Carloman II

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Carloman II
Louis III (vers 863-882) et Carloman II (vers 866-884), rois de France, fils de Louis le Bègue, associés en 880. Peint vers 1837 par Charles Auguste Guillaume Henri François Louis de Steuben. Musée national du château et des Trianons en Versailles.
Louis III (vers 863-882) et Carloman II (vers 866-884), rois de France, fils de Louis le Bègue, associés en 880. Peint vers 1837 par Charles Auguste Guillaume Henri François Louis de Steuben. Musée national du château et des Trianons en Versailles.
Titre
Roi des Francs
(Francie occidentale)
11 avril 8796 décembre 884
(5 ans, 7 mois et 25 jours)
En tandem avec Louis III
Couronnement 4 septembre 879 à Ferrières-en-Gâtinais
Prédécesseur Louis II
Règne seul après la mort de Louis III
Successeur Charles III le Gros
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de naissance vers 867
Date de décès 6 décembre 884
Lieu de décès Lyons-la-Forêt (France)
Père Louis II
Mère Ansgarde de Bourgogne

Carloman II[1] né vers 867, mort le 6 décembre 884 à Lyons, roi des Francs de 879 à 884, fils de Louis II dit le Bègue et d’Ansgarde de Bourgogne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le royaume de Carloman II figure en bleu. Il héritera à la mort de son frère Louis III en 882 du royaume de ce dernier (en mauve)

Le 11 septembre 878, il est fiancé à Troyes avec Engelberge, fille de Boson de Provence[2].

Le 4 septembre 879, Carloman II est couronné à Ferrières-en-Gâtinais avec son frère Louis III avec qui il partage le royaume des Francs occidentaux en 880. Tandis que la Neustrie et la Francie reviennent à Louis, Carloman obtient l’Aquitaine et la Bourgogne[3]. Les deux souverains réussissent à exclure Hugues, fils de Lothaire II, de la succession au royaume[4], puis se tournent contre Boson, qui s'est déclaré roi le 15 octobre 879 et s'est fait couronner à Mantaille, près de Vienne[3] et contre lequel sont menés trois expéditions. La première, à l'été 880, vise à pacifier le Berry, l'Autunois et le Nivernais. Après s'être emparés de Mâcon, ils mettent le siège devant Vienne avec Charles III le Gros, roi d'Italie. Mais ce dernier se retire dès l'automne pour se rendre en Italie, où il reçoit la couronne impériale en février 881. Puis Louis III doit le quitter pour s'opposer aux Vikings, qu'il écrase le 3 août 881 à la bataille de Saucourt-en-Vimeu. En mai 881 est lancée une deuxième campagne, puis une troisième en juin-août 882[5],[6].

Après la mort de son frère, le 5 août 882, Carloman II abandonne le siège de Vienne, confié à Richard II de Bourgogne (qui s'en empare peu après), et se fait reconnaître comme seul roi des Francs occidentaux par une assemblée réunie au palais de Quierzy le 9 septembre. En octobre, il s'avance sur la Somme, face aux Vikings, qu'il bat sur l'Aisne à Avaux, avant de regagner Compiègne, où il réunit une nouvelle assemblée pour l'hiver[7].

Denier sous Carloman II

Au plaid de Worms le 1er novembre 882[8], Carloman II réclame, mais en vain, à Charles le Gros la restitution de la moitié occidentale de la Lotharingie que Louis le Jeune lui avait promise.

En 883, il subit à Miannay près d’Abbeville une défaite contre l’envahisseur viking qui ravage le pays de Somme. Face à cette situation, il réunit les grands du royaume en 884 à Compiègne où il est décidé d’acheter le départ des Normands contre 12 000 livres pesant d’argent[9], somme énorme pour l’époque[3].

En mars 884, il réunit les grands à Vernon et promulgue un capitulaire qui prévoit les peines les plus sévères contre ceux qui pratiquent le brigandage. Il s'agit du dernier capitulaire carolingien[10].

Ayant obtenu le départ des Normands, Carloman II laisse donc la cour au monastère des Andelys, Carloman part avec quelques jeunes familiers au vieux palais de chasse de Bézu (Eure), entre Rouen et Gournay-en-Bray[7]. Toutefois, il meurt le 6 décembre 884, quelques jours après avoir été involontairement blessé à la jambe par un coup de boutoir donné par un des vassaux[3],[11] au cours d’une partie de chasse au sanglier[3],[12] dans la forêt de Bézu[3],[13]. Disparu à l’âge de dix-sept ans, il est inhumé à Saint-Denis.

Charles, le dernier fils de Louis II le Bègue, étant trop jeune, les grands du royaume appellent l’empereur Charles III le Gros pour assurer la régence.

Union et descendance[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 878, il est fiancé à Engelberge, fille en très bas-âge de Boson V de Provence[14]. Disparu trop jeune, Carloman II ne s’est pas marié et n’a donc pas de descendance.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Voir aussi généalogie des Carolingiens

     ┌─ Charles II dit le Chauve (823-†877)
  ┌─ Louis II dit le Bègue (846-†879), roi des Francs (877-879).
  │  └─ Ermentrude d'Orléans (825-869)
  │
 Carloman II
 │
 │   ┌─ Hardouin de Bourgogne
 └─ Ansgarde de Bourgogne (?-?).
     └─ Warimburg

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carloman sur le site de la Fondation pour la Généalogie médiévale
  2. Isabelle Crété-Protin, Église et vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du IVe au IXe siècle, Presses universitaires du Septentrion, 2002, 446 pages, p. 285 (ISBN 9782859397531).
  3. a, b, c, d, e et f Frédérick Gersal, Des duchés au royaume, Fernand Lanore, 1987, 168 pages, p. 25-26.
  4. Annales de Saint-Bertin, 880, p. 221.
  5. Robert-Henri Bautier, « Les itinéraires des souverains et les palais royaux en "France occidentale" » (p. 99-110), in Annie Renoux (éd.), Palais royaux et princiers au Moyen Âge (actes du colloque international tenu au Mans les 6-7 et 8 octobre 1994), Le Mans, Publications de l'Université du Maine, 1996, 217 pages, p. 103 (ISBN 9782904037221)
  6. Félix Grat, Recueil des actes de Louis II le Bègue, Louis III et Carloman II, rois de France, 877-884, 1978, p. XIII.
  7. a et b Robert-Henri Bautier, op. cit., p. 104.
  8. Jean Dubuc, Histoire chronologique de la Normandie et des Normands des origines à 1204, 2003, p. 109
  9. Georges-Bernard Depping,Histoire des expéditions maritimes des Normands et…, 1846, p. 200 et 201
  10. Monumenta Germaniae Historica, Capitularia regum Francorum, II, n°287.
  11. Nicolas Viton de Saint-Allais, L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, …, 1818, p. 476
  12. Annales de Saint-Vaast, 882, p. 52.
  13. Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Rouen, Précis analytique des travaux de l’Academie des Sciences, 1832, p. 138
  14. Félix Grat, Jacques de Font-Réaulx, Georges Tessier et Robert-Henri Bautier, Recueil des actes de Louis II le Bègue, Louis III et Carloman II, rois de France, 877-884, 1978, p. XXIX

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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