Carmen Suite

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Maya Plisetskaya et Rodion Chtchedrine

Carmen Suite est un ballet créé en 1967 par le danseur et chorégraphe cubain Alberto Alonso, à l'initiative de Maya Plisetskaya, danseuse étoile du Bolchoï de Moscou. Son mari, Rodion Chtchedrine compose un arrangement musical d'après Georges Bizet et son cousin Boris Messerer réalise les décors.

Genèse[modifier | modifier le code]

Désirant danser sur les thèmes de l'opéra Carmen de Georges Bizet, Maya Plisetskaya propose à Dmitri Chostakovich d'adapter l'œuvre, mais il refuse par respect pour l'auteur. Rodion Chtchedrine produit alors une suite pour cordes et percussions inspirée principalement par l'opéra de Bizet. On y retrouve aussi un extrait de la Farandole de l'Arlésienne et la Danse bohémienne de l'opéra La Jolie Fille de Perth du même compositeur.

Version originale (Bolchoï)[modifier | modifier le code]

Maya Plisetskaya en Carmen en 1974.

Le DVD reprend le film réalisé lors de la création du ballet par la troupe du Bolchoï à Moscou. Le film a été produit par Russia en 1969 et distribué par Corinth Films en 1973.

Crédits[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Le ballet d'Alberto Alonzo est traité sur le mode de la danse moderne, gestuelle très épurée, dans un décor minimaliste qui doit beaucoup au jeu de lumières. Le résultat est un spectacle d'une grande puissance érotique et symbolique. L'introduction d'un nouveau personnage - le magistrat - tout de noir vêtu, fait supposer que cette version du ballet a aussi un sens politique polémique.

« À cause de sa sexualité affirmée, Carmen Suite a bien failli ne jamais être représenté sur scène dans l'Union soviétique puritaine de l'ère Brezhnev. Mais grâce à sa volonté de fer et à son énorme prestige, Plisetskaya a réussi à vaincre - ou à tout le moins contourner - l'opposition des autorités culturelles de son pays. La chorégraphie, dont la plus grande partie reflète les danses d'origine espagnole, a été créée par le maître cubain Alberto Alonso. La musique et le décor étaient une affaire de famille, la première étant écrite par le mari de Plisetskaya, Rodion Shtchedrin et plus ou moins inspirée par l'opéra Carmen de Georges Bizet, le second élaboré par le cousin artiste de la danseuse, Boris Messerer.
Comme Plisetskaya le remarquait lors d'une répétition il y a deux semaines, Carmen Suite possède un message politique fort. Son Torero représente sans erreur possible le pouvoir, et tant la gitane Carmen que son amant Don José sont ses malheureuses victimes. Pour souligner ce point, elle évoque une représentation à Cuba (ce qui était un événement rare, car Carmen Suite ne donnait pas, aux yeux des autorités soviétiques, une image acceptable du Bolchoï et n'était jamais inclus dans les tournées à l'étranger). Après la représentation, Raúl Castro, le frère de Fidel, vint dans les coulisses pour féliciter la troupe. Lorsqu'il arriva face à Sergei Radchenko, qui dansait le Torero, son visage s'illumina d'un sourire de connivence et, s'arrêtant un instant après lui avoir dit bonjour, il ajouta résolument le mot : “ami” ».
(Commentaire publié en avril 2006 dans le Moscow Times sur les conditions de création et le message politique de ce ballet).

Version Mats Ek[modifier | modifier le code]

Une autre version de ce ballet a été réalisée par le chorégraphe Mats Ek et la troupe du Ballet Cullberg de Stockholm en 1996. L'enregistrement est distribué par Arthaus Musik.

  • Danseurs :
    • Carmen : Ana Laguna
    • Don José : Marc Hwang
    • Escamillo : Yvan Auzely
    • M... : Pompea Santoro
    • Officier : George Elkin
    • Gitane : Boaz Cohem

Lien externe[modifier | modifier le code]

Dans la presse française (1)

Version Bourne[modifier | modifier le code]

Une adaptation plus contemporaine de Carmen Suite a été réalisée par Matthew Bourne dans son ballet The Car Man.