Castor d'Apt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Castor d'Apt
saint catholique et orthodoxe
Naissance après 350
Nîmes
Décès avant 426 
Apt
Nationalité gallo-romaine
Vénéré à Apt et Nîmes
Fête 21 septembre

Castor d’Apt, évêque d'Apt (après 350 - avant 426), ou San Castré en provençal, ou Castorius en latin.

Sa fête, en tant que patron de son évêché, est célébrée le 21 septembre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

On connait peu d'éléments fiables sur sa vie. Paul-Albert Février, de l'Université de Provence, lors de la table-Ronde organisée par l'Institut de recherches et d'études sur le bas Moyen Âge avignonnais du 5 au 7 octobre 1984, a rappelé que, hormis une Vie douteuse intégrée par le chanoine Albanès dans la Gallia christiana, sans dire d'où il tient son texte, il n'a rien trouvé de probant, sinon un texte du faussaire Polycarpe de la Rivière à l'Inguimbertine de Carpentras (ms. 514, f° 191)[2]. Castorius est dit originaire de Nîmes (Nemus)[3] où il serait né vers le milieu du IVe siècle. Arles était alors la capitale de l'Empire d'Occident et le jeune rhéteur y exerça son métier d'avocat.

Sa vie érémétique[modifier | modifier le code]

Il épousa, en 395, une belle arlésienne dont la famille originaire du Luberon y possédait de nombreux domaines. La légende veut que le couple, avec leur fille Perculiarita, ait choisi la vie monacale.

Certains hagiographes expliquent qu'ils auraient vécu reclus près de Sabran (Gard), au mas Saint-Castor près de Mégier, d'autres affirment qu'il se serait retiré près de Ménerbes où il aurait fondé à Manancha[4] un monasteriolum (monastère) placé sous le vocable de Beati Faustinus (saint Faustin, l'évêque de Lyon)[5].

Les traces toponymiques de Castorius en Luberon[modifier | modifier le code]

À Ménerbes, dans une grotte, une source ferrugineuse nommée San Castré rappelle encore le souvenir du futur évêque d'Apt. De plus, un lieu-dit, au quartier du Levant, dénommé Pied de Moustier (podium monasterium), marque le lieu d'implantation du monastère dédié à Saint-Faustin de Manancha détruit en 576 par des hordes de Saxons et de Lombards[6].

Son épiscopat à Apt[modifier | modifier le code]

Ami de Jean Cassien, le fondateur de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, en 416, il lui demanda de rédiger ses Institions Cénobitiques et ses Conférences sur la formation des cénobites dont la 9e Conférence sur la prière. Trois ans plus tard, il fut choisi par la communauté des fidèles pour monter sur le siège épiscopal d'Apt.

On peut penser que Jean Cassien, qui le nommait homme de toutes les vertus et de toutes les sciences ne fut pas étranger à ce choix[7].

La tradition veut que dès le début de son épiscopat, il ait fondé à Apt un couvent dédié à saint Baché[8]. Deux ans plus tard, les Barbares déferlèrent sur la Provincia dispersant la communauté chrétienne du pagus Aptensis.

Inhumé dans la cathédrale paléochrétienne[modifier | modifier le code]

Il mourut après avoir assisté au concile de Valence. Son corps fut déposé dans un petit oratoire dédié au saint Sauveur[9] situé dans la partie méridionale de sa cathédrale qui fut dès lors connue sous le nom de Sainte-Marie et Saint-Castor. Ses reliques furent transférées en 1179 dans la nouvelle cathédrale et déposées dans la crypte par l'évêque Pierre de Saint-Paul (1162-1182).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Manuscrit de Raymond de Bot, évêque d'Apt (1275-1303), Vie de saint Castor, évêque d'Apt, traduite d'un manuscrit latin du VIIIe siècle, disparu en 1793 des Archives capitulaires, copie à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras sous le titre Acta ad firmandam eccl. gall. historiam.
  • J. F. de Rémerville de Saint-Quentin, La vie de saint Castor, Apt, 1688.
  • G. Barruol, Provence Romane II, Éd. Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1981.
  • G. Semonsu, Castor à Ménerbes, Bulletin de l'Association d'Histoire et d'Archéologie du Pays d'Apt, n° 9, 1985.
  • P. A. Février, Saint Castor, évêque d'Apt, et son culte, Provence Historique, fasc. 146, 1986.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Saint Castor d'Apt
  2. Le peuple des saints, Mémoire de l'Académie de Vaucluse, 1987.
  3. Nemus était le nom du lieu sacré (bois, fontaine) des Celto-Ligures.
  4. Vocable orthographié quelquefois Monacha qui est sans doute dérivé du grec monakos (moine).
  5. La seconde hypothèse développée par Guy Barruol semble la plus plausible. Faustin ou Photin, un des grands évêques de Lyon au IIe siècle, avait été le défenseur des lapsi, chrétiens tombés dans l'erreur et l'hérésie.
  6. Jacques-Antoine Dulaure dans son livre Divinités génératrices (Paris, 1805) a rappelé qu'en Provence le nom de Faustin était volontairement prononcé Foutin. Et il explique : «Le peuple qui juge souvent la valeur des choses d'après la consonance de leurs noms jugea que saint Foutin était digne de remplacer saint Priape et on lui en conféra toutes les prérogatives ». Dans un lieu dédié à Minerve (Ménerbes), camoufler un antique culte phallique peut avoir été la fonction que Castorius avait dévolu à son monastère
  7. Les abbayes de Lérins et Saint-Victor, foyers de culture classique et d’humanisme (semi-pélagien) ont joué leur rôle de formation et de direction pastorale. En 420, Proculus, évêque de Marseille, fit construire la première église, qui sera connue sous le nom de la «Major » (ecclesia major), et le grand baptistère qui sera détruit par l’incurie du clergé local en 1852 malgré un tollé général. C’était le plus important de Gaule. Avec lui, l’Église de Marseille affichait sa puissance, sa richesse et son originalité, mais affirmait surtout sa primauté pour la défense doctrinale de l’humanisme semi-pélagien. C'est dans ce cadre qu'il faut replacer les relations de Jean Cassien et de son ami Castor ainsi que son élévation sur le siège épiscopal d’Apt.
  8. Ce monastère dédié à saint Baché est à rapprocher du pèlerinage de saint Bacche qui se déroulait, sur l'autre versant du Luberon, à Jouques. En Val de Durance, le culte de Bacchus éradiqué par l’Église se voyait ressusciter par la ferveur populaire puisqu’une légende locale le faisait mourir ici. Ce saint de Jouques était bien le dieu du vin, ce Beato Baccho (Bacchus le bienheureux), dont on a retrouvé maintes inscriptions datant du Bas Empire.
  9. Saint Sauveur était le nom du monastère des moniales que Jean Cassien avait fondé à Marseille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]