Caryl Chessman

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Caryl Chessman
Braqueur, cambrioleur
Nom de naissance Caryl Whittier Chessman
Surnom "Bandit à la Lumière Rouge"
Naissance
Saint-Joseph (Michigan)
Décès
San Quentin (Californie)
Patrie Etats-Unis
Cause du décès Exécution capitale
Condamnation juillet 1948
Sentence Mort
Braquages, viols
Affaires "Bandit à la Lumière Rouge" et autres
Victime(s) Mary Alice Meza et autres
Période 1935 - janvier 1948
Pays Etats-Unis
Région(s) Californie, Michigan
Ville(s) Los Angeles
Arrestation janvier 1948

Caryl Chessman

Nom de naissance Caryl Whittier Chessman
Activités Ecrivain, Criminel
Naissance
Saint-Joseph (Michigan)
Décès
San Quentin (Californie)
Langue d'écriture Anglais
Genres Roman, nouvelle, autobiographie

Œuvres principales

  • Cellule 2455 couloir de la mort (1954)
  • À travers les barreaux (1955)
  • Face à la justice (1957)
  • Fils de la haine (1960)

Compléments

Délinquant de carrière, condamné à mort et exécuté pour kidnapping

Caryl Whittier Chessman (né le 27 mai 1921 à Saint-Joseph dans le Michigan, mort le 2 mai 1960 à la Prison d'État de San Quentin en Californie) est un condamné à mort américain qui réussit à attirer l’attention de l’opinion publique sur son propre cas, et plus généralement sur la peine de mort aux États-Unis grâce à trois livres qu'il écrivit en prison en attente de son exécution dans la chambre à gaz (qu’il réussit à repousser à de nombreuses reprises, certains de ses sept sursis durant quatre jours).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant unique et adoré de Hallie Lillian (née Cottle), mère pieuse, et de Whittier Serl Chessman, charpentier, il a au cours de son enfance de nombreuses maladies (encéphalite, diphtérie). En 1929, un accident de voiture laisse sa mère paralysée et défigure Caryl (il en gardera un nez cassé qui sera un élément caractéristique identifié par deux de ses victimes violées) alors que la Grande Dépression ruine son père qui tente de se suicider par deux fois. Adolescent, il tombe dans la délinquance (vol de voiture, cambriolage, hold-up dans des maisons closes, etc.), ce qui lui vaut de passer dans des camps pour délinquant et des maisons de redressement[1].

"The Red Light Bandit"[modifier | modifier le code]

Il est arrêté en janvier 1948. Accusé pour plusieurs affaires de vol, de viol et d'enlèvement, il est connu à l’époque comme étant le « Bandit à la lumière rouge » (surnommé ainsi parce qu'il approchait ses victimes dans des endroits isolés, faisant clignoter la lumière rouge de sa Ford T, gyrophare ressemblant à celle utilisée par la police). Chessman signe des aveux qu'il réfute par la suite, accusant les policiers de les lui avoir extorqués par violence.

Or, depuis l'affaire du bébé Lindbergh en 1932, les États-Unis, ainsi que plusieurs États fédérés, s'étaient dotés, l'année suivant la tragédie, d'une législation pénale selon laquelle l'enlèvement avec demande de rançon ou ayant causé de graves lésions corporelles chez la victime était considéré comme un crime passible de la peine de mort ; en Californie, l'enlèvement ayant causé de graves lésions corporelles était passible de la perpétuité réelle ou de la chambre à gaz ; de plus, la cour jugera que le crime de kidnapping est constitué dès lors que la victime a été transportée contre son gré quelle que soit la distance - courte dans son cas.

Le jury n'accorde pas les circonstances atténuantes à Caryl Chessman qui, au moment de son arrestation, était en liberté conditionnelle après avoir déjà purgé une peine à la Prison d'État de Folsom. Chessman, qui se défend lui-même avec arrogance[Note 1], est alors condamné à mort.

S'ensuivent alors douze années de marathon judiciaire durant lesquelles Chessman déposa des recours en habeas corpus et autres recours en cassation tant devant les juridictions californiennes que fédérales, arguant que les minutes du procès avaient été prises par un alcoolique à l'écriture illisible puis corrigées par un proche du procureur.

Lors de son exécution dans la chambre à gaz, il tourne la tête de gauche à droite, signe convenu avec une journaliste pour montrer que ce type d'exécution fait souffrir[1].

À noter que cette affaire est le point central et de départ du roman Au-delà du mal et qu'un détective privé William Linhart a tenté d'impliquer Terranova, compère de Chessmann lors de cambriolages, comme étant le vrai auteur des viols[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Caryl Chessman[modifier | modifier le code]

  • Cell 2455 Death Row (1954) ; Cellule 2455 couloir de la mort
  • Trial by Ordeal (1955) ; À travers les barreaux
  • The Face of Justice (1957) ; Face à la justice
  • The Kid Was A Killer (1960) ; Fils de la haine, roman

Œuvres consacrées à Caryl Chessman[modifier | modifier le code]

  • J. de Beaumont & F. de Montfort, Le Mystère Chessman (Presses de la Cité, 1960)
  • Dominique Lapierre, Chessman m'a dit (1960)
  • Dominique Lapierre, Mille Soleil (Robert Laffont, 1997)
  • Theodore Hamm, Rebel and a Cause - Caryl Chessman and the Politics of the Death Penalty in Postwar California, 1948-1974 (University of California Press Berkeley, 2001)
  • Alan Bisbort, When You Read This, They Will Have Killed Me - The Life and Redemption of Caryl Chessman, Whose Execution Shook America (Carroll & Graf Publishers, New York, 2006)
  • Beniamino Joppolo, Caryl Chessman, pièce de théâtre écrite en 1960 inédite (en cours de parution, Marina di Patti, Editrice Pungitopo, prévu pour 2013).

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Cell 2455 Death Row (1955, Columbia), en France : Cellule 2455 Couloir de la mort, réalisé par Fred F. Sears d'après le livre de Caryl Chessman, avec William Campbell, Marian Carr, Kathryn Grant
  • Caryl Chessman l'écriture contre la mort (Fr. 1986) de Jean-Christophe Rosé

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Caryl Chessman est évoqué dans la chanson de Nicolas Peyrac, So far away from L.A. en 1975 :

« Monsieur Caryl Chessman est mort
Mais le doute subsiste encore
Avaient-ils raison ou bien tort ? »

« La porte de la chambre à gaz de Chessmann (sic) renvoie à la porte funèbre des anciennes mythologies »

« Caryl Chessman sniffs the air… and leads the parade… He knows… in a scent… you can bottle all you made! »

  • Marie Bonaparte fit partie de ceux voulant éviter l'exécution à Caryl Chessman.
  • Caryl Chessman est un personnage capital dans le livre de Shane Stevens Au-delà du mal, qui relate le périple meurtrier du fils de Chessman.
  • Jean Arnulf lui a consacré un morceau, Chanson pour Caryl Chessman.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et réferences[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il commet notamment l'erreur de ne pas récuser les onze femmes sur les douze jurés qui composent le jury alors qu'il est accusé de viols.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Bellemare, Les Dossiers extraordinaires, Tome 2, Éditions 1,‎ 2009, 496 p. (dossiers extraordinaires chessman&f=false lire en ligne)
  2. Centre international d'études criminologiques, Revue internationale de criminologie et de police technique,‎ 1960, p. 65