Henri Cartier-Bresson

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Henri Cartier-Bresson

Naissance 22 août 1908
Chanteloup-en-Brie
Décès 3 août 2004 (à 95 ans)
Montjustin
Nationalité France France
Profession Photographe

Henri Cartier-Bresson (22 août 1908 à Chanteloup-en-Brie - 3 août 2004 à Montjustin dans les Alpes-de-Haute-Provence) est un photographe français.

Avec Walker Evans, Brassaï, Kertész et quelques autres, Henri Cartier-Bresson est considéré comme un pionnier du photojournalisme allié à la photographie d'art. Il est souvent fait référence à lui sous les trois lettres HCB.

Avec Robert Capa, David Seymour, William Vandivert (de) et George Rodger, il fonde en 1947 la célèbre agence coopérative Magnum Photos. En 2003, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans (un an avant sa mort), une fondation portant son nom a été créée à Paris pour assurer la conservation et la présentation de son œuvre et aussi pour soutenir et exposer les photographes dont il se sentait proche.

Connu pour la précision au couperet et le graphisme de ses compositions (jamais recadrées au tirage), il s'est surtout illustré dans le reportage de rue, la représentation des aspects pittoresques ou significatifs de la vie quotidienne (Des Européens). Il est l'inventeur du concept de « l'instant décisif », exposé avec sa définition de la photographie en préface de son premier ouvrage, Images à la sauvette, publié en 1952 avec une couverture de Matisse.

Pour certains, il est une figure mythique de la photographie du XXe siècle, que sa longévité lui permit de traverser, en portant son regard sur les évènements majeurs qui ont jalonné son histoire. Un de ses biographes (Pierre Assouline) dit ainsi de lui qu'il était « l'œil du siècle ».

Ayant connu et photographié la Seconde République espagnole, certainement anarchiste, il aime à crier « Vive Bakounine », « Du passé faisons table rase » en référence à L'Internationale, à la question recommencer à chaque fois, il répond, où en sommes nous[1]?

Sommaire

Biographie[modifier]

Premier Leica de Cartier-Bresson

Après des études de peinture en 1927-1928 au cours d'André Lhote, rue d'Odessa, dans le quartier du Montparnasse, et une fréquentation des cercles surréalistes parisiens, il décide de se consacrer à la photographie. C'est à 23 ans, en Côte d'Ivoire, qu'il prend ses premiers clichés avec un Krauss d'occasion. Il vient de vivre une peine d'amour et de frôler la mort. Il publie son reportage l'année suivante (1931). Il achète son premier Leica à Marseille en 1932.

En 1947, il cofonde l'agence Magnum et parcourt le monde en photographe humaniste ; il voyage en Afrique, au Mexique, aux États-Unis, réalise en 1936 un documentaire sur les hôpitaux de l'Espagne républicaine et devient l'assistant du cinéaste Jean Renoir.

Formé à l'école des Beaux-Arts, il abandonne finalement la photographie en 1970 pour se consacrer au dessin. Un an avant sa mort, la Bibliothèque nationale de France lui consacre une grande exposition rétrospective, avec Robert Delpire comme commissaire, alors que s'ouvre à Paris, impasse Lebouis, à Montparnasse dans le quartier de Plaisance, la fondation HCB, qui assure la conservation de son œuvre[2] et sa présentation au public, ainsi que celles des photographes qui lui sont chers, autour de la ou des pratiques du reportage. Cette Fondation décerne également tous les deux ans un Prix qui donne droit à une exposition, deux ans après, au sein de la Fondation.

Partant plusieurs mois en Asie, il rencontre Gandhi et lui montre une photo de Paul Claudel regardant un enterrement, juste avant que Gandhi se fasse assassiner[1].

En 1996, il est nommé professeur honoraire à l'Académie des Beaux-Arts de Chine, puis concernant le Tibet, il écrit une lettre aux autorités chinoise pour dénoncer « les persécutions dont la Chine se rend coupable » [3]. Bouddhiste, il assiste régulièrement aux enseignements du 14e dalaï-lama qu'il a également photographié. Il a milité pour la cause tibétaine[4].

Il est inhumé à Montjustin dans le Luberon.

Prix et récompenses[modifier]

Œuvre[modifier]

La maison Cartier-Bresson à Scanno en Italie, village que Cartier-Bresson a beaucoup photographié

Bibliographie[modifier]

Filmographie[modifier]

  • 1937 : Victoire de la vie, Documentaire sur les hôpitaux de l'Espagne Républicaine (49 minutes, Noir et Blanc). Musique composée par Charles Koechlin.
  • 1938 : L’Espagne Vivra, Documentaire sur la guerre civile en Espagne et sur l'après-guerre (43 minutes, Noir et Blanc)
  • 1945 : Le Retour, film sur le retour des prisonniers après la Seconde Guerre mondiale.

Expositions[modifier]

  • 1971, Les Rencontres d'Arles. Projections de deux films de la CBS sur la Nouvelle-Orléans et la Californie.
  • 1972 : Projection de Flagrant délit (Production Delpire) aux Rencontres d'Arles, France.
  • 1979, invité d'honneur aux Rencontres d'Arles et projection de son œuvre au théâtre Antique.
  • Quarante ans de photographie, 1978, plusieurs lieux en Europe.
  • En état de voyage: Henri Cartier-Bresson, Robert Frank, William Klein, Max Pam, Bernard Plossu, 1982, les Rencontres d'Arles.
  • Paris à vue d’œil, 1984, Musée Carnavalet.
  • Magnum en Chine, exposition collective aux Rencontres d'Arles, 1988.
  • Henri Cartier-Bresson, point d'interrogation, film de Sarah Moon projeté aux Rencontres d'Arles en 1994.
  • Des Européens, 1997, Maison européenne de la photographie.
  • Henri Cartier-Bresson, L'imaginaire d'après nature, 19 juin - 13 septembre 2009, Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Réplique de l'exposition de 1978.
  • Henri Cartier-Bresson à vue d'œil, 15 avril - 30 août 2009, fermeture 15 juin - 23 juin 2009, Maison européenne de la photographie.
  • Henri Cartier-Bresson - The Modern Century, New York (2010), Chicago (2010), San Francisco (2010-2011), Atlanta (2011)
  • Henri Cartier-Bresson, Paul Strand, Mexique 1932-1934, 13 mai - 2 septembre 2012, Le Point du Jour. Cherbourg-Octeville (2012)
  • The Man, the Image & the World, 8 mars - 26 mai 2013, Fotografiska, Stockholm

Collections[modifier]

Musée d'art de Toulon.

Livres sur Henri Cartier-Bresson[modifier]

  • Pierre Assouline, Henri Cartier-Bresson, l’œil du siècle, Gallimard, 432 p., 1999. Repris en poche en 2001 aux éditions Folio, (ISBN 2-0704-1410-8)
  • Jean-Pierre Montier, L'art sans art : Henri Cartier-Bresson, Paris, Flammarion, 1995 (Prix Nadar) ; réédition 2007, 328 p.
    Outre des peintures et nombre de dessins, l'ouvrage comporte plus d'une centaine de photographies. Éditions anglaise, allemande et italienne.
  • Clément Chéroux, Henri Cartier-Bresson : le tir photographique, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard », 11 septembre 2008, 160 p. (ISBN 9782070356256).
    170 illustrations
     

Notes et références[modifier]

  1. a et b Henri Cartier-Bresson, l'amour tout court de Raphaël O'Byrne, ARTE France, Les films à Lou
  2. Hélène Simon, « La vente de tirages de photos de Henri Cartier-Bresson exaspère ses ayants droit », Le Monde, 11 mai 2007
  3. Libération, Henri Cartier-Bresson dénonce les «persécutions» chinoises au Tibet., 3 juin 1996
  4. (en) Bureau du Tibet, Henri Cartier Bresson Passes Away, Central Tibetan Administration, 5 août 2004

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]