Carmen (nouvelle)

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Carmen
Image illustrative de l'article Carmen (nouvelle)
Première page de l’édition de 1883.
Publication
Auteur Prosper Mérimée
Langue Français
Parution Drapeau de la France France, 1847,
Nelson
Intrigue
Lieux fictifs En Andalousie
Personnages Carmen, la Carmencita
Don José Lizarrabengoa
le narrateur archéologue
le Dancaïre

Carmen est une nouvelle de Prosper Mérimée écrite en 1845 et publiée en 1847, dont a été tiré l’opéra-homonyme, musique de Georges Bizet, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy (1875).

Carmen traite du sujet de l'amour tragique et de la jalousie amoureuse. La nouvelle met principalement en scène les personnages de Carmen et de Don José, dont l'amour passionné pour la belle bohémienne n'est pas payé de retour et le pousse finalement à l'assassiner.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Carmen : une jeune gitane qui entraîne dans sa chute son amant jaloux. C’est une femme sensuelle, qui utilise ses charmes et ses atouts féminins pour arriver à ses fins et manipuler ses amants. Elle envoûte littéralement le narrateur et Don José dès la première rencontre.
  • Don José : destiné à une carrière militaire, il succombe aux charmes de Carmen et devient un bandit. Il ne peut désobéir à sa maîtresse, dont il est passionnément amoureux. Il est faible et impuissant et sa passion va le pousser à commettre des meurtres ; il y succombe entièrement lorsqu’il tue Carmen, qui lui avait avoué qu’elle ne l’aimait plus.
  • Le narrateur : personnage naïf, également tombé dans les filets de sa passion pour Carmen, mais qui a été sauvé par Don José. C'est également un personnage vertueux et sage se rapprochant de l’auteur par son profil d’archéologue.

Composition de la nouvelle[modifier | modifier le code]

Carmen est divisé en quatre chapitres de longueur inégale, mais le récit des amours impossibles de Carmen et de Don José n’occupe que le troisième chapitre. Il s’agit donc à ce moment d’un récit enchâssé ou emboîté, dont le narrateur est Don José, mis en abîme dans le récit-cadre, dont le narrateur est un archéologue. Les évènements racontés par Don José sont antérieurs aux évènements du récit-cadre (analepse narrative).

Le récit est en prose et utilise la focalisation interne. Le quatrième et dernier chapitre constitue une rupture stylistique nette, en revenant au discours scientifique qui constituait l'entame du premier chapitre.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Chapitre 1[modifier | modifier le code]

Le narrateur, un archéologue en excursion en Andalousie, s’arrête en chemin pour se reposer avec Antonio, son guide. Il rencontre un homme dont l'accent n'est apparemment pas andalou, il lui propose un cigare et tous deux commencent à discuter. L'homme l’accompagne jusqu'à une auberge. À cause des signes d’inquiétude que lui fait Antonio, le narrateur se dit qu’il a probablement affaire à un contrebandier, mais il n'en a pas peur. Arrivé à l’auberge, il apprend qu'il s’agit de Don José Navarro, un bandit poursuivi par les autorités. Don José chante un air basque à la mandoline pendant le repas.

Au milieu de la nuit, le narrateur s’éveille et va dehors où il voit passer une ombre devant lui : c’est Antonio. Il va dénoncer Don José pour 200 ducats. Le narrateur éveille Don José pour l’en avertir. Après avoir juré au narrateur qu’il ne se vengerait pas de son guide, Don José se sauve pour ne pas se faire arrêter. Quand les lanciers arrivent, leur proie s'est envolée.

Chapitre 2[modifier | modifier le code]

On retrouve le narrateur une semaine plus tard, menant ses recherches à Cordoue chez les Dominicains. Un soir, il rencontre une belle jeune fille bohémienne nommée Carmen, qui lui propose de lui dire son avenir. Ils vont prendre une glace ensemble, puis ils vont au domicile de Carmen, qui est fascinée par sa montre. Un homme entre brusquement : c'est un complice de Carmen, et celle-ci lui enjoint de trancher la gorge du malheureux porteur de montre. Mais il s'agit de Don José, qui s'aperçoit de l'identité du narrateur et le laisse prendre la fuite. Le narrateur s’aperçoit ensuite que Carmen lui a dérobé sa montre mais suite aux paroles de don José il décide de ne pas la poursuivre.

Plusieurs mois après, le narrateur revient à Cordoue et apprend au couvent que Don José a été jeté en prison, soupçonné notamment d'avoir dérobé sa montre, et qu'on va le condamner à mort pour de nombreux autres crimes. Il lui apporte une boîte de cigares et arrive pendant son repas. Il lui propose de l'aider mais Don José avoue qu’une messe lui serait plus utile. Il lui demande aussi d’aller porter une médaille à une femme en Navarre, à Pampelune.

Chapitre 3[modifier | modifier le code]

Le narrateur revient à la prison le lendemain et apprend toute l'histoire de Don José.

Il s'appelle en réalité Don José Lizarrabengoa, basque né à Elizondo, brigadier de cavalerie placé en garde dans une manufacture de tabac à Séville. Un jour, il rencontre Carmen qui le taquine sur son épinglette, puis lui lance une fleur qu’il conserve. Peu après, une bagarre éclate : il va voir et trouve d’un côté une femme blessée, de l’autre Carmen. José est chargé d’amener cette dernière à la prison. Celle-ci utilise son charme (en vain) et son patriotisme (elle lui fait croire qu’elle aussi est de Navarre) pour se sauver, et y parvient. Il est envoyé à la prison pour un mois et dégradé. Un jour, en prison, il reçoit un pain d’une soi-disant cousine avec une lime à l’intérieur et deux piastres, cadeau de Carmen. Il est touché de ce geste mais refuse de s'échapper, ce qui reviendrait à déserter. À sa sortie, il redevient simple soldat, et retrouve Carmen avec qui il passe une journée qui le laisse transi d'amour pour elle. Elle le manipule pour qu'il ferme les yeux sur de petits trafics, puis elle disparaît ; quand il la retrouve, elle est au bras d'un officier. Une bousculade s'ensuit, Don José tue l'officier et Carmen l'aide à s'échapper. Il fuit Séville et intègre une troupe de contrebandiers dirigée par un chef, le Dancaïre. Mais il apprend que Carmen est déjà mariée à Garcia, un des bandits de la troupe, et il souffre de plus en plus de la vie qu'il mène désormais. Divers crimes sont commis par la petite troupe. José poignarde finalement Garcia au cours d'une algarade, et le Dancaïre meurt également dans une embuscade où José est blessé. Il finit par guérir, mais Carmen le rend toujours plus fou de jalousie, notamment par sa relation avec un picador nommé Lucas. Il la somme de tout quitter pour venir avec lui en Amérique, mais elle refuse et dit ne plus l'aimer. Désespéré, il en vient à la tuer de deux coups de couteau, puis l'enterre avec la bague qu'il lui avait offerte et va se rendre aux autorités.

Chapitre 4[modifier | modifier le code]

Ce chapitre rompt totalement avec la narration précédente car il est constitué d'observations de type encyclopédique sur les bohémiens, leur apparence, leurs mœurs, leur langue ; c'est un retour au point de vue narratif initial, avec dans le rôle du narrateur un scientifique qui clôt par cet exposé la tragique histoire qu'il a entendue.

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans Carmen, Mérimée mêle les genres de la tragédie classique et du roman picaresque pour illustrer le Mal que représente la passion amoureuse et ravageuse, qui pousse les individus à dépasser leurs limites, à effacer toutes traces de raison et de vertu dans leur âme afin qu’ils commettent des actes condamnables et qui réduiront leur vie à néant.

Voir aussi La Petite Gitane (Miguel de Cervantes).

Historique[modifier | modifier le code]

  • 1845 : Carmen paraît dans "La revue des deux mondes".
  • 1846 : Carmen est édité en livre à Paris par l'éditeur Michel Lévy frères dans un recueil contenant également Arsène Guillot et L'Abbé Aubain[1].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films adaptant l’opéra et/ou la nouvelle :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice bibliographique BNF », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 27 novembre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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