Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon

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Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon
Présentation
Culte Catholique romain
Type cathédrale
Rattachement Diocèse de Luçon
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XIVe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1906, 1915, cathédrale et cloître)
 Inscrit MH (1992)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Commune Luçon
Coordonnées 46° 27′ 16″ N 1° 10′ 00″ O / 46.454444, -1.16666746° 27′ 16″ Nord 1° 10′ 00″ Ouest / 46.454444, -1.166667  

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Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon

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Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Luçon est une cathédrale catholique romaine située à Luçon dans le département français de Vendée. Elle est l'une des plus grandes édifice du département derrière l'église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon. Elle est le siège du diocèse de Luçon.

De style avant tout gothique, elle présente d'anciennes parties romanes et d'autres, plus récentes, de style classique. Plusieurs éléments composant la cathédrale font l'objet de protections au titre des monuments historiques[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Au VIIe siècle, un monastère bénédictin aurait été fondé ici, tout d'abord connu comme dépendance de l'abbaye bénédictine de Saint-Philbert de Noirmoutier[2]. Son abbatiale occupait l'endroit de la cathédrale actuelle. La première construction fut ravagée par les normands en 853, puis à nouveau en 877. Elle fut enfin incendiée par Guillaume VIII de Poitiers, comte de Poitou en 1068. Il n'en reste rien.

Le comte de Poitou fut excommunié par le pape Alexandre II. Pour obtenir la rémission de sa peine, il dut reconstruire l'édifice à ses frais, et c'est son fils Guillaume IX le Troubadour qui s'exécuta.

Les travaux commencèrent en 1091 sous l'abbé Geoffroy, et se prolongèrent durant 30 ans. La consécration de la nouvelle abbatiale romane eut lieu en 1121, sous l'abbé Gerbert[3].

Il subsiste encore des vestiges de l'ancienne église romane dans l'église actuelle: une partie notable du transept nord de l'abbatiale et son superbe porche. Cette partie est aujourd'hui bien visible place Sochet des Touches.

La cathédrale de Luçon. À l’avant-plan le croisillon nord du transept de style roman. La flèche est haute de 85 mètres.

L'abbatiale fut élevée au rang de cathédrale en 1317 par le pape Jean XXII, et le territoire de son diocèse fut établi aux dépens de l'évêché de Poitiers. Notre-Dame-de-l'Assomption connut de nombreuses transformations entre les XIIIe et XVe siècles, époque où fut réalisée la construction gothique de l'édifice. Elle fut aussi plusieurs fois restaurée suite aux différents combats dévastateurs qui se déroulèrent en Vendée pendant la guerre de Cent Ans. Le cloître de la cathédrale aujourd'hui conservé date du XIVe siècle.

Entre 1530 et 1550 ont été construites les chapelles du bas-côté sud.

Quelques années plus tard surviennent les guerres dites de Religion et les dévastation systématique commises par des bandes se réclamant du parti huguenot. À quatre reprises, en 1562, 1568, 1570 et en 1622, la dernière année de l'épiscopat du Cardinal de Richelieu, la cathédrale fut saccagée de fond en comble : elle y perd la presque totalité de son mobilier.

En 1665, sous l'épiscopat de Nicolas Colbert, le clocher s'écroula écrasant la première travée de la nef. La reconstruction qui a déterminé l'aspect actuel de la façade de l'édifice, au moins dans les grandes lignes, a été l'œuvre de l'évêque Henri de Barrillon (1676-1699) avec le concours de l'architecte François Le Duc, dit Toscane. Elle s'inscrit dans les toutes dernières années du XVIIe siècle[2]. Cependant la longue flèche néogothique sera seulement construite au XIXe siècle.

En 1722 eut lieu la construction des chapelles du bas-côté nord et dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, on procéda à la construction du maître-autel à baldaquin, à l'installation des stalles actuelles dues au sculpteur germano-angevin Sébastien Leysner[4] et au placement des boiseries.

Pendant la Révolution, le mobilier de la cathédrale fut vendu et dispersé. Le sanctuaire devint alors successivement une écurie, puis une caserne et un dépôt d'armes. Pendant cette sombre période, les autels latéraux, les retables et les stalles ne furent heureusement pas trop endommagés.

La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 9 août 1906. Le cloître fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 2 avril 1915. L'ensemble des bâtiments de l’évêché (façades et toitures) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 31 décembre 1992[1]. Cela concerne la bibliothèque, le bâtiment des archives diocésaines, l'orangerie, les communs et puits du jardin.

Le 27 décembre 1999, la tempête qui sévit sur la région ébranle le haut de la flèche et emporte la croix et le coq. Les dégâts occasionnés imposent un important travail de reconstruction.

Au cours de l'année 2004, le sommet de la flèche est démonté puis reconstruit pierre par pierre. Après une année de travaux, la flèche est restaurée, une nouvelle croix et un nouveau coq sont installés. Les 2 et 3 octobre 2004 est émis un timbre-poste « Cathédrale de Luçon » gravé par Pierre Forget.

Le chœur, ses stalles et le maître-autel.

Lors du premier semestre 2012, la restauration d'une chapelle du transept sud a permis de mettre au jour sept sarcophages contenant des ossements ainsi qu'une pièce de monnaie ancienne.

Dimensions[modifier | modifier le code]

  • Longueur totale à l'intérieur : 67,50 m
  • Longueur de la nef : 34,50 m
  • Longueur du transept : 8,00 m (dans le sens est ouest ou chœur-nef)
  • Profondeur du chœur : 25,00 m
  • Largeur de la nef (vaisseau principal) : 8,00 m
  • Largeur du transept (dans le sens nord-sud, de croisillon nord à croisillon sud) : 32,00 m
  • Largeur du chœur : 9,75 m
  • Largeur des collatéraux : de 5 m à 5,30 m
  • Largeur des chapelles latérales : 5,00 m
  • Hauteur de la voûte de la première travée : 6,30 m
  • Hauteur des autres voûtes de la nef : 22,00 m
  • Hauteur des voûtes du chœur : 25,00 m
  • Hauteur des voûtes des collatéraux de la nef : 10,50 m
  • Hauteur des voûtes des collatéraux du chœur : 11,50 m
  • Hauteur de l'édifice au niveau du sommet de la flèche : 85,00 m

Source[5]

Les orgues de la cathédrale de Luçon[modifier | modifier le code]

Le grand orgue de tribune[modifier | modifier le code]

Grand orgue de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Luçon
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Commune Luçon
Édifice Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption
Latitude
Longitude
46° 27′ 16″ Nord 1° 10′ 00″ Ouest / 46.454444444444, -1.1666666666667  
Facteurs
Construction Aristide Cavaillé-Coll 1857
Restauration Louis Debierre 1899 (relevage),
K.Schwenkedel 1967
Caractéristiques
Jeux 54
Claviers 4 + 1 pédalier
tuyaux 3478
Protection Logo monument historique Classé MH (1999)[6]

L’instrument[modifier | modifier le code]

Les grandes orgues de la cathédrale de Luçon[7],[a 1] sont les douzièmes construites par Aristide Cavaillé-Coll.

En 1852, Cavaillé-Coll soigne particulièrement la construction d'un orgue de 3 claviers et pédalier, car il pense pouvoir le présenter lors de l'Exposition universelle de 1855. Mais l'instrument ne sera pas prêt à cette date. Après un détour par Carcassonne, l'instrument est installé en tribune à la cathédrale de Luçon en 1857. La cathédrale possédait, avant cette date, un instrument classique de 38 jeux. Cet instrument avait été écrasé par la flèche, lors de l'ouragan de la nuit du 25 au 26 janvier 1847[a 2].

Le buffet, conçu par l'architecte diocésain de Luçon Boeswilwald, a été réalisé par le menuisier Desharnoux. L'instrument est réceptionné officiellement le 23 décembre 1857.
L'orgue ne subit qu'un seul relevage : en 1899, par la maison Debierre, de Nantes, relevage qui le laisse dans l'état originel.

Mais, dès 1950, une restauration s'imposait ; celle-ci fut confiée à la maison Schwenkedel, de Strasbourg, qui mena les travaux à bonne fin entre avril 1967 et décembre 1968. Aux 40 jeux originaux furent ajoutés quatorze jeux nouveaux. Monsieur Louis Rhôdé, maître d'œuvre de cette restauration, a conservé scrupuleusement la structure technique et l'harmonisation d'origine.

Contemporain de l'orgue de Sainte Clotilde, à Paris, possédant la même esthétique que le Cavaillé-Coll parisien tel que le jouait César Franck, l'orgue de la cathédrale de Luçon est un des témoins exemplaires de l'âge d'or de la facture française romantique.

Composition[a 3] :

I. Positif de dos
Do1–Fa5
II. Grand Orgue
Do1–Fa5
III. Echo
Do1–Fa5
IV. Récit expressif
Do1–Fa5
Pédalier
Do1-Sol3

Montre 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte douce 4
Quinte 3
Doublette 2
Plein-Jeu IV
Trompette 8
Cromorne 8

Montre 16
Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Flûte harmonique 8
Prestant 4
Flûte octaviante 4
Quinte 3
Doublette 2
Sifflet 1
Cornet V
Fourniture IV
Cymbale III
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Bourdon 8
Quintaton 8
Viole 4
Flûte à cheminée 4
Nazard 2 2/3
Flûte à cheminée 2
Tierce 1 3/5
Cymbale III
Trompette 8

Flûte harmonique 8
Bourdon 8
Viole d'amour 8
Flûte octaviante 4
Octavin 2
Trompette 8
Hautbois 8
Voix humaine 8

Flûte 16
Flûte 8
Flûte 4
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4
Soubasse 16
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte 2
Mixture IV

En italique : jeux ajoutés par Schwenkedel en 1967

Combinaisons : Tirasses I - II - III - Accouplements Pos/GO - Réc/GO - Ech/GO - Combinaison GO - Combinaison Récit - Appel GO - Appel Anches Pédale - Trémolo Récit - Expression Récit - Orage.

Liste des titulaires[modifier | modifier le code]

  • M.Balthasar Waitzennecker : 1857-1871 ;
  • M.Jean-Baptiste Vivier : 1871-1889 ;
  • M.Horace Mansion : 1898-1899, après dix ans de vacance du poste ;
  • M.Dotterer : 1899-1902 ;
  • Abbé Coutand : 1902-1904 ;
  • Abbé Joseph Joubert : 1904-1935 puis 1940-1946 ;
  • Abbé Pierre Bioget : 1946-1960 ;
  • Abbé Abel Gaborit : 1960-1999 ;

Depuis 1999, le titulaire est M.Guillaume Marionneau.

Source[a 4]

L’orgue de chœur[modifier | modifier le code]

Orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Luçon
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Commune Luçon
Édifice Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Luçon
Latitude
Longitude
46° 27′ 16″ Nord 1° 10′ 00″ Ouest / 46.454444444444, -1.1666666666667  
Facteurs
Construction Louis Debierre, 1882
Caractéristiques
Jeux 12
Claviers 2 + 1 pédalier
Protection Logo monument historique Classé MH (2000)[8]

L’orgue de chœur de la cathédrale de Luçon est un instrument de 12 Jeux répartis en 2 claviers (Grand Orgue : 4 jeux, et Récit expressif : 6 jeux) et un pédalier (2 jeux). Il est placé du côté nord du chœur, au-dessus des stalles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00110153 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b René Crozet, La cathédrale de Luçon, Congès Archéologique de La Rochelle, 1956
  3. dates fournies par la Chronique de Saint-Maixent
  4. Léon Ballereau, Découverte d'une crypte dans la cathédrale de Luçon, Revue du Bas-Poitou, Fontenay-le-Comte, 1908, p. 480
  5. Patrimoine - La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
  6. « Notice no PM85000783 », base Palissy, ministère français de la Culture
  7. Luçon - Cathédrale Notre-Dame : Grand-Orgue
  8. « Notice no PM85000781 », base Palissy, ministère français de la Culture
  • Jean-Michel Dieuaide, Le Grand Orgue de la Cathédrale de Luçon Éditions Ouest-France (Rennes) 1999 (ISBN 2-7372-2540-4[à vérifier : ISBN invalide])
  1. pages 9 à 13
  2. pages 4 et 5
  3. page 27
  4. page 24

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Blomme, La cathédrale Notre-Dame de Luçon, p. 69-80, dans Congrès archéologique de France. 151e session. Vendée. 1993, Société Française d'Archéologie, Paris, 1996 ;
  • Michel Dillange, Vendée romane, Bas-Poitou roman, p. 248-249, Éditions Zodiaque (collection « la nuit des temps » no 44), La Pierre-qui-Vire, 1976 ;
  • Yves Blomme, Poitou gothique, p. 183-191, Éditions Picard, Paris, 1993, (ISBN 2-7084-0439-3) ;
  • Abbé Louis Delhommeau, Orgues et organistes de la Cathédrale de Luçon, Imprimerie Pacteau, Luçon, 1967.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]