il faut soustraire deux mètres liés à la restauration menée ultérieurement.

Plan et élévation[modifier | modifier le code]

La cathédrale est érigée sur un plan en forme de croix latine, avec une nef à bas-côtés, un transept à bas-côtés et un chœur qui comprend même cinq vaisseaux. Le déambulatoire est entouré de sept chapelles rayonnantes, dont la centrale, la chapelle d'axe, ressemble par son architecture à la Sainte-Chapelle de Paris, dont elle est contemporaine. L'élévation dans la nef est tripartite : grandes arcades, triforium et la claire-voie des fenêtres hautes. Les piliers qui supportent les arcades sont ronds et cantonnés par quatre colonnettes. Les voûtes à croisées d'ogives sont supportées par des colonnettes engagées. Les proportions sont très harmonieuses.

Extérieur[modifier | modifier le code]

La façade occidentale, ses trois portails, ses deux tours et sa rosace

La façade occidentale et les tours[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une façade harmonique, c'est-à-dire comportant trois portails, trois niveaux d'élévation et deux tours. Les niveaux d'élévation sont le niveau des portails, celui de la galerie des rois surmontant un triforium formé d'une série d'arcades géminées, et celui de la rosace. Enfin, au-dessus s'élèvent les deux tours (reliées au XIXe siècle par la galerie des sonneurs ajoutée par Viollet-le-Duc).

Chacun des trois portails est surmonté d'un gâble triangulaire, doté en son centre d'une décoration tréflée. Les bases de ces gâbles sont flanquées à droite et à gauche de deux remarquables gargouilles figurant des êtres grimaçants et fantastiques. Le grand gâble du portail central supporte à son sommet une statue d'ange sonnant la trompette, statue placée à cet endroit au XIXe siècle par Eugène Viollet-le-Duc, en remplacement d'une statue de saint Michel étripant un dragon.

Une différence est frappante entre la façade intérieure et la façade extérieure. La façade intérieure contient le premier projet de façade modifié par la suite, caché par l'orgue.

La partie supérieure du massif de la façade occidental, y compris les tours, a 6 mètres de profondeur. La façade prend en compte la surélévation de la nef (4 mètres en plus) sur les grandes baies supérieures. La rosace refaite au XVIe siècle est de style gothique flamboyant typique.

Gargouille fantastique ornant la base droite du gâble du portail saint Firmin (portail de gauche du côté nord).

Tout au-dessus, une courtine, la « galerie des sonneurs », est surmontée par une seconde galerie composée de fines arcades ajourées. L'ensemble occupe l'espace entre les deux tours. Derrière ces galeries, se trouve une terrasse appelée « Chambre des musiciens ».

Quatre contreforts très puissants divisent verticalement l'édifice et séparent les trois portails. Ils sont particulièrement saillants au niveau du rez-de-chaussée où ils séparent et encadrent solidement les portails. Ils sont destinés à assurer la stabilité, tant de la façade que des deux tours qu'elle supporte.

Ces contreforts se rétrécissent brutalement lors du passage du premier au deuxième niveau (celui du triforium supportant la galerie des rois), formant à cet endroit une retraite marquée par une profonde marche. Le deuxième niveau de la façade se situe dès lors largement en retrait par rapport à l'étage inférieur des portails. Cette marche des 4 contreforts est ornée d'énormes et imposants pinacles très travaillés. La même disposition se reproduit lors du passage du niveau deux au niveau trois de la façade (rosace) et une nouvelle série de quatre gros pinacles occupe la deuxième retraite des contreforts ainsi formée. Au total, la façade de la cathédrale apparait ainsi très décorée.

Une erreur technique réside dans la façade par le fait que des fuites ont été constatées : l'eau coulait des grandes galeries supérieures sur les porches ce qui posait des problèmes pour la sauvegarde des sculptures des portails entre autres.

Les tours[modifier | modifier le code]

Les tours sont en réalité des moitiés de tour et n'ont aucune ampleur. Elles ne permettent pas d'élancer le bâtiment ce qu'elles devraient faire. Ce rôle d'élancement est réalisé par la flèche du transept qui elle est visible depuis de nombreux endroits de la ville d'Amiens.

Les tours furent les dernières parties de l'édifice à être construites. Les deux tours, au lieu d’être élevées sur un plan carré comme toutes les tours des cathédrales de cette époque, sont rectangulaires, ou plus précisément barlongues, c'est-à-dire moitié moins épaisses que larges. Ce ne sont que des moitiés de tours dans toute leur hauteur, et les deux contreforts, qui devaient se trouver, latéralement, dans région médiane de ces tours, sont devenus contreforts d'angles. À l'origine de cette situation : un manque de ressources financières.

En 1240, l’évêque Arnoult avait poussé les travaux à une telle cadence que les fonds étaient épuisés. Il fallut suspendre la construction et amasser de nouvelles sommes. De plus en 1258, un incendie détruisit les charpentes des chapelles de l'abside. Ce désastre contribua encore à ralentir l'achèvement du chœur, de la façade et des tours. À Amiens, comme partout ailleurs, les populations montraient moins d'ardeur et d'enthousiasme à voir terminer le monument. On mit un temps assez long à recueillir les dons nécessaires à la continuation des travaux, et ces dons ne furent pas assez abondants pour permettre de déployer dans ce qui restait à construire toute la grandeur que l'on prévoyait initialement. En élevant la nef, de 1220 à 1228, on avait voulu achever, avant tout, le vaisseau, et on ne s’était pas préoccupé de la façade laissée en suspens. La porte centrale seule avait été percée et la rose supérieure ouverte. Ce ne fut qu'en 1238, lorsqu'une nouvelle impulsion fut donnée aux travaux par l'évêque Arnoult, que l'on songea à terminer la façade occidentale. Mais déjà, sans doute, on pressentait l'épuisement des ressources, si abondantes pendant le règne de Philippe-Auguste (mort en 1223), et les projets primitifs furent restreints[17].

La preuve la plus certaine de cette modification apportée au projet initial de Robert de Luzarches, c'est que les fondations existent sous le périmètre total des tours telles qu’elles auraient dû être. En d'autres mots la partie inférieure de la façade et la base des tours construite avant 1238 répond bien au plan initial. De cette façade primitive, il reste :

Dès 1240, les nouvelles parties de la façade s'élèvent suivant le nouveau plan moins ambitieux :

  • les trois porches ainsi que les gâbles et pinacles qui les surmontent (datés de 1240 environ)
  • la galerie ajourée et la galerie des rois (datés également de 1240)
  • l'étage inférieur des tours.

Quant aux parties supérieures de ces tours et à la galerie entre les deux, ce sont des constructions élevées au XIVe siècle et même au début du XVe. Elles sont construites largement en retrait par rapport à la base de la façade et des tours, ce qui leur donne une forme aplatie d'ouest en est, c'est-à-dire un plan rectangulaire et non carré. Il est clair que de telles tours ne pouvaient s'élever très haut.

Les tours sont d'inégale hauteur. Leur dernier étage est de style et de décoration très différents. Tandis que le sommet de la tour sud est encore de style rayonnant, celui de la tour nord, achevée trente-six ans plus tard, est un bel exemple de style gothique flamboyant. Elles sont toutes deux flanquées d'une petite tourelle quadrangulaire, nichée entre les deux contreforts latéraux et faisant corps avec la tour. Ces tourelles abritent chacune un escalier à vis permettant d'atteindre les premiers étages des tours, et sont surmontées d'un élégant toit pyramidal fort bien décoré.

Sur la face sud de la tour sud, au niveau du contrefort occidental, on peut voir un cadran solaire, surmonté de la statue d'un ange. Cette tour fut achevée en 1366.

La tour nord et sa contre-butée[modifier | modifier le code]

Quant à la tour nord, la déclivité du terrain posa quelques problèmes. On dut d'abord construire une énorme contre-butée pour pallier les risques d'écroulement. Celle-ci fut mise en chantier en 1375, si bien que ce n'est qu'en 1402 que le couronnement de cette tour nord fut enfin réalisé.

De style flamboyant, la contre-butée est très riche en ornements, bien plus que la façade nord adjacente. On peut y voir neuf très belles statues du XIVe siècle, réparties en trois groupes superposés. Le groupe inférieur présente les statues de la Vierge Marie, saint Jean-Baptiste et saint Firmin le martyr. Le groupe moyen : le roi Charles V de France et ses deux fils, le dauphin Charles futur Charles VI et Louis, duc de Touraine et futur duc d'Orléans. Enfin le groupe le plus élevé nous montre le cardinal Jean de La Grange et deux personnages non identifiés.

Le portail du Jugement dernier[modifier | modifier le code]

Le portail du Jugement dernier au centre de la façade occidentale de Notre-Dame d'Amiens : le tympan et les voussures.
Le portail du Jugement dernier - vue d'ensemble.

Les portails de la façade ouest sont, comme celui du transept sud, richement ornés de sculptures qui présentent tout un programme théologique. Le grand portail central ou portail du Jugement dernier, encore appelé parfois portail du Beau Dieu, est entouré de deux autres portails plus petits : celui de la Mère-Dieu, à droite au sud, et celui de saint Firmin à gauche.

Le tympan au-dessus du grand portail est décoré d'une représentation du Jugement dernier, lorsqu’à la fin des temps, selon la tradition chrétienne, les morts ressuscitent puis sont jugés par le Christ. Ce tympan est subdivisé en trois registres.

Au niveau inférieur du tympan, les ressuscités sortent de leurs tombeaux au son de la trompette. L'archange saint Michel et sa balance sont présents au milieu d'eux pour peser les âmes. Au bas de la scène, un démon essaie de tricher en faisant pencher l'un des plateaux de son côté.

Au registre intermédiaire, les damnés sont séparés des élus et, entièrement nus, poussés par des démons, se dirigent vers la gueule d'un monstre, le Léviathan.

Au registre supérieur, le Christ sur son trône, les mains levées, le torse dénudé afin de montrer ses blessures, est entouré de la Vierge et de saint Jean qui agenouillés intercèdent en faveur du salut des âmes, ainsi que d'anges qui portent les instruments de la Passion.

La représentation de l'enfer et du paradis se trouve dans les claveaux inférieurs des voussures du tympan. Au paradis, on voit d'abord les âmes recueillies dans le giron d'Abraham[19]. Elles se dirigent ensuite vers une cité qui représente la Jérusalem céleste.

L'enfer tel que représenté est fort semblable à celui de Notre-Dame de Paris. On peut y voir une marmite et des cavaliers nus juchés sur des chevaux cabrés. Ils évoquent l'Apocalypse.

L'impression générale qui se dégage de cette vaste représentation n'est pas pessimiste. L'enfer n'occupe qu'une très petite partie de l'ensemble et plusieurs éléments soulignent la miséricorde et la bonté du Seigneur. La Vierge Marie et saint Jean intercèdent pour nous et l'image de Jésus qui préside le Jugement en montrant ses plaies nous rappelle qu'il est venu à notre secours en tant que Rédempteur pour racheter nos péchés et qu'il n'a pas hésité à souffrir par amour pour nous.

Portail du Jugement Dernier : Le Beau Dieu du trumeau

Au centre du portail central, au trumeau entre les deux vantaux de la porte, se trouve une statue du Christ sauveur, le « Beau-Dieu d'Amiens », magnifique représentation du Christ. C'est l'une des statues les plus remarquables de la cathédrale. Il s'agit d'un Christ enseignant. Debout, vêtu d'une longue tunique, il a les pieds posés sur un dragon et un lion et tient de la main gauche un livre fermé tout en bénissant de la main droite. Selon la légende, le sculpteur n'avait pas d'inspiration pour réaliser la statue. Dieu lui serait apparu en pleine nuit. Le lendemain matin, on retrouva le sculpteur mort, la statue du Beau Dieu à ses côtés.

Sur les piédroits des ébrasements se trouvent les grandes statues des douze apôtres entourés des quatre prophètes principaux[20]. À la gauche du portail (à la gauche pour celui qui regarde le portail, à la droite du Christ donc), nous retrouvons successivement de gauche à droite (c'est-à-dire, en partant de l'extérieur et en allant vers le Christ) : les prophètes Daniel et Ézéchiel, suivis de Simon ou Jude, Philippe, Mathieu, Thomas, Jacques le Mineur et Paul qui porte le livre et un glaive. À droite (droite pour le spectateur, à la gauche du Christ) la séquence est la suivante (en partant du Christ et en allant vers l'extérieur) : Pierre, facilement reconnaissable grâce à son attribut habituel, les clés, André, Jacques le Majeur avec comme attribut les coquillages symboles de Compostelle, Jean, Simon ou Jude, Barthélémy, puis les prophètes Isaïe et Jérémie. Il faut noter que l'attribution de certaines statues est incertaine, car leur attribut a été perdu[21]. À leur base, on peut voir une série de médaillons polylobés qui représentent les vices et les vertus.

Latéralement, du côté droit du portail, entre le portail du Jugement et celui de la Mère-Dieu, se trouvent d'autres séries de médaillons avec, entre autres, un Jonas recraché par la baleine.

Le portail Saint-Firmin[modifier | modifier le code]

Le portail septentrional est consacré à saint Firmin, lequel est représenté au trumeau. Le tympan du portail relate l'histoire de la découverte du corps du saint.

De chaque côté du portail se trouvent six grandes statues ; la plupart d'entre elles représentent des saints dont les reliques étaient exposées chaque année au-dessus du maître-autel. Sur le piédroit de gauche, on peut voir de gauche à droite sainte Ulphe, un ange déroulant une banderole, saint Acheul (martyr), saint Ache (martyr lui aussi), un ange et saint Honoré, ancien évêque de la ville. Du côté droit se trouvent successivement les statues de saint Firmin le confesseur (Firmin II évêque de la ville), saint Domice, saint Fuscien (martyr), saint Warlus et saint Luxor[22].

Le calendrier picard[modifier | modifier le code]

Les soubassements du portail Saint-Firmin sont richement travaillés. Ils sont notamment ornés d'une série de médaillons, sculptés sous forme de quatre-feuilles et présentant un calendrier agraire qui établit une correspondance entre le zodiaque et les travaux des mois[23]. L'ensemble de ces ravissantes sculptures, remarquablement bien conservé et qui aura bientôt huit siècles d'âge, est appelé le calendrier picard ou zodiaque d'Amiens. Les personnages représentés travaillent à la campagne. En effet, il ne faut pas oublier l'importante prédominance du monde rural à l'époque. Tant les signes du zodiaque que les travaux des champs sont fort bien sculptés. Les personnages portent des vêtements différents d'après les saisons.

Le portail de la Mère-Dieu ou de la Vierge[modifier | modifier le code]

La Vierge qui orne le portail de la Mère-Dieu écrasant le Mal. D'allure encore assez hiératique, elle date de la première moitié du XIIIe siècle. Dessin d'Eugène Viollet-le-Duc (1856).

Le portail méridional de la façade occidentale, appelé portail de la Mère-Dieu, est consacré à la Vierge. Au tympan, on trouve au registre inférieur une série de six personnages de l'Ancien Testament, les ancêtres de la Vierge. La mort et l'assomption de la Vierge sont représentées au niveau du registre moyen, et enfin on assiste à son Couronnement au paradis, au registre supérieur[24].

Au trumeau se trouve une grande statue de la Vierge foulant le Mal, représenté sous la forme d'un animal fantastique griffu à tête humaine. Elle est figurée dans une attitude très statique, ce qui est la marque des statues inspirées du modèle chartrain (c'est-à-dire du modèle de la cathédrale de Chartres).

Les statues qui ornent les ébrasements des piédroits latéraux sont particulièrement remarquables : à droite, groupées deux à deux, elles représentent trois épisodes importants de la vie de la Vierge Marie : l'Annonciation, la Visitation et la Présentation de Jésus au Temple. À gauche, de l'extérieur vers l'intérieur, on trouve la reine de Saba, le roi Salomon, le roi Hérode le Grand puis les trois rois mages.

Les médaillons des soubassements contiennent notamment des représentations d'épisodes de la vie du Christ, mais surtout des épisodes de la vie des rois représentés à gauche du portail : histoire de Salomon y compris ses relations avec la reine de Saba, épisodes du règne du roi Hérode et histoire de ses relations avec les rois mages.

Le paradis terrestre et le péché originel[modifier | modifier le code]
Portail de la Mère-Dieu : la naissance d'Ève
La tentation d'Adam et Ève - Détail du bas du trumeau du portail de la Mère-Dieu

La base du trumeau comporte des bas-reliefs consacrés au péché originel, thème souvent associé à la Vierge, puisque c'est par elle qu'arrive le Christ-Rédempteur. Cette association se retrouve notamment au trumeau du portail de la Vierge de Notre-Dame de Paris.

La troisième partie de ce bas-relief du paradis terrestre représente la tentation d'Adam et Ève et le péché originel. Le couple se trouve aux pieds de l'arbre de la connaissance du bien et du mal dont Dieu a défendu de consommer les fruits. Le diable a ici la forme d'un serpent ayant la tête d'une femme séduisante. Il s'agit en fait de Lilith, personnage biblique absente de la bible chrétienne, mais présente dans les écrits rabbiniques du Talmud de Babylone. D'après la tradition juive, Lilith était la première épouse d'Adam. Elle aurait refusé d'accepter la position inférieure lorsqu'ils faisaient l'amour. Elle quitte alors le paradis terrestre et bientôt réitère son refus de se soumettre, mais à Dieu cette fois, lequel lui intimait l'ordre de le faire. Plus tard, ayant quitté la surface de la Terre, cette femme perverse finit par devenir diablesse et favorite de Lucifer. Elle revint tenter le couple qu'elle jalousait, afin de les faire désobéir à Dieu et de les précipiter dans le malheur.

La galerie des Rois et sa galerie basse[modifier | modifier le code]

Les rois du centre de la galerie
La rosace de la façade occidentale précédée de sa terrasse se situe juste au-dessus de la galerie des Rois.

Sur la façade de Notre-Dame d'Amiens, immédiatement au-dessus des trois porches, se trouve une galerie de service couverte, richement décorée d'arcatures et de colonnettes. La galerie des Rois la surmonte, et celle-ci supporte une terrasse.

La galerie basse, intermédiaire entre la galerie des Rois et les gâbles des porches, est de fort belle facture et date de 1235 environ. Cette galerie basse, appelée communément "triforium" est praticable, comme d'ailleurs celle des Rois et la terrasse supérieure à celle des Rois. Toutes ces galeries communiquent avec les étages intérieurs des tours.

Derrière la galerie basse ou triforium, s'ouvrent de grandes baies qui éclairaient la nef centrale de la cathédrale, à travers une autre galerie intérieure (avant la pose de la tribune des grandes orgues).

Derrière la galerie des Rois, s'ouvrent d'autres fenêtres plus courtes. Celles-ci donnent à l'intérieur de l'édifice sur une seconde galerie intérieure qui surmonte la galerie inférieure.

On remarque que les arcatures de la galerie inférieure portent sur des piles composées de trois colonnes groupées devant un pilastre. Sur ces piles reposent des arcs richement décorés de redans et d'animaux sculptés sur le devant des sommiers.

Une seule assise de pierre sépare la galerie basse ou triforium de celle des Rois.

Au-dessus de cette dernière se trouve une terrasse découverte et dallée. Les eaux du dallage sont rejetées extérieurement par les têtes des longues gargouilles qui décorent le dessus de la galerie des Rois.

Au-dessus de cette dernière se trouve une terrasse découverte et dallée. Les eaux du dallage sont rejetées extérieurement par les têtes des gargouilles qui décorent le dessus de la galerie des Rois et qui débouchent au niveau de la base des arcatures entourant la tête des rois.

Les statues de la galerie des Rois[modifier | modifier le code]

Elles sont au nombre de 22 et on ne sait pas avec certitude qui elles représentent. Elles datent de la première moitié du XIIIe siècle. La partie centrale de la façade compte huit énormes statues de 3,75 mètres, placées à 30 mètres de hauteur. En outre, on en compte six sur chaque face occidentale de la base de chacune des tours, et deux encore placées à l'avant des contreforts centraux de la façade, contreforts qui divisent celle-ci en trois zones verticales.

Ces statues paraissent relativement mal proportionnées, dotées de têtes quelque peu trop grosses et de jambes trop courtes. On retrouve ce type de galerie à la cathédrale Notre-Dame de Reims, ainsi qu'à Notre-Dame de Paris (à Paris, les statues datent en fait du XIXe siècle). La raison évoquée par les guides touristiques étant que les visages des statues bénéficiaient de cette manière d'une meilleure visibilité aux visiteurs se tenant sur le parvis que si les tailleurs avaient utilisé des proportions normales.

La rosace occidentale[modifier | modifier le code]

De style gothique flamboyant, elle fut érigée au début du XVIe siècle sur ordre du maire de l'époque. On l'appelle aussi rosace de la Mer. Située juste au-dessus de la partie centrale de la galerie des Rois, elle est précédée de la terrasse dont le dallage est doté des gargouilles qui pointent à l'extérieur au niveau de la tête des rois de la galerie. Elle est donc en retrait par rapport aux parties sous-jacentes de la façade.

Vue de l'extérieur, sa partie inférieure est masquée par le rebord de la balustrade de cette terrasse, rebord qui n'est autre que la partie supérieure des arcatures de la galerie des Rois.

Les façades latérales de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Porte Saint-Christophe du côté sud de la nef : statue de saint Christophe portant le petit Jésus sur ses épaules.
Groupe de l'annonciation sur la façade de la chapelle latérale sud, dite de Notre-Dame de Foy ou de l'annonciation (début du XIVe siècle).

Les façades latérales nord et sud sont en gros symétriques. Les dispositions architecturales fondamentales que l'on voit au sud se retrouvent en effet au nord. Les grosses différences se situent entre les deux façades latérales de la nef d'une part, et celles du chœur d'autre part. La nef et le chœur ont en effet été construits durant deux périodes différentes. Une trentaine d'années séparent leur construction, si bien que le style architectural de la nef est de type gothique classique, tandis que le chœur appartient au style gothique rayonnant.

Les fenêtres hautes de la nef sont composées de quatre lancettes surmontées d'une rose polylobée, tandis que celles du chœur présentent six lancettes, surmontées également d'une rose. Ces hautes baies du chœur sont surmontées d'un gâble triangulaire, caractéristique du gothique rayonnant, et qui s'élève jusqu'au-delà de la galerie qui longe la base du toit du chœur.

Les collatéraux nord et sud de la nef sont chacun surmontés d'un vaste comble commun coiffé d'un unique toit incliné vers l'extérieur. Ce comble correspond à l'intérieur à un triforium, aveugle bien sûr, puisqu'il est coupé de la lumière par ce comble.

Par contre au niveau du chœur, la partie intérieure du double déambulatoire possède un toit plat aménagé en terrasse. Donnant sur cette terrasse, on observe une série de baies destinées à éclairer le triforium du chœur, qui de ce fait n'est plus aveugle.

Toujours au niveau du chœur, le déambulatoire extérieur (qui longe uniquement les travées rectangulaires du chœur) et les chapelles absidiales rayonnantes sont coiffées d'un toit pyramidal à pans multiples inclinés de tous côtés, et notamment vers l'extérieur comme vers l'intérieur (la terrasse) de l'édifice. Par contre les chapelles latérales de la nef, construites dans le strict alignement du déambulatoire extérieur du chœur, sont recouvertes d'un toit plat aménagé en une grande terrasse commune, longée par une balustrade.

Quant au transept qui possède un collatéral à l'est et un autre à l'ouest, il possède une organisation architecturale mixte chœur-nef. Du côté oriental (ou côté du chœur) en effet, le collatéral est couvert d'une terrasse qui prolonge la terrasse couvrant le déambulatoire interne du chœur, à l'exception cependant de la travée de l'extrémité, qui est recouverte d'un toit pyramidal à huit pans.

Du côté occidental par contre, le collatéral du transept est couvert de la même manière que celui de la nef, à savoir par un toit incliné uniquement vers l'extérieur et recouvrant des combles. Il n'y a donc pas de terrasse à ce niveau, et, à l'intérieur, le triforium correspondant est nécessairement aveugle.

La façade méridionale[modifier | modifier le code]

À l'extrémité occidentale de cette façade, sous la tour sud, se trouve la porte Saint-Christophe flanquée d'une énorme statue de saint Christophe portant, suivant la légende, un minuscule petit Jésus sur ses épaules. Plusieurs autres statues jalonnent le chemin entre la tour sud et le porche du croisillon sud du transept :

  • sur la face extérieure de la chapelle Notre-Dame de Foy, on peut admirer une représentation de l'Annonciation surmontée de saint Michel et de saint Raphaël.
  • Décorant le mur extérieur de la chapelle de l'Assomption, ex-chapelle Saint-Nicolas, on trouve un « waidier » et son épouse (waidier : marchand de guède en picard, la guède étant la plante avec laquelle on fabriquait la teinture bleu-pastel, plante à l'origine de la richesse d'Amiens). Au-dessus : effigie de saint Nicolas debout, avec à ses pieds la marmite (fameuse en Picardie, dans le Nord, en Belgique et dans l'est de la France) où les trois enfants ont été mis à cuire par le méchant boucher.
  • puis une représentation de la Transfiguration
  • enfin une statue d'un évêque que l'on pense être Guillaume de Mâcon, puisque cette statue s'élève à l'arrière de la chapelle qu'il fit édifier durant les dernières années du XIIIe siècle.

La façade sud du transept et le portail Saint-Honoré[modifier | modifier le code]

Enserrée entre deux puissants contreforts latéraux, la façade sud du transept s'élance vers le ciel à une hauteur de près de 60 mètres, soit à peu près la même hauteur que la tour sud[25]. On y distingue trois étages : celui du portail, puis une énorme verrière, et tout en haut, le fronton. Les deux contreforts, très saillants à la base, effectuent une série de petits retraits successifs, soulignés à chaque fois par une bande saillante horizontale, ce qui atténue quelque peu l'intense verticalité de la façade.

L'étage inférieur de la façade est totalement occupé par le superbe portail surmonté uniquement d'une cannelure triangulaire dans l'angle supérieur duquel on a sculpté une décoration tréflée. L'ensemble de cet étage atteint quelque 20 mètres de hauteur et est surmonté d'une étroite galerie bordée d'une balustrade.
Au-dessus, débute le deuxième niveau consistant en une énorme verrière reposant sur une haute claire-voie. Cette dernière est composée de cinq baies à quatre lancettes groupées deux à deux. Chaque baie comporte une petite rose en sa partie supérieure, et est surmontée d'un agréable petit gâble. Cette claire-voie éclaire le triforium du transept, à l'intérieur de l'édifice. La verrière correspond à une grande rosace de style flamboyant reposant sur une deuxième claire-voie, celle-ci occupant tout l'espace disponible sous la rosace.
Le troisième et dernier niveau est occupé par un haut fronton triangulaire orné d'une série de bandes verticales, accentuant l'impression de verticalité qui se dégage de la façade. D'autant plus que ce fronton est entouré de deux énormes pinacles très élancés et finement ouvragés, qui eux aussi semblent s'élancer vers le ciel. Ces deux pinacles surmontent les deux contreforts latéraux de la façade. Enfin l'angle supérieur du fronton est également surmonté d'un troisième haut pinacle très effilé.

Le portail de la Vierge Dorée ou portail Saint-Honoré[modifier | modifier le code]
Détail de la Vierge à l'Enfant du trumeau du portail de la Vierge Dorée : les trois angelots portent son nimbe.

Le portail du croisillon sud du transept, ou portail Saint-Honoré, est aussi appelé portail de la Vierge Dorée, en raison de la statue qui orne son trumeau. Le tympan relate divers épisodes de la vie du saint, huitième évêque d'Amiens, qui vécut au VIe siècle.

Au registre inférieur, sculpté sur le linteau, on peut voir les adieux des apôtres à Jésus le jour de l'Ascension. Puis les quatre registres du tympan lui-même représentent, de bas en haut, le sacre de saint Honoré, des guérisons miraculeuses attribuées à ce dernier, une procession de reliques du saint, et au sommet la mort du christ en croix sur le Golgotha.

La face antérieure du trumeau est occupée par la statue de la Vierge Dorée, magnifique chef-d'œuvre du XIIIe siècle. Datée de 1288, haute de 2,30 m, la statue originale, menacée par les intempéries, a été transférée à l'intérieur de la cathédrale en 1980 et remplacée par un moulage. La statue nous montre une Vierge couronnée et portant l'enfant Jésus, le regard posé vers lui avec douceur. La tête de la Vierge est surmontée d'un dais. Trois angelots souriants portent son nimbe. Elle est légèrement hanchée, le poids du corps portant sur une seule jambe.

À l'inverse des Vierges à l'Enfant antérieures, beaucoup plus hiératiques, cette statue est celle d'une jeune mère souriante qui joue avec son bébé et qui le berce. Elle inaugure une toute nouvelle sorte de représentations de la Vierge, elle est la première des Vierges hanchées qui ultérieurement seront fréquemment peintes ou sculptées. Quant à l'enfant Jésus, bébé assez joufflu, il semble jouer avec le monde comme avec le ballon qu'il a entre les mains.

La façade septentrionale[modifier | modifier le code]

Vue générale de la façade nord de la cathédrale
Détail de la façade nord : les six chapelles latérales de la nef sont éclairées par de très grandes baies pourvues de vitraux. La toiture de ces chapelles est aménagée en terrasse continue.

Juste après le coin nord de la façade, la tour nord est soutenue par une puissante contre-butée.

À l'est de la tour nord, les façades des chapelles latérales de la nef sont, comme au sud, séparées par un trumeau décoré d'une statue. On y voit successivement saint Louis dont c'est l'une des plus anciennes représentations que nous possédons, Guillaume de Mâcon et sainte Agnès. Les six chapelles sont logées entre les hautes culées des arcs-boutants de la nef. Leurs façades bien alignées entre elles sont éclairées chacune par de très grandes baies, hautes de près de quinze mètres et pourvues de vitraux. La toiture de ces chapelles est aménagée en une seule terrasse continue. Cette terrasse ainsi que la balustrade sont l'œuvre de Viollet-le-Duc qui s'est permis d'altérer un remarquable monument du Moyen Âge, justifiant ainsi quelques-unes des plus dures critiques faites à son encontre.

On remarque que les fenêtres hautes du chœur sont de structure assez différente de celles de la nef. Elles sont notamment surmontées d'un grand gable triangulaire qui dépasse latéralement le niveau de la galerie à balustrade qui longe la base de la toiture.

La façade nord du transept et le portail de saint Firmin-le-Confesseur[modifier | modifier le code]

La façade du bras nord du transept est nettement moins décorée que la façade du bras sud. Enserrée entre deux puissants contreforts latéraux, elle présente dans sa partie inférieure le portail dédié à saint Firmin le Confesseur. Celui-ci, encore appelé Firmin II, fut le troisième évêque d'Amiens et siégea pendant quarante ans dans la seconde moitié du IVe siècle.

Détail de la rosace nord

Le portail comporte un linteau finement orné d'une décoration tréflée et un tympan non sculpté car occupé par une petite verrière. Au trumeau : statue d'un évêque. Il n'y a pas d'autres statues ou sculptures, ni sur les voussures, ni sur les piédroits de la porte, ni sur les ébrasements de celle-ci.

La moitié supérieure de cette façade est occupée par une énorme verrière comportant, au-dessous, une claire-voie à cinq baies vitrées, puis une seconde claire-voie de dix lancettes partiellement masquée par une balustrade et surmontée d'une énorme rosace. Cas unique en France, celle-ci est consolidée à l'extérieur par trois arcatures de pierre en ogive, et sa forme reprend celle d'une étoile à cinq branches placée à l'envers.

Au sommet de la façade se trouve une balustrade, mais pas de pignon en pierre et sculpté comme au sud : seulement un pignon d'ardoise, triangulaire, qui constitue l'extrémité nord du toit du transept.

Le contrefort d'angle gauche (situé à l'est) de la façade fait corps avec le contrefort extérieur de la face est du transept ainsi qu'avec une tourelle octogonale. Cet ensemble abrite un escalier à vis qui court depuis le rez-de-chaussée jusqu'à la base de la toiture du transept. Son trajet est marqué par une succession de meurtrières. Les sommets des deux contreforts latéraux sont coiffés chacun d'un petit toit pyramidal d'ardoise. Celui de gauche (oriental) abrite en fait l'extrémité supérieure de l'escalier.

Les arcs-boutants[modifier | modifier le code]

Les arcs-boutants de la nef[modifier | modifier le code]

Les arcs-boutants de la nef de la cathédrale d'Amiens - Dessin de Viollet-le-Duc
Dessin des arcs-boutants du chœur à double volée et deux culées.

Les arcs-boutants de la nef de la cathédrale d'Amiens, élevée vers 1230, présentent une disposition analogue à celle du chœur de la cathédrale de Soissons dont ils semblent s'inspirer. Ils sont à double niveau et contrebutent la partie supérieure de la nef. Ils s'appuient extérieurement sur de grandes culées assez massives. Leur tête (partie supérieure) vient s'appuyer contre des piles ou colonnes assez sveltes longeant le mur de la nef. Comme il se doit, le dernier claveau de chacun des deux arcs n'est pas engagé dans la pile et reste libre de glisser au cas où la voûte ferait un mouvement par suite d'un tassement des points d'appui verticaux, faute de quoi les arcs-boutants se briseraient.

Comme à Soissons, l'arc-boutant supérieur prend appui sur la partie de la pile de la nef située au-dessus du centre de poussée des voûtes, là ou s'exerce la partie supérieure de la poussée. Il en va de même de l'arc-boutant inférieur qui contrebute la voûte au niveau de la partie inférieure de la poussée. L'ensemble de ces deux arcs-boutants assure une stabilité maximale aux voûtes de l'édifice.

À noter qu'à l'inverse de Soissons, le chaperon de l'arc-boutant supérieur sert de canal pour conduire les eaux des chéneaux du grand toit de l'édifice à l'extrémité inférieure de l'arc, d'où elles sont expulsées, au travers du sommet des culées, le plus loin possible par de longues gargouilles.

Les arcs-boutants du chœur[modifier | modifier le code]

Les arcs-boutants du chœur contrebutent la partie supérieure du chœur, mais sont forts différents de ceux de la nef. Ils sont à simple niveau, mais à double volée. Ils prennent appui extérieurement sur deux grandes culées assez fines. Ils furent construits vers 1260, soit plus ou moins trente ans après ceux de la nef.

Les arcs-boutants supérieurs, tels que décrits pour la nef, furent à cette époque remplacés par une construction à claire-voie, véritable aqueduc incliné qui maintenait les têtes des murs, mais d'une façon passive et sans pousser.

Mais ces arcs-boutants, trop peu chargés par ces aqueducs ajourés, purent se maintenir dans le rond-point, c'est-à-dire au chevet, là où ils n'avaient à contrebuter que la poussée d'une seule nervure de la voûte. Dans la partie parallèle du chœur, là où il fallait résister à la poussée combinée des arcs-doubleaux et des arcs-ogives, les arcs-boutants de ce type se soulevèrent, et au XVe siècle on dut placer, en contrebas des arcs-boutants primitifs, de nouveaux arcs d'un plus grand rayon, pour neutraliser l'effet produit par la poussée des voûtes du chœur[26].

Le chevet et ses arcs-boutants[modifier | modifier le code]

Le chevet de la cathédrale d'Amiens frappe par sa grande élégance, et la puissance de sa construction. Il est constitué de trois étages de fenêtres et d'une série de structures de soutien : contreforts et arcs-boutants. Le tout est richement orné de gâbles, de statues, de gargouilles et de pinacles abondamment travaillés. La verticalité largement prédominante de tous ces éléments donne l'impression d'un puissant élancement vers le ciel.

Le niveau inférieur du chevet correspond aux chapelles absidiales ou rayonnantes et consiste essentiellement en étroites baies vitrées, très élancées et atteignant près de 15 mètres de hauteur. Ces baies sont séparées par de solides contreforts assurant la stabilité des hauts murs. Ces contreforts sont surmontés de statues de rois musiciens ou d'effrayantes chimères qui scrutent la ville, l'œil mauvais. La plupart de ces chapelles sont ainsi dotées de deux ou trois baies vitrées associées à deux contreforts. Seule la chapelle axiale possède sept baies, lesquelles sont séparées par six contreforts. Enfin ces chapelles sont toutes coiffées de toits d'ardoise pyramidaux à pans multiples, inclinés tant vers l'intérieur que vers l'extérieur de l'édifice.

L'étage suivant est composé des baies vitrées correspondant au triforium du chœur.

L'étage supérieur enfin correspond aux baies vitrées des fenêtres hautes de l'abside de la cathédrale. Comme celles des façades latérales du chœur, elles sont surmontées d'un haut gâble triangulaire dépassant le niveau de la base de la grande toiture.

Le haut du mur gouttereau du vaisseau principal du chœur ou chevet proprement dit est soutenu par six arcs-boutants de même type que les arcs-boutants latéraux du chœur, c'est-à-dire des arcs-boutants ajourés, à double volée, simple niveau et présentant une rigole d'écoulement sous forme d'aqueduc, sur sa partie dorsale ou chaperon. Chaque arc-boutant comporte donc deux points d'appui extérieurs. Le premier point d'appui se dresse à partir du sommet du pilier du déambulatoire, séparant le rond-point et les chapelles rayonnantes. Le second point d'appui est la véritable culée. Celle-ci prend appui sur la partie la plus large de la paroi de séparation des chapelles rayonnantes, c'est-à-dire sa partie extérieure. Pour assurer une meilleure solidité, la culée comporte deux ailes s'appuyant chacune sur la première partie du mur extérieur des chapelles voisines.

Le toit et les parties hautes de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Au centre, le félin à ailes de chauve-souris, juché au sommet d'un contrefort sur un piédestal soutenu par un sympathique corbeau, est une chimère et non pas une gargouille. En contrebas on voit plusieurs fort belles gargouilles situées au niveau de la partie déclive de la galerie qui court à gauche. (Chevet de la cathédrale - toiture de la chapelle rayonnante du Sacré-Cœur)
Deux imposantes chimères du toit de la cathédrale. Celles-ci ont la forme d'oiseaux fort peu bienveillants. Ils ont le bec fermé et sont installés en position verticale. Seul leur regard s'oriente vers le bas, comme pour surveiller ce qui s'y déroule.
Une belle série de rois musiciens trônant au sommet des contreforts de la chapelle axiale, au chevet de la cathédrale, juste derrière le chœur. Remarquez les longues gargouilles en contrebas

Le toit de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens est fait d'ardoises à clous et le faîte qui culmine à 56 mètres est hérissé d'une crête de plomb. D'après une analyse dendrochronologique effectuée en 1988, la charpente du chœur daterait de l'an 1288, tandis que celle de la nef et du transept serait de 1311. La charpente, très légère est formée de fermes espacées de plus ou moins 3,75 mètres[27].

Les parties hautes de la cathédrale d'Amiens, bien plus que celles de Notre-Dame de Paris regorgent littéralement d'œuvres sculpturales médiévales souvent burlesques ou inquiétantes : gargouilles, chimères, rois musiciens ou autres encore.

Gargouilles et chimères[modifier | modifier le code]

Les gargouilles sont innombrables sur les parties hautes de Notre-Dame d'Amiens. Souvent très élancées elles constituent parfois de véritables morceaux de statuaire. Il importe de ne pas confondre gargouilles et chimères.

Les gargouilles ont été mises en place à l'extrémité des gouttières et des chéneaux pour évacuer l'eau de pluie des toitures et ne désignent que les extrémités des conduits d'écoulement des eaux. Elles dépassent dans le vide afin de rejeter les masses d'eau des averses le plus loin possible des murs de la cathédrale, lesquels ainsi ne s'abîment pas. Elles ont souvent la forme d'animaux fantastiques, la gueule perpétuellement ouverte et de ce fait souvent effrayantes voire féroces. Leur position est généralement horizontale ou parfois inclinée et elles se terminent toujours par une gueule tournée vers le bas et l'extérieur, afin de faciliter l'écoulement. Certaines ont des formes humaines. Toutes sont différentes, elles ont été créées par de nombreux artistes qui ont donné libre cours à leur imagination. Leur variété paraît presque infinie.

De fort belles gargouilles se trouvent notamment au niveau des grands arcs-boutants. Le système d'écoulement des eaux du toit de la cathédrale se termine par une canalisation sur le sommet des arcs-boutants puis par de longues gargouilles. Pour avoir une idée de leur utilité, il faut aller les voir fonctionner muni d'un bon parapluie un jour de forte pluie. Le spectacle est impressionnant.

Les chimères par contre sont simplement des statues fantastiques, voire diaboliques et souvent grotesques. Elles ont une fonction purement décorative, non liée à un quelconque écoulement. Elles se présentent donc bien souvent la gueule fermée, tapies ou redressées et juchées sur des supports qui les surélèvent. On les retrouve dans les hauteurs de la cathédrale, juchées sur des balustrades ou au sommet des contreforts, où elles remplacent des pinacles, et ne se situent jamais aux endroits déclives de la couverture de l'édifice tels les planchers des galeries hautes. Leur rôle semblant être d'observer la ville, elles occupent des perchoirs. Elles ont la forme de démons, de monstres ou d'oiseaux fantastiques. Leur visage ou leur regard est orienté vers le bas, comme pour se repaître des turpitudes qui s'y déroulent.

Les Rois Musiciens[modifier | modifier le code]

À l'inverse des chimères, les Rois Musiciens sont des statues de personnages fort sympathiques disséminées sur l'ensemble des toitures de la cathédrale, et semblant jouer des airs à la gloire du Seigneur. On les retrouve notamment juste derrière les tours de la façade occidentale, autour de ladite chambre des Musiciens, située sur les toits entre la galerie des Sonneurs et l'extrémité occidentale des combles de la nef. Une autre série de Rois Musiciens, beaucoup plus facile à admirer, se dresse au sommet des contreforts de la chapelle axiale, au chevet de la cathédrale, juste derrière le chœur.

La flèche[modifier | modifier le code]

Élevée en 1288 par l'évêque Guillaume de Mâcon, la première flèche connut une fin tragique en 1528. Le 15 juillet un violent orage déclencha un incendie qui la détruisit totalement. Toute la ville s'étant mobilisée, les sauveteurs réussirent à empêcher l'incendie de se propager à l'ensemble des combles de la cathédrale, ce qui eût été catastrophique.

Rapidement, les dons affluèrent pour la reconstruction et même le roi François Ier aida en permettant que le bois nécessaire à l'édification de la nouvelle flèche soit prélevé en la forêt de Neuville-en-Hez qui était propriété royale.

Le travail, dont l'objet était d'élever une flèche en bois recouverte de plomb, fut confié à Louis Cardon de Cottenchy, secondé par un modeste charpentier de village, Simon Tanneau, responsable de l'édification de la flèche de bois. C'est Jean Pigard qui réalisa la flèche de plomb. Les travaux s'achevèrent en 1533 et il fallut encore une année pour dorer le plomb. Construite en bois de chêne et recouverte de plomb, c'est actuellement la plus ancienne flèche en bois connue.

Au total, 71 tonnes de plomb sont utilisées dans la flèche ; l'épaisseur moyenne de métal est de trois millimètres. Son poids total est de 500 tonnes. Le bois utilisé est du bois de chêne. Sa hauteur, au-dessus du faîtage de l'édifice jusqu'à la pomme qui se trouve près du sommet, était de 47 mètres avant la restauration effectuée au XIXe siècle par Eugène Viollet-le-Duc; elle n'est plus aujourd'hui que de 45 mètres[28].

La base de la flèche repose sur une plateforme située au-dessus de l'endroit où se croisent les quatre grandes ogives de la croisée du transept. Dès sa naissance, elle est octogonale. La flèche, de toute grande qualité et authentique chef-d'œuvre, possède une riche décoration, notamment de fleurs de lys, et une série de superbes statues, faites en plomb repoussé et de qualité exceptionnelle. La naissance de la flèche est constituée de deux étages octogonaux dont la base est entourée d'une balustrade. Les 8 statues, creuses, sont disposées au niveau de la balustrade du deuxième étage. Elles représentent successivement le Christ (disposé face à la nef), saint Paul, saint Firmin coiffé de sa mitre et qui se trouve face au nord, saint Jean l'Évangéliste, la Vierge couronnée portant l'enfant Jésus totalement dévêtu, saint Jean-Baptiste, saint Jacques le Majeur (orné de coquilles) et saint Pierre.

Ces magnifiques statues chrétiennes ne sont pas les seules à garnir la flèche. On y trouve aussi, comme un peu partout sur les toits de l'édifice, de superbes gargouilles et d'inquiétantes chimères. Toutes sont faites en plomb repoussé et remarquablement sculptées.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Intérieur de la cathédrale vu depuis l'entrée
Le triforium aveugle, les fenêtres hautes et les voûtes quadripartites de la nef. À l'avant-plan, les hautes colonnes des grandes arcades sont renforcées par quatre colonnettes engagées.
La nef de la cathédrale d'Amiens fut édifiée dans l'enthousiasme en un temps record. Débutée en 1220, elle était déjà terminée en 1230.
Le bas-côté sud de la nef - Au fond le transept, puis le déambulatoire du chœur. À leur intersection on distingue à droite la chapelle Notre-Dame du Puy.

La nef[modifier | modifier le code]

Première partie de la cathédrale gothique à être construite, la nef de Notre-Dame d'Amiens fut édifiée en très peu de temps. Initiée dès 1220, sa construction était déjà achevée en 1236[29].

L'élévation de la nef (comme celle du chœur) comporte trois niveaux : grandes arcades, triforium et fenêtres hautes. Les fenêtres hautes se composent de quatre lancettes. Le triforium, aveugle, comporte deux ensembles de trois arcades, pour chaque travée.

Elle est éclairée par la grande rosace de la façade, dite « Rose de la mer » et par les fenêtres hautes.

La nef est composée de sept travées rectangulaires à voûtes quadripartites barlongues (rectangulaires). Elle est bordée de chaque côté (nord et sud) d'un collatéral de même longueur, mais possédant des voûtes carrées. Sa hauteur sous voûte est de 42,3 mètres, tandis que celle des bas-côtés atteint 19,7 mètres. Quant à la hauteur des colonnes bordant la nef, chapiteaux inclus, elle est de 13,85 mètres. Autour de chacune des colonnes qui bordent latéralement le vaisseau central de la nef comme le chœur, s'ajoutent quatre colonnettes disposées en cercle, afin de renforcer ces colonnes supportant des voûtes situées à une telle hauteur.

Ce mode de construction est également celui utilisé à Chartres (modèle des cathédrales d'Amiens, Beauvais, et Reims). Dans l'architecture gothique, la croisée d'ogives et la voûte repose totalement sur les colonnes et non plus sur les murs latéraux. À l'opposé de l'art roman, les murs ne sont plus porteurs des voûtes dont le poids retombe désormais sur les colonnes, et les architectes peuvent se permettre de percer les grands murs afin de faire pénétrer la lumière de tous côtés. C'est ce qui a été réalisé et fait ainsi baigner la nef comme le chœur dans la lumière.

La confrérie Notre-Dame du Puy et les puys d'Amiens[modifier | modifier le code]

Sources [30],[31]:

La confrérie Notre-Dame du Puy est un puy, société littéraire pieuse telle qu'on en trouvait à la fin du Moyen Âge aux Pays-Bas, en Belgique, en Picardie et en Normandie[32]. Fondée en 1388, cette société en vint progressivement à exercer son mécénat en sponsorisant la création d'œuvres picturales destinées à orner la cathédrale. Ce mécénat s'exercera depuis l'année 1452 (année suivant celle de la promulgation des nouveaux statuts de la Confrérie obligeant les maîtres de la confrérie à faire exécuter une œuvre d'art) jusqu'en 1693. Durant cette longue période allant de la fin du Moyen Âge à la fin du Grand Siècle, la confrérie a disposé de près de deux siècles et demi pour faire exécuter presque chaque année une œuvre d'art picturale. Au total on évalue à 185 le nombre d'œuvres d'art produites, témoignage de la dévotion à la Vierge et destinées à embellir le sanctuaire. Ces œuvres picturales ont progressivement acquis elles-mêmes le nom de Puys.

Au fil du temps, l'exécution de ces Puys va évoluer progressivement. L'évolution des commandes en vue de donation suit la notoriété de la confrérie, et donc sa destinée, mais témoigne aussi de la modification des goûts et des modes artistiques en France entre la fin du Moyen Âge et la fin du règne du Roi Soleil:

  • Au XVe siècle, un total de trente-quatre tableaux ont été produits dont quatre de type polyptyque, comportant des volets.
  • Au XVIe siècle, on dénombre quatre-vingt-six tableaux (dont dix sont aujourd'hui conservés). Au début de ce siècle, cinq tableaux munis de volets sont recensés. À partir de 1518, on retrouve des mentions concernant des encadrements sculptés.
  • À la fin du XVIe siècle, un nouveau type d'œuvre d'art apparaît, la clôture de chapelle. Ces clôtures intègrent toujours le don d'un tableau qui prend généralement place dans le couronnement de la clôture. Ce type d'offrande va se généraliser au XVIIe siècle. On recense en effet dix clôtures de chapelles entre 1600 et 1615. Bientôt, tous les emplacements disponibles pour les clôtures ayant été dotés, on assiste à la livraison de retables sculptés, dont le nombre atteint quatorze entre 1614 et 1664. Ces retables incluent généralement un tableau. Ainsi en 1627 et en 1634/35, la chapelle de la Confrérie du Puy et celle dite de saint Sébastien seront magnifiquement aménagées par la création d'un ensemble incluant un retable (avec tableau et statues), un autel et une clôture.
  • Quelques chefs-d'œuvre d'un autre type seront également offerts à la cathédrale dans le cadre de ce mécénat particulier : une chaire en 1602, une table d'autel en 1636, deux bénitiers en marbre en 1656.
  • À partir de 1625, la donation d'œuvres purement sculpturales se manifeste. Ce type de donation va progressivement s'amplifier ; ainsi on note huit cas au XVIIe siècle, dont sept sont actuellement toujours en place. Par contre la production de tableaux isolés se raréfie durant cette période et on ne recense plus que huit cas au XVIIe siècle.
  • Enfin, à partir de 1647, date du commencement du déclin de la confrérie, la donation d'objets de culte va devenir de plus en plus courante : on dénombre seize donations de ce type avant 1686.

Malgré toutes ces mutations concernant la forme et le type des œuvres offertes, un élément reste cependant presque immuable au fil des siècles : le thème de la Vierge, patronne de la Confrérie. Celle-ci est en effet présente dans les premiers tableaux connus (1438) et on la retrouve jusqu'en 1678 avec le dernier Puy conservé en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens.

Le pavement et le labyrinthe[modifier | modifier le code]

Il comporte toute une série de dessins différents répartis entre les différents secteurs de l'édifice. Ce dallage restauré au XIXe siècle, a été conçu et dessiné au XIIIe siècle. Parmi la variété des motifs dessinés on trouve, entre autres, le motif de la svastika ou croix gammée.

La pièce maîtresse de ce dallage est un labyrinthe octogonal situé au niveau de la cinquième travée de la nef. Il est long de 234 mètres. Au Moyen Âge, certains pèlerins venus vénérer les reliques de saint Jean-Baptiste, dont le crâne avait été ramené en 1206 par le chanoine Wallon de Sarton, le parcouraient à genoux, à la manière d'un Chemin de Croix. Ils devaient pour cela suivre la ligne noire. C'était une épreuve que devaient subir ceux qui désiraient se sanctifier, ou gagner quelques indulgences ou encore expier des péchés graves qu'ils avaient commis.

Il existe aussi des labyrinthes dans d'autres cathédrales et églises françaises, telles les cathédrales de Bayeux et de Chartres, ainsi qu'à la basilique de Saint-Quentin. Il y en eut un également à Notre-Dame de Reims, mais il fut détruit au XVIIIe siècle.

La pierre centrale du labyrinthe est fort intéressante puisqu'on y trouve un texte résumant la fondation de la cathédrale, inscrit sur une bande de cuivre. Au centre de cette pièce, une croix orientée sur les points cardinaux est entourée de 4 personnages : les trois architectes de la cathédrale (Robert de Luzarches, Thomas et Renaud de Cormont) et l'évêque Évrard de Fouilloy. Cette pierre est datée de 1288, date retenue pour la fin de l'édification de la cathédrale.

La pierre qui se trouve actuellement dans la nef est une copie de l'originale, laquelle a été transférée au musée de Picardie.

Les gisants de bronze[modifier | modifier le code]

À l'entrée de la nef, à droite et à gauche, on peut admirer les tombeaux surmontés de gisants des deux évêques, Évrard de Fouilloy (évêque de 1211 à 1222) et Geoffroy d'Eu (de 1223 à 1236), qui donnèrent l'impulsion décisive à l'édification de ce grand sanctuaire. Les gisants de bronze, superbes chefs-d'œuvre taillés d'une seule pièce, datent de la première moitié du XIIIe siècle. Ce sont des pièces uniques, seuls témoins des bronzes du XIIIe siècle subsistant en France, et miraculeusement épargnés par le vandalisme révolutionnaire de la fin du XVIIIe siècle. Certains pensent que les visages sculptés de ces gisants sont les portraits authentiques des deux défunts, tant leurs traits sont admirablement typés[33].

Le gisant d'Évrard de Fouilloy se trouve à droite de l'entrée de l'église. Il est supporté par six lions, en bronze eux aussi. L'évêque est représenté en grande tenue épiscopale. Il écrase des deux pieds deux créatures griffues, maléfiques et dotées d'une queue de serpent, symbolisant le mal. À ses côtés, sur le haut du gisant, deux prêtres sont gravés et portent des cierges allumés. Deux anges situés près de ses épaules offrent de l'encens au défunt[34].

Le gisant de l'évêque Geoffroy d'Eu se trouve à gauche du début de la nef. La surface de ce gisant est moins travaillée que le tombeau de son prédécesseur. On y retrouve les mêmes créatures diaboliques et fantastiques représentant le mal, et écrasées par ses pieds. Six lions, assez différents des lions de l'autre tombeau, supportent le gisant.

La chaire de vérité[modifier | modifier le code]

La chaire de vérité de la cathédrale est adossée à la dernière colonne du côté nord (gauche) de la nef, avant le pilier de la croisée. C'est un ensemble baroque assez impressionnant qui date de 1773. Elle est l'œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Dupuis ainsi que de l'architecte Pierre-Joseph Christophle. À la base, la chaire est supportée par des statues grandeur nature des trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la charité. À l'arrière, une élégante draperie est supportée par des angelots. La chaire possède un toit ou abat-voix formé de nuages d'où s'échappe une colombe, symbole du Saint-Esprit. Enfin, couronnant le tout, un ange porteur d'un Évangile ouvert pointe un doigt vers le ciel. Cette œuvre fort critiquée au XIXe siècle pour sa grandiloquence, n'en est pas moins admirable tant pour la grande beauté plastique des personnages y figurant que pour la précision d'exécution de ses divers composants.

Les bas-côtés de la nef[modifier | modifier le code]

Les bas-côtés ou collatéraux nord et sud de la nef, de dimension gigantesque, sont dignes d'être comparés aux vaisseaux principaux de certaines grandes églises. Leur largeur entre les axes des colonnes est en effet de 8,65 mètres, tandis qu'ils s'élancent à 19,7 mètres de hauteur. À titre de comparaison, la nef principale de la cathédrale Notre-Dame de Senlis a une largeur de 9,2 mètres, à peine supérieure, tandis que sa voûte, avant l'incendie de 1504 ne dépassait pas les 17 mètres (24 après la restauration qui suivit l'incendie).
Quant aux colonnes qui bordent ces collatéraux, ils ont près de 14 mètres de hauteur, chapiteaux inclus.

Le collatéral sud héberge dans sa première travée deux tombeaux[35]. Adossé au gros pilier qui soutient l'angle nord-est de la tour sud et face à la porte Saint-Christophe, on peut voir le tombeau du chanoine Pierre Bury (mort en 1504), surmonté d'un groupe sculpté représentant le chanoine agenouillé aux pieds d'un Christ martyr et humilié, revêtu de la cape dont on l'avait affublé, et dont les deux mains sont liées par une grosse corde.

Face au tombeau du chanoine Bury, se trouve celui d'Antoine Niquet (mort en 1652), chanoine lui aussi. Ce tombeau est surmonté d'un monument funéraire attribué au sculpteur Nicolas Blasset. Il est adossé à la première colonne séparant ce collatéral du vaisseau central, et fait également face à la porte Saint-Christophe. Le monument montre le défunt agenouillé aux pieds d'une Vierge douloureuse, un livre de prières ouvert. À ses côtés, saint Antoine semble lui indiquer quelle prière adresser à Marie[36]. Trois poignards sont disposés sur la poitrine de cette dernière.

Les chapelles latérales de la nef[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame de Foy ou chapelle de l'Annonciation : le retable de l'Annonciation de Nicolas Blasset (1655).
Chapelle de l'Assomption : le retable de l'Assomption, de Nicolas Blasset

La nef possède onze chapelles latérales, six au nord et cinq au sud. Elles n'étaient pas prévues dans le projet initial, mais la nécessité de leur construction se fit sentir dès la fin du XIIIe siècle. Leur édification date des années 1290 à 1375. Les plus anciennes se situent à l'est, les plus récentes à l'ouest.

Les chapelles latérales sud
  • La chapelle Saint-Christophe reçut sa décoration actuelle en 1762. Elle comprend une statue de saint Christophe en pierre, œuvre de Jean-Baptiste Dupuis, sculpteur du XVIIIe siècle qui collabora à l'édification de la chaire de vérité ainsi que du maître-autel actuel.
  • Chapelle Notre-Dame de Foy ou chapelle de l'Annonciation : on y trouve une remarquable statue de l'Annonciation œuvre du sculpteur amiénois du XVIIe siècle, Nicolas Blasset, offerte par un maître de la confrérie Notre-Dame du Puy. L'Annonciation y est sculptée en marbre blanc se détachant sur un fond de marbre de Rance.
  • La troisième chapelle sud de la nef est la chapelle de l'Assomption, anciennement chapelle Saint-Nicolas. Elle fut offerte au XIVe siècle par les waidiers ou producteurs de guède. Elle prit son nom à la suite de la décoration offerte par un maître de la Confrérie du Puy-Notre-Dame nommé François de Fresne. On y trouve une des plus belles œuvres de Nicolas Blasset, réalisée vers 1637, une représentation de l'Assomption de la Vierge. Celle-ci, ainsi que les anges et Dieu le Père sont sculptés en marbre blanc sur fond de marbre noir.
  • La chapelle Saint-Étienne appelée aussi chapelle Saint-Laurent : on peut y voir les statues de saint Étienne et de saint Augustin. Le décor de la chapelle a été dessiné par Christophle en 1768. Au-dessus de l'autel se trouve un tableau de Laurent de La Hyre : la Pâmoison de la Vierge, daté de 1628.
  • Enfin la chapelle Sainte-Marguerite semble être la plus ancienne des chapelles latérales de la nef. Elle fut construite en 1292 par l'évêque Guillaume de Mâcon. Sa décoration actuelle date de 1768 et fut réalisée par le sculpteur Jean-Baptiste Dupuis et l'architecte Pierre-Joseph Christophle. Il s'agit d'une statue en marbre de sainte Marguerite posée sur un autel.
Chapelle Saint-Étienne : le retable avec le tableau de Laurent de La Hyre La pâmoison de la Vierge
Les chapelles latérales nord
  • La première chapelle est la chapelle Saint-Jean-Baptiste ou chapelle du Sauveur. Construite en 1375 par l'évêque-cardinal Jean de La Grange, on y trouve sa statue.
  • La deuxième chapelle, édifiée à la même époque par le même Jean de La Grange est connue sous le nom de chapelle Notre-Dame de Bon Secours. Elle contient une Vierge à l'enfant, œuvre de Nicolas Blasset.
  • La chapelle du Saint-Sauveur s'appelait autrefois chapelle Saint-Michel. Elle abrite un Christ byzantin du XIIe siècle provenant de l'ancienne église Saint-Firmin-le-Confesseur, détruite au début du XIIIe siècle pour faire place au bras nord du transept.
  • La chapelle Saint-Honoré, contient une sculpture de saint Honoré exécutée en 1780 par le sculpteur Jacques-Firmin Vimeux.
  • La chapelle Notre-Dame de la Paix s'appelait jadis chapelle Saint-Louis. On peut y admirer un retable avec une vierge en marbre blanc. Il s'agit d'un puy, offert en 1654 et sculpté par Nicolas Blasset.
  • Enfin la sixième chapelle ou chapelle Saint-Firmin, ex-chapelle Sainte-Agnès, abrite une statue en plâtre de saint Firmin.
Le chœur : triforium doté d'une claire-voie, fenêtres hautes à six lancettes et voûte quadripartite des travées rectangulaires. L'abside à 7 pans est située à droite.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur de la cathédrale, vu de l'intérieur

Le chœur de Notre-Dame d'Amiens, jadis entouré d'une clôture en pierre sculptée et aujourd'hui ceint d'une grille en fer forgé, comprend quatre travées rectangulaires à voûtes quadripartites barlongues et à collatéraux doubles, plus une abside à sept pans. Cette dernière est entourée par un déambulatoire simple dans lequel s'ouvrent sept chapelles rayonnantes.

Tout comme celle de la nef, son élévation est à trois niveaux : grandes arcades, triforium et fenêtres hautes. Dans les travées rectangulaires, on constate la même architecture que dans la nef, avec quelques particularités cependant. Ainsi les deux ensembles de trois arcades du triforium sont surmontés d'arcs en mitre. De plus, contrairement à ce que l'on voit dans la nef, le triforium est ici à claire-voie. Enfin, les fenêtres hautes sont à six lancettes et non plus quatre.

Au niveau de l'abside, ou rond-point, le triforium, toujours à claire-voie, est composé pour chaque pan de deux ensembles d'arcades géminées (toujours couverte d'arcs en mitre). Dans leur prolongement, les fenêtres hautes ont quatre lancettes (groupées par deux).

Le chœur est habituellement la première partie d'une cathédrale à être construite. Mais à Amiens, les architectes débutèrent par le milieu de l'édifice, c'est-à-dire par les sept travées de la nef.

Dans l'axe du chœur, on peut voir dans la fenêtre haute centrale, un vitrail coloré important offert à la cathédrale en 1269. C'est le plus beau et plus important vitrail du sanctuaire. Son thème est celui des Anges annonçant le sacre de saint Louis.

Le chœur est entouré de chapelles rayonnantes où siègent des sculptures superbes datant de différentes époques (du Moyen Âge à Louis XVI…). La cathédrale a en effet été complétée au fil des ans par des décorations diverses.

La cathèdre de la cathédrale est de style baroque et date du XVIIIe siècle. Remarquez à l'arrière-plan les superbes grilles en fer forgé, baroques elles aussi, conçues par Michel-Ange Slodtz et exécutées par Jean Veyren.

Le chœur baroque[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, l'évêque d'Amiens, monseigneur Louis-François-Gabriel d'Orléans de Lamotte, dont le règne épiscopal s'étend de 1734 à 1774, voulut, dans les années suivant sa nomination, laisser dans sa cathédrale l'empreinte d'un art nouveau, dynamique et enthousiaste, le baroque. Il entreprit dès lors des changements importants dans la décoration du chœur de sa cathédrale. Il était soutenu par le chanoine François Cornet de Coupel. Et pour leur cathédrale, ils voulaient tous deux ce qu'il y avait de plus beau et de plus luxueux.

L'ancien jubé fut ainsi détruit en 1755, et remplacé par une grille baroque, œuvre de Michel-Ange Slodtz, et exécutée par Jean Veyren dit Vivarais.

Le nouveau maître-autel baroque fut installé dès 1751. Il est encadré par un groupe sculpté grandiose, occupant presque toute l'abside et composé de grandes sculptures baroques (à la française) ornées d'or. C'est un monument unique qui vit ainsi le jour, dessiné par l'architecte avignonnais Pierre-Joseph Christophle et sculpté par l'Amiénois Jean-Baptiste Dupuis. On l'appelle la Gloire eucharistique. Sur un soubassement de marbre, la Gloire eucharistique a la forme d'un tourbillon de nuages entouré d'un halo de rayons de lumière faits d'énormes aiguilles dorées. Au centre, se trouve la colombe eucharistique vers qui convergent tous les regards. L'ensemble est une véritable explosion de lumière, celle-ci symbolisant la résurrection du Christ « Lumière du monde ». Tout autour de la colombe, des anges et des angelots virevoltent dans l'amas de nuages. Aux deux extrémités de la scène, haute de plus de quinze mètres, on peut voir les effigies de la Vierge à gauche, et de saint Jean à droite. Plus latéralement encore deux superbes anges, grandeur humaine, encadrent la scène. Le tout est disposé en demi-cercle juste devant les arcades de l'abside.

Cet étonnant et grandiose chef-d'œuvre baroque, tout à fait unique en France, fut fort controversé au XIXe siècle, surtout par Viollet-le-Duc et ses disciples, puristes finalement fort intolérants. Il échappa deux fois à la destruction : lors de la tourmente révolutionnaire d'abord, et lors de la restauration de Viollet-le-Duc du XIXe siècle ensuite.

Un peu plus à gauche se trouve la cathèdre de la cathédrale, baroque également, et tout aussi richement ornée, datant de la même époque.

Les stalles[modifier | modifier le code]

Les stalles de Notre-Dame d'Amiens vues depuis le triforium du chœur
Les stalles de Notre-Dame d'Amiens
L'angelot au blason, détail des stalles de la cathédrale.

Réalisées en bois blond de chêne, les stalles de Notre-Dame d'Amiens représentent le plus grand chef-d'œuvre d'ébénisterie jamais réalisé sur terre (avec celles de la cathédrale de Tolède), et jamais égalé depuis. De style flamboyant, elles ont été conçues par les maîtres huchiers Arnould Boulin, Antoine Avernier et Alexandre Huet.

Elles mettent en scène plus de 4000 personnages et elles furent exécutées en 11 ans, de 1508 à 1519. Elles étaient au nombre de 120 à l'origine, elles sont 110 aujourd'hui, dont 62 hautes et 48 basses. Les deux stalles maîtresses étaient réservées au roi et au doyen du chapitre. Ces dernières sont uniques en leur genre, car surmontées d'une énorme dentelle de bois qui s'élève à pas moins de treize mètres cinquante du sol. Sur la stalle réservée au roi, se sont assis notamment Louis XII, François Ier, Henri IV, puis aussi Napoléon Ier et le président de Gaulle.

Techniquement la perfection de ces stalles est telle que l'œil ne peut pour ainsi dire y déceler la moindre trace d'assemblage. Il n'y a ici ni clous, ni vis, ni chevilles ; rien que des tenons et des mortaises.

À lui seul ce chef-d'œuvre justifie une visite à la cathédrale. Quoique de style gothique flamboyant, cette œuvre magistrale incorpore déjà des éléments Renaissance.

Sur les miséricordes et sur les rampants, une multitude de personnages sculptés aux visages bien typés, retracent les évènements principaux décrits dans l'Ancien Testament, depuis la création de l'homme jusqu'au roi David. Ces personnages bibliques sont habillés et exécutent divers travaux à la manière picarde de l'époque. On peut admirer Pharaon assis sur un trône surmonté d'un baldaquin du XVIe siècle, enturbanné comme l'étaient les Sarrasins. On a ainsi toute une documentation sur la manière dont on pratiquait la batellerie ou la meunerie, par exemple, au début du XVIe siècle en Picardie. Le char de Pharaon a un attelage très couleur locale picarde. Sur les jouées des stalles, des scènes de la vie de Marie sont sculptées avec beaucoup de délicatesse. On assiste ainsi à son parcours depuis sa Conception jusqu'à son Couronnement, suivant les textes du Nouveau Testament et la Légende dorée.

Sur les accoudoirs, une foule de personnages souvent truculents nous racontent la vie quotidienne à Amiens et, de façon plus générale, en France au début du XVIe siècle. Un foisonnement de petits personnages, sculptés très habilement et avec beaucoup d'humour, nous fait entrevoir ce qu'étaient les pèlerins, les religieux, les artisans, bref les hommes et les femmes de l'époque, avec leurs manies et leurs défauts, leurs traits de caractère aussi.

Quant aux dossiers ou dosserets des stalles, ils sont « fleurdelysés ». Ceci ne constituait pas un hommage à la monarchie française, mais à Marie mère de Jésus, à qui la cathédrale était et est toujours dédiée. La fleur de lys est en effet la fleur mariale par excellence. On ne compte pas moins de 2 200 fleurs de lys réparties sur l'ensemble des dosserets. Lors de la Révolution, elles furent bûchées. De 1949 à 1952, le sculpteur amiénois Léon Lamotte les reconstitua entièrement à la main, selon les techniques du XVIe siècle. Il utilisa pour ce faire du bois prélevé sur la charpente d'un château picard datant de la même époque.

Enfin les dais des stalles, dont certains atteignent plus de 13,5 mètres de hauteur et sont constitués d'entrelacs de feuillages en alternance avec de petits personnages. C'est dans cette gigantesque dentelle de bois que la dextérité et la grande maîtrise des artisans de l'époque se manifestent au plus haut point.

Concernant cette grande œuvre, le compte de dépense des notaires du chapitre nous a été conservé. Il se monte à 9 498 livres, 11 sols et 3 deniers[37], ce qui équivaut à plus ou moins 150 000 francs germinal ou encore un million et demi d'euros 2008.

La clôture du chœur en pierres du début du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, le doyen du chapitre Adrien de Hénencourt, opulent mécène commanda au sculpteur Antoine Ancquier une imposante clôture afin d'entourer et d'isoler le chœur. Le but de cette opération était multiple. D'une part, il s'agissait d'isoler le chapitre et leurs stalles du bruit que faisaient les pèlerins défilant autour du chœur dans le déambulatoire, ce qui gênait fortement les chanoines. D'autre part, la clôture devait avoir un aspect pédagogique d'enseignement religieux auprès de ces pèlerins. Pour ce faire la clôture devait comporter une série de scènes sculptées et colorées expliquant notamment la vie des saints. Enfin il s'agissait aussi d'édifier une structure susceptible de recueillir les tombes d'hommes illustres liés à la cathédrale.

La clôture fut achevée vers 1530.

À la suite des bouleversements apportés au XVIIIe siècle dans l'ornementation du chœur, une grande partie de cette clôture fut détruite à cette époque. Il n'en reste plus actuellement que deux portions situées au niveau des dossiers des stalles, donc au niveau de la partie du chœur jouxtant la croisée du transept, c'est-à-dire de la partie occidentale du chœur. L'une d'entre elles située au sud des stalles est appelée clôture méridionale, l'autre, au nord, étant la clôture septentrionale.

La clôture méridionale du chœur et ses tombeaux[modifier | modifier le code]

Deux mausolées sont situés dans la partie sud de la clôture du chœur. Les personnalités inhumées sont Ferry de Beauvoir et Adrien de Hénencourt :

Adrien de Hénencourt fit exécuter la première partie de la clôture au niveau de la première travée du chœur, pour servir de mausolée à son oncle, l'évêque Ferry de Beauvoir.

Le tombeau de Ferry de Beauvoir avec son gisant est encastré dans un enfeu de la portion de clôture occupant la première travée du chœur (donc proche de la croisée du transept). Il est surmonté d'une série de niches sculptées, couvertes de voûtes d'ogives, figurant l'histoire de saint Firmin, depuis son entrée à Amiens jusqu'à son martyre puis son exhumation par saint Saulve. Les personnages de ces niches, polychromes, sont très expressifs. Ils portent les costumes de la fin du XVe siècle. On peut ainsi admirer les somptueux atours des notables ainsi que les haillons des pauvres de l'époque. Notez le bourreau vêtu de curieux hauts-de-chausses.

Ce n'est que quelque temps avant de mourir qu'Adrien de Hénencourt fit exécuter, à côté de la sépulture de son oncle, sa propre sépulture. Celle-ci se trouve dans un second enfeu creusé au niveau de la travée suivante du chœur.

Son testament daté du 18 juillet 1527 et ses comptes d'exécution (conservés aux Archives départementales de la Somme) fournissent sur sa construction des renseignements importants. On sait grâce à ces documents que la représentation de la découverte des reliques de saint Firmin (visible dans la partie supérieure de son tombeau) était déjà réalisée avant sa mort. Il ne restait plus qu'à faire son propre gisant et la peinture d'ensemble.

Les portions de clôture du chœur délimitées par les colonnes latérales du chœur sont chacune divisées en deux niveaux horizontaux : un soubassement plein au-dessous, surmonté d'une série de quatre niches racontant l'histoire de saint Firmin. Le soubassement ou stylobate mesure 2,45 mètres de haut, il est peint et sculpté.

La partie nord de la clôture du chœur[modifier | modifier le code]

La clôture septentrionale du chœur est de même structure que la clôture méridionale, mais son soubassement ne contient aucun tombeau. Le niveau supérieur est constitué, comme au sud, d'une suite de niches. On y retrace une série d'épisodes de la vie et de la mort de saint Jean-Baptiste. Elles sont à suivre de droite à gauche.

La clôture du chœur en fer forgé du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Après l'ancien jubé, détruit en 1755, ce fut l'ancienne clôture en pierre du XVIe siècle qui disparut à son tour, en majeure partie du moins. Le chœur fut alors entouré d'une grille baroque, œuvre de Michel-Ange Slodtz, et exécutée par Jean Veyren dit Vivarais. Admirable travail de ferronnerie, cette grille protégeant le chœur est un pur chef-d'œuvre, plus proche de l'orfèvrerie que de la ferronnerie. Au niveau de la croisée du transept, la grande grille ouvrant sur les stalles et le chœur est entourée des statues de saint Vincent de Paul à gauche et de saint Charles Borromée à droite.

Le déambulatoire[modifier | modifier le code]

Le tombeau du chanoine Guilain Lucas, au revers du maître-autel. Latéralement on peut voir les superbes grilles de Jean Veyren. À l'arrière-plan : vue du revers de la Gloire eucharistique qui entoure le maître-autel.

Le déambulatoire est double au niveau de la partie rectangulaire du chœur. Il est simple au niveau de l'abside ; à cet endroit il porte le nom de rond-point. Sur ce rond-point, dans la continuation du déambulatoire extérieur, s'ouvrent une série de sept chapelles absidiales.

En parcourant le déambulatoire depuis sa partie sud-ouest, c'est-à-dire au niveau de la clôture sud du chœur, juste après le gisant d'Adrien de Hénencourt et la dernière des niches sculptées, on peut voir à gauche, contre la colonne du chœur le petit monument de marbre blanc élevé à la mémoire de Charles de Vitry (receveur des gabelles mort en 1670), et contenant son cœur. Il a la forme d'une colonnette servant de piédestal à un enfant Jésus tenant une croix de fer et foulant du pied droit le Serpent. De chaque côté du haut de la colonne sont sculptées deux têtes de chérubin de très belle facture. Ce monument date de 1705[38].

Juste derrière le chœur, face à l'entrée de la chapelle axiale, se trouve le mausolée du chanoine Guilain Lucas (mort en 1628), œuvre de Nicolas Blasset, sculpteur amiénois qui travailla pour la cathédrale de 1630 à 1659 et qui réalisa ce groupe en 1636.

Au-dessous, le gisant du chanoine, mains jointes, est allongé dans un enfeu du soubassement. Dans la partie supérieure, le chanoine est représenté agenouillé face à une statue de la Vierge à l'Enfant. Entre le chanoine et la Vierge, au centre du monument, le très célèbre Ange pleureur symbolise le chagrin des orphelins dont le chanoine s'était occupé en créant une Maison de Charité en leur faveur, également appelée École des enfants bleus[39]. Le petit angelot, encore bébé, s'appuie à droite sur un clepsydre, sorte de sablier, symbole de la brièveté de la vie, et à gauche sur le crâne décharné d'un squelette, symbole de la mort. Pendant la Première Guerre mondiale, des centaines de milliers de cartes postales, de médailles et autres objets furent fabriqués à l'effigie de cet ange et vendus notamment aux soldats qui les emmenèrent ou les envoyèrent aux quatre coins de la terre.

Un peu plus loin, dans la partie nord du déambulatoire se trouve le plus beau chef-d'œuvre de ce même Nicolas Blasset, le monument funéraire en marbre de Jean de Sachy, premier échevin d'Amiens mort en 1644, et de son épouse Marie de Revelois. Exécuté en 1645, la Mort y est représentée sous forme d'un cadavre en décomposition étendu dans un linceul suspendu en forme de hamac. Au-dessus, Jean de Sachy et son épouse sont sculptés à genoux, aux pieds de la Vierge portant l'enfant Jésus dans ses bras. À ses pieds, saint Jean-Baptiste est représenté sous les traits d'un enfant accompagné d'un agneau[40].

Les chapelles absidiales[modifier | modifier le code]

La chapelle de la Vierge

Les chapelles absidiales sont toutes dotées de baies très allongées, à deux lancettes surmontées de trois trilobes. Les deux chapelles les plus proches de la partie rectangulaire du chœur possèdent deux baies, la chapelle axiale, de loin la plus vaste, en a sept. Les quatre restantes ont trois baies.

Ces chapelles sont très élevées ; elles ont la même hauteur que les bas-côtés du chœur et de la nef, c'est-à-dire près de 20 mètres d'élévation (à titre de comparaison, le vaisseau principal des grandes cathédrales gothiques de Laon, de Sens ou de Bruxelles ont une hauteur de plus ou moins 25 mètres).

De gauche (côté nord) à droite, on trouve :

  • La première chapelle donne accès d'une part, du côté gauche, à un escalier à vis permettant d'accéder aux niveaux supérieurs, et d'autre part à une vaste chapelle appelée chapelle des catéchismes située en dehors de la cathédrale.
  • La chapelle de sainte Theudosie s'appelait jadis chapelle de saint Augustin. C'est en 1853 que l'évêque d'Amiens, monseigneur de Salinis, ramena de Rome les reliques provenant des catacombes, d'Aurelia Teudosia présumée Amiénoise. Napoléon III finança lui-même la restauration et l'ornementation de la chapelle de saint Augustin, et assista à l'inauguration de ce qui devint dès lors la chapelle de sainte Theudosie. La châsse de la sainte se trouve dans un tabernacle néo-gothique exécuté par les frères Aimé et Louis Duthoit. On remarque une grille remarquable due à un serrurier amiénois, appelé Corroyer. Les fort belles et intéressantes verrières datent de cette époque et représentent notamment Napoléon III et l'impératrice Eugénie son épouse, le pape Pie IX et l'évêque d'Amiens, Mgr de Salinis. On aperçoit aussi le fameux château de Pierrefonds, en reconstruction à l'époque. Les vitraux du bas à droite, ou vitraux des tisserands datent du XIIIe siècle.
Chapelle du Sacré-Cœur: vitrail central de Jean Gaudin. Au bas de la photo, tête de la statue qui surplombe l'autel, œuvre de Placide Poussielgue-Rusand.
  • La quatrième chapelle ou chapelle axiale est appelée chapelle de la Vierge ou chapelle de la petite paroisse. C'est la plus grande et la plus longue des chapelles absidiales (15,25 m de profondeur). Elle ressemble par son architecture à la Sainte-Chapelle de Paris, dont elle est contemporaine. Elle fut restaurée au XIXe siècle par Viollet-le-Duc et son équipe. L'autel en pierres est l'œuvre des frères Duthoit. La chapelle abrite deux tombeaux du XIVe siècle : celui de l'évêque d'Amiens Simon de Gonçan et celui de Thomas de Savoie. Chacun de ces tombeaux repose sur un soubassement orné de pleurants. Ceux-ci sont parmi les plus anciens de France.
  • La chapelle suivante, la cinquième, est la chapelle du Sacré-Cœur, anciennement appelée chapelle de saint Jacques le majeur. Elle contient un superbe autel en bronze, œuvre de l'orfèvre parisien Placide Poussielgue-Rusand. Les vitraux ont été réalisés en 1932-1933 par Jean Gaudin.
  • La chapelle de saint François d'Assise, anciennement chapelle saint Nicaise, fut décorée de 1775 à 1779 pour un chanoine par Jacques-Firmin Vimeux. On y trouve surtout le retable de saint François d'Assise ainsi qu'un tableau réalisé par le peintre Bénouville et représentant ce saint mourant et bénissant la ville d'Amiens.
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  • La dernière des sept chapelles, située à l'extrême sud du rond-point, porte le nom de chapelle de saint Éloi. Elle est fort étonnante, car elle affiche sur ses murs les représentations picturales des sibylles, lesquelles ne sont pas précisément des personnages chrétiens, mais bien des voyantes liées au paganisme de l'antiquité. C'est pourtant le doyen du chapitre, Adrien de Hénencourt qui les fit peindre en 1506. Les huit sibylles représentées sont Agripa, Persique, Tiburtine, Lybiqua, Europe, Phrygienne, Érythrée et Cumane. Restaurées en 1853 et en 1977, ces sibylles sont un excellent échantillon de la peinture du début du XVIe siècle en France. Mais la chapelle de saint Éloi est avant tout une antichambre menant à la chapelle des Macchabées et au trésor de la cathédrale.

Mémoire de la Grande Guerre[modifier | modifier le code]

Dans la cinquième chapelle absidiale dite du Sacré-Cœur, sont suspendus les drapeaux des pays alliés ayant combattu pour la défense d'Amiens en 1918 (Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, États-Unis).

Autres chapelles du pourtour du chœur[modifier | modifier le code]

Les deux extrémités orientales du déambulatoire extérieur sont également aménagées en chapelles.

À l'extrémité nord de cette allée extérieure du déambulatoire se trouve la chapelle Notre-Dame de Pitié qui comprend un autel baroque surmonté d'une statue de la Vierge Marie douloureuse et suppliante. Un glaive lui transperce le cœur. Elle occupe une vaste niche au sein d'un haut retable bordé de colonnes torsadées typiquement baroques. Au sommet : une série d'angelots et divers personnages. Le tout, très luxueux, est fait en marbres de diverses couleurs.

Au sud, également à l'extrémité du déambulatoire extérieur, on peut voir la chapelle saint Joseph, anciennement chapelle saint Charles Borromée. Elle comporte elle aussi un autel surmonté d'un retable baroque à colonnes torsadées. Ce dernier a reçu au XIXe siècle une statue de saint Joseph, due aux frères Aimé et Louis Duthoit. Le retable, très richement orné, est surmonté à droite d'une belle statue de l'apôtre saint Mathieu, et à gauche d'une tout aussi belle statue de saint Luc.

Le transept[modifier | modifier le code]

Le transept et la verrière nord avec sa rosace.

Les deux croisillons du transept comportent chacun trois travées et deux collatéraux, l'un à l'ouest, l'autre à l'est. L'élévation du transept est à trois niveaux, comme la nef et le chœur : grandes arcades donnant sur les collatéraux, triforium à claire-voie, et fenêtres hautes.

Chaque croisillon est éclairé par une grande verrière dotée d'une rosace, verrière qui occupe la partie supérieure du mur de fond, et qui surmonte une claire-voie de cinq arcades. Cette claire-voie correspond à la paroi externe du triforium. La rosace du croisillon sud appelée Rose du ciel est flamboyante[41], tandis que celle du croisillon nord ou Rose des vents est rayonnante.

À l'extérieur, les deux croisillons sont soutenus, comme la nef et le chœur, par deux séries (l'une à l'est, l'autre à l'ouest) de trois arcs-boutants ajourés, de même type que ceux du chœur et du chevet.

Le transept de la cathédrale est lui aussi richement décoré.

Dans le croisillon nord se trouve une cuve à laver les morts datant du XIIe siècle.

Du côté gauche (occidental) de ce croisillon, on peut voir une série de quatre niches en pierre de style flamboyant, sculptée sur le modèle de l'ancienne clôture du chœur de la même époque. On y a sculpté des scènes, peintes et dorées, se déroulant dans les quatre parties du Temple de Jérusalem :

  • Dans la première niche, on voit Jésus dans l'Atrium du Temple s'avançant parmi les marchands.
  • La deuxième scène se déroule dans le Tabernaculum et montre encore Jésus au milieu des marchands
  • Dans la partie du Temple, appelée le Saint, deux prêtres encensent un autel, et sur une table sont empilés douze pains.
  • Enfin la quatrième niche abrite une scène se déroulant dans le Saint des Saints : le Grand Prêtre encensant l'Arche d'alliance.

La chapelle de saint Sébastien[modifier | modifier le code]

Chapelle de saint Sébastien : statue de saint Roch et de son chien, par Nicolas Blasset, et tableau de la Crucifixion de Guillaume Hergosse.

Elle est située au croisement du transept et du côté nord du double déambulatoire du chœur, à l'avant du pilier séparant les deux allées de ce déambulatoire. La chapelle date de la première moitié du XVIIe siècle et fut restaurée en 1832 par les frères Duthoit. Elle comporte un petit autel surmonté d'une peinture située au centre d'un imposant retable de marbre sculpté et partiellement doré. Le tableau est une Crucifixion, provenant du couvent des Fontevristes de Moreaucourt, et attribué au peintre flamand Guillaume Hergosse (XVIIIe siècle). Il est entouré à droite de saint Louis, roi de France, portant la couronne d'épines. À gauche se trouve la statue de saint Roch accompagné de son chien, œuvre de Nicolas Blasset datée de 1634. Au-dessus de l'ensemble : une fort belle statue du martyre de saint Sébastien, ce dernier transpercé de flèches et la tête entourée de chérubins. L'association des trois saints (saint Louis, saint Roch et saint Sébastien) se comprend, car ils étaient tous trois invoqués lors des épidémies de peste[42].

La chapelle de Notre-Dame du Puy[modifier | modifier le code]

Correspondant au sud à la chapelle de saint Sébastien, cette chapelle est celle de l’importante confrérie du Puy Notre-Dame dont le maître, désigné chaque année, se devait d’offrir un cadeau à la cathédrale, généralement sous forme d’une riche œuvre d’art. La chapelle date du XVIIe siècle et comporte avant tout un superbe retable au centre duquel se trouve une fort belle peinture de l'Assomption de la Vierge. Deux statues l'entourent. À droite, Judith tenant la tête du géant Holopherne, et à gauche sainte Geneviève. Cette dernière fut transformée en déesse Raison durant la Révolution, et on mit alors entre ses mains la table des Droits de l'Homme et du Citoyen. Après la Révolution, elle fut à nouveau transformée, en sibylle cette fois, cette dernière étant censée porter les Tables de la Loi.

La chapelle Saint-Pierre-et-Paul[modifier | modifier le code]

Elle occupe l'extrémité sud du collatéral est du croisillon sud du transept, aménagé en chapelle (collatéral du côté du chœur).

L'autel, en bois sculpté, fut commandé en 1750 par le chanoine François Cornet de Coupel, bras droit et soutien actif de l'évêque Louis-François-Gabriel d'Orléans de Lamotte, dans l'entreprise de rénovation baroque de la cathédrale. Il est peint en imitation de marbre. Une grande toile représente l'Adoration des Mages. L'autel est entouré des statues de saint Pierre et de saint Paul.

Dans cette chapelle s'ouvre un escalier menant aux niveaux supérieurs du transept sud.

Mémoire de la Grande Guerre[modifier | modifier le code]

Sur les piliers du transept sud sont apposées des plaques ex-voto à la mémoires :

Le grand orgue[modifier | modifier le code]

Grand orgue de la cathédrale Notre-Dame.

La cathédrale d'Amiens possède un orgue de 57 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier. Les parties les plus anciennes de son buffet remontent à 1429 et la partie instrumentale a été reconstruite en 1936 (inauguration par Marcel Dupré) et améliorée en 1965 par Edmond Alexandre Roethinger à partir de l'orgue d'Aristide Cavaillé-Coll de 1889, endommagé durant la Première Guerre mondiale.

La polychromie[modifier | modifier le code]

Les portails ont été nettoyés au cours des années 1990 à l'aide d'un procédé utilisant le laser. Cette technique a permis de découvrir et de préserver des traces de polychromie, mettant fin à une longue polémique[43]. Depuis lors, un spectacle gratuit est donné en fin d'année et en période estivale permettant de voir la cathédrale en couleurs[44].

Le trésor et les reliques[modifier | modifier le code]

Reliquaire du crâne de saint Jean Baptiste, œuvre de Placide Poussielgue-Rusand (XIXe siècle).
Relique de saint Jean Baptiste - Éclat d'os crânien

Une relique constituée d'un petit « éclat » d'os crânien, présumé appartenir à saint Jean-Baptiste, est présentée dans une vitrine (un coffre en bois avec vitre) dans le transept nord.

Un crâne (seul rescapé des destructions de la Révolution) est conservé dans le « trésor » près de la sacristie, il est considéré comme étant celui de saint Jean-Baptiste : soupçon renforcé par le fait que sur ce crâne manque exactement un « éclat » de la taille de celui présenté comme étant une relique du saint dans le transept. Ce crâne a été ramené en 1206 lors de la Quatrième croisade par un chanoine de Picquigny, Wallon de Sarton. Le reliquaire est composé, d'une part de cristal de roche du XIIIe siècle, et d'autre part d'une pièce d'orfèvrerie reconstitution du XIXe, faite par l'orfèvre parisien Placide Poussielgue-Rusand, sur base de l'œuvre de Ducange du XVIIe, détruite à la Révolution.

Bâtiments annexes[modifier | modifier le code]

À côté de la cathédrale se trouvent différents édifices dont :

Autres vues détaillées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00116046 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Page du site de l'UNESCO
  3. J.J. Bourassé, Les plus belles églises du monde - notices historiques et archéologiques, 1857, [lire en ligne], p. 170 et suiv.
  4. Portail de l'agglomération amiénoise - Historique de la construction.
  5. Bien d'autres cathédrales furent commencées par la nef telle Soissons ou Tournai
  6. Antoine Pierre Marie Gilbert, Description historique de l'église cathédrale de Notre-Dame d'Amiens, [lire en ligne], p. 13
  7. Olivier de la Marche, Mémoires de Messire Olivier de La Marche, tome II, chapitre I.
  8. a, b et c Christine Le Goff et Gary Glassman, Les cathédrales dévoilées, 2010, 90 min, voir arte.tv/cathedrales
  9. De nouvelles études ont permis de se rendre compte qu'en réalité les arcs-boutants sont disposés trop haut, et donc ne servent à rien dans la reprise des charges des voûtes.
  10. Notre-Dame d'Amiens d'Antoine Pierre Marie Gilbert - 1833 (pages 19-20)
  11. Source "Histoire d'une ville : Amiens", édité en 2012 par le CRDP d'Amiens, page 118, ISBN 978-2-86615-391-5
  12. Plan actuel de la cathédrale d'Amiens
  13. Antoine Pierre Marie Gilbert, Notre-Dame d'Amiens, [lire en ligne]
  14. Site U-Picardie - Plan de la cathédrale
  15. Site Structurae.de - Dimensions
  16. Notre-Dame d'Amiens de Antoine Pierre Marie Gilbert - 1833 (pages 21 et suivantes)
  17. Eugène Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, tome 2, Cathédrale
  18. J.J. Bourassé, Les plus belles églises du monde - notices historiques et archéologiques, 1857, [lire en ligne], p. 180 - Attention l'auteur croit erronément qu'il s'agit de la Vierge Dorée du portail Saint-Honoré]
  19. Eugène Viollet-le-Duc Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - rubrique « Âmes (les) »
  20. Proust 2007, p. 253
  21. Crampon 2001, p. 56
  22. Site "Limen arcanum" - le portail Saint-Firmin
  23. Site Limen Arcanum - Le zodiaque d'Amiens
  24. Photo du portail de la Mère-Dieu
  25. La façade du croisillon sud du transept et le portail de la Vierge Dorée - photo
  26. Photo : les arcs-boutants à claire-voie de la face sud du chœur sont soutenus par d'autres arcs-boutants de plus grand rayon. À gauche les baies du triforium du chœur.
  27. Duvanel et Macrez 1998, p. 62
  28. Eugène Viollet-le-Duc : Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 5 - Flèche.
  29. Thiebaut Jacques, Les cathédrales gothiques en Picardie, C.R.D.P.d'Amiens, 1987 ISBN 2-86615-001-5. p. 120.
  30. Histoire de la ville d'Amiens depuis les Gaulois jusqu'à nos jours - La Confrérie du Puy Notre-Dame (page 316 et suivantes)
  31. Le mécénat artistique de la Confrérie Notre-Dame du Puy d'Amiens
  32. La confrérie Notre-Dame du Puy ou confrérie du Puy-Notre-Dame n'a rien à voir avec la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
  33. Duvanel et Macrez 1998, p. 81
  34. Histoire littéraire de la France - de Antoine Rivet de la Grange, François Clément - 1842 (page 20)
  35. Université de Picardie - Situation des tombeaux du chanoine Pierre Bury et d'Antoine Niquet
  36. L'Œuvre de Blasset ou plutôt Blassel célèbre sculpteur amiénois, par Alexis-Auguste Dubois, 1862 (page 57)
  37. Les plus belles églises du monde - notices historiques et archéologiques de J.J. Bourassé, 1857 (page 178)
  38. Antoine Pierre M. Gilbert, opus cité (page 269)
  39. Description historique de l'église cathédrale de Notre-Dame d'Amiens - Antoine Pierre M. Gilbert - 1833 (page 271)
  40. Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie 1858 (page 504)
  41. Le croisillon sud du transept
  42. Duvanel et Macrez 1998, p. 94
  43. Selon certains, il était impensable que l'on n’ait jamais pu peindre des représentations sacrées
  44. Site officiel sur la polychromie de la cathédrale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]