Élisabeth de Wied

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Carmen Sylva

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Élisabeth de Wied

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Élisabeth de Wied

Titres

Reine de Roumanie

26 mars 188110 octobre 1914
(33 ans, 6 mois et 14 jours)

Prédécesseur Elle-même (princesse de Roumanie)
Successeur Marie d’Édimbourg

Princesse de Roumanie

15 novembre 186926 mars 1881
(11 ans, 4 mois et 11 jours)

Prédécesseur Elena Rosetti
Successeur Elle-même (reine de Roumanie)
Biographie
Dynastie Maison de Wied
Nom de naissance Elisabeth Ottilie Luise zu Wied
Surnom « Carmen Sylva »
Naissance 29 décembre 1843
Neuwied (Prusse)
Décès 2 mars 1916 (à 72 ans)
Bucarest (Roumanie)
Sépulture Nécropole royale de Curtea de Argeș
Père Hermann de Wied
Mère Marie de Nassau
Conjoint Charles Ier de Roumanie
Enfants Marie de Roumanie

Élisabeth Pauline Ottilie Louise de Wied (également connue sous le nom de plume de Carmen Sylva), née le 29 décembre 1843 au château Monrepos près de Neuwied (Allemagne) et morte le 2 mars 1916 à Bucarest, est, par mariage, princesse puis reine de Roumanie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du prince Hermann de Wied et de la princesse Marie de Nassau, elle est la nièce de la reine Sophie de Suède et du grand-duc Adolphe de Luxembourg. Sa cousine, Hilda de Nassau, sera grande-duchesse de Bade.

C'est en 1861, lors d'un séjour à Berlin, que la jeune princesse rencontre son futur mari, Charles de Hohenzollern-Sigmaringen; Fils cadet de Charles-Antoine, prince de Hohenzollerbn-Sigmaringen, Premier ministre de Prusse, et de Joséphine de Bade, il est le petit-fils de Stéphanie de Beauharnais, grande duchesse de Bade et cousine de l'empereur des Français Napoléon III.

Charles est élu prince de Roumanie en 1866, les deux jeunes gens se marient le 15 novembre 1869. De leur union naît en 1870 une fille, Marie qui meurt quatre ans plus tard.

Durant la guerre russo-turque de 1877-1878, Élisabeth se consacre aux soins aux blessés et fonde l'ordre d'Élisabeth (dont la décoration consiste en une croix d'or sur un ruban bleu), destiné à honorer les personnes qui se sont distinguées dans une tâche comparable. Elle encourage l'enseignement secondaire et supérieur pour les femmes en Roumanie et crée diverses sociétés à but charitable. En 1882, elle est élue membre de l'Académie de Roumanie.

L'éducation reçue lors de son enfance et de sa jeunesse allemandes est très variée et lui permet de se distingue notamment par ses talents de pianiste, d'organiste ainsi que pour le chant (le jeune Georges Enesco a mis en musique nombre de ses poèmes) ; elle montre en outre de grandes dispositions pour la peinture et l'art des enluminures. Toutefois, son imagination portée vers la rêverie et la poésie la conduit sur le chemin de la littérature, en particulier la poésie, les contes et les ballades, ainsi que dans un grand travail de collecte de légendes populaires roumaines auxquelles elle donne une forme littéraire.

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

Carmen Sylva avec Georges Enesco à gauche et Grigoraș Dinicu à droite.

Carmen Sylva écrit avec aisance en allemand, roumain, français et anglais. Parmi ses nombreuses œuvres, on peut signaler :

  • Sappho et Hammerstein, deux poèmes parus à Leipzig en 1880.
  • Les pensées d'une reine, un volume d'aphorismes en prose publié en 1882 à Paris, qui sera récompensé par le prix Botta, décerné tous les trois ans par l'Académie française, et sera publié en allemand en 1890 à Bonn sous le titre Vom Amboss ;
  • Cuvinte sufletești, méditations religieuses en roumain publiées en 1888 à Bucarest, et traduit en allemand en 1890 sous le titre de Seelen-Gespräche.

Plusieurs de ses œuvres sont écrites en collaboration avec Mite Kremnitz, une de ses dames d'honneur, née à Greifswald en 1857, mariée au docteur Kremnitz de Bucarest ; cette série d'œuvres est publiée entre 1881 et 1888, dans plusieurs cas sous les pseudonymes de Dito et Idem. Citons notamment :

  • Aus zwei Welten (Leipzig, 1884), roman,
  • Anna Boleyn (Bonn, 1886), tragédie,
  • In der Irre (Bonn, 1888), recueil de contes,
  • Edleen Vaughan ou Paths of Peril, roman (Londres, 1894),
  • Sweet Hours, poèmes écrits en anglais (Londres, 1904).

Son œuvre signée Carmen Sylva inclut en outre :

  • une traduction en allemand de Pêcheur d'Islande de Pierre Loti,
  • la traduction en allemand des volumes du critique dramatique Paul de Saint-Victor, Les Deux Masques (Paris, 1881-1884),
  • la traduction en anglais, en 1891, avec la collaboration d'Alma Strettell, sous le titre The Bard of the Dimbovitza, d'un recueil de folklore roumain d'Elena Văcărescu publié antérieurement à Bonn, en 1889, sous le titre Lieder aus dem Dambovitzathal.

L'affaire Vacaresco[modifier | modifier le code]

En 1881, afin d'assurer sa succession au trône de Roumanie, le roi Charles désigne son neveu, le prince Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen, prince allemand, qui n'a jusque-là jamais foulé le sol roumain et n'en parle pas la langue. Le jeune homme tombe amoureux de la femme de lettres roumaine Hélène Vacaresco, qui est une des intimes de la reine. Celle-ci encourage cette relation, bien que la constitution de Roumanie stipule que l'héritier au trône ne peut pas épouser une Roumaine.

Le scandale finit par éclater, et la reine est contrainte à l'exil dans son château natal de Neuwied en Allemagne. Hélène Vacaresco est éloignée à Paris, tandis que le prince héritier est envoyé faire un tour des cours européennes pour y chercher une épouse.

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • Les pensées d'une reine / Carmen Sylva reine de Roumanie, préface par Louis Ulbach, postface par Nicolae Ionel; Éditions Fides, Iași 1998, 160 p., ISBN 973-9384-09-9.
  • Les pensées d'une reine - Cugetările unei regine, ediţie bilingvă franceză-română, traducere din limba franceză de Dumitru Scorţanu, editura Fides, Iași, 2001, ISBN 973-9384-62-5.
  • Gedanken einer Königin - Les pensées d'une reine, édition complète des pensées en allemand et français et des épigrammes de la reine Élisabeth de Roumanie, née princesse de Wied, pseudonyme littéraire Carmen Sylva (1843-1916), édité par et avec une préface de Silvia Irina Zimmermann, avec des photographies des archives princières de Wied (Neuwied), Éditions Ibidem, Stuttgart, 2012, 440 pages, ISBN 978-3-8382-0385-0.
  • Sagesse d'une reine, avec préface du prince Radu de Roumanie, postface de Gabriel Badea-Päun, et deux lettres de Pierre Loti à Carmen Sylva, Via Romana, 2013 (ISBN 979-10-90029-46-0)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Louis Ulbach, Les Pensées d'une reine, préface, Calmann-Lévy, Paris, 1882.
  • E. Sergy, Carmen Sylva. Élisabeth reine de Roumanie, Fischbacher, Paris, 1890.
  • Pierre Loti, L'Exilée, Calmann-Lévy, Paris, 1893.
  • Jules Brun, La Servitude de Pélesch, introduction, Lemerre, Paris.
  • Georges Bengesco, Carmen Sylva (Sa Majesté la reine Élisabeth du Roumanie). Bibliographie et extraits de ses œuvres. Le Soudier u. a., Paris 1904.
  • Georges Bengesco, Carmen Sylva intime, juven, Paris, 1905.
  • Léopold Stern, Pierre Loti et Carmen Sylva, Grasset, Paris, 1931.
  • Nicolae Iorga, Pour se souvenir de la reine Élisabeth de Roumanie, dans Bulletin de la Sélection Historique, Bucharest, 1935
  • Roger Merle, Carmen Sylva. L'Extravagante Reine Élisabeth de Roumanie, 1843-1916, Éditions Michaël Ittah, 1999, 190p.
  • Gabriel Badea-Päun, Carmen Sylva - Uimitoarea Regină Elisabeta a României, 1843-1916, Bucarest, Humanitas, 2003, seconde édition en 2007, troisième édition en 2008. ISBN 978-973-50-1101-7.
  • Gabriel Badea-Päun, Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ (1842-1923) à la cour royale de Roumanie, dans Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, Année 2005, Paris, 2006, p. 257-281.
  • Gabriel Badea-Päun, Carmen Sylva, reine Elisabeth de Roumanie, Versailles, Via Romana, 2011.
  • Gabriel Badea-Päun, Carmen Sylva. Königin Elisabeth von Rumänien - eine rheinische Prinzessin auf Rumäniens Thron, avec une préface de S.A.S. le Prince Carl zu Wied, traduit en allemand par Silvia Irina Zimmermann, Stuttgart, Ibidem Verlag, 2011 (ISBN 978-3-8382-0245-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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