Casimir de Montrond

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Casimir de Montrond (1768-1843) est un diplomate français.

Origine familiale[modifier | modifier le code]

Le comte Casimir de Montrond est le fils d'un officier militaire. Sa mère, Angélique Marie d'Arlus du Tailly[1], comtesse de Montrond (morte en 1827), est une écrivaine royaliste, dont on dit qu'elle est l'auteure du Troubadour béarnais, une chanson royaliste ayant pour refrain « Louis, le fils de Henri, est prisonnier dans Paris[2] ». Casimir est emprisonné en 1794 à Saint-Lazare où il rencontre sa future femme. Il achète leur liberté pour 100 louis. Ils se marient et partent pour Londres. Mais leur union s'avère malheureuse et ils divorcent à leur retour à Paris.

Première carrière politique et arrestation[modifier | modifier le code]

Se tournant vers la politique, Casimir de Montrond devient vite la coqueluche des salons parisiens. Homme d'esprit, joueur invétéré et grand amateur de femmes, il devint presque naturellement, vers la fin du XVIIIe siècle, l'inséparable ami de Talleyrand et fut pendant toute sa vie son confident et son agent politique. Talleyrand avouera même plus tard qu'il était fasciné par cet homme dont il fit le maître d'œuvre de son « cabinet occulte » : c'est lui qui traitait avec les voleurs, escrocs, aventuriers et espions que Talleyrand fréquentait mais avec qui il ne pouvait néanmoins pas se compromettre. Sa connaissance profonde des arcanes de la politique ainsi que ses relations, parmi lesquelles il comptait de nombreux financiers, lui permettent de s'enrichir considérablement à la Bourse. En 1809 il tombe en disgrâce pour avoir imprudemment critiqué le système impérial et est contraint de quitter Paris. Après quelque temps passés à Anvers, il se rend à Spa où il rencontre Pauline Borghese. Il retourne à Anvers en 1811 et est arrêté sur les ordres de Napoléon puis envoyé à la forteresse de Ham. Au bout d'un mois d'emprisonnement il est autorisé à résider à Châtillon-sur-Seine sous surveillance policière, « d'où il s'évadera, en vieux dandy, avec ses perruques, ses parfums et son bidet d'argent[3] ». Il trouve refuge en Angleterre.

Retour en grâce[modifier | modifier le code]

Il revient en France lors de la Première Restauration et, pendant les Cent-Jours, se voit confier la mission de se rendre à Vienne afin de convaincre Talleyrand de soutenir les intérêts de Napoléon, de rencontrer Metternich et Nesselrode et de ramener si possible Marie-Louise d'Autriche et le Roi de Rome. Lors de la Seconde Restauration, il connaît de nouveau le succès social, bien qu'il reste toujours sous surveillance policière. Lorsque Talleyrand tombe en disgrâce, il l'accompagne au château de Valençay et continue de le seconder dans ses intrigues. Il le suit à Londres en 1832 et revient à Paris quelque temps avant sa mort en 1843.

Citations[modifier | modifier le code]

D'après les Souvenirs et Anecdotes du Capitaine Rees Howell Gronow, Montrond est à l'origine de bons mots faussement attribués à Talleyrand :

  • « La parole a été donnée à l’homme pour l’aider à cacher sa pensée. »
  • « Défiez-vous des premiers mouvements ; ils sont presque toujours bons. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Malo, Le beau Montrond, Paris, Éditions Émile-Paul Frères, 1926.
  • Claude-Isabelle Brelot, La noblesse réinventée ou la noblesse franc-comtoise - 1814/1870, Thèse (ISBN 2251604774)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Weiss, Suzanne Lepin, Le Journal de Charles Weiss, 1834-1837, Volume 3, Cahiers d'études Comtoises (résumé), p. 55
  2. La royale maison de Savoie: roman historique, Volume 1 Par Alexandre Dumas, Lucien Chavoutier
  3. Emmanuel de Waresquiel, Le Prince immobile.
  • Cet article incorpore du texte provenant d'une publication appartenant maintenant au domaine public : Chisholm, Hugh, Ed (1911). Encyclopaedia Britannica (Eleventh ed.). Cambridge University Press.

Article connexe[modifier | modifier le code]