Catastrophe de Texas City

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29° 22′ 39″ N 94° 53′ 29″ O / 29.3775, -94.89139 ()

Le SS High Flyer ou le SS Wilson B. Keene, trois jours après la catastrophe de Texas City.

La catastrophe de Texas City eut lieu le 16 avril 1947, suite à l'explosion d'environ 2 080 tonnes de nitrate d'ammonium chargés à bord du navire SS Grandcamp, battant pavillon français, dans le port de Texas City. L'explosion, entendue dans un rayon de 240 km[1], provoqua un incendie dans une usine de Monsanto fabriquant du styrène[1]. Elle fit au moins 581 morts[2] et plus de 3 000 blessés.

L'accident[modifier | modifier le code]

Un parking à 500 mètres de l'explosion.

Le cargo français Grandcamp d'une longueur de 128,82 m, en cours de chargement, contenait 2 080 tonnes de nitrate d'ammonium en sacs (32,5 % d'azote, 4 % de charges minérales, 1 % de bitume) quand un incendie fut détecté. Pour étouffer l'incendie, le capitaine fit fermer les panneaux de cale et envoyer de la vapeur sous pression. Malheureusement, cette cargaison n'a pas besoin d'oxygène pour continuer à brûler une fois le feu pris. Au contraire, la chaleur de la vapeur accéléra la réaction. La pression augmenta et, après une heure, la cargaison explosa alors que le navire est déhalé et pris en remorque, dans le but de l’éloigner des quais.

Elle provoqua la mort de plusieurs centaines de personnes et l'incendie du cargo américain High Flyer, amarré à 250 m, qui contenait 1 050 tonnes de soufre et 960 tonnes de nitrate d'ammonium. Parmi les 41 membres d'équipage du Grandcamp, seuls 7 ont la vie sauve car ils ne se trouvaient pas à proximité du navire au moment de l'explosion. Le navire, lui, a été complètement désintégré par l'explosion. Une de ses ancres est retrouvée à trois kilomètres de distance, enfouie dans un jardin. Le port et les navires se trouvant dans ce celui-ci furent ravagés.

Le High Flyer explosa à son tour le lendemain 17 avril, après avoir brûlé près de 16 heures. Un stock de 500 tonnes du même nitrate d'ammonium qui se trouvait sur le quai, prit feu également, mais brûla sans exploser. Les experts expliquent cette différence de comportement par le confinement plus important dans la cale des bateaux.

Causes[modifier | modifier le code]

Il semble qu’un feu ait pu se déclencher spontanément en raison de la très forte chaleur régnant sous les piles de sacs de nitrate d’ammonium à l’intérieur des cales fermées. De plus, la cargaison avait été fabriquée à partir de surplus de poudre de guerre reconditionné, il y avait donc peut-être des impuretés responsables de l’ignition de l’engrais[3].

Suite[modifier | modifier le code]

Suite à cette catastrophe, qui vit la garde nationale, les gardes côtes et les forces armées intervenir, le premier recours collectif (class action) déposé à l'encontre du gouvernement fédéral américain eut lieu, rassemblant 8 485 plaignants, sur le fondement du Federal Tort Claims Act (en) (FTCA). Si la district court donna raison aux plaignants, accusant l'État de « négligence », le jugement fut cassé par les juridictions supérieures, le procès allant jusqu'à la Cour suprême en 1953.

Le navire, à l'origine un Liberty ship construit en 1942 nommé Benjamin R. Curtis ayant un port en lourd de 10 830 tonnes, avait été transféré à titre gracieux, et dans le cadre de l'accord Blum-Byrnes, à la Compagnie générale transatlantique en 1946, ce pourquoi il battait pavillon français[4].

Médias[modifier | modifier le code]

La catastrophe est racontée dans un épisode de la série documentaire La minute de vérité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Blasts and Fires Wreck Texas City of 15,000; 300 to 1,200 Dead; Thousands Hurt, Homeless; Wide Coast Area Rocked, Damage in Millions, New York Times, 17 avril 1947.
  2. High W. Stephens, The Texas City Disaster, 1947, University of Texas Press, 1997, p. 100. ISBN 0-292-77723-X
  3. « Grandcamp », sur Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux,‎ 16 octobre 2009 (consulté le 21 avril 2013)
  4. « cargo GRANDCAMP », sur French Lines (consulté le 21 avril 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]