Casimir Zagourski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Casimir Zagourski (né le en Ukraine et mort le à Léopoldville) est un photographe polonais installé dans l'ancien Congo belge, auteur de très nombreux clichés ethnologiques sur les peuplades de l'Afrique noire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès 1929 (et plus tard en 1932, 1935 et 1937), Zagourski se lance dans plusieurs expéditions à travers le Congo et les pays voisins (Rwanda, Kenya, Tchad, etc.). II en revient avec plusieurs centaines de clichés dans lesquels il sélectionne ceux qui lui servent à créer son œuvre maîtresse : L'Afrique qui disparaît !. Environ 450 photographies y sont réparties en deux séries principales et une série annexe. Ces véritables tirages argentiques sont ensuite expédiés en Allemagne pour y faire imprimer un dos façon carte postale. Zagourski les vend ensuite dans son studio de Léopoldville, à la pièce, ou en album de cuir qu'il fait façonner spécialement par un artisan.

En 1930, le ministère des Colonies lui commande un important travail cinématographique sur le Bas-Congo. On a perdu toute trace du film qui avait été réalisé à cette occasion. La même année, il expose ses photographies à Toruń en Pologne et aurait participé, selon les sources, à l'exposition coloniale internationale d'Anvers en Belgique.

En 1935, le ministère des Colonies, avec lequel il coopère, fait publier dans L'Illustration Congolaise dix de ses photographies sur les monuments et l'architecture de Léopoldville. Zagourski, pour son compte, en publiera plusieurs dizaines en format carte postale.

En mars 1935, le gouverneur général de l'AEF, Edouard Renard, son épouse et les trois hommes d'équipage disparaissent dans un accident d'avion en pleine brousse aux environs de Bolobo, sur le territoire du Congo Belge. Zagourski est sollicité pour participer aux recherches de l'épave et les photographies de son reportage paraissent, en avril, dans la presse française et belge.

La galerie Philippe Schrauben, spécialiste de l'expertise, la vente et l'achat de clichés originaux de Zagourski, possède dans sa collection privée, plusieurs dizaines de photographies sur cette catastrophe. Une série de clichés a été prise à l'aéroport de Brazzaville au moment de l'embarquement du gouverneur Édouard Renard. Une autre série a été prise sur les lieux de la catastrophe à la demande des gouvernements français et belge.

En 1937, Zagourski est présent au pavillon belge de l'exposition internationale de Paris. Il y expose 60 agrandissements qu'il a spécialement réalisés pour l'occasion. La même année, il expose à la Maison de France à Brazzaville une série de clichés consacrés à L'Afrique qui disparaît ! et à la ligne de chemin de fer Congo-Océan. On pense aussi que c'est à cette époque qu'il développe ses vingt-deux clichés sur l'excision des jeunes filles de la peuplade des M'Bouaka. Cette série, tirée à très peu d'exemplaires, sera jointe à l'ensemble L'Afrique qui disparaît !.

En 1938, il parvient à garder quelques agrandissements de Paris et les expose à Poznań en Pologne. Les autres seront transférés, à sa demande, par le ministère des Colonies au Musée royal du Congo belge à Tervueren en Belgique.

En juillet 1939, Zagourski couvre l'inauguration du monument commémoratif de la mort du roi Albert Ier du Saint-Empire à Léopoldville. L'Illustration Congolaise sélectionne seize photographies qu'elle publie dans une édition spéciale.

Zagourski est en Pologne lorsque l'Allemagne envahit le pays et déclenche la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est que grâce à l'intervention de la direction d'Agfa qu'il peut quitter le pays au début 1940. Il gagne alors la Belgique où une maladie des reins l'oblige à se faire opérer. Devant l'avancée des troupes allemandes qui commencent à occuper toute l'Europe, il part pour le sud de la France et continue vers le Portugal, d'où il parvient à embarquer dans un bateau pour le Congo.

En 1941, il se trouve à Brazzaville, où il fait quelques rares photographies du général de Gaulle.

Zagourski ne parvient pas à surmonter sa maladie et décède le 10 janvier 1944, à Léopoldville, où il est d'ailleurs enterré. Après deux ans de gérance par l'administration belge, le studio de Zagourski est repris, en 1946, par son neveu.

Jusqu'en 1959, celui-ci fera des photos de studios, des clichés commerciaux et de piètres retirages des photographies de son oncle.

Le studio sera défi­nitivement fermé en 1976.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

[précision nécessaire]

  • In and Out of Focus, Smithsonian Institute, 2002
  • L'Afrique Disparue, Skira, Genève, 2001
    Un beau livre avec une très belle iconographie mais comportant malheureusement beaucoup d'erreurs importantes sur la biographie de Zagourski.

Lien externe[modifier | modifier le code]