Caroline Norton

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Caroline Norton, par George Hayter.

Caroline Elizabeth Sarah Norton, née Sheridan (22 mars 180815 juin 1877), est une pamphlétaire, poétesse, écrivain, compositrice et féministe britannique. Son divorce d'avec un mari alcoolique et violent illustre la dépendance juridique de la femme dans la Grande-Bretagne d'alors, puisque lors d'un procès contre son mari, elle ne peut aller en justice qu'en étant représentée par ce même mari.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Thomas Sheridan (militaire) (en) et de Caroline Henrietta Callander, elle perd son père en 1817, et se retrouve alors pratiquement sans le sou, comme le reste de sa famille. En 1827, Caroline épouse George Chapple Norton, le plus jeune frère du baron Grantley (en). George Chapple Norton se révèle rapidement être un mari jaloux et possessif, ainsi qu'un ivrogne brutal ; le mariage tourne rapidement à l'aigre du fait des actes de maltraitance, tant physiques que psychologiques, auxquels se livre George Norton sur sa femme. Le fait que sa carrière de barrister soit un échec n'arrange pas les choses, et les deux époux se querellent souvent pour des questions d'argent[1].

Au cours des premières années du mariage, Caroline Norton se sert de sa beauté, de son esprit et de ses relations pour recevoir chez elle de nombreuses personnalités. Elle compte notamment parmi ses amis des célébrités du monde politique et littéraire telles que Samuel Rogers, Edward Bulwer-Lytton, Edward John Trelawny, Abraham Hayward, Mary Shelley, Fanny Kemble, Benjamin Disraeli, le futur roi Léopold I de Belgique et William Cavendish (6e duc de Devonshire)[2],[3],[4].

Lors de la retentissante et longue affaire de divorce qui oppose, à partir des années 1830, Caroline Norton à son mari, ivrogne et brutal, l'absence de personnalité juridique pour la femme mariée de la société georgienne est au centre du procès[5]. Le contrat qu'elle avait signé avec son mari pour préciser les conditions financières de leur séparation est en effet reconnu frappé de nullité, puisque Caroline Norton n'a aucune existence juridique (comme toute femme mariée à l'époque en Grande-Bretagne, elle n'a aucune autonomie juridique et ne peut en effet ester en justice qu'au travers de son mari)[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Caroline Norton, détail d'un portrait par Frank Stone, vers 1845.

Pamphlets[modifier | modifier le code]

  • 1837 Separation of Mother and Child by the Laws of Custody of Infants Considered
  • 1836 A Voice from the Factories
  • 1839 A Plain Letter to the Lord Chancellor on the Infant Custody Bill
  • 1848 Letters to the Mob
  • 1854 English Laws for Women in the Nineteenth Century
  • 1855 A Letter to the Queen on Lord Chancellor Cranworth's Marriage & Divorce Bill
  • 1857 A Review of the Divorce Bill of 1856, with propositions for an amendment of the laws affecting married persons

Poèmes (quelques)[modifier | modifier le code]

  • 1829 :
    • The Sorrows of Rosalie: A Tale with Other Poems
    • I Do Not Love Thee
    • The Cold Change
  • 1830 :
    • The Undying One and Other Poems
    • The Faithless Knight
  • 1840 The Dream and Other Poems
  • 1845 The Child of the Islands
  • 1847 :
    • Aunt Carry's Ballads for Children
    • Bingen on the Rhine, John Walker & Co., undated.
  • 1859 The Centenary Festival
  • 1862 The Lady of La Garaye

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1825 The Dandies Rout
  • 1835 The Wife, and Woman's Reward
  • 1851 Stuart of Dunleath
  • 1863 Lost and Saved
  • 1866 Old Sir Douglas

Théâtre[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Woodham-Smith, p. 220
  2. Scott-Kilvert, p. 614
  3. Perkin, p. 85
  4. Perkins, p. 19, 26, 48, 84, 178
  5. Barbara Caine, English feminism, 1780-1980, Oxford University Press,‎ 1997, p. 66-70
  6. (en) « Caroline Norton » (consulté en février 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]