Caspar Schwenckfeld von Ossig

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Caspar (ou Kaspar) Schwen(c)kfeld von Ossig (1489 ou 1490 – 10 décembre 1561 était un noble de Silésie qui devint un réformateur protestant et un mystique ; c’est un des premiers qui introduisit la Réforme en Silésie. Schwenckfeld approcha les principes de la Réforme au travers des enseignements de Thomas Müntzer et Andreas Karlstadt. Cependant, il développa ses propres idées, et se trouva en désaccord avec Martin Luther durant la controverse sur l’eucharistie (1524). Il avait ses propres idées sur les sacrements (la doctrine du corps céleste) développées en association proche avec son collègue l’humaniste Valentin Crautwald (1465-1545). Ses partisans constituèrent une nouvelle « secte », qui fut mise hors la loi en Allemagne, mais dont les idées influencèrent l’anabaptisme, le puritanisme en Angleterre, et le piétisme en Europe continentale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de jeunesse[modifier | modifier le code]

Schwenckfeld nait à Ossig (aujourd’hui Osiek), près de Liegnitz (aujourd’hui Legnica, en basse Silésie), dans une famille noble, en 1489 ou 1490. De 1505 à 1507, il est étudiant à Cologne ; en 1507, il entre à l’université de Francfort sur l’Oder. Entre 1511 et 1523, Schwenckfeld sert le Duché de Liegnitz en tant que conseiller du Duc Karol(Charles) I (1511-1515), du Duc Jerzy(George) I (1515-1518), et du Duc Fryderyk (Frederick) II (1518-1523).

Idées philosophiques[modifier | modifier le code]

En 1518 ou 1519, Schwenckfeld vécut une expérience d’éveil qu’il appela une « visite de Dieu ». Les écrits de Luther eurent une influence profonde sur Schwenckfeld ; il embrassa la Réforme luthérienne et devint un étudiant des Écritures. En 1521, Schwenckfeld commença à prêcher l’Évangile ; en 1522, il gagna au protestantisme le Duc Frédéric II. Il organisa la « fraternité » de ses convertis en 1523 dans un but de prière et d’étude. En 1525, il rejeta les idées de Luther sur la présence réelle du Christ dans l’hostie et donna une interprétation mystique de la sainte Cène, qui fut ensuite rejetée par Luther. Schwenckfeld commença à enseigner que les vrais croyants absorbent le corps mystique du Christ. Partout où il allait, il faisait de gros efforts pour promouvoir la Réforme, mais en même temps, il critiquait ceux des réformateurs qu’il trouvait extrémistes. Il soulignait l’idée que, pour être un vrai Chrétien, il ne fallait pas changer extérieurement, mais intérieurement. Du fait de désaccords sur la communion et sur d’autres sujets, Schwenckfeld rompit avec Luther et se mit à suivre ce qu’il appelait une « voie moyenne ». Il s’exila volontairement de Silésie en 1529 pour éviter de mettre son Duc dans l’embarras. Il vécut à Strasbourg de 1529 à 1534, puis en Souabe.

Enseignements[modifier | modifier le code]

Les enseignements de Schwenckfeld incluaient l’opposition à la guerre, aux sociétés secrètes et au serment ; il pensait que les gouvernements n’avaient pas le droit de s’ingérer dans la conscience des individus ; que la régénération se faisait de l’intérieur par le travail du Saint Esprit ; que les croyants se nourrissent mystiquement du Christ, et qu’ils doivent donner des preuves de leur régénération. Il rejetait le baptême infantile ainsi que toutes formes et dénominations ecclésiastiques extérieures.

Publications[modifier | modifier le code]

En 1541, Schwenckfeld publia la Grande Confession de la Gloire du Christ. Beaucoup considérèrent cet écrit comme hérétique. Il enseignait que le Christ avait deux natures, divine et humaine, mais que progressivement la nature divine l’emportait sur la nature humaine. Ces idées conduisirent ses partisans à s’appeler eux-mêmes Jésus.

Sa mort[modifier | modifier le code]

En 1561, Schwenckfeld fut atteint de la dysenterie ; il s’affaiblit graduellement et mourut à Ulm au matin du 10 décembre 1561. À cause de ses ennemis, sa mort fut tenue secrète ainsi que le lieu de son enterrement.

L’Église Schwenkfeldienne[modifier | modifier le code]

Schwenckfeld n’a pas organisé d’Église séparée durant sa vie, mais il semble que des disciples se soient réunis autour d’écrits et de sermons. En 1700, ils étaient environ 1 500 en Basse-Silésie. Beaucoup fuirent les persécutions de l’Empereur d’Autriche et trouvèrent refuge sur les terres du Comte Nikolaus Ludwig von Zinzendorf. Ces partisans commencèrent à être appelés « Schwenkfelders ». Un groupe d’entre eux arriva à Philadelphie en 1731, suivis par d’autre migrations jusqu’en 1737. En 1782, la Society of Schwenkfelders était formée, et, en 1909, la Schwenkfelder Church était organisée. La Schwenkfelder Church est restée petite. Il y a environ six églises et 3 000 membres dans le sud-est de la Pennsylvanie. Toutes se situent dans un rayon de 80 km autour de Philadelphie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le plaidoyer pour la tolérance de Caspar Schwenckfeld à Strasbourg (1529-1631), Daniel Husser, Servir en l'attendant, numéro 4, juillet-août 2001 (Communautés et assemblées évangéliques de France).
  • (en) Peter C. Erb: Schwenckfeld in his Reformation Setting. Valley Forge, Pa: Judson Press, 1978.
  • (en) R. Emmet McLaughlin: Caspar Schwenckfeld, reluctant radical : his life to 1540. New Haven : Yale University Press, 1986 ISBN 0-300-03367-2
  • (en) Rufus M. Jones: Spiritual reformers in the 16th and 17th centuries. London: Macmillan, 1914.
  • (en) Douglas H. Shantz: Crautwald and Erasmus. A Study in Humanism and Radical Reform in Sixteenth Century Silesia. Baden-Baden: Valentin Koerner, 1992.

Liens externes[modifier | modifier le code]