Carré d'art

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Carré d'art
Le Carré d'art de Nîmes
Le Carré d'art de Nîmes
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Nîmes
Adresse 16, place de la Maison Carrée
30000 Nîmes
Coordonnées 43° 50′ 17″ N 4° 21′ 18″ E / 43.838056, 4.355 ()43° 50′ 17″ Nord 4° 21′ 18″ Est / 43.838056, 4.355 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1993
Informations visiteurs
Site web Musée
Bibliothèque

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Carré d'art

Carré d'art est un bâtiment construit à Nîmes par l'architecte britannique Norman Foster pour abriter le musée d'art contemporain et la bibliothèque municipale classée de Nîmes. Il a été inauguré en mai 1993.

Historique[modifier | modifier le code]

La construction du Carré d'art à l'emplacement d'un ancien grand théâtre néoclassique construit de 1798 à 1800, totalement incendié en octobre 1952 et dont ne subsistait que la façade constituée d'une colonnade néoclassique, fut décidée par Jean Bousquet, maire de Nîmes de 1983 à 1995. À la suite d'un concours international d'architecture lancé en 1984, c'est le projet de Norman Foster qui fut retenu parmi ceux proposés également par César Pelli, Arata Isozaki, Jean Nouvel, et Frank Gehry[1]. L'architecte britannique fit de nombreuses propositions de façade avec ou sans l'intégration de la colonnade de l'ancien théâtre, le choix du jury se portant sur le projet sans les colonnes qui furent démontées et remontées sur une aire d'autoroute. Le Carré d'art, constitué de verre, de béton et d'acier, est édifié en vis-à-vis de la Maison Carrée, temple romain datant du Ier siècle av. J.-C., dont il constitue un pendant contemporain. Suite aux inondations catastrophiques de 1988 qui dévastèrent le forum de la Maison Carrée, Norman Foster fut chargé également de réhabiliter et de recréer la place de la Maison Carrée, jusqu'alors occupée par les voitures.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque Carré d'Art en 2013

Carré d’Art a ouvert ses portes en 1993 avec l’objectif d’offrir à la population un musée d’art contemporain et tous les services accessibles à l’époque en matière de lecture publique. Inspiré du modèle du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, inauguré à Paris en 1977, le projet de Carré d’Art misait sur la dynamique novatrice d’un équipement mutualisé polyculturel pour la Ville de Nîmes.

L’événement fut d’autant plus marquant que l’ensemble s’inscrivit dans une architecture remarquable, signée de l’agence Foster and Partners et placée en face même de la Maison Carrée en lieu et place de l’ancien théâtre, Carré d’Art bénéficie donc d’une localisation extrêmement valorisante dans un bâtiment qui jouit d’une grande renommée et d’une véritable identité architecturale. Carré d’Art est devenu un lieu emblématique de la ville, faisant désormais partie intégrante de son image et de son ambition culturelle.

L’ensemble des documents anciens et précieux possédés par la bibliothèque ont été conservés pendant deux siècles dans une aile de l'ancien cloître des Jésuites. Ces collections ont trouvé dans le bâtiment de Carré d’Art de nouvelles conditions de préservation et de valorisation.

Dans le même temps, la Ville de Nîmes déployait une politique de lecture publique de proximité en ouvrant trois bibliothèques de quartier et en se dotant d’un médiabus, riches de tous les types de documents attendus par les habitants : livres, revues, albums, BD, CD, DVD, partitions, documents numériques. Elle poursuit le renouvellement de son offre de collections et de services en développant un volet numérique ambitieux et un programme d’action culturelle jouant de toute la palette des événements et manifestations (expositions, festivals, conférences, projections, concerts, ateliers…) en direction de tous les publics.

Les chiffres clés[modifier | modifier le code]

- 5 équipements pour le réseau de la ville : une bibliothèque centrale, la bibliothèque Carré d’Art (5600 m²) ; trois bibliothèques de quartier : la médiathèque Marc Bernard (800 m²), la médiathèque Jean Paulhan (300 m²), la médiathèque Serre Cavalier (100 m²) et un médiabus.
- 657 766 prêts annuels.
- 2353 ressources numériques à disposition du public sur place et à distance.
- 42 heures d'ouvertures hebdomadaires pour la médiathèque Carré d’Art, 32 heures pour la médiathèque Marc Bernard, 23 heures pour la médiathèque Jean Paulhan,26 heures pour la médiathèque Serre Cavalier et 16 arrêts pour le Médiabus.
- 116 agents de bibliothèques.
- Près de 16 663 abonnés actifs, dont 610 collectivités (associations et institutions)
-Plus de 520 000 documents tous supports, dont 1000 manuscrits, plus de 60 incunables, 40 000 imprimés anciens
-400 000 euros de budget d'acquisitions.

Les fonds patrimoniaux, anciens et contemporains

 La bibliothèque figure parmi les 54 bibliothèques classées par la loi du 20 juillet 1931.

Créée en 1794, la bibliothèque de Nîmes trouve, comme de nombreuses bibliothèques françaises, son origine dans les confiscations révolutionnaires. À ce noyau originel constitué par les collections de Jean François Séguier (1703-1784), érudit nîmois du Siècle des Lumières, ou celles du marquis Baschi d'Aubais, s'ajoutent aux XIXe et XXe siècles, de nombreux legs et dons. Par ailleurs, les dépôts récents de la Bibliothèque du Consistoire et des fonds anciens de la Synagogue font de la Bibliothèque Carré d'Art un pôle d'excellence de la recherche sur l'histoire des religions.

Ainsi, s’est constitué un ensemble remarquable autour des manuscrits enluminés (Manuel de Dhuoda, IXe) dont de nombreux manuscrits hébraïques, des incunables, des éditions remarquables (reliure, illustration), des fonds spéciaux (impressions nîmoises, fonds de théâtre, fonds protestant et taurin, fonds local du XIXe siècle à nos jours, fonds d’ouvrages sur les révolutions, fonds photographique).

Au fil de la composition chronologique des fonds, on note, au rang des incunables : Le Songe de Poliphile, dont l'édition d'Alde Manuce de 1499, de nombreuses éditions rares du XVIe siècle notamment l'œuvre de l'imprimeur lyonnais Guillaume Rouillé qui, en 1559, édite le Discours historial de l'antique et illustre cité de Nismes de Jean Poldo d'Albenas, premier ouvrage imprimé sur l’histoire de la cité nîmoise. Puis, les dons : ceux du Docteur Amoreux en 1824 (médecine notamment), de l'astronome Benjamin Valz en 1868 (12000 volumes sur l'astronomie, les sciences) ; des legs : fin XIXe, la bibliothèque du bibliophile nîmois Charles-Auguste Liotard (3000 volumes).

La photographie ancienne (3000 images) figure aussi en bonne place dans les collections. On y trouve le magnifique album de 119 images de Terre Sainte et Palestine, daté de la fin des années 1870 du gardois Félix Bonfils, les clichés du photographe Edouard Denis Baldus : la Maison Carrée et l’Amphithéâtre nîmois et la dizaine d’épreuves sur la construction du Louvre de Napoléon III.

Le patrimoine imprimé contemporain se constitue avec, parmi d’autres pièces tout aussi importantes, des textes de Jean Paulhan illustrés par les peintres Marc Chagall, Georges Braque … auxquels se joint une collection de quelques 800 livres d’artiste.

L’identité nîmoise est aujourd’hui le fil rouge de la politique d’acquisition patrimoniale : religions, romanité, tauromachie, collections consacrées à des personnalités locales ou régionales, et bibliophilie contemporaine.

Carré d’Art Bibliothèque s’attache à signaler et à valoriser le patrimoine dont elle a la garde, auprès du public des chercheurs, étudiants et érudits comme pour toute personne curieuse de l’histoire de sa cité, ou de l’histoire du livre. Plus de 500 000 images issues de la numérisation de ses collections sont aujourd’hui disponibles sur le site http://bibliotheque-numerique.nimes.fr.

La bibliothèque diffuse ce patrimoine sur le web, mais s’emploie à le valoriser par la réalisation de produits éditorialisés et d’expositions virtuelles dont les deux principaux exemples ont porté sur la Maison carrée (webdocumentaire à découvrir sur http://www.maisoncarree.eu et sur le panorama de l’histoire du livre intitulé Livresque des profondeurs (conçu pour table tactile, à l’occasion des 20 ans de Carré d’Art). Chaque année, des expositions de document originaux sont proposées dans la Salle Soleil Noir de Carré d’Art, accompagnées de la parution d’un catalogue et d’un programme de visites à l’attention du grand public et des écoles, s’y ajoute désormais la possibilité de découvrir autrement la richesse de ce patrimoine par l’apport de scénographie numérique.

L’attention portée aux nouvelles attentes des habitants sur le champ du numérique a plus largement conduit Carré d’Art Bibliothèques à développer des espaces publics numériques, sur les différents points du réseau, avec une orientation forte sur la réduction de la fracture numérique, la formation, l’accompagnement des personnes âgées, des demandeurs d’emploi, des personnes en démarche d’alphabétisation.

C’est toute une démarche d’expérimentation des nouveaux usages qui s’est récemment structurée au sein de ce qu’on appelle le Labo², le laboratoire des arts et cultures numériques, une des spécificités de la bibliothèque de Nîmes, dont la dernière production, Audiotact, borne de diffusion et de partage de musiques libres, vient de remporter le prix national de l’innovation décerné par l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques (ENSSIB) (2013).

- Ressources en lignes : La bibliothèque a par ailleurs investi dans un bouquet de ressources en ligne grand public, proposée à tous les adhérents sous le nom de C@roline : Carré on Line. On peut y regarder un film en streaming, écouter un livre, lire une BD, suivre une conférence scientifique, apprendre l'anglais, le code de la route et plus encore... C’est un outil permettant de mettre en valeur des sélections de documents, en lien avec une actualité.

- Liseuses et tablettes à disposition des usagers : Bouquets de livres numériques sur liseuse en prêt, applications sélectionnées dans divers domaines (sciences, arts, histoire, vie quotidienne, livres interactifs pour les enfants) disponibles dans les lieux, accompagnés d’une offre d’initiation, constituent la dernière nouvelle proposition des bibliothèques de Nîmes dans le champ du numérique.

Carré d’Art Bibliothèques c’est aussi des actions en direction de publics spécifiques (maison d'arrêt, portage en maison de retraite, accueil de publics déficients visuels).

Enfin l’ensemble du réseau propose un programme d'action culturelle d’une grande diversité, s'appuyant sur des partenariats multiples et s'articulant autour de temps forts : Salon de la biographie, Ecrans britanniques, Printemps des poètes, Salon du livre d'artistes, Festival de la Bande Dessinée, Fête du cinéma d'animation, Mois du film documentaire… Et, depuis décembre 2013, le Nîmes Open Game Art, autour du jeu vidéo.

Les pages de la bibliothèque sur le site web de la Ville de Nîmes (http://bibliotheque.nimes.fr) permettent à chacun de retrouver depuis chez soi tout l’éventail des ressources et services proposés : un catalogue de l’ensemble des documents disponibles, souvent enrichis de nombreux bonus, résumés, extraits, critiques, interviewes vidéo ou radio des auteurs, pour mieux s’orienter et faire son choix, que complètent des possibilités de réservations, de suggestions d’achat en ligne. Une navette quotidienne permet d’acheminer un document au plus près du domicile de la personne, dans la bibliothèque de son choix.

Le site web fournit toutes les informations pratiques nécessaires au bon usage des bibliothèques. Les enseignants y trouveront leur rubrique, pour toutes les actions conduites en direction des publics scolaires : visites découverte ou visites thématiques, ateliers, prêt de mallettes, etc. C’est le point d’entrée de la bibliothèque numérique patrimoniale et, pour les abonnés, de l’ensemble des contenus documentaires en ligne sélectionnés par les bibliothécaires, à des fins d’étude ou de loisir. On y trouve aussi l’ensemble du programme des animations, de nombreux coups de cœur, sélections et suggestions de lecture et d’écoute. C’est sur le blog http://animesmuzik.blogspot.fr que les discothécaires du réseau des bibliothèques se font l’écho de l’actualité musicale nîmoise et livrent leurs critiques, au jour le jour, de même qu’on trouvera de très réguliers billets sur le blog http://bandeoriginaledulivre.blogspot.fr: tout sur l’adaptation au cinéma d’œuvres littéraires.  

Et demain ...[modifier | modifier le code]

20 ans : C’est le moment de franchir une nouvelle étape dans l'adaptation de nos équipements aux attentes des publics.

Les projets sont importants : le premier concerne la réhabilitation de Carré d'Art et vise à améliorer l'accueil des usagers, l'accessibilité au bâtiment et l'orientation dans celui-ci ainsi que la découverte de l'offre culturelle et à réaménager la bibliothèque en accord avec les nouveaux usages et les nouveaux services pour une nouvelle image de la bibliothèque dans le respect de l’architecture de Norman Foster. (Projet 2014 - 2016).

En parallèle et dans le même esprit, s’inscrivent le projet de rénovation de la médiathèque Marc-Bernard et l’extension de la bibliothèque Serre-Cavalier, au sein du site de gérontologie du CHU de Nîmes (2015).

Le projet de développement numérique, labellisé Bibliothèque numérique de référence par le Ministère de la Culture et de la Communication, et bénéficiant ainsi d’une aide exceptionnelle de l’Etat, accompagne ces chantiers avec, comme prochaine étape (2013 - 2014), le passage en technologie RFID de l'ensemble du réseau, la poursuite du chantier de numérisation des collections patrimoniales, le développement des points d’accès aux ressources numériques dans les bibliothèques, la création de nouveaux espaces de formation et de création numériques, le soutien à l’expérimentation à travers l’activité du Labo2.

Zoom sur le projet de réhabilitation de Carré d’Art Bibliothèque

 La Ville de Nîmes souhaite que Carré d’Art retrouve son exemplarité, comme à son ouverture en 1993, en matière de services rendus, d’offre culturelle, de qualité des espaces et d’accessibilité. Ce saut qualitatif devra renforcer encore plus le caractère emblématique de ce bâtiment, lieu référence en matière de pratiques culturelles sur la ville. Ces évolutions doivent se faire tout en respectant un cadre architectural exigeant.

La requalification des espaces de la bibliothèque représente le cœur du programme à la base duquel se trouve un projet scientifique et culturel élaboré par la bibliothèque et qui met l’accent sur plusieurs objectifs pour le projet : concevoir un équipement adapté à une diversité grandissante et recherchée de publics et d’usages, parvenir à une clarté d’organisation des lieux qui devront être facilement appropriables par les usagers (soit de façon autonome, soit accompagnés par du personnel, des dispositifs physiques : signalétique…), donner une place prépondérante à la convivialité et au confort pour inciter les publics à rester sur place, reconfigurer les espaces pour donner plus de visibilité aux collections, irriguer l’ensemble des espaces publics en postes d’accès à Internet et à des ressources numériques sélectionnées, conforter la place de l’animation en lien étroit avec l’offre documentaire, accompagner cette évolution culturelle par des moyens humains et des espaces de travail internes adéquats.

Le programme insiste sur la nécessité de répondre aux différentes attentes des publics d’aujourd’hui (pratiques culturelles : travail, écoute, visionnement, formation…), d’assurer un confort de grande qualité (acoustique, éclairage notamment), de parvenir à une lisibilité de toute l’offre de la bibliothèque (présentation des collections, fluidité des circulations, signalétique…) et ce malgré les différences de niveaux imposées par le cadre architectural. Ce dernier étant assez contraint, une grande qualité et une finesse d’intervention s’imposent dans le traitement des espaces intérieurs pour caractériser les ambiances, assurer le confort du public, apporter une plus value suffisamment significative pour redynamiser l’image de la bibliothèque et souligner aux yeux du public un réel changement, le tout sans dénaturer le bâtiment.

Il s’agit enfin de faciliter l’appropriation de l’offre culturelle par le plus grand nombre : en rendant plus fonctionnels les accès et les circulations (remplacement des sas d’entrée actuels par des portes à tambour, intégration du dispositif antivol pour fluidifier l’ensemble de la circulation et mise en conformité de l’accessibilité du bâtiment). Il convient de rendre plus visibles les services (premier accueil replacé, reprise de la signalétique générale, création d’un accueil bibliothèque, librairie plus accessible) et de proposer une offre culturelle dès le hall de Carré d’Art (offre documentaire d’appel de la bibliothèque, présentation d’œuvres du musée, programmation culturelle par les deux structures dans un espace d’expositions et d’animations temporaires complètement modulable).

Là encore, le projet bénéficie d’un soutien particulier de l’Etat. Il devrait se concrétiser par phases successives sur les années 2015 et 2016.

Musée[modifier | modifier le code]

La direction du musée fut confiée au collectionneur d'art contemporain Bob Calle, ancien cancérologue à l'Institut Curie à Paris passionné d'art[2], qui confia l'organisation des expositions successivement à Chantal Creste, Jean-Luc Nito, Jean de Loisy, Nathalie Ergino. Le directeur et premier conservateur, Guy Tosatto, lui succède en 2000. De 2001 à 2011, Françoise Cohen assure la direction de l'établissement, puis en février 2012, Jean-Marc Prévost, Conservateur du patrimoine, lui succède. En 2013, l'exposition célébrant les 20 ans du musée est confiée à Norman Foster.

Le musée a reçu le label « Musée de France »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cees de Jong et Erik Mattie, Concours d'architecture, vol. 2 : 1950 à nos jours, Cologne, Benedikt Taschen, 1994 (ISBN 3-8228-9291-2), p. 207.
  2. Roxana Azimi, « Bob Calle, Collectionneur d’art contemporain » dans Le Journal des arts no 261 du 8 juin 2007.
  3. « Notice no 3018906 », base Muséofile, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]