Catéchisme de l'Église catholique

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Le Catéchisme de l'Église catholique[2] (CEC) est un ouvrage d'instruction à la doctrine catholique, résumant la foi, l'enseignement et la morale de l'Église catholique. Il a été promulgué le 11 octobre 1992 et publié solennellement le 7 décembre 1992[3]. Sa rédaction a été suggérée par l'Assemblée générale extraordinaire du Synode des Évêques de 1985[3],[4], vingt ans après la fin du concile Vatican II et approuvée par Jean-Paul II le 7 décembre 1985[3].

Ce catéchisme est un ouvrage de référence pour tout fidèle catholique quant aux dogmes, sacrements, vie morale et vie spirituelle, qui a pour objectif de faciliter la rédaction de catéchismes locaux. C'est une somme importante, comprenant plus 650 pages, mais sa formulation est claire et didactique afin d'être comprise par le plus grand nombre[5]. Il a été réédité, dans sa version définitive[6], en août 1997. Un compendium (version abrégée) en a également été publié en 2005.

Origines et objectifs du texte[modifier | modifier le code]

Le pape Jean-Paul II.

À la suite du concile Vatican II (19621965), aucun catéchisme n'avait été rédigé, contrairement à ce qui s'était passé après le concile de Trente (15421563). Le 25 janvier 1985, le pape Jean-Paul II convoqua un synode des évêques pour réfléchir aux suites à donner aux décisions du concile. Dans leur rapport final (7 décembre 1985), les Pères du synode demandèrent :

« que soit rédigé un catéchisme ou compendium de toute la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale, qui serait comme un texte de référence pour les catéchismes ou compendiums qui sont composés dans les divers pays. La présentation de la doctrine doit être biblique et liturgique, exposant une doctrine sûre et en même temps adaptée à la vie actuelle des chrétiens. »
Le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI.

En conséquence, Jean-Paul II forma en 1986 une commission de douze cardinaux et évêques, présidée par le cardinal Ratzinger (futur pape Benoît XVI), alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et assistée par un comité de rédaction de sept évêques résidents. Le secrétaire de rédaction de cette commission était Christoph Schönborn[3]. Un grand nombre de spécialistes furent consultés. Et pas moins de neuf versions successives furent produites jusqu'au résultat final[3]. Ce travail fut suivi de près par Jean-Paul II[3].

Christoph Schönborn (créé cardinal en 1998 par Jean-Paul II).

Dans la constitution apostolique Fidei depositum 11 octobre 1992, accompagnant la parution du Catéchisme, Jean-Paul II déclara :

« Un catéchisme doit présenter fidèlement et organiquement l'enseignement de l'Écriture sainte, de la Tradition vivant dans l'Église et du Magistère authentique, de même que l'héritage spirituel des Pères, des saints et des saintes de l'Église, pour permettre de mieux connaître le mystère chrétien et de raviver la foi du peuple de Dieu. Il doit tenir compte des explications de la doctrine que le Saint-Esprit a suggérées à l'Église au cours des temps. Il faut aussi qu'il aide à éclairer de la lumière de la foi les situations nouvelles et les problèmes qui ne s'étaient pas encore posés par le passé. »[7].

Le Catéchisme de l'Église catholique compte 2 865 paragraphes. Il reprend le plan traditionnel déjà adopté par celui de Trente et s'articule donc en quatre parties.

Différentes versions[modifier | modifier le code]

Le Catéchisme de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Le catéchisme est initialement publié en français en 1994 et immédiatement traduit dans plusieurs langues. Mais la version de référence (editio typica), légèrement remaniée, est publiée en latin le 15 août 1997 par la lettre apostolique Laetamur Magnopere[8].

Le texte suit une structure classique en quatre parties qu'on retrouve dans plusieurs catéchismes plus anciens

La profession de la foi
Y sont expliqués le Credo et les éléments de la foi catholique (1 038 paragraphes).
La célébration du mystère chrétien
Y sont expliqués la liturgie catholique et les sept sacrements (624 paragraphes).
La vie dans le Christ
Y sont expliqués la vie spirituelle et l'action catholiques ainsi que les Dix Commandements (866 paragraphes).
La prière chrétienne
Y sont expliqués la nécessité de la prière, les types de prières et les prières elles-mêmes, et la place de la prière quotidienne (307 paragraphes).

Le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Le pape Benoît XVI présente[9] pour la première fois, le 28 juin 2005, la version abrégée et plus concise de cet ouvrage : le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique dont il a lui-même supervisé l'élaboration. La structure rédactionnelle est identique mais elle se présente sous la forme de questions et de réponses, plus propice à en faire un manuel pratique pour le fidèle chrétien.

Le YouCat[modifier | modifier le code]

À l'occasion des journées mondiales de la jeunesse 2011, une troisième version du catéchisme est spécialement élaborée pour les jeunes de 14 à 20 ans. Il suit la même structure, avec un langage plus simple et des illustrations adaptées. De nouveau rédigé sous la direction du cardinal Schönborn, l’ouvrage est intitulé YouCat, acronyme de Youth Catechism, catéchisme des jeunes.

Initialement rédigé en allemand, il est traduit ou en cours de traduction dans vingt langues et paru dans plus de dix pays[10]. Il a été offert personnellement par le pape Benoît XVI aux pèlerins venus aux JMJ de Madrid. Le pape en a également rédigé la préface. Il y indique sa confiance dans les capacités des jeunes contemporains à s'intéresser au catéchisme et les invite de façon pressante à l'étudier avec ardeur : « Oui, vous devez être bien plus profondément enracinés dans la foi que celle de vos parents, pour pouvoir résister avec force et décision aux défis et aux tentations de ce temps. »[11],[12].

Particularités[modifier | modifier le code]

La peine de mort[modifier | modifier le code]

Certains groupes comme l'ACAT, ont regretté que le catéchisme ne prononce pas une condamnation radicale de la peine de mort. En effet, le texte définitif indique qu'une telle possibilité n'est pas exclue par l'enseignement de l'Église même si « les cas d’absolue nécessité de supprimer les coupables sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants »[13]. Parallèlement de nombreux évêques se sont prononcés contre la peine de mort et le Saint-Siège soutient des initiatives abolitionnistes[14].

Un des rédacteurs du catéchisme, l'archevêque de Tours Mgr Jean Honoré, réfute que celui-ci puisse être opposé aux arguments abolitionnistes : « Le Catéchisme (art. 2266) distingue fermement l'affirmation du principe de légitimité de la peine de mort, et son application qu'il réserve « aux cas d'extrême gravité ». Le texte lui-même, dans sa rédaction et dans l'article qui suit (art. 2268), exprime une pensée très déterminée en faveur de l'abrogation de la peine de mort, et il en donne les raisons. Il n'est pas équitable d'opposer sur ce point le Catéchisme des adultes des évêques de France (art. 588). »[15]

Relations avec les Juifs[modifier | modifier le code]

Le catéchisme indique : « Les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus »[16].

En tenant compte de la complexité historique du procès de Jésus manifestée dans les récits évangéliques, et quel que puisse être le péché personnel des acteurs du procès (Judas, le Sanhédrin, Ponce Pilate) que seul Dieu connaît, on ne peut en attribuer la responsabilité à l'ensemble des Juifs de Jérusalem, malgré les cris d'une foule manipulée et les reproches globaux contenus dans les appels à la conversion après la Pentecôte. Jésus Lui-même en pardonnant sur la Croix et Pierre à sa suite ont fait droit à l'ignorance (Ac 3, 17) des Juifs de Jérusalem et même de leurs chefs. Encore moins peut-on, à partir du cri du peuple : « que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Mt 27, 25) qui signifie une formule de ratification, étendre la responsabilité aux autres Juifs dans l'espace et dans le temps.

Aussi bien l'Église a-t-elle déclaré au concile Vatican II : « Ce qui a été commis durant la Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. […] Les Juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu, ni maudits comme si cela découlait de la Sainte Écriture. »[17].

Impact et réactions[modifier | modifier le code]

Des critiques furent émises. Il est rassurant, en un sens, qu'elles proviennent des deux tendances plus extrêmes des courants de pensée et de vie catholique.

Controverses avec les catholiques libéraux[modifier | modifier le code]

Le Catéchisme a fait l'objet d'un certain nombre de critiques, portant pour la plupart sur son contenu, en particulier en matière de morale. Dans le milieu catholique, ces critiques proviennent essentiellement des catholiques libéraux.

Certaines critiques concernent le choix du comité de direction, en particulier de son président, le cardinal Joseph Ratzinger et de son éditeur général, Mgr Christoph Schönborn. On a parlé d'un texte « faussement collégial », « dicté par la Curie romaine », sans participation de théologiens laïcs. [réf. nécessaire]

Dans le livre Introduction au catéchisme de l'Église Catholique publié aux éditions du Cerf en 1995, le cardinal Ratzinger et Monseigneur Schönborn expliquent comment le catéchisme a été conçu, les étapes de sa réalisation, les principaux rédacteurs, les points essentiels.

Critique par le courant intégriste[modifier | modifier le code]

Le district de France de la FSSPX reconnait certaines qualités sur la forme et le fond au catéchisme et surtout au compendium qui le résume. Il met cependant vivement en garde les fidèles de la fraternité contre un texte jugé complètement imprégné des enseignements du concile Vatican II : « On peut dire que nous tenons, en ce texte, le résumé le mieux fait et le plus autorisé du fameux Concile, c'est-à-dire le plus violent et le plus insidieux poison pour l'âme crédule qui penserait se trouver en présence d'un exposé objectif de la foi catholique. ». Ainsi, les membres de la fraternité et ses fidèles sont fermement invités à éviter ces textes pour n'utiliser que le Catéchisme de saint Pie X[18].

Ventes[modifier | modifier le code]

En mai 1996, et en France uniquement, le catéchisme était déjà vendu à plus de 700 000 exemplaires (trois fois plus qu'en Italie)[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Catéchisme de l'Église Catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME,‎ 2013, 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Catechism of the Catholic Church, Copyright Information
  2. Catéchisme de l'Église catholique, première édition en 1992. Version définitive avec modifications le 15 août 1997, édition française Pocket, no 3315, août 1999 (ISBN 2-266-09563-3) [lire en ligne].
  3. a, b, c, d, e et f Bernard Lecomte, Jean-Paul II, Gallimard Folio, 2006, p. 676.
  4. Catéchisme de l'Église catholique, Prologue, II, 10.
  5. a et b Magazine L'Histoire no 199, mai 1996.
  6. « Introduction au compendium du Catéchisme de l’Église catholique », sur catholic.org,‎ 20 mars 2005 (consulté le 14 sept 2009).
  7. Voir le texte de Fidei Depositum, titre III
  8. (en) Texte anglais de la lettre sur le site du Vatican
  9. Discours du pape Benoît XVI sur le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique, 28 juin 2005.
  10. http://www.youcat.org/fr/etudier-la-foi/youcat-a-travers-le-monde.html
  11. Frédéric Mounier, Benoît XVI met le catéchisme dans le sac à dos des jeunes, La Croix
  12. Sandro Magister, Dans le sac à dos, un livre. Dédicacé par le pape, Chiesa, L'Espresso. On peut lire dans cet article le texte intégral de la préface.
  13. Voir le communiqué de la FIACAT ; cette formule figure également dans l'encyclique Evangelium Vitæ.
  14. Le St Siège se positionne contre la peine de mort
  15. Le Catéchisme et la peine de mort : réponse de Mgr Honoré, dans La documentation catholique, 21 février 1993, no 2066, p. 197.
  16. En cela, cette déclaration rejoint le catéchisme du concile de Trente, selon lequel la responsabilité de la crucifixion incombe aux péchés de l'humanité tout entière depuis le péché originel.
  17. Catéchisme de l'Église catholique, éd. Pocket, 1998, n° 596-598
  18. Commentaire sur le "Compendium" du CEC sur le site du district de France de la FSSPX

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]